‹ Le monomane, drame en cinq actesChapitre 8 sur 146 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

aussi! ma bonne Léontîne ! ma filleule ! .\ . Allons , ça ne réveille pas dans ton cœur de tendres souvenirs? tu ne te rappelles pas que quand je te menais chez sa mère... pendant les vacances... et que vous couriez bras dessus ^ bras dessous... dans les rochers... ça me fait penser à Paul et Virginie. Et, tu ne le croiras pas ! j'ai souvent regretté alors qu^elle n'eût pas une cinquantaine de mille

livres de rente de moins tu te serais fixé au

milieu de nous! tu n aurais pas été au diable...

CLAUDET, avec effosion.

Mon bon oncle!

SIMON

Des bêtises ! auxquelles tu n'as jamais pensé ! Mais, enfin, puisque tu les trouves tous deux établis. ..é en bonne position... c'est bien le moin» qu'ils te donnent un petit coup de main. . .

GLAUDET.

Eh bien, non! je ne veux rien de Balthazar ! un homme qui ne vit maintenant que des douleurs des autres... qui rend sa femme malheureuse...

SIMON

Quelle idée ! . . .

CLAUDET

Oui, mon oncle ! c'était le bru^t de Paris quand je suis parti : on disait que cette existence lui était insupportable, qu'elle se mourait de tristesse et

de langueur..... et que ce serait une bonne œu^ Tre...de yenirà son secours! de la sauver... de renlcTer...!

SIMOlf.

Allons donc!

CLAU0ET.

Propos fort exagéré sans doute ne croyez

pas au moins que j'aie ajouté foi !... En arrivant ici f ma première visite a été pour Léontine..«r... c'était naturel comme vous disiez une ancienne connaissance... votre filleule , mon oncle! Pourquoi vil- elle enfermée, cachée à tous les yeux? Elle est donc malheureuse, emprisonnée, puisque personne ne peut parvenir jusqu'à elle?

SIMON

Où diable vas^tu prendre ces histoires-là? elle était aux eaux avec sa mère^.. elles ne sont revenues qu*hier soir...

GLAUDET.

Aux eaux ? Ah !.. et elle est revenue? elle est à Colmar?

SIMON

J'ai passé chez eux tout à Theure pour une affaire qui intéresse tout le village. J'étais fort pressé, car j'ai là-bas , dans la commune , un accouchement et un mariage qui m'attendent avec une é^le imp^ience. . . el comme on m'a dit que Balthazar et sa femme allaient venir icir..

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