‹ Le Monopole du Pétrole en EspagneChapitre 9 sur 26 · Jules Laborde, 1! y a encore des Pyrénées, Paris · texte numérisé non relu

Jules Laborde, 1! y a encore des Pyrénées, Paris

conquête en se dotant d’une industrie autonome et indépendante de l'étranger.

Ce thème est donné en pâture à l’opinion et devient un article de foi. Le sentiment national s’exaspère et la xénophobie redouble de violence.

C’est ainsi qu’en janvier 1918, l’Assemblée Nationale des Chemins de Fer vote la conclusion suivante : « Le Service des chemins de fer doit être nationalisé de façon que le capital propriétaire des lignes soit espagnol et que leurs services techniques et administratifs soient confiés à des citoyens espagnols et que toutes les industries en rapport avec ce mode de communication aient leurs racines dans le pays ».

Les difficultés de laprès-guerre vont accentuer ce nationalisme économique et l'Espagne, privée de ses débouchés et repliée sur elle-même, évoluera de plus en plus vers un type d'économie fermée.

En effet, les commandes se tarissent comme par enchantement et la grande industrie espagnole repose encore sur des bases trop fragiles pour soutenir la concurrence avec l’industrie étrangère dont la guerre a augmenté considérablement la capacité de production. Le cours élevé de la peseta contribue aussi à la mévente des produits nationaux et à la fermeture des marchés. En 1920, la crise générale sévit en Espagne avec plus de violence, la balance commerciale connait à nouveau le déficit, l’émigration et le chômage s’accentuent et de nombreuses entreprises, nées des circonstances exceptionnelles de la guerre, disparaissent avec elles.

Certes l'Espagne s’est enrichie pendant la guerre, mais les bénéfices qu’elle a réalisés ont été consacrés en majeure

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