‹ Le mont AthosChapitre 34 sur 35 · THÉOLOGOS · texte numérisé non relu

THÉOLOGOS

Nous en fûmes pour nos frais et nos fatigues : une toute petite inscription, qu'Œconomidès est allé copier pour m'éviter la course, et un bas-relief que M. Guillemet a dessiné. Nous étions de retour d'assez bonne heure. J'oubliais de vous dire que le secrétaire du pacha de Thasos était venu me porter les compliments de son maître et se mettre à ma disposition. Il comptait nous accompagner dans notre excursion mais, comme il dormait profondément au moment du départ, nous nous sommes passés de lui. Quelques minutes après notre retour, arriva un cawas avec un grand panier d^oranges et de citrons qui m'étaient offerts par le pacha qui avait pressé son retour à Thasos afin de me voir plus tôt. Il avait dit au cawas que, dès ce moment, il était attaché à ma personne et qu'il ferait tout ce que je lui commanderais. J'aurai soin de décliner cet honneur qui serait très embarrassant pour moi.

Je me reposai bien hier soir, et j'arrêtai des mulets pour ce matin : la course devait être très longue et très fatigante. Il fallait partir au lever du soleil ; aussi j^engageai M. Guillemet à rester avec Antonio pour prendre des photographies. Je m'arrangeai avec Œconomidès qui est matinal, et le secrétaire du pacha qui promit de se lever à l'heure dite. Effectivement, nous étions en route, ce matin, avant que le soleil se fut montré à l'horizon. J'avais un mulet détestable et un b&t tout de travers, aussi, au bout de deux heures de route, j'étais épuisé de fatigue. Ces messieurs me prêtèrent une de leurs montures, et je pus continuer ma route. Mais quel chemin! Que de montagnes escarpées! Que de pierres, de roches! Toujours monter et redescendre pour remonter et redescendre, et cela dans des chemins à faire réfléchir une chèvre !

Au premier endroit où l'on nous mena, déception complète! Rien qu'une mauvaise chapelle byzantine, dont il ne reste plus même que quelques pierres en désordre. A l'autre port, nommé Aliki, j'ai été dédommagé de mes fatigues. D'abord, un grand sarcophage qui contient une longue inscription en vers.

Malheureusement les premières lignes et plusieurs mots

des suivantes sont devenus complètement illisibles. Les dernières sont encore enfouies dans la terre. Non loin de là, je vis une chose qui m'a vivement intéressé et qui peut [être très curieuse. C'est une grande colonne cannelée, en marbre, dont la plus grande partie est enfouie ; elle est couchée et il n'y a que la moitié des cannelures apparentes. Chacune contient des lettres et des signes que je ne connais pas; mais, dans Tune d'elles je lis très distinctement le nom de Marius, le célèbre général romain.

' Cette colonne me semble très intéressante, et si nous faisons venir un bâtiment, nous remporterons, sinon entière, du moins en partie. Je serai obligé de retourner dans cet endroit pour découvrir entièrement le tombeau et prendre l'estampage de Tun et de l'autre, ce que je n'ai pas pu faire, car nous manquions d'eau. Quand nous serons au port, ce sera plus facile d'y arriver par mer.

Ensuite, nous nous sommes reposés sous trois platanes magnifiques, et au bord d'une source assez bonne. Enfin, je suis rentré, harassé de fatigue, et ayant une indigestion de montagnes et de mulets.

Demain, nous nous reposerons; c'est d'ailleurs fête chez les Grecs, et il ne serait pas possible d'avoir des montures. Après demain, vendredi, nous irons à Castro, puis nous en visiterons l'échelle où, dit-on, il y a des antiquités, et nous reviendrons coucher à Castro. Samedi, nous passerons par Moriès et j'espère que, le soir, nous serons rentrés au port.

Ce tour de l'île est beaucoup plus fatigant que je ne le pensais, surtout parla chaleur que nous avons en ce moment. Le soleil est d'une ardeur incroyable, et nous n'avons presque jamais d'ombrages pour faire nos courses. Nous avons hâte de nous retrouver au port où nous sommes installés assez commodément; le pacha occupe en ce moment notre appartement, mais il ne doit rester que quelques jours. En attendant , nous irons demander l'hospitalité à notre moine Christophe.

