‹ Le mont AthosChapitre 20 sur 35 · Salomon Rcinach, notice ritée · texte numérisé non relu

Salomon Rcinach, notice ritée

2. Frafrments des œuvre* connue» de Flavien Philostrate, snivies des tableaux de Philostrate le jeune, et des descriptions de Callistrate, «édités par C.-L. Kaiser. Turin, 1844-1846, un vol. iii-4o. Phiiosoulratorum et Callistraii opéra recognovit Anlonius Westermann^ deux articles, 1849.

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le dédommagea des tristesses et des déceptions accumulées sur lui depuis la mort de son prolecteur, le marquis de Forlia. La jeune fille qu'il épousa était de Metz, ce qui Tattira, tous les étés, en Lorraine. Il aimait beaucoup ce pays, et lorsque sa belle-mère fit l'acquisition d'une maison de campagne dans la vallée du Rupt-de-Mad , entre Pagny-sur- Moselle et Thiaucourt, il put venir s'y reposer, chaque année, de ses savants travaux. Il y menait la vie d'un véritable campagnard; sous prétexte de passion pour la pêche à la ligne, il passait de longues heures dans une petite barque qu'il alTeetionnait tout particulièrement, en compagnie d'épreuves à corriger ou de quelque livre grec dans lequel il se livrait, avec plus de succès que dans sa pêche aux poissons, à la chasse aux mots inconnus, pour laquelle sa passion, une passion véritable celle-là, remontait aux premiers temps de ses éludes, on 1831, à l'époque où il avait connu M. Hase.

En 1836, il fit partie de l'ambassade extraordinaire que l'empereur Napoléon envoya en Russie à l'occasion du couronnement du czar Alexandre II. Il y accompagna le comte de Morny, et profita de son séjour pour explorer les bibliothèques publiques et privées de Moscou et de Saint-Pétersbourg, dans lesquelles il (it de nombreuses et précieuses découvertes, sinon au point de vue des auteurs grecs, au moins dans les papiers, si importants pour notre histoire de France, qui pondant les tristes jours de la Révolution et même après, ont passé en Russie. M. Miller, qui se trouvait dans ce pays avec M. Paulin Paris et son fils, occupait à Saint-Pétersbourg ses journées à copier les manuscrits inédits deVoltaire et à faire le catalogue des Archives de la Bastille et autres, que Ton ne communiquait alors qu'avec la plus grande difficulté aux étrangers. Nous venons de relire toute la correspondance de M. Miller avec sa femme pendant ce voyage qui dura plusieurs mois et qui ne fut pas toujours des plus agréables. Contrairement à notre habitude, nous n'en ferons qu'un court extrait. C'est un portrait que M. Miller, dans un jour de mélancolie, a tracé de lui-même, et qu'il nous a paru intéressai^l

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de faire connaître à nos lecteurs. Pour le reste, nous ne voulons pas déflorer, par des extraits, une correspondance très suivie, d'un grand intérêt et d'une véritable curiosité, qui, nous l'espérons, sera publiée un jour intégralement '.

Voici cette page, la seule que nous détacherons de cette volumineuse correspondance. La lettre est datée de Moscou, quelques jours à peine avant l'entrée solennelle du czar. Tous les membres de l'ambassade et de la mission militaire étaient arrivés : le palais, loué parle comte de Morny, trop petit pour les contenir tous, regorgeait de monde. Les officiers et attachés étaient jeunes, bruyants et fous; après un copieux repas, arrosé de Champagne authentique, Tambassadeur étant sorti pour aller faire quelques visites, les jeunes gens se mirent au piano, et alors commença une de ces soirées de garçons qui finissent ordinairement si mal. M. Miller, qui n'aimait guère ce genre de divertissement, s'esquiva, monta dans sa petite chambrette aux rideaux de perse, eut la bonne chance de mettre la main sur deux volumes d'Octave Feuillet qui venaient de paraître, et lut pour la première fois les Scènes et comédies et les Proverbes :

