‹ Le mont AthosChapitre 27 sur 35 · XENOPHON · texte numérisé non relu

XENOPHON

convaincus. Nous primes congé d*eux au bruit des cloches fui tintaient, comme toujours, en mon honneur. A notre retour à Pantocrator, nous flmes un excellent déjeuner, à la suite duquel mon jeune ami dormit quatre heures de suite. L'archimandrite, les moines et les cloches n . us firent leurs adieux et nous reprîmes le chemin du skile où nous apprîmes ^vec étonnement que M. Guillemet n'était pas encore arrivé. Enfin, il y a eu hier huit jours, nous prenions congé do nos h<^les du skite de Saint-André, et nous arrivions, deux heures ^prës, au couvent de Xénophon, par un cliemin très agréable. Malheureusement, je ne trouvai absolument rien dans ce couvent, pas même de quoi occuper ma journée.

M. Guillemet l'employa à dessiner le monastère. Comme X.énophon est tout à fait sur la mer, une barque nous conduisit le lendemain matin à Dochiarion, qui est dans la m<^mo situation. Rien non plus dans la bibliothèque ; mémc^ emploi delà journée. Le dimanche matin, nous prenions des mulets et nous nous rendions à Castamoniti, qui est un misérable petit couvent situé au milieu de la montagne. J'engageai M. Guillemet à ne faire qu'un croquis, de manière à ce que nous eussions le temps d'aller à Zographon, sans être obligés découcher à Castamoniti, ce qui me souriait fort peu, tant les chambres étaient sales.

Il y avait là, en Tabsence de rarchimandrite, un vieux bonhomme à barbe blanche qui avait été autrefois au mont Sinaï. Il aimait beaucoup à parler ; il nous raconta Thisto ire de la tour de Babel, celle de l'expédition d'Egypte et beaucoup d autres choses aussi nouvelles pour nous. Ces braves gens se mirent en quatre pour nous donner un déjeuner assez bon ; le pauvre vieux, en quelques heures, m'avait pris tellement en affection qu'il m'embrassa, en ayant les larmes aux yeux. Nous en fûmes nous-mêmes très touchés. Une heure après, noun étions à Zographon, qui est un très grand et riche couvent : on y fait en ce moment de magnifiques constructions.

C'était l'heure du sommeil des moines ; aussi je ne voulus pas qu'on dérangeât l'archimandrite. Je dis à Antonio de s'in-

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former de son nom; il vint m'apprendre qu'on le nommait saint Georges. « Que me dites-vous là, on n*est jamais saint de son vivant. »

« Je ne sais pas, répondit Antonio, mais on prétend ici qu'il s'appelle saint Georges. »

L'explication, la voici : le couvent est sous l'invocation de saint Georges, et Tarchimandrite^ qui se nomme Anthime, veut, par modestie, n'être que le second. C'est un petit homme portant une simple robe de bure grise, modeste, doux, instruit, et dont j'ai été enchanté. Comme il est kinobien il ne mange jamais qu'avec les moines. Il fit un extra en notre faveur et se mit à table avec nous. Nous fûmes servis à l'européenne, c'est-à-dire avec des couverts, de la porcelaine, du linge très blanc, etc. Il nous fit même donner du bœuf; c'était la première fois que nous en mangions depuis que nous étions au mont Athos. C'était une malheureuse bête qui était tombée dans un ravin et s'était cassé la jambe ; on fut obligé de l'abattre et nous en profitâmes. M. Guillemet fit un grand dessin du couvent, et pour lui faciliter son travail, nous restâmes jusqu'au mercredi matin, bien que je n'eusse rien à faire, parce qu'il n^y a à Zographon que des manuscrits slaves. Mercredi matin donc, nous allâmes à Chiliandari qui est un vieux monastère sale et misérable. Rien, encore là, que des manuscrits slaves.

Nous y passons la nuit, et le jeudi matin nous parlons pour Esphigmenon qui n'est qu'à trois quarts d'heure et situé sur la mer.

Je ne sais si vous vous rappelez l'archimandrite Nilos que j'ai connu à Constantinople et qui m'a présenté au patriarche de Jérusalem avec lequel nous avons dîné. Ce Nilos, auquel j'avais donné des lettres de recommandation pour Paris où il est en ce moment, est précisément l'archimandrite d'Esphigmenon. Aussi nous y fûmes reçus comme nulle part. Notre cawas, à peu de distance du couvent, tira un coup de fusil, ayant eu le soin d'envoyer un peu en avant notre muletier avec nos bagages, pour prévenir de notre arrivée. Aussitôt

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