Deux de nos graineurs devant partir pour Cavale, ce matin,

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je me suis levé de très bonne heure, pour achever celte lettre. Mais ils ont changé d'idée, par suite des concurrences sur la soie. Nous sommes allés alors avec M. Guillemet faire l'estampage d'une petite inscription qui est encore encastrée dans le mur extérieur de la petite église placée sous l'invocation de saint Nicolas, patron des mariniers.

Voilà, pour le moment, ce que nous avons fait. La suite au prochain numéro.

Rassurez- vous, je vais bien, et je jouis bien plus de mes souvenirs de tendresse que je ne souffre de notre éloignement; le temps marche si vite que j'en vois déjà le terme.

Thasos, 14 juin 1864.

Voici le premier moment de liberté où je puis prendre la plume et vous raconter la suite de notre excursion. Le lendemain du jour où j'ai fait partir ma lettre du 6 juin, nous nous sommes mis en route pour Castro, qu'on nous disait être à une heure de distance de Théologos. Il en faut près de deux pour y arriver, et cela par un chemin des plus pénibles. Il faisait une chaleur à cuire un bœuf, et nous grimpions à pic. Castro ne contient rien pour nous, mais il y a l'échelle qui est à deux heures et demie de mulet. La chaleur était telle que nous avons renoncé à cette excursion, nous réservant de la faire en barque du port de Panagia, ce qui sera plus commode et moins fatigant. Gomme nous côtoyons toujours Tlle et que nous pouvons choisir notre moment, il n'y a aucune espèce de danger dans ce genre de promenade.

Après avoir été chez le représentant du pacha, que notre cawas était allé prévenir, nous avons été voir une église dans laquelle se trouvent encastrés, dans le mur extérieur, quelques fragments du moyen âge, un, entre autres, qui contient une inscription latine. Comme ce fragment a été placé sens dessus

dessous, je n*ai pas pu parvenir à le déchiffrer. M. Guillemet en a fait la photographie.

Castro est au sommet d'une montagne; on y est entres bon air et Ton distingue de là parfaitement la silhouette du mont Athos.

Nous avons déjeuné chez le chef, puis nous sommes allés jusqu^à Moriës où nous avons vu deux ou trois choses peu importantes. Nous sommes arrivés par une chaleur tropicale, et ruisselants de sueur. Le village de Moriës se trouve au fond d'une vallée très profonde, et on est obligé de descendre à pied par des chemins incroyables.

On nous mena dans une maison qui nous parut assez propre. Apres nous être reposés, nous sommes allés voir deux ou trois morceaux d'antiquités que M. Guillemet a photographiés. Un habitant me montra ensuite un petit marbre représentant une Diane avec deux chiens, Tun à droite, l'autre à gauche. Elle a les deux bras étendus et parait porter dans chaque main un flambeau. La tète et une cuisse sont cassées. Nous avons vu aussi un bas-relief, en mauvais état et d'une basse époque, représentant, sans doute, un accouchement.

On me dit aussi qu'un habitant avait trouvé un grand marbre représentant douze personnages assis sur des sièges et mangeant à table. Or, comme les anciens mangeaient toujours couchés sur des lits, et qu'il s'agit de douze personnages, je crois que ce morceau doit représenter la cène de Notre-Scigneur, et dans ce cas, il peut avoir beaucoup d'intérêt, s'il est un peu ancien. Malheureusement, l'individu qui a trouvé ce marbre Ta caché, et se trouve maintenant en Egypte. Son frère connaît à peu près l'endroit ; il cherchera , et s'il le trouve, il me l'apportera au port.