« On n'écrit plus comme cela, dit-il à sa femme ; ce sont de petit chefs-d'œuvre à tous les points de vue ; il y a làdedans des sentiments d'une délicatesse exquise et qui reposent de la vie fausse et toute de convention que nous font les exigences du monde. Mais je m'aperçois qu'au lieu de vous parler de Moscou je m'égare dans des observations qui vous importent peut-être fort peu et qui seraient bien plus à leur place à Paris qu'ici. Que voulez-vous? Je ne puis m'intéresser qu'à ce qui me fait penser à vous. Ce qui me préoccupe

i. Pour donner une idée do l'intérêt qu'elle présente, disons seulement que c'est une lettre de M. Miller, adressée à sa femme, pour lui rendre compte du couronnement de l'empereur à Moscou, qui, copiée par un de ses compafrnous d'ambassade, fut envoyée au Moniteur et y fut imprimée, comme la relation officielle de cette importante cérémonio. M. Miller raconte calment cetto anecdote à sa fenime, dans une des lettres suivantes, pour la mettre en garde contre l'idée qu'elle aurait pu avoir que ce fût lui qui eût copié la relation officielle dont les termes étaient les mêmes que les siens.

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surtout, ce sont vos actions, vos paroles, vos plaisirs, vos ennuis. Je voudrais être près de vous, pour vivre de votre •vie, prendre part à vos promenades ; aussi je tâche de me figurer que je ne suis pas à 700 lieues de vous. La description d'un spectacle, d'un monument, d'une vallée, n'a de valeur pour moi qu'autant qu'elle se rattache à vous. Qu'il s'agisse d'un bois où vous êtes allée vous asseoir avec ma mère, Hortense et Jeanne, je l'aimerai. En un mot, qu'il soit question de vous et de tous ces êtres que je chéris du fond du cœur, à cette condition j'accepterai les descriptions quelles qu'elles soient. Cette tendance, je dirai même C3tte tyrannie de mes sentiments influe nécessairement sur les dispositions démon âme. Elle m'entraîne sans cesse où je ne suis pas et où je voudrais être, et ne me laisse plus assez de lib3rlé d'esprit pour bien voir et bien observer... Ceci ressemble presque à une déclaration à bout portant ; je serais peut-être moins hardi de plus près; je m'arrête, car la pente est dangereuse et je me laisserais aller ainsi jusqu'au bout de ma lettre.

« Donc, je vais m'habiller après vous avoir envoyé ce petit bonjour parti du cœur, je vais, pour vous être agréable, compter les coupoles de Moscou, constater les sinuosités de la Moskowa, recueillir les tristes souvenirs de 1812, vous parler histoire, géographie, statistique, et tâcher d'éteindre mon imagination dans cet examen des pierres et des moellons. J'ai presque honte de le dire, mais dans un voyage effectué loin de la compagnie des miens, ou plutôt des miennes, mes seules heures de plaisir sont celles où je rentre entre mes quatre murs, et où je puis à mon aise suivre mon imagination qui me transporte sur les ailes de l'espérance, vous savez où... j'étais né pour la vie primitive, au milieu de la nature, à condition toutefois d'y avoir près de moi ce que j'aime le mieux au monde...

« Parfois je suis effrayé de me sentir le cœur si jeune, et je suis à me demander si je ne suis pas une anomalie vivante. Que mes compagnons sont heureux de prendre la vie aussi gaîment! Chaque jour, chaque figure nouvelle leur apportent

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un plaisir nouveau ! Ils n'ont pas d*arrière-pensée, et Tespérance du moment devient une réalité qui se trouve remplacée aussitôt par une autre. Auprès d'eux, je parais un niais ; je ie ' reconnais, mais je ne puis changer. D*oii cela vient-il ? Pourquoi suis-je ainsi fait? Quand je n'aurais qu*à me baisser pour ramasser un plaisir, une distraction^ pourquoi me trouvé-je si indifférent? Sans doute parce que tout n'est qu'illusion ici-bas, hormis les jouissances du cœur.

