‹ Le Mont-St. Michel au péril de la merChapitre 13 sur 61 · L\ nri: hks i i\ kks · texte numérisé non relu

L\ nri: hks i i\ kks

rapportant soit à rEcriture-Sainte, soit au dioit et aux autres sciences (1).

Les traditions de Le Ro\' furent continuées par l'ai il h' lldluMt Jolivet. A cet effet, Jolivet demeura longtemps à Paris. En l'ill. il y étudiait dans la faculté de tlroit, et ses « lettres de scliolarilé » étaient conservées dans les archives du Mont. En 1411), il poursuivait ses études, ayant pour « maistre Jean Grespon, docteur en la faculté de droit » ; et puis, « tost après, il sortit de Paris pour deffendre le monastère des rava,ues que faisoient les Anolais. »

Le couvent Montois était comme une ruche féconde dans laquelle s'élaborait le suc des sciences les plus variées, sous la direction de maîtres expérimentés. Au cours du xn'' siècle, le pape AlexandreJlI, en butte aux intrigues de ranlipajie Oelavien, vit avec joie le clei'gé et la nation lui faire, en Erance, un accueil empressé. Afin de remédier aux maux de l'Église, il convoqua, à Tours, un concile généi'al, qui se tint à l'octave de la Pentecôte 1103. La session eut lieu dans la cathédi-ale Saint-Maurice, que le chapitre, grâce aux libéralités des princes d'Anjou, avait réédifiée, vaste et somptueuse, dans le style plantagenet, dont la jiartie inférieure conserve la remarquable empreinte. L'abbé Uobert do Torigni vint au Concile et sa science, jointe à l'éclat de son nom, lui valut certainement de jouer un rôle à part dans les réunions conciliaires. Sans parler des

(I; On a de lui, en parliculier, lui grand iii-f. à deux colotiiirs, avec initiales ornées en bleu, sur fond d'or; dans la suite, quelques feuillets ont subi des décliiruies. Le sujet de l'ouvrage est un Conimenlaire Jos. de llisdino in l^/iisto- Innt .S. Piiiili ad Tilitm. Une seconde partie conlienl une glose sur Saint Marc, inlilulée ; « Iticipil l'ostilla magisiri et fractris .lolianiis de llysdiiiio super Marchuin. Ilisdinest un docteur en théologie, de l'ordre de Saint-Jean de .lérusalem. Le premier feuillet porte en tcle, en écriture du xv-' siècle : « Islum librum compilatum a ,lo. de Hysdignio super Alarclium et ad Tituiu ar(|uisivit frater Petrus Régis, abbas hujus loci (]uem isli nionasterio contulit et ii)suni in libraria ad usum et utilitatetn omnium fratrum reponi voluil. » Lue note, mise au bas du premier feuillet par D. Anselme Le Michel, va plus loin, et dit : « Hic codex seriptus est anno 1301 jussu Pétri Le Hoy, abbatis sancli Michaelis ad mare. « Une indication plus complète, à la lin de l'Kxposition, nous apprend la(|uelle des deux notes dit vrai : << Ego Joliannes (lachelail, bachalaureus in decictis perscripsi et couiplevi islam prœsenlein lecluram pro revcrendissimo in Cliiisto pâtre ac domino inagisiro Peiro Régis, divina providenlia abbale R. Miiliailis in Moidc Tuinba, anno Domini M"" CGC""' nonagesimo primo. Den gralias. » La troisième portion du volume coidient les neuf premiers livres du Code Justinicn, en écrilure différente des deux ouvrages précédents. .\ la fin. on lit: I' Explicit nonns liber codicis domini Jusliniani. .loliannes le (;ronier piesbiter scripsit islum librum. ■■ Le nianuscril se lerniine par des fragments des VS'- et 49' livres du Digeste, avec des commenlaires sur le conimcncemint du IS* cl sur la fin du t'J' , Il y a une vignette au débnl du Hl" livre.

LA ClTi: DES l.l\ KES 183

canons disciplinaires, nous devons mentionner le dernier, qui entre davantage dans notre cadre.