Antonio nous a organisé un dîner quelconque; nous avons pris le café en plein air, et la fraîcheur était telle que nous étions presque glacés. Nous avons passé une très mauvaise nuit à Moriès, et jamais nous n'avons vu tant de puces. Le lendemain, nos mulets vinrent de bonne heure, et nous partîmes pour Kakeraki, où l'année dernière nous avions passé

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un dimanche, et nous avons revu avec plaisir la fontaine et les ombrages qui nous rappelaient un charmant tableau. Mais la place était vide, la fontaine était veuve des jeunes filles qui étaient sans doute à leur travail, le soleil même s'était caché, et les nuages, s^amoncelant sur nos têtes, semblaient nous promettre un orage. Pas de barque pour nous conduire au port de Panagia! Nous prenons alors le parti de mettre nos bagages sur un mulet, et de nous rendre à pied à l'échelle de Casaviti, où il y. a toujours des barques. C'est la route que nous avions faite Tannée dernière en attendant noire maudite embarcation.

Après deux heures de marche, heureusement sur un terrain plat^ nous arrivons à notre échelle ; mais pas de barque : toutes étaient parties par Cavale. Nous déjeunons, comme nous pouvons^ dans un mauvais cabaret qui se trouve sur la plage ; nous laissons éclater Torage et tomber la pluie, puis nous nous tâtons le pouls, pour savoir ce que nous deviendrons. Il était difficile de passer la nuit dans un pareil endroit. Œconomidès me donne alors le conseil d'aller à pied à Yolgaro où il y a deux beaux couvents dépendants de Vatopédi et de Zographon. De là au port de Panagia, il n y a plus que deux heures, que nous ferons le lendemain matin.

Il faut vous dire que je me suis décidé à garder le cawas que le pacha m*a donné ; c*est un brave homme, discret et honnête, qui peut nous être très utile. Notre cawas s'empara de force d'un àne qui passait, et obligea son propriétaire à transporter nos effets à Volgaro. Quant à nous, nous prîmes courageusement notre parti et nous allâmes à pied au village ; il fallait encore deux heures, et le soleil, après la pluie, avait reparu avec plus de force.

C'était une rude journée, mais nous nous en sommes tirés assez bien.

L'économe du couvent où nous nous sommes dirigés est précisément un moine qui nous a connus au mont Athos. Il nous a fait bon accueil et a paru très content do notre visite. De l'eau excellente et d'une fraîcheur extraordinaire nous

dédommagea, momeatanément, de nos fatigues. Il va sans dire que nous ne la buvons jamais sans mettre quelque chose dedans. Nous allâmes voir la source qui sort abondamment de dessous Téglise, et nous nous assîmes sous de magnifiques platanes. A la porte de cette église, se trouvent quelques colonnes et un petit chapiteau d'ordre ionique.

Quand notre dîner fut prêt, il était déjà nuit. On plaça une table basse sur un tabouret qui avait les quatre pieds en l'air, et nous nous installâmes sur des coussins, à la turque. Le dîner fut très bon et, chose extraordinaire, le vin très agréable. Antonio, que j'avais fait dîner à notre table, était très gai, ainsi que notre moine. Tous deux buvaient à qui mieux mieux et ils avaient fini par avoir une petite pointe. Notre repas fut très amusant, mais il faillit finir d'une manière tragique. Au moment où notre moine buvait à notre santé, pour la trentième fois, un tremblement de terre épouvantable ébranla toute la maison ; il dura plus d'une minute. J'avoue que l'effet m'en fut très désagréable. Œconomidès en a ressenti souvent dans l'île, mais jamais de pareil. Déjà, à Théologos, j'en avais eu un petit, mais peu sensible, et, ce matin, un encore et assez fort. Cela dégrisa un peu nos soiffeurs, et on pensa à se coucher.

Le lendemain, c'est-à-dire le dimanche, nous avons assisté à la sortie de l'église, après la messe grecque, et nous avons vu à peu près toute la population de Volgarô qui est composé de quatre petits bourgs. Un cinquième, nommé Saint-Georges, est à une lieue de distance.