« Acceptez-moi avec mes fantaisies du moment et avec tous les caprices de ma plume, qui n'est que la très humble servante de mes divagations d'esprit. Si mes monologues vous fatiguent, dites-le moi franchement, et je me réduirai au simple rôle d*un guide en Russie. Aimez-vous mieux les narrations et les descriptions que les impressions de mon âme, dites-le, et je me réformerai.

« Une plume de femme, avec mes idées et mes sensations, ferait, je crois, des merveilles, et ne laisserait pas tomber une seule ligne qui ne fût digne de la postérité, mais les confidences intimes ne peuvent être dévoilées qu'à la condition d'appartenir à une sphère supérieure, autrement elles n*ont de valeur que pour les êtres chéris qui les ont provoquées. L'indulgence du cœur est là pour les encourager et les sauver du ridicule. »

M. Miller ne prolongea pas son séjour en Russie. Il lui tardait beaucoup de rentrer en France, de revoir sa jeune femme, sa fille, encore toute enfant, de reprendre ses chères habitudes de travail et de vie de famille dont il était privé depuis de si longs mois. Il ne se plaisait guère, du reste, à Saint-Pétersbourg. La société desjeunes attachés à l'Ambassade extraordinaire n'était guère faite pour lui convenir, et, une fois passées, les splendeurs des fêtes du couronnement à Moscou et à Saint-Péterbourg du pauvre empereur qui devait si tristement tomber sous les bombes des nihilistes, M. Miller n'eut plus qu'une seule pensée, revenir à Paris le plus tôt possible. Mais la chose n'était pas aussi facile qu'elle le paraissait au premier abord : l'ambassadeur, M. le comte do

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Morny, avait décidé de passer Thiver à Saint-Pétershoiirg, où il se maria; il avait pris en affection particulière M. Miller, dont la conversation à la fois savante et enjouée parvenait seule h le distraire de son incommensurable ennui, et M. Miller avait grand peur que son ambassadeur ne voulût point se séparer de lui. Il faut lire, dans sa correspondance, tous les stratagèmes qu'il employa pour reconquérir sa liberté et toutes les finesses de sa diplomatie pour se faire renvoyer en France, sans rien demander. Le temps pressait, l'hiver avançait à grands pas, le départ du dernier bateau était annoncé ; il n y avait pas alors de chemins de fer, et il ne fallait pas songer à un retour par terre qui, sans compter qu'il eût été dangereux, aurait duré de longs jours. Bref, à force d'habileté, M. Miller se fit prier par M. de Morny de rentrer à Paris avant lui ; il put, à sa très grande joie, s'embarquer sur le dernier bateau qui partait pour la France. Il était resté absent près de cinq mois, du mois de juillet au mois de novembre.

Malgré toutes ses doléances sur la pénurie des manuscrits grecs dans les bibliothèques de Russie, il ne rentrait pas les mains vides ; il rapportait, comme il le dit lui-même, de quoi donner deux ou trois volumes de Voltaire inédit, entre autres, ]cSottisie7\ qu'il ncpubliajamaisetdontilse contentait de montrer la copie à ses amis, en petit comité. — Il avait découvert en outre, dans la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, les mémoires originaux de Latude, mémoires très considérables, puisqu'ils occupent plus de 800 pages d'une écriture très fine et très serrée, ce qui fit tout d'abord courir le bruit à Paris qu'il avait découvert des documents inconnus qui permettaient de connaître avec certitude qui était l'homme au masque de fer, d'abord renfermé à la Bastille.

Outre le désir très vif qu'avait M. Miller de retrouver le plus tôt possible en France sa femme et sa fille, un autre intérêt le poussait également à ne pas rester trop longtemps éloigné de Paris. Depuis quelques années, les nombreux travaux de M. Miller avaient attiré sur lui l'attention du monde

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savant, et ses amis, en particulier, le poussaient beaucoup à se présenter à rAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il y fut admis quatre ans après son retour de Russie, et fut élu, le 29 juin 1860, en remplacement de M. Philippe Le Bas; il avait comme parrains les deux plus illustres hellénistes de cette époque, M. Hase et M. Emile Egger, tous deux ses amis. C'est cette même année qu'il donna ses premiers articles sur les Bulles Byzantines *.