L'étude du droit et de l'histoire naturelle, qui attira de tout temps les esprits élevés, avait pris un nouvel essor, et plus d'un religieux aimait à se rendre dans les centres d'études pour y suivre les cours, non sans que ces voyages et ces séjours plus ou moins prolongés eussent leur contre-coup sur la discipline monastique. Les Pères du Concile de Tours s'en émurent et dénoncèrent « l'habileté de l'antique ennemi de l'Eglise, pour séduire les membres choisis et distingués du clergé ». Habile à « se transformer en ange de lumière, il iuvoqui' le prétexte de pouvoir donner aux frères malades les soins corporels, et de mieux gouverner les affaires du couvent, si bien qu'une fois versés dans les choses extérieures, ils négligent les affaires intérieures. » En conséquence, on arrêta qu'aucun religieux, après la profession, ne pourra quitter le couvent, pour suivre les cours de droit et de sciences physiques. Celui cjui contreviendra à cette règle et ne rentrera pas à son couvent au bout de deux mois sera considéré comme excommunié; de retour ^ul monastère, il prendra le dernier rang au chœur, au chapitre, à table et dans les autres cas, sans pouvoir espérer d'avancement, si ce n'est de la miséricorde du Saint-Siège. Les évéques, abbés et prieurs auront à réprimer ces abus, sous peine de se voir privés de leur dignité».

L'abbé Robert savait trop parfaitement allier le goût du savoir et l'amour de la discipline pour ne pas souscrire absolument à ces décisions. Mais aussi, il dut éclairer les Pères du Concile sur l'ulilité qu'il y avait de cultiver les sciences dont Dieu se proclame le haut suzerain — Dciis scii'/il/ariwi dominus est — et sur l'opportunité d'envoyer les moines étudier dans les centres renommés, avant qu'ils eussent fait les vœux solennels. Au couvent, il continua d'enseigner avec autorité à ses religieux tout à la fois la prali(pie de la règle monastique et l'application à l'étude des lettres, des sciences et des arts, en un mot, la culture de toutes les noliles facultés dont la Providence a doté l'âme humaine. Les sciences naturelles, envisagées en particulier dans leurs rapports avec l'organisme humain, jouissaient au Mont du droit de cité le plus complet. D'ailleurs, les recettes médicales, puisées dans les traditions des anciens et dans les expériences personnelles des moines, constituaient un fonds, partie scientifique et partie empiiicjue. dont les manuscrits nous ont conservé le souvenir. On y trouve, entre autres spécifiques, « l'emploi de l'orpiment //.svVo//'*//// pour arrèterle cours des humeurs nuisibles et pour épiler les ]>oils disgracieux. »

Au suiplus, le champ d'études était trop favorable aux observations relatives aux astres, aussi bien qu'aux phénomènes de notre planète, pour ne pas captiver les religieux. De fait, l'astronomie, sous une forme ou une autre, a toujours séduit les natures éprises du besoin de prendre l'essor vers des sphères plus sereines et plus libres. Dans l'antiquité, les écoles Ionienne et d'Alexandrie furent deux foyers dans lesquels l'astronomie occupait une place d'honneur, à cùté des autres branches du savoir humain. On exposait

notamment la sphéricité de la terre, la cause des éclipses, le double mouvement du globe terrestre, l'obliquité de l'elliptique, la précession des équinoxes et la pinralilé des mondes habités. En Octident, à défaut «lu tempérament songeur des habitants et de la transparence des nuits sereines , l'astronomie fut une source de pratiques superstitieuses, plutôt qu'une science ])roprement dite. Du moins, les Arabes, enfants du désert, s'adonnèrent à cette science et la firent pénétrer en Europe, au vnrsiècle.

en même temps qu'une foule de connaissances théoriques et pratiques. D'ordinaire , on s'en tint aux considérations d'Aristote traduites par les Arabes, et aux commentaires des Pères sur la Bible, en jiarticulier sur l'Hexameron, ou r(Euvre des six jours, d'autant plus (jue rim])erfectiun des instruments d'optique était un obstacle au progrès.

