Revue archéologique y 1873 H, p
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un des plus imporlanls de TEurope. Il rappelle que la bibliothèque la plus aDcicnne qui servit à former celle de TËscurial est celle de Gonzalès Ferez, secrétaire de Charles-Quint et le premier traducteur espagnol d'Homère. — w C'était, dit-il, à proprement parler, la collection du savant roi d'Aragon, Alphonse V. Les héritiers de ! Ferez la firent transporter de Naples en Espagne, et, sous Fhilippe II, elle fut placée dans celle de TEscurial. » Il énumère ensuite les collections de Diego Hurtado de Mcndoza, marquis de Mondejar et comte de Tendilla ; puis d'Antoine Augustin, archevêque de Tarragonc, dont la bibliothèque fut incorporée dans celle de TËscurial et qui mourut en 1586. L'année même de sa mort, il avait publié le catalogue de sa bibliothèque, qui était extrêmement riche en manuscrits grecs. Mais ce catalogue est, parait-il, devenu si rare, que M. Miller ne put parvenir a en trouver aucun exemplaire non plus à Madrid qu'à Faris.
En livrant à l'impression le catalogue des manuscrits grecs de l'Escurial^ M. Miller annonçait, dans sa préface, qu'il gardait pour un autre volume le catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque royale de Madrid (ce ne fut que dans les dernières années de sa vie que M. Miller se décida à publier ce catalogue dans le recueil des Notices et extraits des manuscrits, sous le titre de Supplément au catalogue (TYriarte)^ et un recueil A'anecdota comprenant la collection des poésies inédites de Manuel Fhilé. C'est dans ce catalogue qu'il comptait publier le texte de la découverte la plus importante qu'il eût faite dans les bibliothèques d'Espagne, celle des fragments de l'historien Nicolas de Damas qui donnent des détails si précieux et si nouveaux sur la mort de César. L'autorisation de publier ces fragments lui fut refusée (nous n'avons pu parvenir à connaître la cause de ce refus), et il fut ainsi privé de l'honneur de cette découverte si importante. Le bruit cependant s'en était rapidement répandu dans le monde savant; M. Ambroise Firmin-Didot qui, avec un zèle qui rappelle celui des Estienne, s'occupait de la continuation de la Bibliothèque des auteurs grecs, n'hésita pas à envoyer à ses
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frais M. C. Millier, qui travaillail alors à la rédaction du Tome III des Fragmenta histot icorum grxcorum, copier co précieux reste de l'antiquité ; plus tard, en 1850, M. Alfred Didot, le fils du savant helléniste, qui avait été Télëve de Coray, en fit une traduction française qui parut, en une brochure in-8, sous le titre de Nicolas de Damas, Vie de César^ fragment récemment découvert et publié pour la première fois en 1849; nouvelle édition, par M, Piccolos, D. M., accompagné d'une traduction française par M. A. D, et suivie d'observations sur tous les fragments du même auteur. Paris, Firmin Didot, 1850, in-8, 104 pages '.
Pour comprendre l'importance de ce fragment de Nicolas de Damas, il faut lire Tarliclc que lui a consacré M. Prosper Mérimée et qui a été recueilli dans son volume de Mélanges historiques et littéraires '.
i. Uqc seconde édition a paru, en 18G2, dans la Bibliothèque singulière coin« meucce par Poulet-Malassis, et une troisième, eu 1865, dans la Bibliothèque originale publiée par }Xq\\^ Pincebourde, avec uu travail de M. Littré, sur la mort d'Alexaudre-le-Grand.
2. n ... Le cœur uie battait, il y a quelques années, en entrant dans la bibliothèque du Sérail, à Constantiuople. Si j'y déterrais seulement deux ou trois odes de Sapho, me disais-je, je les porterais à mon maître, M. Doissonade, et me voilà sûr de passer à la postérité. H<:las ! Sa Hautesse n*a que des manuscrits arabes ou porsans. Mais d'autres ont été plus heureux que moi. En 1842, M. Minoïde Minas, chargé par M. Villeniain d'explorer les bibliothèques du Mont Athos, trouva dans le trou d'un filancher vermoulu les fables de Babrius, aussi célèbre en son tomps que La Fontaine l'est aujourd'hui. Une découverte encore plus précieuse est due à M. E. Miller : c'est celle de plusieurs morceaux de Nicolas de Damas, conservés, mais inconnus, dans la bibliothèque de l'Escurial. Ce Nicolas fut un historien estimé du premier siècle. Il était ami particulier d'Ilérode, et en qu(*l({U(* sorte son charp'i d'aflaires à Home. Fort en faveur auprès d'Au<;ust»», il put apprendre bi«'n des choses qu'il eut l'excellente idée d'écrire en très bon grec, dit-on, tout Syrif^n qu'il étiit.
u Ces fragments ont été publiés, pour la première fois, v\\ 1849, dans le troisième volume des Fragmenta historicorum gracorum, sur la copie de M. Qiarles Millier, que M. Firmin Didot, digne successeur des Estienne, avait envoyé tout exprès en Espagne.
