CHAPITRE IX
AUSTRO-HONGRIE
Empire d'Aulriche. — Haule et basse Aulriche. — Bohême et Moravie. — Provinces des Alpes Autrichiennes. — Provinces de l'Adriatique. — Hongrie et Transylvanie. — Galicie.
mplre d^ Autriche. — Peu de pays présentent autant d'oppositions dans leurs formes physiques et sont habités par une population aussi hétérogène que r Austro-Hongrie. Son unité, plus apparente que réelle, ne se manifeste que dans la forme de son gouvernement. On trouve bien un monarque unique en Austro-Hongrie ; mais ce qu'il serait plus difficile d'y découvrir, c'est un peuple uni parses origines et ses traditions. On n'a affaire qu'à une agglomération de races complètement difTérentes et ayant les aspirations les plus opposées. Sol et habitants, tout, dans ce pays, semble protester contre cette harmonie qui constitue l'unité d'une nation. « Les diverses contrées de l'Austro-Hongrie, dit Elisée Reclus, appartiennent aux régions naturelles les plus distinctes. Le Tyrol. la Garinthie, la Styrie, sont en entier, comme la Suisse, dans le système des hautes Alpes, tandis que la plus grande partie de la Hongrie est une plaine entourée de montagnes. D*un côté, la Bohème pénètre au loin dans l'intérieur de l'Allemagne ; de l'autre, la Galicie, sur le versant septentrional des Carpathes, s'incline vers les plaines de la Russie ; au sud des Alpes, l'étroit littoral de la Dalmatie dépend de la presqu'île des Balkans. Le Danube et ses affluents unissent bien en un même bassin hydrographique les montagnes de l'Autriche et les plaines de la Hongrie, mais en dehors de ces régions danubiennes une partie
considérable de la monarchie se trouve aussi dans les bassins de l'Elbe, de la Vistule, du Dnieslr, de l'Adige. La diversité des races qui peuplent l'Austro-Hongrie augmente encore la confusion qui résulte du groupement forcé de contréps gi'-ngraphiqtiement distinctes. D'un côté de la petite rivière de Leitha, qui sert de frontière politique aux deuï grandes divisions de l'empire, les Allemands prétendent k la domination ; de l'autre côté commandent les Magyars. Mais Tchèques et Ruthénos, Polonais, Slovaques et Croates, Dalniates et Serbes, Italiens,
Fig. 67i. — Aatriche-Uongrie.
Roumains et Istriotes ont également leurs droits et n'entendent point être sacrifiés à la puissance des deux races dominatrices (fig. 6T-i). »
Un médaillon, frappé sous Constantin, rappelle les victoires de Trajan sur les peuples qui habitent au bord du Danube. Le lleuve, personnifié sous les traits d'un vieillard, est couché au pied du pont que Trajan a fait élever : il appuie son bras sur une urne renversée d'où s'écoulent ses eaux. Sur le pont une Victoire impose la main sur un homme ù genoux, dans l'attitude d'un suppliant, et tourne ses regards vers un guerrier armé de sa lance (fig. 673).
La vallée du Danube dans la haute et la basse Autriche, surtout entre Linz et Vienne, présente les plus beaux paysages qu'il soit possible de rêver. Le spectacle est varié à l'infini. Ici la campagne s'étale en une nappe de verdure où de frais villages semblent dormir au
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soleil, eDfoncés dans l'herbe ; là une ville, un vieux château se découpent sur le ciel, hérissés de tours pittoresques ; ailleurs les Alpes et les Carpathes resserrent le lit du fleuve et le forcent à courir en grondant entre deux murailles de pierre ; enfin voici des îles, des marécages empreints d'une grandeur sauyagc ; un détour de la rivière va changer subitement le spectacle et nous mettra en présence d'une campagne
Fig. (I7S. — HédtillB uittqae.
riche et cultivée. Tout k l'heure nous étions au milieu de brisants redoutés des mariniers eux-mêmes, maintenant le fleuve qui nous porte coule calme et silencieux.