El pourtant, malgré tout l'attrait qu'avaient pour lui la vie de famille cheziui, la vie scientifique et littéraire à l'Académie, M. Miller était impatient de faire un dernier voyage, d'accomplir une dernière mission à laquelle il se préparait depuis de longues années et qu'il ne voulait plus trop retarder. Il avait son attention tout entière portée vers l'Orient, et il désirait couronner tous ses voyages, toutes ses missions, par un dernier voyage, une dernière mission en Orient ; il voulait voir cl explorer par lui-même ces bibliothèques mystérieuses du Mont Athos, dont Minoïde Minas avait rapporté des documents et des textes si précieux.

En 1863, il sollicita et obtint, par l'entremise de M"' Ilor- Icnse Cornu, qu'il connaissait particulièrement, de l'empereur Napoléon III, une mission pour aller examiner les bibliothèques de l'Orient, et, en particulier, celle du Mont Athos. — On comprend pourquoi nous ne disons rien de cette mission, ainsi que de celle qu'il se fit donner l'année suivante pour aller explorer l'île de Thasos, dont il rapporta des monuments si précieux de l'art archaïque. Ce sont précisément ces deux missions qui forment le sujet du présent volume. Les lecteurs y trouveront, au jour le jour, le récit des souffrances, des espérances, des déceptions, des découvertes de M. Miller, et pourront apprécier particulièrement la simplicité et la bonne

i. Bévue de numismntiqne, 186C, p. 208-213. (Lettre sur le sceau de Georges Dictateur). — ït)id., 1861, p. 23-29. {DuUe du mundntnire Andrt*.)— Si^nialons pnrore, «laiiî» le loinp XIX des Notices et ertraits des manuscrits^ la publication d'un poAme all/^poriquo de M(51itcDiote (18."8).

DaD9 la Revue archéologique de iSGl, M. Millor publia de : Nouvelles observationt sur fitucription gréco^latine trouvée à Fn^jus,

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grâce de cette correspondance si fidèlement entretenue avec madame Miller. Nous n'en dirions pas davantage, si, dans un paragraphe de la notice que M. Salomon Reinach a consacrée à la mémoire de M. Miller, nous ne trouvions quelques indications particulières qu'il nous a paru utile de reproduire ici :

« De retour à Constantinople, dit M. Reinach, M. Miller examina une centaine de manuscrits à la bibliothèque du Sérail*; il y signale l'histoire d'Aristobule d'Imbros, imprimée depuis par M. C. Millier, un manuscrit d'Héron d'Alexandrie et un Ptolémée du xv" siècle, avec de belles cartes. Je possède la copie qu'il prit alors d'un texte grec du Liber insularum archipelagij de Bondelmonte, et j'en ai publié un fragment dans la Revue archéologique (1883, 1, p. 75 et suiv.). Suivant le désir de M. Miller, je compte faire connaître prochainement quelques autres chapitres, car la traduction grecque contient de nombreux détails qui manquent dans la rédaction latine publiée par Sinner. »

Puisque nous avons commencé à citer M. Salomon Reinach, nous ne pouvons mieux faire que de continuer, car i{ a fait des nombreuses publications de M. Miller, malheureusement dispersées dans une foule de recueils, un catalogue aussi exact que détaillé.

« En 1864, dit-il, M. Miller Aoundi ABx\ç>\e9^ Notices et extraits des manuscrits (tome xxi, 1" partie), un travail sur le manuscrit grec n" 2322 de la Bibliothèque Impériale, contenant le recueil des IIiniATPIKA, et commença la publication des inscriptions grecques qu'il avait recueillies à Thasos '.

