U LE MONOMANE
LÉONTINE, avec désespoir.
O mon Dieuf
BALTHAZAR, se remettant et soiiriant(().
Non, Clâudet, vous ne deviendrez pas fou, non plus ! car , ces erreurs que vous redoutez ne sont plus possibles aujourd'hui. Se tromper , c^était bon au temps où la justice opérait à buis clos^ avec l'appareil effrayant des instrumens de torture , sans jury; alors que Taccusé n'avait pour se défendre , ni témoins à décharge , ni avocats , ni la publicité de l'audience , ni celle des journaux. Maintenant... Ja justice peut être lente dans sa procédure ; mais jamais elle ne frappe Tinnocent pour le coupable. Et tenez ! un exemple bien frappant est encore sous vos yeux ! Nous avons dans les prisons un condamné à mort. . .
LÉONTINE, àpari.
Que va-l-il dire ?
BALTHAZÂR.
Un nommé Paturin...
LÉONTIîNE,àpaFt.
C'est lui ! le protégé de ce pauvre docteur !
BALTHAZAR
U y a deux ans , un réfugié italien , le général Guiellmi, mourut ici empoisonné. Plusieurs réfUgiés, ses compatriotes, furent soupçonnés et mis
{i) CI»u(Iet, Baltliazar, Léontine.