Haute et basse Autriche. — Il faut attribuer à une cause géologique ta position de toutes les cités importantes de l'Autriche surla rive droite du Danube. Cela provient de ce que la rive gauche ne possède, à une petite distance du fleuve, que des terrains granitiques, tandis que l'autre côté présente des terres de formation récente et d'importantes vallées très propres à l'agriculture. Krems seule fait exception à la règle, parce qu'elle est située à un endroit où le phénomène géologique que nous venons de signaler a beaucoup perdu de son intensité.
Vienne (700,000 hab.), capitale de Tempirc d'Autriche, s'étend au pied des coUines qui grandissent à mesure que l'on s'éloigne de la ville en marchant vers l'occident, et finissent par se changer en un système montagneux ; elle est bâtie sur un petit bras du Danube, à l'endroit oîi la Wien se jette dans ce fleuve. Vue du haut des collines, la ville offre un panorama superbe qui permet de se faire une idée de la beauté somptueuse de cette cité. Les faîtes de ses palais, les dômes et les tours de ses monuments émergent d'une mer de toits où appa-
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raissent ça et là des îles ou des lignes de yerdure indiquant des jardins, des parcs et des avenues. La flèche de Saint-Etienne domine le tout ef monte dans les airs à une hauteur de 138 mètres.
Les bâtisses de la capitale de TÂutriche sont imposantes^ mais un peu lourdes. Elles ont trop de prétention au grandiose. La disposition des quartiers, des rues et des promenades est assez heureuse. La topographie des anciennes fortifications, disparues sous les voies et les constructions modernes, a imposé à celles-ci une forme annulaire que la ville ne cesse pas d'observer dans son développement de chaque jour.
Parmi les palais de Vienne, il faut citer Schônbrunn que la ville commence à englober ainsi que ses beaux jardins, et le palais du Belvédère où se trouve le musée. Les parcs sont nombreux. Il y a celui du Peuple, celui de la Cour, celui de la Ville ; mais le Prater est la promenade par excellence de tout Viennois. « On ne trouve nulle part, si près d^une capitale, a écrit madame de Staël, une promenade qui puisse faire jouir ainsi des beautés d'une nature à la fois agreste et soignée. »
Dans la haute Autriche, nous citerons seulement Linz^ ville fréquen** tée par les touristes à cause de la beauté de ses environs.
Bohême et Moravie. — La Bohême est entourée de tous côtés par des chaînes de montagnes qui l'inscrivent dans un immense quadrilatère : ce sont les monts de Bohême à l'ouest, les monts Métalliques au nord, les monts Géants à l'est, et au sud les montsde Moravie. Le sol est très riche en couches minières et est aussi de la plus grande fertilité. Ses légumes et surtout ses fruits, exportés au loin, sont très estimés. Les sites de la Bohême sont renommés pour leur beauté pittoresque et leur fraîcheur.
La Moravie, contrée éminemment montagneuse, moins bien partagée que sa voisine tchèque au point de vue de la puissance productive du sol, n'en est pas moins bien cultivée grâce à l'intelligence et à Tactivité de ses habitants. De gigantesques forêts la. couvrent en grande partie comme elles couvrent du reste aussi la Bohême. Les eaux de la Moravie descendent vers le sud par la Morava, tandis que celles du pays des Tchèques, par l'Elbe et ses affluents, se dirigent vers le nord.
Les Tchèques de la Bohême et les Slovaques de ta Moravie sont frères ethnologiquement. Les deux peuples ont conscience de cette commune origine, et s'entendent admirablement dans la haine de VM" lemand qui est à leurs yeux l'éternel envahisseur. Les femmes tchèquiss et moraves ont une réputation établie de grâce et de beauté. Malheure^r sèment elles ont en grande partie renoncé à leur costume national ifux était un piquant de plus aux yeux des voyageurs*
Prague (223,000 hab.), capitale de la Bohême, a la réputation d*ètre une des belles villes du globe. La partie la plus moderne, la cité industrielle a la banalité géométrique de tous les centres producteurs. Ce qui
Fig. 07G, — Le pont du Roi à Prtgiie. (Tableau de Stroobint.)
