‹ Le Mont Palatin [microform]Chapitre 3 sur 5 · ROME. ' ' ' >P · texte numérisé non relu

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raià, dont la pierre était d'une résistance parfaite, présentant encore . \ aujourd'hui une dureté exceptionnelle. Du reste il existe sur d'autres points de la ville de Rome des restes de constructions d'une antiquité reculée, qui présentent dans leurs appareils la plus grande analogie avec celles que nous venons d'esquisser ; sans en connaître l'époque d'une manière précise, on croit en particulier que le vieux mur qui supporte le Capitole, au-dessus du Forum, appartient aux premiers temps de la République, mais tout en témoignant d'un emploi de matériaux tout pareil au précédent, il démontre avec quel soin jaloux on les avait choisis parmi les bancs de Travertin les plus compactes et les plus résistants.

Au Palatin, les assises de ces anciens ouvrages varient sur la hauteur, les plus faibles ont cinquante centimètres et les plus fortes soixante- dix centimètres, et les pierres dont elles sont formées affectent des longueurs très-inégales ; cependant le constructeur n'a jamais oublié ce principe absolu dans toute bonne construction, celui de faire croiser les joints verticaux.

Après les anciens murs du commencement de la République, les fouilles ont mis à découvert des substructions qui, touchant à son déclin et à l'avènement des Empereurs, appartiennent à un système nouveau et complètement différent dans l'art de bâtir. Auguste avait au Palatin une maison dont on connaît exactement la place sous les ■ |

jardins d'uu couvent de la Visitation, qui est plus généralement connu sous le nom de villa Mills, mais si celte maison est encore enfouie sous les terres, on a découvert un édifice contemporain qui a appartenu à Livie, femme divorcée de Tibère et mariée ensuite au premier ' des Césars.

Nous rencontrons dans ce dernier édifice un des exemples les plus anciens, parmi ceux qui restent encore à Rome, de ces travaux en maçonnerie de blocage qui ont été la véritable construction des Romains. C'est avec ce système qu'il leur a été permis d'élever plus tard, avec des matériaux du plus petit volume, des constructions aussi gigantesques que le Colisée, les Thermes de Titus et surtout ceux de

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Caracallâ dont les masses produisent sur ceux qui les contemplent un étonnement qui tient de la stupeur.

Dans la maison de Livie, les maçonneries sont faites en parement intérieur avec de très-petits moellons réguliers de tuf volcanique assez résistants, posés soit horizontalement soit en diagonale sur de forts lits de mortier ; l'intérieur des murs est en blocage, c'est-à-dire composé de pierres de toutes formes en petite dimension noyées dans un épais mortier. Des stucs recouvraient les murailles au dedans des pièces et ils étaient décorés de peintures dont la conservation est presque intacte, grâce à l'enfouissement que cette maison avait subie et qui était le résultat d'un remblai général dont on l'avait recouverte afin de niveller une dépression de terrain où elle se trouvait et qui gênait sans doute pour le placement de constructions élevées postérieurement.

Cette habitation était très-simple et de petite dimension, mais dans cette simplicité on rencontre une élégance que des ouvrages postérieurs beaucoup plus riches n'ont pas toujours su atteindre au même degré ; composée d'un atrium et de quatre pièces seulement au rezde-chaussée, ayant conservé leurs pavages en mosaïques et, comme nous l'avons dit, les peintures (i) qui les décoraient, la maison de Livie devait avoir, en outre, un premier étage destiné à l'habitation proprement dite. Celui-ci portait sur les voûtes qui recouvraient les pièces du bas réservées aux visiteurs amis ou clients ou plutôt comme nous dirions aujourd'hui à la réception.

Cet étage supérieur a disparu ainsi que la plus grande partie des routes qui le supportaient et qui, sans doute, étaient recouvertes à l'intrados de stucs et de peintures; aujourd'hui un toit protecteur garantit ce qui reste contre les intempéries.

(1) Les peintures de la maison de Livie ont les plus grandes analogies avec celles de Pompeï, elles ont été produites par les mêmes procédés et on remarque dans leur facture une facilité égale, mais elles leur sont supérieures par le dessin et la composition, on y remarque quelque chose de magistral annonçant une main exercée et une habileté de premier ordre.