« Il promit à plusieurs reprises de publier un travail sur VOnomatologie Thasienne^ mais il ne trouva pas le temps de Tachever. L'année suivante, en 1865, il fit connaître une

1. Cf. Miller, préface des Mélanges de liliéralure grecque, i868, où il indique les manuscrits de cette bibliothèque qui mériteraient d'être imprimés.

2. Ces inscriptions, et d'antres qui lui furent envoyées par M. Chrisudès, ont été dispersées par iVl. Miller dans diverses publications: Reime archéologique, i865, ir, p. 139et26S; 1866, 1, p. 276; II, p. 58 ; 1869, U, p. 135; 1873, I, p. 40- 152; 187i. I, p. 322, 409; 1879, I, p. 282; Annuaire de t Association pour l'encouragement des études grecques^ 1872, p. 167; Journal des Savants, jaQvi<>r et avril 1872 ; Académie des Inscriptions, 15 novembre 1878 et 24 janvier 1879.

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Inscription métrique de Salonique [Revue archéologique, 4865, II, p. 66). Dans cette même Revue archéologique, il publia, pour la première fois, une notice sur les trois bas-reliefs archaïques découverts par lui dans l'île de Thasos, en les accompagnant de deux gravures au trait. En 1866, il publia dans le même recueil une Inscription métrique découverte à ^Chypre {Revue archéologique, 1866, II, p. 58).

« Dans la Revue de numismatique^ il publia (tome XI, 1866) un curieux fragment de Nicétas Choniate^ relatif à la conversion en monnaies de Tor et de l'argent de certaines églises de Conslantinople. Il avait extrait ce passage du Trésor d'orthodoxie de Nicétas Ghoniate, dont le manuscrit lui avait été prêté par la Bibliothèque Laurenticnne, en vue de la prépatîon des Historiens grecs des Croisades, dont nous aurons à parler plus loin. Le 25 octobre 1866, le Correspondant publia une étude de M. Miller sur V Autobiographie littéraire de Nicéphore BasilacaSy découverte par lui dans un manuscrit de TEscurial. — M. Miller en publia le texte grec avec une traduction française faite par son confrère et ami, M. Thurot, dans Y Annuaire de F Association pour r encouragement des études grecques en France, en 1873. — A la même époque, c'est-à-dire en 1866, M. Miller signala à TAcadémie deux nouveaux Bas-reliefs archaïques el une imporlanle Inscription, qui venaient d'être exhumés à Thasos, L'inscription, publiée par M. Bergmann, dans VHermès, est bien connue *, mais les bas-reliefs ne le sont encore que par les grossiers dessins de M. Christidès, qui ont été reproduits dans la Revue archéologique (1885, 1, p. 72). Depuis, j'ai eu le plaisir d'apprendre que les originaux ont été retrouvés dans les magasins de l'amirauté à Constantinoplc, d'où ils ont été transportés au musée de Tchinli-Kiosk. »

L'année 1867 est colle de la fondation de Y Association pour r encouragement des études grecques en France. Dans son intéressante notice sur la création de cette Association, notice publiée dans l'annuaire de 1877, M. Gustave d'Ëichthal a

1. Liuor, Delectus*, n^ 327. — Bjrgmaun, Iloruicj, III, p. !!33.

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raconté la pari que M. Miller prit à sa constitution. Il en fut Tun des fondateurs, et eut Thonneur d'en être deux fois le président, en 1873 et en 1882.

Il donna dans les annuaires de cette Association de nombreux mémoires que les curieux y pourront aisément retrouver. En 1869, l'annuaire de la troisième année^ qui en réalité était le premier de nos volumes, bien mince et bien modeste, contenait un important Fragment inédit (TAppien ; celui de 1872, une Description dune chasse à ronce, par un écrivain byzantin du XI fi siècle de notre ère *, sur laquelle, dans l'annuaire suivant (1873), un savant helléniste, M. Ch.Wyndham, trop tôt enlevé aux études grecques, publia des notes curieuses.

Dans ce même annuaire de 1873, M. Miller publiait la Préface d'un auteur byzantin (p. 138-156). En 1874, il nous donnait la primeur des textes de lexiques grecs inédits (p. 222-285).