iatéresse surtout Tartiste qui visite Prague, c'est la ville historique aui « mille tours». C'est là qu'il trouve l'hôtel de ville, les vieilles églises, entre autres celle de Teynkirche, et surtout le magnifique pont du Roi que nous montre le tableau de Stroobant (fig. 676). Ce tableau permet aussi de se faire une idée du genre de constructions qui donne à Prague un caractère si particulier. Le quartier juif offre des motifs on ne peut plus intéressants aux artistes. « C'est, dit M. Darcel, un écheveau emmêlé de rues étroites bordées de boutiques noires, qui s'ouvrent comme des antres profonds où s'engloutissent les vieilles nippes de Prague et tout le bric à brac usé, boiteux et dépenaillé de la Bohême. » La situation de Prague au centre de la contrée et les routes qui commandent les débouchés commerciaux avec les pays étrangers expliquent les progrès que fait chaque jour cette ville. Brûnn (74,000 hab.), capitale de la Moravie, est une ville industrielle comme on en voit tant, où Fœil ne saurait tomber sur un point sans rencontrer le toit et la cheminée d^une manufacture.
Provinces des Alpes Autrichiennes. — Les provinces qui font partie des Alpes Autrichiennes, le Salzbourg, le Tyrol, le Vorarlberg, la Slyrie et la Carinthie sont couvertes de hautes montagnes offrant une chaîne se ramifiant plus à l'e^t, s'y étalant en éventail, se concentrant au contraire, se massant vers l'ouest, et encadrant partout de petits lacs pittoresques (fig. 677).
La population de toutes les provinces des Alpes Autrichiennes vit des produits de la chasse, de l'élevage des troupeaux, de la fabrication de petits objets d'art en bois et du travail des mines de sel, de fer ou de métaux précieux que le sol contient en abondance. Entre ces habitants, la différence des défauts et des qualités réside seulement dans le plus ou le moins. Tous sont braves, amis de la liberté, d'un caractère vif et gai, amateurs de musique et de divertissements. Le type qui, pour le voyageur et l'artiste, résume en lui, en les portant au plus haut points les caractères de ces différentes populations est le Tyrolien. Le costume tyrolien est excessivement pittoresque, surtout celui des montagnards chasseurs. Il se compose d'un chapeau pointu orné d'une plume d'aigle, d'une veste à parements verts serrée à la taille, d'un gilet brodé, d'une culotte courte et de petites guêtres (fig. 678). Une démarche fière et hardie, légitimée par une tradition de bravoure qui ne s'est jamais démentie, donne à ce costume sa physionomie complète.
lîinsbrtlcky la capitale du Tyrol, s'élève au sein d'un paysage incomparable, dans une vallée fertile, où court l'Inn avec une précipitation de torrent, et que surplombent d'âpres montagnes aux lignes grandioses. Les maisons coquettes, peintes de diverses couleurs, ornées de leurs gracieux balcons, semblent rivaliser de gentillesse. Le tombeau de Maxî-
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milicn I", une des œuvres iniéressantes de la Renaissance, est dans une église d'Innsbrûck,
Sur le versant italien des Alpes la ville de Trerite ofl're de l'intérêt à cause de ses vieux monuments, parmi lesquels on montre l'église où fut
tenu le concile qui a pris son nom de la cité, et de ses antiques maisons d'un aspect complètement italien.
Graz, cnpitale de la Styrie, et Klagenfurt, capitale de la Carinlhie, n'offrent pour les touristes qu'un intérêt assez secondaire. Salzbovrg
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est au contraire un rendez-vous d'artistes, et un des points les plus fréquentés par les visiteurs des Alpes. La ville, avec ses tours, ses clochers, ses vieilles murailles, est par elle-même extrêmement pittoresque et les environs sont de la plus grande beauté.
