I. — ChaosBure perune en perles Bacs
secrètes est de se peindre autour du nombril des fleurs et d'autres ornements qui ressemblent au tatouage. «
On met généralement des bottines pour sortir, et dans les appartemenb on se sert de chaussures dont le bout est très relevé. Ces chaussures sont quelquefois e:^trêmement riches, comme on a pu en juger à l'exposition du costume organisée il y a quelques années par l'Union centrale des fieaux-Arts appliqués à l'industrie, où se trouvait entre autres le modèle représenté sur la figure 418,
L'Art et l'Industrie. — L'architecture persane est un rameau de celle des Arabes, dont nous avons développé les principes en parlant de l'Egypte, Nous aurons occasion d'y revenir en décrivant les monuments qui décorent les principales villes de la Perse. L'art de la sculpture n'a pris aucune extension dans ce pays : c'est à titre de rareté que nous reproduisons (fig. 419} un bas-relief qui représente le souverain, entoure de ses principaux officiers. Ce bas-reUef est taillé dans le rocher, suivant un usage que nous avons déjà observé dans l'ancienne Perse.
Les miniatures persanes, avec leurs tonalités^ sobres et légères, ont parfois du charme. L'amour y tient une assez grande place, et il y a
dans le geste, comme dans la Torme, quelque chose d'enfantin, de naïf, des gaucheries aimables, qui étonnent un œil habitué à la galanterie occidentale, qui n'est assurément pas moins expressive, mais qui l'est tout autrement. Ici, les princes et les amants ont un peu la tournure de Trêles jeunes filles, les docteurs ont iavariablement la barbe blanche
Flg. fl9. — Bu-relief à ReL (Gravore tirâe de ]± Perte moderne de CoUe. — Paris, Morel.^
et les saints ont une raideur hiératique, mais qui n'a rien de brutal (ftg. 420).
Les "Persans ont brodé d'admirables tentures dont quelques-unes étaient employées dans leur pays, tandis que d'autres étaient livrées à l'exportation. Ce qui domine dans les broderies persanes, ce sont les grandes fleurs souvent mêlées à des oiseaux. Du reste le type de ces broderies se retrouve dans les manuscrits du même pays. Au dixseptième siècle, la Perse a fabriqué pour l'Europe de grandes pièces brodées destinées à servir de courte pointes aux vastes lits d'apparat.
Th. Gautier dit à propos des tapis persans : « Il est impossible de rien imaginer de plus beau comme goût et comme harmonie de couleurs. Dans ce genre, il faut l'avouer, les Orientaux sont nos maîtres ; chez eux, jamais de crudité, de discordance, d'effet criard. Ils savent rapprocher les tons en apparence les plus insociables et produire la fraîcheur d'aspect avec des nuances éteintes et comme passées : ils risquent des voisinages de rouges différents, font courir le vert sur le bleu,
Fig. 420. — Miniature persane.
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mêlent le jaune pâle à Torange, sans qu'il en résulte une fausse note, et préparent si habilement les rencontres que le choc des teintes est insensible. »
Dans la fabrication persane, les objets de la vie courante, narguilhcs, gourdes à vin, seaux à glace, tasses à sorbets, soucoupes à confitures, plats à viande, à fruits ou à légumes, sont géDcralement décorés, soit avec des scènes de chasse, soit avec des fleurs. La tulipe, fleur mystique, la rose pourpre, la jacinthe, te chèvrefeuille, l'œillet
Fig. tll. — Bouteille, porcelaine de Perse.
d'Inde, l'œillet à longue tige, sont représentés quelquefois au naturel, mais plus souvent encore sous une forme ornementale.