Cependant, on vit un sillon lumineux, j'allais dire une voie lactée, tracée par de nobles esprits, tels que Boëce, Cassiodore, Gerbert ou Sylvestre II, .Alexandre de Ilalès, Hoger Bacon et Vincent de Beauvais. Ce dernier, dont le puissant l'i'rveau synthétisa dans le S^Ji'citltOH ynajus toutes les coimaissances de son temps, démontra la rotondité de la terre dont « toutes les parties sont attirées vers le centre, » et, après une étude attentive des étoiles et des planètes, il comliattit l'inlluence prétendue des comètes sur la marche des événements, .\insi, de tout temps, depuis les premiers pasteurs de la Chaldée, dont les observations préparèrent les for-

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Comnienlaire de S. Au;;uslin sur la Genèse. Ms. du M., XI' s. B. d'Avraiiches.

mules des âges suivanls, jus(ju'aux magnifiques découvertes des savants modernes, le monde sidéral a fourni un champ illimité aux investigations de l'homme, et celui-ci s'est attaché à coordonner ses déductions sous la forme de calendrier, d"astrolabe, de cartes et de tables, présentant un caractère plus ou moins scientifique.

Le Mont-Tombe offrait une situation trop avantageuse pour qu'on n'en fit pas un jioste d'observation. Si l'on en croit la tradition, les Druides utilisèrent cette position exceptionnelle dans l'intérêt de la science astronomique. Quoi qu'il en soit, les religieux Montois, favorisés par le calme de la retraite et par les pratiques de la vie contemplative, aussi bien que par les connaissances puisées dans les manuscrits des anciens, qu'ils aimaient à transcrire, en firent un observatoire dans lequel on j)rit soin de consigner tons les phénomènes intéressants. Sans doute, les exitlications fournies j^ar les moines ne sont j^as toujours de nature à satisfaire notre esprit guidé par les découvertes plus récentes ; mais, c'était la faute de leur temps, et nul n'en savait davantage. Ce qu'il importe de recueillir, dégagées des interprétations et des hypothèses, ce sont les données positives, les observations l)ien et dûment constatées, qu'ils nous ont laissées. Or, une bonne partie des connaissances astrcjnoniiques des religieux Montois est conservée dans un manuscrit in-4 sur parchemin, du xu« siècle (n" 2<S.j). Ce volume contient des traités relatifs à différentes sciences, et nous m.entionnerons les divers ouvi'ages qui composent ce Recueil, non dans l'ordre méthodique, mais suivant le rang qu'ils occupent. Après une table complète des travaux, s'ouvre la série des traités, se rapportant à l'astronomie, et l'on y salue comme le sommaire des notions possédées par les meilleurs esprits (1).

(I) « Incipit pra'ccpfum canonis Ptolemœi inlellectus clymatum... » — Incipit de nominibus laboruin laboratorum in aslrolapsu. In primis Almucan-

taiat id sunt oirculi et arciis... » ; fin « quanta sit utilitas illoruni probare

polnrit ». Ce texte parait se rattactier au traité : « Compositio astrolabii » mentionné plus bas ;on sait que l'on se servait de l'astrolabe pour mesurer la profondeur de la mer. — De astrouoiuia, quare sit ultima artium. Artium septein ultima

sede posteriori coUocata », fin « super quam eum jaccre non dul^itatur ».

— « De bis qua» pra^stat astronomia. Astronomi;c niodus uiultifariam consistit... ». — Extrait des Origines par Isidore de Séville, lib. III. — Un traité d'astronomie sans litre: i Mundus igitur ex quatuor elementis... ». fin « declinare

aut retrogradare faclt, » en sept feuillets ; le même fragment se retrouve dans le manuscrit n° 220. n" 6. — L'ne table des signes. — Des vents. « De ventis. Erastotenes philosophus... m — « Compositio astrolabii secundum Her. Capitula Ptolemœi de astrolabu. » — Après la table des cbapitres : <• tîeguhe Ptolemœi super Astrolabium : « Qua'cumque astronomica' peritiam disciplina;... » : Pertz a publié ce travail sous le nom d'Uermanu Contract. — Traité anonvme de l'horloge:

186 l.A CriK DES LIVIŒS

Par sa situation et sa structure, l'aljljatialo et son clocher étaient tout à la fois une cime d"où la prière montait vers le ciel, un phare et un sémaphore pour diriger les navires, et un observatoire d'où le regard plongeait dans l'espace, poin- y étudier les phénomènes atmosphériques. Une statue de S. Michel, placée au sommet delà tour centrale, servait à indiquer la direction du vent, et l'un des manuscrits les plus curieux montre, en etïet, ([u'ici Ton ne négligeait pas de ]iorter leurs observations de ce côté. Pour les Montois, le clocher de l'abbatiale joua le rôle de la Tour des Vents d'Athènes et delà Pj-ramide de Rome, avec cette ditTérence, tout à l'avantage du Mont, que le site était on ne peut mieux approprié. Le triton d'airain des anciens fut remplacé par une statue pivotante de S. Michel, que l'on installa au xv° siècle, après la reconstruction de la tlèche. Ce devait être une statue en bois doré ou recouvert de lames dorées.

