‹ Le mondecamelotte comedievaudeville en trois actesChapitre 25 sur 52 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SÉRAPHIN, ADHÉMAR, puis ROSALBA ■ rt CORNALINE.

ADtiÉMAR, portant un tac <ftine grandeur ridicule. A présent, mon cher, vous ne direz plus que je n’ai pas le sac. ( Jl rit.) Ah !

oh ! ah t

séraphin. A la bonne heure 1 vous voilà prèsontablo.

adhemar. Ah sarpejeu I... j’entends le froufrou de leurs robes...** elles viennent... mes boucles ne sont pas dérangées?

séraphin. Non... silence, les voici! (Æo- , talba et Cornaline entrent en grande follette.)

cornaline. Excusez -nous, messieurs, de tous avoir fait attendre.*** adhémar et séraphin, saluant. Mesdames...

ADHÉMAR. O mon cœur! contiens tes élans!

rosalba. Veuillez tous asseoir... montrant le tac d' Adhémar) et vous débarrasser.

séraphin. Ce sont quelques quartiers d'oranges glacées quo nous avons pris la liberté do vous apporter.

rosalba. Trop galants, messieurs!

adhémar. Oh ! ce n’est qu’un léger sacl (Il le dépote sur le guéridon; ont'aiteoil.)

cornaline. Je ne sais, vraiment, me; sieurs, comment vous témoigner ma reconnaissance; car je vous dois le salut do Cromwell.

séraphin. C’est ce cher marquis qui l'o aperçu le premier, dans la foret; et nous avons mis la main dessus au moment où d’aflreux petits voyous l'attachaient déjà pai la patte.

cornaline. Ciel! pauvre Cromwell... que d’émotions t

adhémar. Oh! oui... son petit cœur baltail... battait! mais je l'ai calmé, au moyen d'une douzaine de macarons. Puis, arrivé b Paris, je lui ai fait servir une ailo de poulet, un petit fromage b la Chantilly, et quelques biscuits trempes dans du porto.

rosalba. Quel souper do Lucullusl cornaline. Mais c'est tropl cela pouvait le rendre malade.

adhémar. Rassurez-vous ; il n’a pas eu la moindre indisposition nocturne... son sommeil a été celui de l'innocence.

cornaline. Cromwell, monsieur le marquis, no pourra jamais s’acquitter envers voua.

adhémar. Oh! c’est déjb fait, belle dame.

cornaline. Comment?

iiiiiÉMAR. i« levant.

Air : Un page aimatl, %c.

Oui, je le jure aur mon Ame,

* Séraphin, Adhémar,

’* Adhémar. Séraphin.

*** Rntalba, Cornaline, Adhémar, Séraphin.

ffoo* sommes quittes aujourd'hui.

Chez voua, nous noos trouvooa, madame, Convenex-en c'cit gric* à lui.

Nous lui redevona, su contraire.

Puisqu'il nous vsut cet accueil enchanteur.

En France comme eu Angleterre Cromwell veut être protecteur !

Cromwell est noire protecteur 1

(Il se rassied.)

cornaline. Oh! très-joli I très-joli! [A part ] Qu’cst-ce qu’il a voulu dire?

rosalba, arec affectation. Très -spirituel!

ravissant ! <A part.) Comprends pas.

adhémar. Oh! c’csl un mol!

séraphin. Délicieux! (A part.) Pourquoi diablo va-t-il parler de l’ Angleterre? (Haut, te feront.) Avant tout, belles dames, Cromwell esl notre ami, et nous demandons la permission de cultiver la connaissance do votre admirable king's-charles. (Jl te ratsied.) rosalba. Les amis de nos amis...

cornaline. Sont nos amis, et vous serez, messieurs, les bien reçus.

adhémar. O félicilo suprêmo ! (Dont un mouvement d’enthousiasme, lebras de son fauteuil lui reste dans la rnatn.)Ohi pardon' J’ablrne votre fauteuil.

cornalinb. Co n'est rien, il était déjb manchot.

séraphin, te levant. Mais nous craignons d'être importuns eo prolongeant notre visite... Ces dames, peut-être, allaient sortir pour faire une promenade au bois ?

adhémar, se levant ainsi que les dames . Ah!

s'il nous était permis de caracoler b votre portière !

rosalba. Non, nous n'irons pas au bois.

•AtUPBIN.

Le* laurier* «ont coupés.

tous, riant . Ah ! ah ! ah !

séraphin. Et pourquoi cela?* cornaline. Noussommesb pied... noschevaux se sont couronnés hier.

adhémar. Oh! quel malheur 1... Ç'anrait été si gentil I

séraphin. Mais alors, permellez-nous de vous offrir notre calèche.

adhémar. Oh oui! oh oui!

cornalinb. C'est que nous vous connaissons si peu !

séraphin. Les plus vieilles amitiés ont commencé ainsi.

adiiBmar. Si nous étions en Bretagne, vous nie connaîtriez mieux, belles dames. . J’aiii rais le bonheur de vous recevoir dans le château de la Roche-Aiguë, dans le domaine de mes ancêtres !

cornaline, uicemrttf. Y a-t-il des tourelle* à votre château, marquis?

adhbmaR. Oui, madame, avec pont-levis et mâchicoulis.

cornaline, à Rosalba. Lo cbâtoau de mes rêves!

rosalba. Avec mâchicoulis? Ah ! que oe doit être joli!** (A part ) Comprends pas.

cornalinb. Ravissant I . .. (A part.) Ni mo< non plus.

séraphin. Quant b moi, belle» dame», je ne suis pas Breton Sretonnant , je n'ai point de manoir b pont-levis ni macheeoulit... Je sais tout bonnement un financier, comme on disait autrefois... un boursier comme on dit aujour-* d’hui. J’opère tantôt sur la hausse, tantôt sur la baisse; je gagne tout bêtement beaucoup d'argent que je dépense le plus spirituellement > possible, et je ne pourrais tout au plus vous | recevoir quo dans mes fermes de la Beauce.

! rosalba, à part, s'asseyant à cdUde Corna ! fine.) Il a des fermes!.. . Comme ça mo chau^ j serait!

I * Rotalba, Adhémar, Cornaline, Séraphin.

I ** Séraphin, Rotalba, Adhémar. Cornai ru*.

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