Les faïences persanes sont souvent ornées de dessins à reflets irisés comme les faïences hispano-moresques, ce qui semblerait indiquer une communauté d'origine (fig. 421). Tout est remarquable dans cette industrie qui sait mettre un art charmant dans les objets d'un usage journalier, les plats à viandes, les soucoupes à confiture, Içs tasses à sorbet, les gourdes à vin, les seaux à glace. Des gazelles, des animaux fantastiques, des fleurs parmi lesquelles on distingue surtout ta tulipe et l'œiUet, décorent toutes ces belles poteries et mêlent leurs tons brillants à la teinte laiteuse des fonds sur lesquels ils se détachent. Une salle récem-
ment ouverte au musée de Cluny est remplie de plats et de vases provenant de Tîle de Rhodes. Cette faïence, connue maintenant sous le nom de faïence de Lindos, provient d'une fabrication dont Forigine est persane. D'après la tradition, les ouvriers persans qui ont acclimaté dans rtle celte industrie avaient été faits prisonniers par les chevaliers de Rhodes, qui ont exploité de cette façon leur talent et leur savoir. Un grand nombre de ces plats sont décorés avec des figures ; or, quand on voit des figures dans un décor oriental, on est à peu près sûr que l'objet a été fabriqué par des ouvriers persans et non par des ouvriers arabes.
Les villes principales. — Les villes de la Perse offrent partout l'image d'une contrée autrefois florissante et aujourd'hui en pleine décadence. Le spectacle qui se montre à nous est toujours le même : de splendides édifices qui tombenten ruine faute d'entretien, quelques somptueuses habitations, et de misérables réduits où vit la plus grande partie de la nation. On ne voit pas ici comme en Inde de quartier européen ; les rapports avec TOccident sont très rares et présentent encore de sérieuses difficultés, qui tiennent surtout au sentiment religieux, très vîvace dans la population.
Téhéran (140,000 hab.), capitale de la Perse et résidence du souverain, n'était au moyen âge qu'un modeste village. Cette ville est bâtie dans une plaine bien arrosée et garantie des vents du nord par une chaîne de monts. Elle est entourée de murailles flanquées de tours et percées de quatre portes décorées de figures d'animaux. Il s'en faut de beaucoup que l'enceinte soit couverte par les constructions. De grands espaces vides se montrent à chaque pas. Souvent ils sont ombragés par d'énormes platanes qui les transforment en agréables promenades. Ces arbres pullulent à Téhéran, qui a été surnommée la ville des platanes. Les maisons sont en terre et en briques. Quelques-unes paraissent très riches. Au centre des murs carrés qui constituent la cité se trouve le palais du schah, carré lui aussi. Derrière ses murs garnis de fossés s'étendent des jardins superbes semés de constructions dont le monarque augmente chaque jour le nombre et qu'il se plaît à embellir sans cesse. Un tableau de Pasini (fig. 422) nous donne une idée des rues étroites et grises, longées de chaque côté parles interminables murs desjardins des richfes, que l'on rencontre à Téhéran comme dans toutes les cités de TOrient musulman. C'est toujours la même chose : la richesse se réfugiant à l'intérieur des maisons et ne montrant à l'extérieur que des dehors misérables.
Ispakan (80,000 hab.) n'est plus aujourd'hui que l'ombre de ce qu'elle était au temps de sa splendeur. A l'époque où Chardin la visita, Ispahan avait encore 600,000 habitants et 48 kilomètres de tour ; et cependant elle était déjà en pleine décadence, et ce n'était que par un reste Iradi-
tionnel de leur antique fierté, que Ica Persans répétaieat encore leur vieil adage : Ispahan est la moitié de T univers.
La ville moderne s'étend sur une vaste étendue de terrain dont les-
Mg, 432. — Suigaeur {lenan à Téluiriu. (Ttbleau da Panini.)
deux tiers ne sont plus habités. Pour arriver au centre de la ville, il faut marcher pendant deux heures dans des chemins raboteux qui furent autrefois des rues, eL des champs labourés couvrent remplacement des jardins qui décoraient les avenues et dont les fontaines rafraîchissaient la ville. Il faut dire cependant que depuis quelque temps le commercft
■ei rinduslrie d'Ispahan tendent à se relever un peu ; mais il faudra encore bien du temps pour que la ville redevienne ce qu'elle a été.
Les traces de sa splendeur passée se retrouvent partout. Le superbe marché que Schah-Abbas fit couvrir de dômes éclairés par des voûtes attestent cette magnificence, mais ce vaste bazar, qui n'a pas moins de deux kilomètres de longueur et qui était autrefois couvert de boutiques dans toute son étendue, est aujourd'hui bien trop grand pour les marchandises qu'il contient et ne présente pas l'animation qu'on devrait attendre d'un établissement de ce genre.
