‹ Le Monopole du Pétrole en EspagneChapitre 7 sur 26 · TO EN PT · texte numérisé non relu

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«au petit bonheur » sans plan d'ensemble ni coordination.

L'Espagne n'était nullement préparée au rôle qui fut le sien pendant la guerre. Elle manquait d'ingénieurs et de techniciens ayant à la fois le sens industriel et la pratique des grandes affaires. D’où le manque absolu de méthode et l’absence de tout souci du lendemain.

Certaine pour l'instant d’écouler sa production désordonnée à des prix rémunérateurs, sans avoir à s’inquiéter des prix de revient, l'Espagne regorge d’argent. Sa balance commerciale, dont le déficit était chronique, accuse pour la première fois en 1915, un solde favorable qui se maintiendra entre 200 et 400 millions de pesetas par an, jusqu’en 1920. Les dépôts affluent dans les Banques et les Caisses d'Epargne, ainsi que l’or à la Banque d’Espagne. Fait inouï. la peseta fait prime sur le dollar en 1917 et la couverture métallique des billets en circulation dépasse 95 %.

Quelques lézardes venaient déjà compromettre la solidité de ce bel édifice, faisant apparaître «le caractère ploutocratique et spéculatif de l’enrichissement »1

Peut-être avec une note de pessimisme, Jules Laborde écrivait en 1918 : « que le dernier emprunt ait été couvert vingt fois, que l’encaisse or de la Banque atteigne un chiffre inespéré, voisin de deux milliards, que Barcelone, Bilbao, Gijon frappent l'étranger par leur labeur intense et par leur mouvement, il est vrai. Les Espagnols ont été trompés eux-mêmes par cette prospérité soudaine et dangereuse. Dans l'illusion que la guerre serait courte, ils croyaient profiter de toutes les manières du conflit sans courir aucun risque et jouer ensuite le beau rôle de médiateurs. Leur griserie n’a eu qu’un temps. Elle semble aujourd’hui à peu près dissipée. Partout se manifeste un grave manque

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