SLR LTTIXÉRAIRE DES ISRAÉLITES DANS LE DÉSERT
En avançant vers l’Arabie-Pétrée à la recherche de l’ai:tique capitale ' de celle contrée, le voyageur, dès qu’il approche de la chaîne Arabique, est invité par les Arabes qui lui servent de guides à diriger son attention vers un pic dominant tous les autres et marquant à la fois la direction du chemin et le terme du voyage. « Vois, dit l’enfant du désert à l’explorateur attentif, voilà le Djehelllor’, surmonté du Turhcl-lSebi Aaroiui^, nous trouverons près de là l’entrée de l’Ouadi-Moussa *. »
* Pélra.
’ Le moût llor.
’ Le tombeau du propliitc Aaron.
* Les Arabes nomment ainsi la vallée de Pélra. Le sens des mois Oitnili- JUoussa n’est pas douteux ; il est l'c-quivalent et peut-être la traduction du Vatlis Moysi des chroniqueurs du moyen âge. Pourquoi la vallée de Pélra
O renscigncmoni, fondé sur une tradition dont l’orif'ino est contemporaine des faits qu’elle raconte, éclaire tout à coup une solitude inconnue et la transforme en un tableau animé par les souvenirs de la Bible.
Hn elTel, si les descendants d’Ismaël ne se trompent pas, si le Djebel-llor est bien, comme ils le prétendent, la montagne air sommet de laquelle le grand prêtre, frère de Moïse, termina sa longue carrière, la topographie biblique aura trouvé, dans cette situation indubitablement fixée, un point de repère dont la suite de celte étude fera ressortir l’importance.
a t-cllc iii iiominl-c vall& de Moysc? MJl. Irby et Mangles (Travels, ch. vin), en rappelant que le sixième verset du x* rbapitre dn Deuuronome désigne le pays dans lequel mourut Aaron sous le nom de Slosera , supposent que les Arabes ont changé ce nom en .Moussa. L'hypothèse est trop douteuse pour servir de base ^ une étymologie.
En ouvrant le livre Jes Nomhres, au chapUre xx% on lit verset 22 ; « Ils vinrent à la montagne de llor, qui est sur les confins du pays d’Edom. » C’est donc près des frontières d’Edom qu’il faut chercher le mont Ilor? Mais où était Edom, et à quelle distance s’étendaient ses frontières ?
I -.0 pays d’Edom, c’est le pays d’Esaü, situé dans la montagne de Seir : Moïse le dit formellement Voilà pour la première question. Quant à la seconde, Flavius Josèphc on facilite beaucoup la solution en racontant la mort du grand prêtre dans les termes suivants : >i Cet admirable chef, » ditriiistorien eu parlant de Moïse, « conduisit ensuite l’armée à travers le désert vers l’Arabie; et lorsqu’il fut arrivé dans le territoire de la capitale qu'on nommait Areé et qui porte aujourd’hui le nom de Pétra, il dit à Aaron de monter sur une haute montagne qui sert comme
' Genèje, xxxn, 3; XXXVI, 8, 9.
(le borne à ce pays, parce que c’clail le lieu où il devait finir sa vie »
Flavius Josèphc nomme Arec la ville désignée dans la Bible sous le nom d’Fdom; mais comme il a soin d’ajouter qu’Arcé de son temps se nommait l’étra, et que l’on sait aujourd’hui à n’en pas douter quePélra était la capitale d’Fdom, il ressort des renseignements fournis par lu Bible ’ et par Josèphe, d’abord : que la montagne au sommet de laquelle mourut Aaron n’est pas éloignée de Pélra ; ensuite, que cotic montagne est un piton isolé, puisque l’bistoricn la compare à H/ie ^»o/7ie; et enfin que la frontière du pays d’Fdom, du côté où se trouve le mont Ilor, c’est-à-dire vers l’ouest, ne s’étendait pas au delà de cette montagne Toutes cos indications concordent parfaitement avec la position, la forme et le nom même du pic isolé au sommet duquel les Arabes vénèrent la sépulture du frère de Moïse.
Fusèbe et saint Jérôme placent égalcmcut le mont Hor dans le voisinage de Pétra *. A leur tour, les historiens des croisades font mention d’un oratoire consacré à
* Quiuiiquc vcnisüi't ad locuin , quem Arabes mclro|)oliin suam pulanint (qui priiis qiiidcm Arec notuinatus est, iiunc vcio Pclra appcilatur), illic, de. (Ant. Jud., lib. IV, cap. h.)
* nombres, XV , 22.
* I.c mont Hor est h 7 ou 8 kilomètres !i l’ouest de Pétra.
* Or mous in quo mortuus est Abaroii juxta civitatem Pctrain. (Euseb., Onomast., au mot Or.)
Aaron dans les environsde l’étract ils le nomment «Vallis Moysi, J) traduisant ainsi le nom de Ouadi-Moussa, déjà usité do leur temps Parmi les Arabes qui ont parle du mont lier et précisé sa position {]éo(irapbique, M. Et. Quatromèro a cité un curieux extrait de Nowairi. L’auteur oriental, racontant un voyage du Caire à Carae, entrepris par le sultan Bibars, fait des ruines de Pélra une description qu’il est impossible de meconnaitre, puis il ajoute : « La est le tombeau du prophète Aaron, frère de Moyse, situé à gauche du chemin qui conduit à la Syrie =.»
Le Djebcl-Ilor, s’élevant au centre des montagnes nommées aujourd’hui Esh-Slicraa% répond très-c’xactemenl an mont llor indiqué dans la Bible comme faisant partie des montagnes do Soir ', et servant de borne au territoire do Pétra, selon l’expression de Josèphe ; il ne peut rester aucun doute à cet égard.
La position de Pétra et son identité comme capitale d’Edom sont des faits également incontestables.
* Voy. Guibert, vil, 36; Gcsla Dei por I''rancos, p. 581; FoiulitTi'.o Gliarlros, clc.
’ Mémoire sur les yaiatitéctu, p. 29.
> conUtc vlriulue. Kdrisi cl Abwlfecl.i ajipliipicnt cc nom ù la
cliaiiic clc montagnes qui s'étend depuis Carac jusqu'il Klatli.
‘ Genèse, xxxil, 3; XXXVI, 8, 20, 21.