CHAPITRE PREMIER
LA DISTRIBUTION, ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA COMPAGNIE FERMIERE
Quelques jours après l’adjudication du Monopole (le 24 octobre 1927), la C.A.M.P.S.A. put se constituer en Société Anonyme au capital de 195 millions de pesetas avec une participation entièrement libérée de 45 millions remise gratuitement à l'Etat.
Ses statuts, comme le contrat qu’elle passa un peu plus tard avec l'Etat pour entériner l’adjudication, reproduisent purement et simplement les dispositions que nous connaissons déjà pour les avoir commentées dans le chapitre consacré à l’adjudication du Monopole.
Nous pouvons donc nous contenter ici d’un simple renvoi à ce chapitre.
Nous signalons seulement qu’au dernier moment, le Directoire frappa d’inaliénabilité pendant six ans les actions souscrites directement par les banques. Il craignaït, à juste titre, comme nous le verrons plus tard, que ces dernières ne fussent portées à négliger le côté industriel de l’affaire, pour ne s’attacher qu’à son aspect spéculatif et
financier.
Toute insuffisante qu'elle était, cette précaution fut supprimée peu de temps après; les actions inaliénables firent l’objet de transactions entre banquiers, et, chose étrange, toute inaliénables qu'elles étaient, elles furent admises à la côte officielle !
C’est dans le même esprit qu’un comité de consommateurs fut créé au sein de la C.A.M.P.S.A.
Ce comité devait approuver tous les tarifs et faire connaftre les doiéances et desiderata du public sur tout ce qui concerne les produits et qualités mises en vente.
Comme il fallait s’y attendre, l’action de ce comité fut absolument nulle, et il ne tarda pas à être supprimé.
Dès les premiers jours de son existence, la C.A.M.P.S.A. nous apparaît ce qu’elle est restée aujourd’hui : une simple entreprise commerciale, bornant son activité à l’achat, l'importation et la vente des hydrocarbures dans toute l'Espagne.
Ayant reçu de l'Etat tout le patrimoine des anciennes sociétés pétrolières, la C.A.M.P.S.A. prit facilement la suite de leurs opérations et, tout comme ses prédécesseurs, elle s’est contentée jusqu'ici de recevoir, de stocker, de répartir et distribuer les produits finis qu’elle achète à l’étranger.
Avec un objet aussi limité, l’organisation industrielle et commerciale de la société est des plus simples ; il nous suffira d’en donner une esquisse.
La C.A.M.P.S.A. possède d’abord sur le littoral ou à proximité 13 dépôts ravitaillés par tanks-steamers.
Ces dépôts, appelés factories, sont répartis le long des
côtes, à proximité des grands centres industriels ou agricoles. La plupart de ces factories comprennent, outre des bacs de stockage, des installations annexes et sur elles repose tout le ravitaillement de la Péninsule.
Elles sont au nombre de 15 : Barcelone (la plus importante avec une capacité de stockage de 68. 000 m3), Tarragone, Valence, Palma de Mallorca, Alicante, Alméria, Malaga sur la Méditerranée et sur l'Océan Atlantique : Saint- Sébastien (Astillero et Puerto Franco), Bilbao, (Zorroza) Santander, Gijon, La Corogne, Vigo et Séville sur le Guadalquivir (36.300 m5).
Quoique l’appellation de factorie soit réservée aux dépôts maritimes, la C.A.M.P.S.A. leur assimile le dépôt qu’elle possède à Madrid, tant en raison de son importance (7.500 m°), que du développement des services annexes.
Toutes ces factories appartenaient aux anciennes sociétés importatrices ; la C.A.M.P.S.A. en a augmenté la capacité de stockage au fur et à mesure que se développait la consommation.
Cette capacité de stockage a suivida progression suivante :
1929 239.000 — 1930 285.000 — 1931 300.000 — 1932 360.900 — 1933 435.745 — soit : 237.450 m 3 pour l’essence.