ACTE I , SCÈNE VU
pareille mission , il n'a pas voulu sansdoute qu'elle fût au-dessus de vos forces...— Mais, moi! la pensée seule d'une condamnation me glace d'horreur... et rincertitude, le doute, la crainte de me tromper... j'en deviendrais fou !
, BALTHAZAR, violemment.
Fou! dites-vous?
LEOrOlNE, à CUudct..
Grand Dieu ! ne Tirritez pas !
GLAUDET, avec étoniiemcntf a Léontinc.
Ck)mment ! quel danger ?.
BALTHAZAR
Fou ! oui ! tous l'ont dit ! nos camarades , nos meilleurs. amis. « La force et le courage lui man- » queront ! il y perdra la santé , l'esprit ! il en » deviendra fou ! » — Eh bien, voilà dix ans qu'ils m^ont assassiné de cette cruelle prophétie ; et depuis ce temps , cependant , ma voix n'a pas cessé un jour d'être ferme ! pas un jour où le eœur m*ait failli! Yoilà dix ans ! et que vous semble?à travers la pâleur que les veilles ont imprimée sur mon visage, lisez-vousbeaucoup de signes de décadence? suis - je vieilli , cassé avant Tâge ? et mes yeux,
allons 9 regardez mes yeux ai-je l'air d'un
fou?
OLAUDËT.
fialthazar !