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mann note qu'elle traverse parfois le noyau sous la forme d’une fine trame. Celle-ci est parfois inapparente et le noyau apparaît coloré de façon homogène, très clair, en bleu ou en violet.
Le protoplasme de ces cellules atypiques est généralement abondant. La basophilie est parfois très légère et donne au cytoplasme un aspect vitreux et délicat. Plus souvent, la basophilie est au contraire plus marquée que normalement et imprime au cytoplasme une coloration gris-bleu plus ou moins foncée (Hopmann) ; parfois même, le cytoplasme est d’un bleu « aussi profond, écrit Glanzmann, que celui des plasmazellen ». De telles cellules sont reproduites avec netteté dans le travail de Baldridge, Roh-
ner et Hansmann.
Les granulations monocytaires sont presque toujours rares, tantôt fines, poussiéreuses, tantôt agglomérées et d'apparence plus grossière. Mais il n’est pas rare qu’elles fassent complètement défaut.
Ce sont de telles cellules — à grand noyau et fine charpente chromatinienne, à protoplasme basophile non granuleux — que Herz a trouvées dans la proportion de 50 % dans 1 cas et qu’il a prises pour des myéloblastes. W. Schultz et Mirisch, s'appuyant sur cette observation, ont individualisé une troisième variété de mononucléose infectieuse qu’ils ont appelée «angine à myéloblastes». Il semble bien qu'il s'agissait là, en réalité, de formes atypiques de monocytes. Telle est, en tous cas, l’opinion de Glanzmann, qui fait de ces cellules des formes métapla-
siques de monocytes. Il faut avouer, toutefois, qu’en l'absence de monocytes typiques Sur la lame de sang, il peut être impossible de classer ces cellules avec certitude.
La réaction des oxydases et celle des peroxydases sont positives, partiellement et faiblement pour Hopmanhn, constamment, quoique légèrement, pour Baader.
Enfin, les colorations supra-vitales ont donné des résultats tantôt conformes à la normale, tantôt atypiques. Il faut insister surtout sur l’inconstance de la collerette de granulations rouge-neutre. Mais: Lorentz a fait observef que ce phénomène est assez habituel aux monocytes jeunes — et l’on sait qu’ils sont nombreux dans les angines à monocytes. Ce fait, néanmoins, nous prive d’une épreuve utile pour le diagnostic hématologique de l'affection.
Il resterait encore à décrire, parmi les variétés morphologiques des monocytes, et selon certains auteurs, des variétés histioides et endothélioïdes.
Ce qu’on décrit en réalité sous le nom de monocyle histioide nous paraît être, dans la plupart des cas, de véritables «histiocytes du sang circulant », tels que les ont décrits Aschoff et Kiyono. Nous avons déjà dit, d’ailleurs, que certains auteurs admettent que ces histiocytes du sang circulant ne seraient rien d'autre que dé vrais monocytes, dont ils représenteraient seulement les formes jeunes (Mas y Magro,
Tzanck et B. Dreyfus, etc.). Aussi décrirons-nous ces
CA LS à ou
histiocytes au chapitre du diagnostic différentiel. Notons cependant que dans les cas où l’on peut véritablement parler « d'aspect histioïde », il s’agit de monocytes assez grands (20 à 25 4), à protoplasme faiblement basophile, pauvre en granulations monocytaires, sans vacuoles. Le noyau est grand, assez régulier, rond ou ovalaire. Sa chromatine est très fine, disposée en mailles délicates, réalisant une structure réticulée. Il contient un ou plusieurs nucléoles. En bref, il s’agit là des caractères que nous avons déjà décrits et attribués aux monocytes jeunes ou prémonocytes.
D’autres fois, on parle de variétés endothélioïdes. Le même problème se pose à leur sujet et il nous paraît qu’on a décrit, en général, sous ce nom, de. véritables cellules endothéliales. Nous ne les décrirons donc pas non plus ici. On peut, toutefois, dans certains états pathologiques (paludisme) et au cours de certaines monocytoses expérimentales (par la neurovaccine selon Cattaneo), observer des monocytes d’aspect endothélioïde sur lesquels ont insisté, avant Cattaneo, d’autres auteurs, surtout italiens (Ferrata et Negreiros, Rinaldi, Fontana, Capocaccia, Di Guglielmo, Manai Andrea, etc.). Il s'agirait de cellules de 15 à 20 # de diamètre, parfois arrondies ou ovalaires, souvent irrégulières, avec des pseudopodes, parfois fusiformes, à cytoplasme abondant, gris-bleu clair, souvent transparent, possédant des granulations très fines et peu nombreuses ; un noyau rond
ou ovalaire ou très irrégulier, possédant une struc-
ture réticulaire très lâche, spongieuse. Il ne s’agit là, au fond, que d’un aspect un peu particulier de monocytes morbides et altérés.
Nous envisagerons au diagnostic différentiel le cas des cellules de Rieder. Il nous faut, toutefois, signaler ici que depuis Anau, Lambin et d’autres auteurs ont attiré l’attention sur la nature monocytaire certaine de soi-disant cellules de Rieder. Il ne s’agirait là, en effet, que d’un aspect assez fréquent de monocytes où le noyau présente une irrégularité particulièrement frappanie de ses contours. Comme l'écrit justement Lambin, «seuls les étranges contours nu- ‘ cléaires distinguent ces cellules des monocytes, car les dimensions cellulaires, la légère basophilie protoplasmique, les granulations azurophiles, la structure du noyau sont identiques dans les deux variétés d'éléments. Tous les intermédiaires existent, du reste, entre les cellules à noyau très polymorphe et les monocytes du type «forme de transition» à noyau incurvé en fer à cheval.» Et l’auteur conclut: «Il est certain, à notre avis, que les cellules de Rieder de ce. groupe doivent être considérées comme
de simples monocytes à noyau, polymorphe. »
On pourrait, en somme, si l’on désire tout de même — comme le veut Pittaluga — considérer les cellules de Rieder comme une espèce cellulaire autonome, parler d’une variété riedériforme des monocytes.
Pour en terminer avec les variétés morphologiques des monocytes, nous dirons quelques mots des plaques réticulées. On sait qu’il est fréquent d’observer, dans certains sangs morbides, des débris cytoplasmiques. Ils se présentent sous l'aspect de voiles, à contours irréguliers et déchiquetés où l’on voit une fine trame, plus ou moins basophile, dont les mailles sont séparées par des intervalles transparents. Parfois existent des granulations azurophiles disséminées sur ce voile où à distance, mais jamais on ne voit de véritables grains monocytaires. Certains auteurs, comme Lion, ont voulu rattacher ces plaques réticulées aux monocytes et en faire des débris monocytaires, des monocytes très altérés. Il est vraisemblable qu’il en est ainsi dans certains cas où la lame montre l'existence de nombreux monocytes altérés ou non, mais sûrement identifiables. Dans les autres cas, nous pensons que rien n'autorise à l’affirmer. D’autres cellules sanguines, comme les lymphocytes, peuvent sans doute, lorsqu'elles sont très altérées, réaliser des aspects identiques. Nous croyons donc qu’il est préférable de ranger ces cellules sous la rubrique des Plaques réticuléés, sans préjuger de leur
nature exacte.