‹ Le monomane, drame en cinq actesChapitre 69 sur 146 · ACTE ÏI, SCÈNE XII. Ui · texte numérisé non relu

ACTE ÏI, SCÈNE XII. Ui

— Mais vous me regardez*., pourquoi m'eutourer et quitter la table?,.. \ous finirez par m'inquîéter sur moi-même... paa présence peutnStre vous gêne?...

Ah ! VOUS ne le penser pas I . . .

BALTHAZAR

Eh bien! continuez donc... ne vous inquiétez pas de moi*., nous sommes ici pour nous distraire ! ... à la campagne , entière liberté. . . je veux être libre aussi , moi !

Il les fixe du regard en avançant vcr;5 eux , les force de s^ asseoir en silence et de reprendre le repas , piils il traverse le théâtre en proie à une agitation concenti'ëc.

— Cet infâme empoisonneur! ce Patruccio ! acquitté ! absous par le jury ! et que la loi ne puisse rien sur lui ! ... 11 vivra , lui ! il j aura un homme , sous le soleil , dont chaque soupir d^existence sera une raillerie atnère contre la lot , contre la justice, contre la magistrature tout entière... un homine qui a sur sa tête le sang du général et celui de ce pauvre malheureux d'hier!... car c'est hii, c'est son silence qui a été cause, de sa mort... Oh oui ! c]est lui seul ! ! — Cette scène d'hier, le langage de cette femme ! quel homme raisonnable pouvait y croire?., et il était innocent, cependant ! il était innocent !

Ucgardant Simon ,Glaudct et sa femme.

— Ils m'observent toujours !

Il 8''approchc de la table avec un vlsa[{[e calme et sourianl.

LÉOI>rrm£, k Claudel.

Quelque nouvelle que je ne puis devîner.*.

Taura saisi et troublé ! . . .

-L'apercevant.

— Allons ! docteur, un peu de gaieté.. . répondez à'tout ce qu il vous dira.

SIMON

De la gaieté l elle croit que c'est facile!... du diable si je sais ce quUl a , mais à chaque instant il me fait des souleùrs...* .

Le voyant s'asseoir à côte de Claudet.

— Bon i le v'ià par ici maintenant !

BALTHAZAR

Le journaliste fait votre éloge , Claudet , et chose étrange ! lui , qui s'est vingt fois moqué du magnétisme, il déclare y croire désormais, en adapter toutes^ les conséquences... c'est comme votre oncle... il y croit aussi maintenant

SIMON

Moi!..*

LÉONTINE

Ne le contrariez p^as !

BALTHAZAR

Vous y croyez , docteur ?

SIMON

J'y crois...

Page 1