Ij annuaire de 1876 contient une Notice et collation d'un manuscrit grec de la Bibilothèque de Smyrne par M, Papadopoulos^ avec les observations de M. Miller (p. 121-137).

La spécialité de ses études sur la période byzantine n'empêchait pas M. Miller de s'occuper aussi d'époques plus rapprochées de nous. Pendant ses longs voyages à Tétranger, pendant ses loisirs à Paris, il avait eu Toccasion d'acquérir de très nombreux manuscrits; c'est dans un de ces manucrils qu'il trouva une traduction en vers français, facile, exacte et intéressante à tous ces titres, du poème de Musée, Héro et Léandrc, faite par Christophe de Harlay, comte de Beaumont, ambassadeur de France à Londres, de 1602 à 1607. II la publia dans Vannuaire de 1881, où elle fut fort remarquée (p. 60-80). Mis en goût par ce succès, il publia dans Tannuaire de 1882 une traduction en vers français par Jacques

i. Cet écrivain byzantin se nommait Constantin Pantechnès, et cette description de la chasse à l'once est tirée d*un manuscrit de la bibliothèque de rEscurial, contenant un très grand nombre de textes inédits. M. Miller en a donné la description dans son Catalogue des manuscrits grecs de fEicurial, pages 200 et suiv.

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Le Gros, des Sentences élégiaques de Thcognis le Méyarien (p. 22-65) ; revenant aux études de toute sa vie, il donna, dans Ycmnuaire de 1883, des Poésies inédites de Théodore Prodrome (p. 18-65) dont il aurait voulu mettre au jour les poésies complètes; à cet effet, il avait commencé, dès 1873, dans la Revue archéologique ^ la publication des poèmes historiques de Théodore Prodrome (I. p. 221, 344, 413 ; II, p. 23, 233), mais il ne put réaliser ce projet. EnRn, Yannuaire de 1884 contient plusieurs Lettres grecques de Théodore Balsamon^ canoniste du xii* siècle, d'après un manuscrit de Venise. L*une de ces lettres, adressée à Eumathe Macrembolite, Tautenr des Amours d'Isménias et d'Ismène, a permis de fixer enfin l'époque où vécut ce romancier (p. 8-20). C'est le dernier texte inédit qu'il donna à cette collection, si précieuse pour tous ceux qui s'intéressent aux lettres grecques.

Afin de donner le titre de tous les mémoires que M. Miller inséra dans les annuaires de l* Association pour Vencouragement des études grecques^ nous avons devancé le cours des années; il nous faut maintenant revenir en arrière, c*est-u-dire, en 1867.

Cette année 1867, il communiqua à TAcadémie des Inscriptions trois fragments d'IIgmmrs orphiqurs, Tun au Solrit^ Fautre à la Lune, l'autre à Hécate, fragments intéressant surtout Thistoire de la religion et de la philosophie grecques. M. Miller les publia, Tannée suivante, à la fin de son volume de Mélanges de littérature grecque, avec une traduction v\ un commentaire littéraire et archéologique, mais en refusant absolument d'en indiquer la provenance. « Trois quiîstions maintenant se présentent tout naturellement, disait alors M. Miller, lui-même ; où, quand et commentai-je failcetle découverte? je demande la permission, quant à présent, d<î nn pas répondre à ces questions ; cela viendra en temps et Ii(?u. Aujourd'hui, je me contente de publier ces llgmnfs^ afin que le monde savant ne soit pas plus longti^nips privé de ces pn?cieux monuments de la religion des Orphiques. Du reste, on peut être tranquille sur leur origine ; elle est parfaitement

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authenlique. Le trop célèbre Simonidès n y est pour rien, on le verra plus tard, »

Tous ceux qui connaissaient M. Miller pouvaient se tenir pour satisfaits, le sachant incapable de se jouer de la bonne foi des érudils auxquels il s'adressait, mais ilneleura donné satisfaction que quatre ans plus tard. Dans la séance de TAcadémie des Inscriptions du 4 août 1871, il fit savoir quelle était leur provenance. Ces Hymnes ne venaient ni d'Orient ni des diverses bibliothèques d'Espagne ou d'Italie qu'avait explorées M. Miller; il les avait trouvées, tout simplement, dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, dans le manuscrit acquis à la vente de la collection Anastasi, qui était inscrit au n" 1073 du catalogue de cette vente, et qui contenait divers ouvrages de magie, au milieu desquels étaient ces trois fragments orphiques '.

