‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 28 sur 160 · HISTOIRE. — PLACES · texte numérisé non relu

HISTOIRE. — PLACES

audacieuses. On vit figurer parmi les accusés les personnes les plus considérables de l'Auver^-ne et des provinces voisines. Il y eut quelques exécutions capitales; mais la plupart des condamnations furent prononcées par contumace. Depuis cette époque, aucun évément im-

Eortant ne s'est passé à Clermont, qui est devenu en 1790 î chef-lieu du département du Puy-de-Dôme, puis le siège d'un tribunal de l^e instance, d'une académie universitaire et d'une division militaire.

Clermont-Ferrand a vu naître : les historiens Grégoire de Tours, Savaron, l'un des représentants du tiers état aux Etats généraux de 1614; Dulaure et de Montlosier; le jurisconsulte Domat; le savant Bompart, médecin de Louis XIII; les "poètes Thomas et Delille; l'écrivain Chamfort; enfin Pascal. Parmi les prélats qui ont illustré le siège épiscopal de cette ville, on remarque surtout ; saint Austremoine, saint Sidoine Apollinaire, Guillaume Duprat, fils du chancelier du même nom. et Massillon.

Places.

Les places sont fort nombreuses; au IN. et se touchant presque , nous trouvons celles de Saint- Hérem, de la Poterne et d'Espagne.

La place triangulaire de Saint-Hérem, qui doit son nom à un ancien gouverneur, a été transformée en square en 1880; elle est ornée de la statue de Pascal, par M. Guillaume.

La place ou promenade de la Poterne , séparée dè la première par la montée aux Arbres, fut créée en 1725, sous l'intendance de M. de la Granville. Elle est plantée d'arbres et ornée d'une fontaine. . La. place d'Espagne , qui fait suite à la place de la Poterne, a été ainsi appelée parce qu'elle fut achevée en 1692 par des Espagnols, prisonniers de guerre. De ces places, qui dominent la route de Paris à Lyon , la vue s'étend sur le faubourg Saint- Alyre, sur Montferrand, sur les villages de Dur-

CLERMONT-FERRAND

toi et de Sarcenat, sur le Champturgue , le Pariou et le puy de Dôme.

La place Delille, au N.-E., en tête du boulevard du Séminaire , autrefois la place des Jacobins , doit son nouveau nom à Jacques Delille , enfant de Clermont et poète didactique dont les œuvres, un peu oubliées peut-être, ne sont pas sans valeur. Une fontaine monumentale en bronze occupe le milieu de la place : l'eau tombe d'une grande vasque soutenue par un groupe de trois enfants. Sur cette place se trouvait la célèbre fontaine de Jacques d'Amboise, qui y avait été transférée en 1808. Depuis le mois de mai 1855, ce monument, un des plus gracieux de l'époque de la Renaissance (1515), occupe le point de jonction de l'avenue centrale avec le cours des Sablons. Placée à l'entrée principale de Clermont, l'œuvre de Jacques d'Amboise arrête l'étranger, qui admire le charmant effet produit par les trente jets d'eau qui s'échappent en minces filets de ses vasques , de ses statuettes et des colonnes surmontant le bassin principal.

La place Michel-L'Hospital s'ouvre sur le boulevard du Séminaire; la place de l'Étoile, où s'élève l'école d'artillerie, est plantée d'arbres, et se trouve à l'extrémité du cours Sablon, à l'E. de la ville.

Au S., sur le boulevard de la Pyramide, nous trouvons l'ancienne place du Taureau, qui fut ainsi nommée parce qu'un jour, pendant qu'on y travaillait, un taureau y poursuivit un prêtre, qui lui échappa en sautant dans la rue de l'Éclache ; cette place, qui date de 1756, est aujourd'hui plantée d'arbres.

Au point où la rue Ballainvilliers croise le boulevard, près de la place du Taureau, se dresse une

Fcntaine de Jacques d'Amboise, à Clerraont-Ferrand.

CLERMONT-FERRAND

pyramide-fontaine, surmontée d'une urne funéraire, élevée en l'honneur de Desaix.

La place de Jaude (Jovis?), à l'O., est la plus grande de Glermont : sa longueur est de 262 met., sa largeur, de 82. Les voitures y stationnent. Elle est bordée d'hôtels et de maisons particulières assez belles ; l'église des Minimes s'élève à son extrémité N.-O. ; la halle aux cuirs, bâtie en 1816, fait face à cette église. Du centre de la place on peut, en se tournant vers la nouvelle rue Blatin, se former une première idée de la configuration du puy de Dôme, qui semble si rapproché et qui est éloigné de 12 kil.; en regardant vers le S., on aperçoit le Mont-Rognon, surmonté de son vieux château en ruine. Vers l'extrémité S. s'élève la statue de Desaix, par Nanteuil , œuvre d'art assez remarquable inaugurée en 1848. La place de Jaude, plantée d'arbres et garnie de bancs, est une des promenades les plus fréquentées de la ville.

Les places du centre de Glermont sont : la place de Saint-Pierre , ainsi nommée d'une église détruite pendant la Révolution , et servant de marché aux légumes; la place de Sugny; la place des Petits- Arbres, appelée aussi place de la Préfecture, etc.

Édifices religieux.

La première église de Glermont dont il ait été fait mention (il n'en reste plus rien) est celle de Saint- Martial, appelée par Sidoine Apollinaire l'église d'Auvergne. La plus ancienne était ensuite celle do Saint-Eutrope, qui a été démolie et remplacée par une assez belle église moderne, de style ogival rayonnant du xiv° s, (beaux vitraux ; clocher élégant).

CLERMONT-FEfiRAND.

Notre-Dame du Port (mon. hist.), monument de l'époque romane, vient par ordre de date après Saint-Eutrope. Cette église doit son nom à sa position auprès d'un lieu où arrivaient autrefois de tous côtés, pour y être déposées, les marchandises et les provisions du pays. Bâtie par saint Avitus, dixhuitième évêque de Clermont, en 586, elle fut dé- j truite en 853, puis reconstruite en 870 par saint ! Sig-on, quarante-troisième évêque, pour être de nouveau la proie des flammes. Elle se nommait encore Sainte-Marie-Principale quand on la reconstruisit au xi^ s. : dégradée depuis à différentes époques, elle a été en partie restaurée en 1834 et ! classée au nombre des monuments historiques de i la France. On s'est malheureusement arrêté devant i la démolition des maisons qui la plaquent de près- ' que tous les côtés et empêchent d'en étudier les proportions et les décorations extérieures, si on en excepte les sculptures de la porte méridionale. Cette curieuse église , dont le porche est en contrebas de dix-huit marches , a 46 mèt. 50 c. de long sur 14 mèt. de large dans œuvre; la grande nef a 6 mèt. 70 c. de largeur, et les deux nefs collatérales ont 3 mèt. ; les transsepts et le chœur ont également 6 mèt. 70 c. de largeur. La façade, d'une simplicité exagérée, est peî^cée d'une porte ogivale du XIV® s. Un narthex intérieur, surmonté d'une tribune, occupe la première travée de la nef; les cinq autres présentent des bas-côtés voûtés en arêtes surmontées de tribunes couvertes en demi-berceau. Les arcades du triforium , disposées trois par trois , sont trilobées à dr. et demi-circulaires à g.; le chœur, surélevé de six marches, est clos d'une grille en fer d'un fort beau dessin; les quatre chapelles rayonnantes et les deux chapelles des croisillons

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