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L'atrium est à ciel-ouvert actuellement et ces parois latérales ont aussi des peintures, ce qui doit faire supposer qu'une toiture peu saillante garantissait les murs dans son pourtour, laissant le milieu vide avec un impluvium pour l'écoulement des eaux. Rien n'est plus simple queles mosaïques qui garnissent le sol, elles n'affectent que des formes géométriques en deux couleurs, le noir et le blanc ; variées dans leur dessin pour chaque pièce, elles sont exécutées avec des cubes d'un centimètre de côté et posées sur un lit épais de mortier. Celle de l'atrium n'est composée que d'un fond noir uni, dans lequel sont incrustés, avec un écartement de plusieurs centimètres et régulière- |,

ment, des cubes de marbre blanc de trois centimètres de côté; toutes ont dans leur pourtour des bordures formées de simples filets.

Le grand intérêt que présente la maison dont nous nous occupons vient surtout des peintures qu'elle renferme et dont la conservation est merveilleuse par la pureté du trait, la fraîcheur et la vivacité de leur coloris, dans les parties que l'effondrement des voûtes n'a pas entraînées, nous résisterons donc d'autant moins au plaisir d'en parler que les peintures antiques sont aujourd'hui fort rares à Rome, . .B

et qu'à l'exception du palais de Néron où on en voit encore quelques -1

échantillons et seulement à la lueur des flambeaux, sous les voûtes qui les contiennent, celles que nous allons décrire sont les seules ' ^ v

qu'on puisse examiner de près, en pleine lumière, et de manière à ne rien perdre de leur facture.

Nous avons expliqué que le rez-de-chaussée de la maison de Livie ne contenait que quatre pièces autrefois voûtées, dont trois au fond de l'atrium et une quatrième placée sur son côté droit que l'on considère comme le triclinium ou salle à manger de l'habitation. Cette dernière salle présente dans ses peintures moins d'intérêt que les premières; celles-ci variées, dans leurs détails, affectent cependant la même disposition générale, c'est-à-dire qu'elles montrent toutes sur leurs parois une série de colonnes de faible diamètre placées sur un soubassement et supportant un entablement qui aujourd'hui a prèsque tout à fait disparu, en laissant, voir au travers des vides ménagés . "^m

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entre œs colonnes, des panneaux ornés de sujets de natures diverses, dont la description pourra faire apprécier l'importance. La salle de gauche est la plus simple des trois ; les colonnes formant la division principale portent sur un soubassement presque uni, leurs bases sont formées de griffes en bronze, leurs fûts garnis de sculptures et d'animaux, leurs chapitaux corinthiens aux angles garnis de chimères ; entre elles sont des panneaux divisés par de simples filets, et à moitié de leur hauteur, se trouve une belle frise ornée d'arabesques formées de génies ailés qui jouent avec des griffons et couronnée de sa corniche. D'autres panneaux à fond blanc sur lequel s'enlèvent en vigueur des motifs variés représentant des génies ou des satyres au milieu de fleurs et d'arabesques, s'élèvent au-dessus de cette corniche jusqu'à l'entablement dont on ne voit plus que le dessous.

La pièce qui fait pendant à celle que nous venons de décrire et qui est exactement de la même dimension, renferme des dispositions décoratives analogues, mais avec des détails charmants qui n'existent pas dans la première et quelque chose de plus précieux dans l'exécution. Le socle des colonnes dans le soubassement est garni de dragons dont l'arrangement affecte la forme d'un chapiteau, les colonnes sont cannelées jusqu'aux deux tiers de leur hauteur et leur partie supérieure est décorée de sculptures, mais les panneaux placés entre elles ont un fond blanc sur lequel une magnifique guirlande de feuillages et de fruits exécutée de la façon la plus magistrale, s'élend d'un fût à un autre. La frise qui la domine est un chef-d'œuvre d'exécution représentant des sujets de la vie champêtre. On y voit de petites figures de quelques centimètres de haut, ouvriers, pêcheurs, gens de la campagne occupés à divers travaux avec des animaux de toute espèce, au milieu de paysages remplis de petits édifices, maisons, autels , temples, ponts, tout cela rendu avec autant de délicatesse que la guirlande placée au-dessous est peinte avec ampleur. Les panneaux sur fond clair qui sont placés au-dessus de la corniche dont cette frise fait partie, sont à peu près disposés de même que ceux de la pièce précédente avec des motifs différents.

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