« Le fragment détaché dont nous avons à rendre compte est le plus important. C'est un récit très détaillé de la mort de Jules César (!t des événements qui en furent la suite immédiate; récit d'autant plus intéressant que l'auteur sest placé à un tout autre point de vue que la plupart des hi^torieus de
Tautiquité, dont nous avons le témoignage La traduction de M. Alfred
Didot, est fidèle, facile, et je ne lui reprocherai pas quelques néologismes «pii
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Mentionnons ici que c'est M. Prosper Mérimée qui succéda à M. le Marquis de Fortia d'Urban comme membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; il fut élu, le 17 novembre 1843.
Tout semblait donc concourir à priver de l'honneur de celte importante découverte M. Miller, tout, jusqu'au nom même de celui qui l'avait, le premier, mise au jour et dont la ressemblance, M. C. Millier avec celui de M. E. Miller, était faite pour donner le change. On a souvent reproché, et particulièrement dans la dernière partie de sa vie, à M. Miller de cacher ses découvertes au lieu de les faire connaître aussitôt au monde savant ; il est fort à présumer que sa déconvenue au sujet de ces fragments de la vie de César, par Nicolas de Damas, n'auront pas été sans influence sur son caractère déjà naturellement susceptible et porté à la défiance.
En 1850, M. Miller quitta la bibliothèque de la rue de Richelieu et fut nommé bibliothécaire de l'Assemblée Nationale en remplacement de M. Beuchot, l'éditeur de Voltaire. Déjà, en 1845, M. Beuchot avait annoncé publiquement son intention de donner sa démission de la place de bibliothécaire de la Chambre qu'il occupait depuis de longues années, mais devant le nombre de ceux qui se présentaient pour recueillir sa succession, il était revenu tout à coup sur une décision qui paraissait fermement arrêtée. On peut lire dans le tome YI et dernier de la Revue de Bibliographie analytique, sur ce sujet, deux pages fort intéressantes qui nous semblent signées par M. Miller, lequel se trouvait déjà, en ce moment, parmi les candidats qui avaient le plus de chances de succéder à M. Beuchot. Quoiqu'il en soit, nommé au mois de janvier 1850, bibliothécaire de l'Assemblée Nationale, il continua à
surprennent d'abord dans une traduction du grec. Pour parler des discustiions du Sénat et des intrigues des partis pûliti(iues de Home, le moyeu d'être intcriligible aujourd'hui, c'est d'employer notre jargon, non, je 'veux dire notre langue parlementaire. >»
(Prosper Mérimée. Mêiatujes historiques et littéraires, — Vie de César- Auguste, — Fragments de Sico/as de Damas^ nouvelle édition, publiée par M. Piccolos, traduction de M. Â. Didot).
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remplir les mêmes fonctions quand l'Assemblée Nationale, devenue Législative, se transforma en Corps Législatif sous l'Empire et redevint Assemblée Nationale après la guerre. II ne résigna ses fonctions qu'en 1880. M. Miller est donc resté pendant trente ans à la tête de ce dépôt, déjà fort riche, et que ses goûts personnels ont rendu plus riche encore en livres d'érudition *. Cette même année 1850, par décret, en date du 26 avril, il fut créé chevalier de la Légion d*honneur.
En 1851 parurent, à Oxford, les Philosophumena, attribués à Origène, qui ont une si grande importance pour l'histoire du Christianisme et qui, pour emprunter les mots mêmes de M. Miller, « produisirent l'émotion que Ton sait ».
De 1849 à 1855, M. Miller, devenu collaborateur du Journal des Savants, d'où sa querelle avec Letronne l'avait éloigné pour un temps, donna dans ce savant recueil une série d'importants articles sur les éditions grecques de Philostrate et Callistrate par Kaiser et Westermann (1849) *; sur les éditions des poètes bucoliques et didactiques grecs par Améis, Lehrs, Dubner et Bussemaker, trois articles (1850); sur la nouvelle bibliothèque des Pères, publiée à Rome en 1852-1853. Six volumes in.4* (1853 à 1856).
En même temps, il préparait l'édition des Poésies inédites de Manuel Philé qui parurent en deux volumes, sortis des presses de l'Imprimerie impériale, en 1855 et 1857.
« J'ai eu la douloureuse patience, écrivait-il en \ 866, à M. de Longpérier, dans la Revue de Numismatique^ de publier en deux volumes în-8* les poésies de Manuel Philé. » Ces poésies, ne comprennent pas moins de 25,000 vers, déchiffrés sur des manuscrits de TEscurial, de Florence, de Paris et du Vatican.
En janvier 1852, M. Miller s'était marié, et le bonheur dont il jouit dans son intérieur, et il en jouissait si complètement!