Les PROVINCES de l'Adriatique. — Le sol des côtes de F Adriatique est intéressant parla bizarrerie de son relief : immense chaos de pierres où les rochers prennent les formes les plus pittoresques, ici se dressant comme un mur cyclopéen, là se découpant en obélisques ou en pyramides, plus loin esquissant une statue fantastique ; par le système de ses eaux tantôt précipitées de hauteurs énormes ou égarées dans un labyrinthe de blocs de rochers, tantôt bues avidement par le sol, absorbées par des gouffres et vouées aux courses souterraines les plus embrouillées ; le sol de Flstrie et de la Dalmatie n'est pas moins curieux par la disposition de ses contours maritimes, par les découpures innombrables de ses côteS et par le fouillis des îles qui semblent en avoir été détachées.
Trieste est le port le plus important de l'Autriche. La ville est bâtie au fond de la mer Adriatique, dans une situation admirable au point de vue commercial. Elle regarde en face sa rivale italienne : Venise. De tous les points de l'Autriche, les denrées à échanger affluent vers Trieste, comme vers un débouché naturel indiscuté. On ne s'étonnera donc pas que cette cité acquière chaque jour une plus grande importance. L'ancienne ville bâtie sur les flancs d'une colline, en cité qui a à se défendre contre les attaques du dehors, ne suffit plus aux besoins de la population ; la nouvelle ville s'avance hardiment dans la mer et y jette les fondations de ses établissements industriels et commerciaux.
Pola est, comme presque toutes les cités de Flstrie, une ville à la fois romaine et vénitienne. Elle appartient à Venise par ses maisons à balcons à colonnettes, à hautes cheminées et à arcs byzantins, par son vieux Palais municipal ; elle appartient à la Rome antique par son Forum, son temple dédié à Rome et à Auguste, son amphithéâtre, ses murs et ses portes : la porte Dorée, la jorte d'Hercule et la porte Gemina.
La ville de Spalato^ ou le palais de Dioclétieni c'est tout un. Elle s'est élevée dans les murs de celui-ci et, aux yeux du voyageur et de Farchéologue, elle lui emprunte toute son importante. En somme, ce que Ton va voir à Spalato, c'est le palais de l'empereur romain.
Quand Dioclétien abdiqua, il alla se retirer dans le palais qu'il faisait construire depuis une huitaine d'années et où il mourut. « La construction, écrit M. C. Yriarle, est de forme carrée et butée aux angles par des tours de défense. La façade principale regarde l'Adriatique. La superficie générale de Fédifice, sans les jardins attenants, occupe trente mille cinq cents mètres ; la galerie ouverte, qui regardait la mer, avait deux
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cents mètres de longueur. C'était un long promenoir avec portiipie ou loggia ouTerte sur le golfe, d'où Ton dominait toutes les tles et TAdriatique et dont les flots battaient les soubassements. Il y arait trois portes principales au palais, sans compter la porte de mer : Tune au nord, la porte Dorée^ qui s'ouyrait sur la grande route de Salone ; la porte ^AiratUy qui conduisait à un lieu dit Epetium (aujourd'hui Habrech), et la porte de Fer, qui communiquait (selon Farchéologue italien Lanza) arec un parc réservé à la chasse de l'empereur. Chacune de ces portes était flanquée de deux tours octogones. La quatrième porte s'ouvrait dans la mer même, et servait au débarquement et aux arrivages par la mer ; elle communiquait avec d'énormes souterrains qui accédaient à toutes les parties de l'édiflce et qui existent encore aujourd'hui. »
A l'heure qu'il est, toute une ville se meut à Taise dans cette gigantesque demeure, bien digne d'un maître du monde. Les monuments élevés par les successeurs infimes du puissant empereur reposent tous plus ou moins sur quelque assise romaine. Le temple se transforme en basilique ; le mausolée devient un baptistère, les rues, les places possèdent toutes quelque ornement antique. La loggia^ qui est au fond de la place du Dôme, donne accès dans une construction circulaire qui parait avoir été le vestibule d'honneur des appartements de l'empereur.
Ragtise est une ville en décadence et qui ne parait guère se souvenir de sa grandeur passée. Le temps est loin où l'on pouvait célébrer Thabileté de ses commerçants, la hardiesse de ses marins et lui décerner le nom de Venise en miniature. Maintenant l'herbe pousse dans les rues désertes, les palais achèvent de tomber en ruine et un sommeil de mort plane sur la cité.
