ACTE II, SCÈNE XII
Sor UB signe do Léontine.
— Eh bien oui. . . il y a des choses. . . quand on les a vues... Mais imaginer cependant que sans aucune espèce de pharmacie... on peut guérir les gens. . . par le moyen de. . .
Gefttes.
CLAUDET
Eh, mon Dieu ! ce sont d'aborddes exceptions fort rarîes; pour un exemple qui réussit , il y en a tant qui trompent toutes les prévisions... mais, quant au fait lui-même... est-ce donc si merveilleux ? la vue instantanée d'une personne chère , que Ton n'attendait pas. . . dilate le cœur. . . faitcirculer dans tout le corps le sang et la vie avec plus d'abondance... Fattouchement d'un pestiféré donne la peste. «. pourquoi s'étonner que la main loyale et pure d'un ami, qui donnerait la moitié de sa vie pour sauver celui qu'il aime , puisse transmettre à un pauvre malade un peu de calme... du courage et de là santé ?. . .
Bahhazar, qui Tëcoute avec préoccupation, approche sa main peu à peu et ta laisse tomber dans celle de Glaudet. — Bas à Lëontine.
— Le poulx n'est pas agité ! cette nouvelle était sans doittesans importance...
SIMON
Oui , mais reste encore la grande histoire des. . . ça m'a paru toujours une chose fort drôle. . . que d'endormir quelqu'un ... •
114 tE MOIiOMiNË.
Geste* de passes. — Il jette les yeui sur BalllMiuir, et, frtpp^ âe rimiDobilitë de ses traits , il l'indique du doi^t et dit a voix basse.
— Ah , mon Dieu ! . . . regarder donc !..
BALTHAZAR , prëoccujt^.
Quand nous étions dau$ le Bevi^*. .mon père me prenait chaque soir dans ses bras... il me disait t Dormez !... et je m'endormais !!
Simon ^ Clandct et Lëontinc se regardent saisis et étonnés. SIMON, baissant la voix.
Tiens ! • . il s' endormait ?..
CLAUDRT , de wême.
Qu^nd il était dans le Berrii ?. * ^
Lf<WnN£ , bas à Gtandet
Il n*en parle jamais.qu arec répugnance... il n'y consentira pas ! . . .
Peut-être !
Reprenant la mai^ de Balthazar.
— J'ai vu des exemples... où la yolouté aeule.,. le son de la voix...
ftALTilAJEAR , foveoai^t h \m et rethrant sa mais.
Heiu?
Il se lève toat4-GOup ; tout le m9od« «e lèv« aA«ai. LÊOM'INE , invitant Simon à détourner la conversation .
Docteur?... ^
^ |kalON,élcv»Alk«olK' Allon8 ! laisse-nous tranquille !.. avtefc ton magnétisme., r tu ne peux plus parler que de ça !
ÂCTfi H, SCÈNE XII. 115
*~ H eu deviendra moaom^ue...
BALTHAZ411 Y se levfttt.
Moaomane !..
Marianne et Pierre enlèvent ce <^uî est sur la talile et la rangent de côië. BALTHAZAR, amenant Simon près de là rampe.
— On ne les a pas tous guéris , les monomaaes ! . . .
SIMON
Ne parlons pas de ça ! •
* ' BALTHA^AR, le retenant a part.
Si fait ! . . cet homme d'hiei»? il éiait moi^oiiiaae ! vous Tavez dit !
SIMON
On se fait des idées. . , Il Tétait ! j'en wis sûr !
SIMON , à part.
• Diable! ... ils me laissent là tout seul . , . quVst ce qu'il va me dire maintenant ?. . .
BAt.THAJBAR.
Mais comment cette maladie terrible lui est-elle venue , docteur ?
SIMON
Dame !.. il ne soiHait pas de vos cours d^assi*
ses... au milieu de tous ces procès criminels... tout le monde n^a pas une tête.... ça commence toujours par une idée fixe.
BALTHA'ZAR.
/ Une idée fixe... oui.
A lai-même.
— Le misérable se rira de moi !
Haut à Simon.
— Une idée fixe !.. je ssys très-bien ! mais le moment... rinstant précfs où cepauyre homme»s'est cru Fauteur de tous ces. crimjes?... où il a dît : C'est moi !... j'ai tué!... j'ai volé!...
SIMON
Dame ! ça valait encore mieux que s'il l'avait fait; n'est-ce pas?
BALTHAZAR
Quoi! sa maladie pouvait aller jusque-là? il aurait pu répandre le sang. . . assassiner?. . .
SIMON
Certainement... je le dis dans mon mémoire... il y a des monomanes qui jasent ; d'autres... qui agissent ! ,
BALTHAZAR , vivement.
• Ah! je vous remercie... vous diminuez mes regrets , docteur! je suis moins malheureux que je ne pensais!..