‹ Le Monopole du Pétrole en EspagneChapitre 8 sur 26 · J. Boelen, op. cit · texte numérisé non relu

J. Boelen, op. cit

d'équilibre, les diverses régions ne sont pas également favorisées, non plus que les diverses classes sociales. Dans le haut commerce, dans l’industrie, l’on assiste à l’ascension d’heureux spéculateurs. La tête un peu tournée par l’éclosion brusque de leurs capitaux, ces nouveaux riches, qui demain ou après-demain seront de nouveaux nobles, prodiguent l’argent, mènent joyeuse vie, étalent un luxe criard. Mais les provinces agricoles commencent à connaftre la gêne, laquelle sera peut-être bientôt la misère. La cherté des vivres se fait sentir déjà rudement. L’heure des restrictions sévères va sonner. Loin de suivre les progrès de la situation monétaire, la situation budgétaire accuse en ces dernières années un déficit constant, Une fois encore l’afflux d’or semble avoir appauvri l'Espagne »1,

Tandis que les accapareurs s’en donnent à cœur joie et vident le pays de sa substance, l'Espagne est gênée dans son ravitaillement et menacée d’asphyxie .par le blocus sous-marin. La flotte marchande est décimée et perd ses plus belles unités qui ne peuvent être remplacées. Aussi le pays manque-t-il de blé, de farine, de coton. d'outillage, de charbon et de pétrole, tous produits dont il était resté tributaire de l’étranger et qu’il importait jusqu'ici.

Devant son imprévoyance passée, l'Espagne s’aperçoit avec angoisse du servage économique dans lequel elle a été tenue trop longtemps. |

Elle se reproche de n'avoir pas exploité ses richesses naturelles et attribue à l’intrusion du capital et de la technique étrangère, le manque d'organisation de sa production et l'insuffisance de son réseau ferré. |

Puisque l’occasion se présente, l'Espagne va poursuivre systématiquement l’éviction de ce capital et faire sa propre

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