Les Mélanges de littérature grecque contenant un grand nombre de textes tjidédits^ qui furent imprimés à Paris, par ordre de Tempereur, à l'Imprimerie impériale, et qui forment un volume in- 4", de xvi-473 pages, sont assurément un des titres les plus solides de M. Miller ; on y trouve une quantité de textes inédits, recueillis par lui au cours de ses recherches paléographiques. Mais, chose curieuse, tandis que le volume s'ouvre par une préface qui n'est qu'un extrait du compte rendu de la mission que l'empereur lui avait confiée pour explorer les couvents du Mont Athos, compte rendu que nos lecteurs trouveront à la fin du présent volume, sous le n^ 1, ce n'est pas du Mont Athos que M. Miller a rapporté le plus intéressant des morceaux qu'il publia dans ce volume de Mélanges; c'est dans une bibliothèque bien autrement accessible que celle des couvents du Mont Athos, et bien plus souvent explorée, c'est à la Bibliothèque Laurentienne de Florence qu'il a trouvé

1. Notice de M. A. Chassang, sur les Mélanges de littérature grecque^ etc, publiés par M. Miller, daus l'annuaire de l'Association pour V encouragement des éludes grecques en FrantCf auuée 1871, p. 261.

Celto même année. 1867, M. Miller publia daus la Revue de numismatique (nouvelle série, tome XII) une description de Bulles byzantines de la collection de Al, le baron de Kohne et de diverses autres provenances.

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un manuscrit de YEtymologicum magnum plus ancien, puisqu'il est du x« siècle, ci plus complet que tous ceux que Ton connaissait jusqu'ici. M.Miller en publia les parties nouvelles, qui remplissent les 318 premières pages de son volume de Mélanges.

Parmi les citations qui accompagnent et qui expliquent chaque mot (et il y en a plus d'un qu'on chercherait vainement dans le Thésaurus) se trouve un assez grand nombre de fragments tout à fait inédits des poètes et des orateurs de l'antiquité, précieux débris que les hellénistes ont recueillis avec joie ; les citations de passages déjà connus ont aussi, au point de vue de la critique verbale, un grand intérêt, car plusieurs offrent des leçons nouvelles sur le texte d'Homère, d'Hésiode, d'Apollonius do Rhodes, etc. V

Nous n'insisterons pas davantage sur la valeur et l'importance de ce volume qui est entre les mains de tous les érudits.

Dans le Journal des Savants de cette même année 1868 (cahiers de mars, avril et mai), M. Miller s'occupa avec grands détails d'une publication de M. C. Wescher^ intitulée : Poliorcétique des Grecs ; à cetlc occasion, il avait annoncé qu'il travaillait à une histoire de la formation du fonds des manuscrits grecs de la Bibliothèque impériale, histoire qui malheureusement n'a jamais paru.

L'année suivante, 1869, au sujet de la publication faite encore par M. (^yfusch^v des Fragments cTAristodème rapportés du Mont Athos par Minoïde Minas, M. Wachsmuth essaya de prouver que ces fragments étaient apocryphes'. M. Miller prit vivement parti pour le savant français dans la Revue archéologique (1869, I, p. 61), et l'opinion des meilleurs juges lui a donné raison '.

Cette même année, il publia dans la Revue archéologique (1869, I, p. 101) des Fragments ifiéditsd'Appien sur Fart de la divvuition chez les Arabes^ provenant du XXIV* livre) ; ibid.

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