<■ Januset \poIlo diiiii sibi in\icem reperti fiicriiit.ccrlas il iscii minant lioras etc.. » ; il se compose de onze chapitres ; 1. « Incipil lie lion)lo<:io socnndiim Alkoian. id est spliœra loluiida»; II. « De altitudine cujusquc Iciia' •• : III. u De allitvidinc

cujuslibet slellie » ; IV. a De arcu diei, etc ». Un tiaili' renferme un chapitre

intitulé : « De vocabulis siellaruin arahicis et lalinis et formalionibus ■>, dans lequel on voit les noms et la situation des étoiles, (jui est indiquée par de petits points noirs. — <■ Incipit compositio astrotaiisùs secnndum Ptolcnneum. Jubet rex IMolemo'us bene politam fieri tal)utam.... iterate. » — « Item alia compositio. l^hitosophi.... concludatur ». — u Item atio modo quomodo fiat astrolabium: début : « Componas circutum œquinoclialem... » ; en marge on lit : « Com])Osilio Ascelini ». Dans ta table qui précède le maïuiscrit, il ) a : « Alla compositio secundum Ascelinum. » — « Do componcndo viatorum tiorologio. » — .Vutres règles « De horologio », Erastolhcnes y est cité. — d Astronomicorum prestigiorum Thobidis secundum Plolemeum et Ilormrtem per .\delardum Bathoniensem ex arabico translatus. " Le titre existe bien dans la table du commencement, uiais te traité fait défaut dans te volume. — Traité du /.odiaque, fin : Ha-c sunt loca excessuum cum quibus finem institulionis facimus. Explicit ysagoga ininor per Adelarduni Batboniensem ex aral)ico suiupta " (Cf l'ertz, Archiv. VIII, :iS2. — Ravaisson, Rapport, etc., 129).

Parmi les traités d'astronomie qui foinient la plus grande ji.nrtie du manuscrit, il y a deux ouvrages de science mathéiualique et nalurtUe. (À' sont : - 8. « De mensurà cer;e et metallorum fusilis operis '. une demi-page — U. (■ De listulls organicis. Cuprum purissimum lundendo... jocundior ipsis 'i ; un peu plus d'une page. — 10. Traité des couleurs, sans titre : " Coloruui alii sunt albi.... » 11. i< f^uanta sui parte aurum sil densius argenlo. » — 12. « De cedenda materia lignorum » — 13 « De ventls. Erastotencs philnsophus... — 14.

«De multiplicationibus per abacum — 15. <■ Psilotrum ad no.xios quosciue

humores extrinseciis dissecandos et pilos qui displicent exlirjiandos. » — 16. Vers sur les mesures et sur l'abacus. — 17. « De ponderibus (luantiun conlinrut » — 2."). (■ Ritmarchia o ; ce litre est plus récent que le texte. Dans la table ancienne, le litre est : u Raiiiarchia id est pugne numeri », pour " Arilliuiomachia » ou par corruption « Killimomacliia ». — 28. •• De mensurà cera- et metallorum fusilis operis, ■ opuscule idenliqueau n' 8. — 2!). » De tislulis organicis » ; c"osl le conuncnceuient de l'opuscule n° 'J.

suivant les termes de la Chronique : u species ileaurata ». On n'avait d'ailleurs qu"à reproduire la statue qui fut faite à la suite d'un don de Philippe le Bel en 1311, et qui, d'après D. Le Roy, était « de bois couvert de lames d'or, de la hauteur d'un grand honnne. » C'est une curieuse statue de ce genre qui surmonte le c lunpanile de l'hôtel de ville de liruxolles.