Nous avons pris ensuite des mulets et nous sommes partis, cawas en tète, pour le port où nous sommes arrivés vers onze heures. Quand nous sommes parvenus au sommet de la montagne, nous avons eu un spectacle ravissant : toute la côte de Cavale et de la Macédoine, au fond, avec de riches plaines ; sur le bord de la mer, les déchiquetures gracieuses et verdoyantes de notre île, les ruines se dessinant au loin ; Tamphilhéâtre, au milieu duquel se trouve le port ; des prairies où il y a plus de Heurs que d'herbages; une belle

végétation, ce dont nous étions privés depuis plusieurs jours, tout cela nous consola des fatigues que nous avions éprouvées dans la tournée de Tîle. Malheureusement, décep'tion à notre arrivée ! Notre petite maison était encore occupée par le pacha, gouverneur de Tîle, et nous n'avions plus à notre disposition que la petite chambre de M. Guillemet, où nous avions entassé nos effets. J'allai farre visite au pacha, et là, j'éprouvai des difficultés auxquellesj'élaisloindc m'attendre. Comme sur le firman du vice-roi d*Égypte il n'y avait pas les mots : fouillerez emporter les antiquités, il prélendit que je n'avais pas le droit de visiter Tîlc ni de dessiner même les antiquités, ce qui est absurde, car il n y avait pas besoin de demander au pacha d'Egypte la permission de faire ce que peut faire tout voyageur. Mais le gouverneur est un ancien militaire et n'est pas doué d'une grande somme d'intellidence. Je lui ai montré deux autres firmans du sultan, où il est dit positivement que j'ai le droit de fouiller et d'emporter tout ce que je voudrai. Cela lui a fait une certaine impression, mais ce qui l'a le plus convaincu, c'était la crainte de me voir partir sans remplir ma mission. Je parlai pendant trois heures, sans pouvoir arriver à une solution quelconque. Il me supplia d'attendre jusqu'au lendemain, c'est-à-dire hier; puis il envoya immédiatement une barque à Cavale, pour qu'on lui apportât l'original du firman et que l'interprète vînt le lui expliquer. J'attendis donc patiemment, et fus obligé d'aller coucher dans une chambre d'une autre maison appartenant au proèdre. Hier matin, arriva l'ingénieur avec tous ses hommes, devant partir pour Cavale et de là pour Alexandrie.

Us vinrent me dire adieu, ajoutant que le pacha partait avec eux pour Cavale.

Je répondis : — « C'est bien, je vais en faire autant. » — « Gomment, me dit l'ingénieur, d'un air effrayé, vous allez partir? — Sans doute. — Mais le pacha va à Cavale pour votre affaire. — Le pacha fera ce qu'il voudra, mais s'il part sans me donner une réponse, je quitte l'île immédiatement. Je n'ai pas de temps à perdre. »

Il monta tout de suite chez le pacha qui me pria d'aller le voir. Là, il consentit à tout ce que je voulais et signa un ordre au chef de Tîle pour que je pusse faire mes fouilles comme je l'entendrais, avec injonction de punir sévèrement tout habitant dont j'aurais à me plaindre. Dès lors, je me déclarai satisfait, et me voici ayant les coudées franches. Le pacha vient de partir, et je suis rentré en possession de ma chambre.

Certains habitants paraissent furieux contre moi ; ils sont jaloux de me voir faire des fouilles. Cependant on laisse les indigènes briser les plus beaux marbres pour faire des constructions. Le moine Christophe nous a montré un pied trouvé dans la mer et qui doit provenir d'une statue colossale. Dans un mur de jardin, on voit une tète toute martelée, mais d'une grande pureté de lignes, et ayant dû aussi appartenir à une statue non moins gigantesque. Partout des traces d'une belle époque, et partout, en même temps, des traces d'une inqualifiable barbarie.

Je compte, si les marques de mécontentement persistent, mettre tous ces gens-là à la raison, à l'aide de mon cawas.

Demain, sinon aujourd'hui, nous commencerons à remuer la terre et je vous tiendrai au courant de ce que nous ferons.

Thasos, 16 juiu 1864.

Je viens do recevoir tout à la fois vos deux lettres n»* 2 et 3, et celles de MM. d'Alanzier, Aristarchi et do Ponlcharra. Je suis bien heureux de tout ce que vous me dites, et je vous en remercie.

