II. Lacordaire
DE M. EMM. MILLER xxxi
M. Miller avait quitté Rome pour se rendre à Ravennc^ où il collationnaitle manuscrit d'Aristophane. Pendant ce second voyage en Italie, il fit un assez long séjour à Ravenne, chez le marquis Antonio Cavalli qui le reçut avec la plus grande bont6, voulut absolument qu'il logeât chez lui et s'attacha à lui d'une façon touchante.
M. Miller donne sur la vie qu'il mène à Ravenne des détails curieux :
Lettre du 8 juin, Ravenne. — « ...J'ai déjà commencé mes travaux à Ravenne et je me suis installé dans la bibliothèque où je viens à 7 heures du matin jusqu'à 2 heures de l'aprèsmidi. J'y retourne encore, le soir, lorsque je ne suis pas trop fatigué. La préparation chimique que j'ai apportée avec moi réussit assez bien pour faire reparaître les caractères que l'humidité avait détruits et je pense pouvoir transcrire le manuscrit d'Aristophane presqu'en entier; mais ce travail me demandera assez de temps, et je ne pense pas avoir fini avant les derniers jours de j uillet. . . »
Cependant, il ne s'occupait pas exclusivement des manuscrits grecs dont il passait en revue une vingtaine tous les jours; il signale dans ses lettres tous ceux qui peuvent intéresser ses collègues de la Bibliothèque royale : un manuscrit de ï Imitation de Jésus-Christ sur lequel se lisait cette mention — Gersonis, de Imitatione Christi — d'une autre écriture que celle du manuscrit, quoiqu'elle fût aussi du xv° siècle ; les Aventures du Saint-Graal^ roman français de la Table Ronde, paraissant être du xiv* siècle, qu'il décrit à M. Paulin Paris; un dictionnaire arabe, en deux volumes dont il envoyé le facsimilé à M. Reinaud. « Je noterai en outre, ajoule-t-il, ce que je trouverai de curieux ici. La bibliothèque de Ravenne possède encore une immense quantité de chartes dont les plus anciennes remontent au ix"" siècle et qui n ont jamais été copiées, à ce que m'a dit dom Pavirani, le bibliothécaire... » { Lettre du 23 juin. — «... J'avance dans mon gros volume et je suis émerveillé de pouvoir débrouiller un pareil grimoire dont une partie avait presque entièrement disparu. Ma bonne