Les connaissances des religieux bénédictins se révèlent, ainsi que nous l'avons dit, en plusd'inmuvragede leur bililiothèque. Nous retrouvons un autre ti-aité astronomi(iue dans un manuscrit in-'i, du xn" ou xin° siècle, écrit à longues lignes, par plusieurs mains (l). Le manuscrit 10!), dans la seconde partie attribuée au xr siècle, renferme divers ouvrages de S. Isidore, du vr siècle (fsidori opuscit/a mulla), parmi lesquels le traité Dr tempnrihits ri ihiIhr/s rerum, adressé au roi Sigebert, en 4(i chapitres, avec d'intéressantes figures cosmographiques et météorologiques (2). Quant au manuscrit lli, qui renferme des ceuvresde Uaban- Manr, il contient, entre autres, le traité : Dr compoto (3). Les anciens attachaient une haute importance à la cnrrélation entre le soleil et les signes du zoiliaque. ( >r. actuellement, la situation du soleil ne répond plus aux constellations

Hùtol-ili! \ illo Ue Bruxelles avec slatuf de S- Michel, xv' s.

I ) Dons le mis. 22(>, à la suite du i< Somnimu Scipioiiis « et du comnieiit.Tire de Maciobe, viennent divers ouvrages. (;'est d'abord un fragment : « Aslronomia est astrorum lex, » d'après Isidore de Séville. Origines (1. III, c. WIII-LXX), avec des figures pour expliquer les phases de la Lune. Un fragment de Ir^ilé d'astrologie :

I, II, III. IIII. V. Vlil, I. VI, I, III. elc.

a, b. c, d, e, f, g, h, i, k, elc.

" Istas litleras divide per o, et 3 elc, si superaverit de ipso conipolo 1 vcl II. erit de sole, et si II vcl o. erit de Lucifcro. elc. L'ne figure coloriée explique les noms et la valeur des planètes. Les principaux chapitres sont intitulés : M, de thronis — VII, Incipil astruiii de diebus — VIII, de nocle, id est Jovis — De latrone qui furatur, (luoiiiodo polest agnoscere — De hora bona sive mala — Incipit compotus de Ml falis per homines vel feras — Incipiunt status astrorum — Alnae, hoc est caput de ariete... ", .\ la lin : « .Vlcesmec, hoc est Unis de Virgine; et sunt Stella' quinque, sicut hic apparrt ".

(2) II a été imprimé à Cologne, iu-f, 1017. p. 240 : mais, on trouve ilans le manuscrit quelques traités qui ne sont pas dans cette édition, tels que : De solsticio, de ;equinoctio, de bissexto, de diebus observandis, etc.. de seraphimctde calculo.

(3) Ce traité a été publié par Baluze dans les Miscellanea, t. I, p. I. On y voit, en outre, des vers élégiaqucs sur les mois, savoir, quatre pour cIkkiuc mois ; — L'ne autre pièce de 12 vers, un par mois : — Des vers relatifs au calendrier ; — l ne notice sur les Merveilles du monde et sur les constellations.

LA cirr; des livhes

du firmament des anciens; et, par suite de leur mouvement propre, elles ont rétrogradé vers l'Orient. Depuis longtemps l'on a cessé de croire à l'intluence des astres sur la vie de riionime et des peuples. D'ailleurs, ce calendrier, au point de vue du rajjport entre le soleil elles constellations, n'est pas d'accord avec celui de Jules César. Sans relever les différences pour chacun des mois, nous ferons remarquer cjue, pour janvier, le calendrier de César fixe le soleil au signe du Capricorne, le 18 décembre, et, dans le Verseau, le 17 janvier, tandis que le calendrier Montois place le soleil au tropique du Caiiricorne, au coiuniencenient de janvier, et au Verseau, le 18 de ce mois. Le calendrier du Mont place les Poissonsdans le mois de mars, et le premier jour ilu siècle le 18, tandis que les éphémérides juliennes fixent le premier jour du siècle au 21 mars, et mettent le second des Poissons le 3 de ce mois.

Nous arrivons au dernier des manuscrits présentant un caractère de nature à fixer ici notre attention. Le Recueil n" 21'i s'ouvre par un calendrier rédigé au xiv siècle, avec majuscules de couleur. Un historien fort érudit a pensé qu'on peut attribuer ce manuscrit à Tipliaiue, femme de Du Guesclin. renommée jiijur ses connaissances astronomiques, ou du moins « aux leçons qu'elle donna aux religieux ». Mais, rien ne justifie celte supposition, et, il faut admettre que les moines sont bien les auteurs du calendrier. En le rédigeant, ils n'ont fait (pie suivre les traditions et les exemples de leurs prédécesseurs, au Moyen Age. On y rencontre l'indication des jours néfastes; car, d'après le mouvement des astres, un sort malheureux, croyait-on, était réservée ceux qui naissaient sous telle constellation ; on voit également les relations du soleil avec les signes du zodiacjue. le noml^re des jours du mois et aussi de la lune, la quotité des heures de jour et de nuit, ainsi que des observations sur le chant des oiseaux et sur les usages liturgiques; enfin, à l'endroit du Martyrologe d'Usuard, le manuscrit garde quelques remarques astrologiques (1).