Laibach, la capitale de la Carniole, est bâtie dans une position importante au point de vue du commerce et de la stratégie. Elle commande la route de l'Adriatique au bassin du Danube. La capitale de la Croatie est Zagreb. C'est une ville qui est appelée à avoir une certaine importance comme centre slave. Eszek, capitale de la Slavonie, est un foyer commerçant et industriel. Ses faubourgs contiennent quelques filatures de soie. Semlin, placée au point où la Save et le Danube se rencontrent, se dresse en face de Belgrade. L'île de la Guerre sépare les deux villes et peint d'un mot leur histoire réciproque.
Hongrie et Transylvanie. — Les Carpathes et les Alpes entourent la Hongrie et la Transylvanie d'une immense chaîne de monts qui en font comme une sorte de cirque prodigieux au centre duquel coule le Danube. Ce n'est que par la brèche des Portes de Fer que le fleuve peut traverser les gradins naturels qui lui ferment le chemin de la mer Noire. La direction de toutes les eaux de la contrée descendent vers le Danube.
« Comme chez la plupart des peuples jeunes, écrit Elisée Reclus, les
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hommes sont Forl coquets en Hongrie et mettent h leur toilette, qui
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d'ailleurs n*a rien d'efféminé, peut-être encore plus de soin que les femmes. Le vrai Magyar, le berger de la puszta, est fier de Télégance de son costume de fête. Son chapeau est orné de rubans et de fleurs multicolores ; un mouchoir de soie formant ceinture serre «a jaquette rouge ou bleue, à boutons de métal ; son surtout en drap blanc est brodé de fleurs, au milieu desquelles se dresse Torgueilleuse tulipe, emblème national ; sa chemise est élégamment festonnée ; les caleçons de toile, aux longues franges, flottent au-dessus de ses bottes aux épercms résonnants )). Un tableau de Munkaksy nous montre des Hongrois (fig. 679). Les villes de la Hongrie, qui n'étaient il n*y a pas encore bien longtemps que d'énormes villages, ou même plutôt, que des centres peu indiqués de constructions semées dans la campagne sur d'énormes étendues de terrain, commencent à prendre un aspect un peu plus européen. Nos grands villages des landes de la Gascogne nous permettent de nous faire une idé<; de ce que ces soi-disant cités étaient autrefois. Les mêmes influences de milieu avaient enfanté un mode de construction analogue.
Les deux villes sœurs de Pesth et de Bude sont bâties en face l'une de l'autre sur les deux rives du Danube qui, en cet endroit, n'a pas moins de 400 mètres de largeur. Deux beaux ponts de fer les réunissent en traversant le fleuve audessous de l'île Marguerite, lieu de plaisance très fréquenté. Sur la rive gauclio, les palais de Pesth sont alignés le long d'un quai magnifique. Sur la rive droite, on aperçoit la colline couverte de monumeats qui fut jadis Tacropole de Bude. L'édifice le plus intéressant de Buda-Pesth est son musée. La science et l'art y sont dignement représentés. La viUc ofl're aussi d'importantes bibliothèques, consacrées surtout aux monuments nationaux, et s'enrichissant sans cesse de nouveaux documents. Les environs de la capitale hongroise sont fort jolis et couverts de villas. Les jours de fête, les habitants de la ville s'y précipitent en foule et les emplissent de leur joie et de leure plaisirs.
Gallicie. — Les provinces situées en dehors du grand cirque formé par les Alpes et les Carpathes, sur le versant qui regarde la Russie, sont habitées par une population assez misérable, et la culture intellectuelle est beaucoup moins avancée que dans les provinces de l'Allemagne qui les'avoisinent.
Cracovie (30,000 hab.) n'a plus l'importance qu'elle avait quand elle était la capitale de la Pologne. Ses monuments sont presque tous des souvenirs de sa grandeur passée. Czernowitz (34,000 hab.), capitale de la Bukovine, est bâtie en amphithéâtre sur la rive droite du Pruth et a un aspect assez imposant grâce à sa situation. La construction du chemin de fer lui a donné un grand développement. C'est une ville allemande.