Depuis avant-hier, jour où j'ai repris possession de ma chambre, je n'ai pas grand'chose à vous annoncer, mais je tiens à ce que le prochain courrier vous dise tout le plaisir que j'ai eu à lire vos deux lettres.

Dès hier malin, nous avons voulu nous mettre à Tœuvre, mais nous n'avions ni outils ni ouvriers. Néanmoins, nous sommes partis avec une pioche que nous avions empruntée, et les deux leviers que nous avons fait faire à Salonique, et, accompagnés d'Antonio, du cawas et d'Œconomidès , nous nous sommes dirigés vers la route des tombeaux. C'était ridée de M. Guillemet, et non la mienne. Ces tombeaux ont tous été fouillés, et j'imagine qne nous perdrons notre temps à remuer terre et pierres dans ces parages. Effectivement, nous nous sommes donné beaucoup de mal et nous sommes rentrés, ruisselants de sueur, vers onze heures, renonçant à un pareil travail pour le reste de la journée. Comme nous n'avons presque rien à manger, en étant réduits à des œufs à la coque, j'ai pensé à prendre mon fusil et à aller tirer des tourterelles, qui sont en assez grand nombre sous les oliviers. M. Guillemet me proposa d'aller en barque dans une petite ile qui est en face de Thasos et qui, dit-on, est pleine de lapins. Elle porte le nom de 0aao-ojXa, enfant de Thasos. Nous serons bien aises d'y avoir été au moins une fois. Notre journée étant perdue, j'acceptai; nous frétons un caîque, nous nous armons de fusils et nous partons, par une chaleur tropicale ; mais nous commençons à nous faire à cette atmosphère de feu, qui est assez souvent tempérée par une brise très fraîche.

Œconomidès avait emprunté un fusil ; nous prîmes quelques provisions et nous louâmes un bateau, pour quinze piastres. Les maîtres de la barque avaient un instrument de musique. C'est une espèce de cruche dont le fond est remplacé par une peau de chèvre tendue et qui donne un peu le son de notre tambour. Le goulot reste vide. On tape des deux mains, d'une manière monotone, et cela m'a rappelé l'insimment des Arabes, à la fête turque de Salonique. Comme l'air chanté par nos bateliers me semblait joli, je priai Antonio de me donner le sens dos paroles, et j'écrivis les couplets suivants :

leurs constructions, ces plaques, blanches comme de la neige sur un fond noir, produisent un singulier effet.

Comme toujours, M. Guillemet se plaignait de son mulet ; il était trop dur, il ne marchait pas, etc.; cela vient simplement de ce qu'il n'est point cavalier, maie il ne veut pas en convenir, et c'est toujours la faute de son mulet !

Quoi qu'il en soit, notre route s'acheva sans accident et sans fatigue , du moins pour moi. Quelques-uns des graîneurs, qui étaient venus avec nous en barque, se trouvaient à Théologos; nous nous fîmes conduire à la maison qu'ils habitaient et qui est précisément la meilleure du village. Le proèdre de Panagia m^avait donné une lettre circulaire pour tous les chefs du village, et nous nous trouvâmes être arrivés chez celui de Théologos. Les graineurs, qui avaient loué toute la maison pour faire leurs opérations de graine de vers à soie, nous offrirent une très belle chambre, dans le haut de la maison, et nous nous y installâmes, M. Guillemet et moi. Antonio et Œconomidës se mirent dans une petite pièce à côté.

Nous devons rester ici trois ou quatre jours pour explorer archéologiquement les environs ; ce sera toujours autant de pris ! Nous irons ensuite à Castro, à Moriès, et nous reviendrons au port dans une huitaine de jours, je suppose.

Je tâcherai de vous faire un petit dessin de l'île, pour que vous puissiez nous suivre dans nos pérégrinations.

M. Guillemet est parti pour prendre quelques vues photographiques, et moi, je reste h écrire et à travailler jusqu'à l'heure du déjeuner. Je jouis d'un peu de calme.

8 juin 1864.

Hier, quatre mulets venaient, à six heures du matin, nous prendre pour nous conduire à Téchellc de Théologos et dans d'autres endroits où nous devions trouver de nombreuses antiquités.

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