Au centre de la ville est la grande place, qui servait aux revues de troupes, aux courses de chevaux et aux combats de taureaux : elle a la forme d'un rectangle, de 400 mètres de long sur 200 de large, et qui est circonscrit de tous côtes par un canal. Cette place, bordée de maisons régulièrement bâties, est dominée par le palais royal, vaste enceinte qui renferme plusieurs palais et divers bâtiments plus ou moins remarquables : tel est Icpalais des 40 Colonnes, le paFt is de Glace ^ le pavillon de i' Écurie, le séjour du Bonheur, etc. Le plus important de ces bâtiments, celui quia reçu le nom de palais des 40 Colonnes, s'élève au milieu d'une cour entrecoupée de canaux et plantée d'arbres ; les canaux sont aujourd'hui desséchés et la plupart des arbres ont disparu.
La mosquée royale ou mosquée du Schah est la plus importante des mosquées d'Ispahan. Elle est précédée d'une place de forme régulière «ur laquelle s'élève la grande porte, entre deux minarets élancés dont rémail bleu se confond presque avec le ciel. Cotte porte est une haute arcade ogivale, dont le contour est enrichi d'un faisceau de torsades revêtues d'émail qui s'élancent d'un bloc d'albâtre formant un grand vase. De longues tablettes bleues, où sont écrits en caractères blancs les versets du Coran, des fleurs et des arabesques en émail de toutes couleurs, enrichissaient cette entrée monumentale, dont le haut est formé par une demi-coupole qui redescend du sommet sur les trois côtés en formant des stalactites, des cannelures et des dentelures de toute espèce, où l'or et l'albâtre se marient avec les émaux colorés.
Les portes des mosquées persanes présentent généralement une forme ogivale d'un type particulier dont on peut voir un exemple sur la figure 423. On remarquera aussi le dôme renflé au milieu qui est un des caractères de l'architecture persane. Cette architecture est essentiellement polychrome et présente une ornementation aussi riche que variée. Les inscriptions mêlées à des fleurs entrelacées, les plaques de jaspe et d'albâtre, forment une splendide décoration, dont les rêves somptueux du paradis oriental semblent avoir déterminé le type.
Les rues étroites et tortueuses de la ville ne sont pavées nulle part, ce qui cause une poussière insupportable dans les temps secs et une boue encore plus gênante quand il a plu. Les maisons n'ont qu'un étage ;
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elles soQt bâties en briques cuites et souvent peintes en jaune : ce qui les distingue surtout, ce sont les portes, qui, chez les pauvres gens,
sont extrêmement basses, mais qui s'élèvent en raison de l'opulence ou de la vanité des propriétaires.
La ville aurait en somme un aspect assez monotone sans les mosquées qui lui donnent de l'animation avec leurs dômes couverts en tuiles vernies, vertes ou bleues, et ornées de dessins jaunes, bleus et rouges qui reluisent au soleil.
Kazbin (70,000 hab.), autrefois renommée pour la fabrication des armes, est en pleine décadence, comme la plupart des villes de la Perse. La figure 424 qui représente le principal monument de cette ville, la mosquée et le tombeau de Hussein, nous offre Fimage d'un sol qui fut jadis couvert d'édifices, et qui n'offre plus aujourd'hui que des ruines cparses, parmi lesquelles sont disséminées les habitations.
Scliiraz (30,000 hab.), berceau de l'empire perse, bien déchue, mais <mcore importante par son industrie, est située à peu de distance de Persépolis, qui fut capitale des Achéménides, et de Pasargades qui fut leur ville sainte. Hamadan (70,000 hab.) passe pour avoir été bâtie sur remplacement de l'ancienne Ecbatane, capitale desMèdes.
Dans l'Afghanistan il faut citer Caboul (60,000 hab.), aujourd'hui capitale du royaume, et Candahar (50,000 hab.), place militaire. Hérai (50,000 hab.), ancienne capitale de l'empire de Tamerlan, longtemps disputée par les Perses et les Afghans, est une ville très importante parsa position, objet perpétuel des convoitises dé l'Angleterre et de la Russie.
Le Beloutchistan, qui s'étend le long de la mer, entre la Perse et rindoustan, est une contrée à demi barbare, habitée par des pasteurs, dont beaucoup sont nomades, et dont la capitale, Kélat, est la seule ville dont le nom mérite d'être signalé.