Dans le calme de leur retraite, entre le ciel et la mer. les moines se plaisaient à oliserver les phénomènes de la nature. A titre de renseignements, nous relèverons certaines observations méléorolo-

Porle (lu iJi;Ue.iu 'ri|iliaien, xn' s.

(1) Comme ces observations rytlimées reflètent bien les idées, les préjugés et

giques mentionnées clans leurs manuscrits. En l'année l]r>ô, le jeudi 12 avril, « au soleil levant, il se lit un si grand tremblement déterre au Mont que tous croyaient en peu d'heures y devoir abismer ; car ce rocher branlait comme la feuille d'un arbre ». En 1165,1a foudre tomba «surlo rocherdu Mont sans rien endommager pour le couj)». En 1065 « in vigiliaDomini », la lune semonti'a » rouge comme la llammedu feu » ; et le 27 octobre, vers les trois heures de la nuil, une trombe terrible causa des désastres considérables sur terre et sur mer. La même année, un soir, ai^rès Gomplies, on vit à l'CJccident, « une étoile à queue lumineuse », ou comète, et les chroniqueurs ajoutent que, peu après, le 27 février, Charles, frère de Louis, roi de France, soutint ses droits à main armée sur la couronne de Sicile et remporta la victoire contre Manfred. « En 1270, il fit trois coups de tonnerre extraordinairement espouvantables », et, du cloître, « on apperçeut une llamme sortir de la croix (jui estoit en haut du clocher. » En 1300, la foudre causa un incendie. En 133."), il y eut « de si grandes tempestes et orages, de vents et de pluies, que tous estimoient ce rocher avec ses œdifices devoir en peu de temps aliimer, » et ils pensèrent voir « le S. Archange en une grande clarté. » En l'i3G, « le premier lundy de juillet, fut la grande grésille qui destruit tout là où elle choit, qui estoit grosse, telle y avoit comme ungeuf de geline. » En 1438, « le jour de saint Georges, après Pasques, fist le grand vent qui ardit tout par où il passa. »

Parfois, le Mont était le théâtre de phénomènes lumineux qui, durant la nuit, « rendaient cette place aussi claire qu'elle est au plus beau jour d'été, en plein midy. » Le peuple les appelait « la clarté de Saint-Michel », et y voyait des manifestations du S. Archange, au rapport des chroniques. Le 3 novembre 1452, vers les 9 heures du soir, le Mont fut ébranlé par un orage avec pluie, grêle et « éclat de tonnerre » qui terrifia les religieux. En regardant le clocher, ils

aussi les connaissances de répoquo, nous liansciirons celles îles mois de septembre et d'octobre.

Septembre. Tercia septenibris et denus fert niala ntemliris. Silleree Virgo hachura septeraber opinât. Septeiiiber liabet dies \X\ hiiia \\\.

V* Kiniunt dies rniiiculares.

XVII^ sol in Libram.

XXIII' Paterni episcopi \II lect.

XXIX' Dedicacio sancti Micliaelis in Monle-Gargann in capis ion prenait, à l'office t. les chappes richement brudres «)

Octobre. Tercius et denus esl sicul mors alieniis.

E(}iiat et october senieutis Ifmpore Libram,

Oclober habet dies XXXI. luna XXIX. nos XIIII h dies X h.

XVI' sancti Michael in Monte Tumba in cajiis.

XXIU' octav. Xlt lect,

190 I.A CITI^ DES UVlîES

virent sur la croix k une clarté s[)atieuse et longue à guise d'une flamme de feuardent, et, sur chaque ci-oixih^s jjyramides, de petites clartez, de manière que. bien qu'il lui niiict, néantmoins dansée monastère, on yvoyoitaussy clain-oirmie en plein niidy. Cette clarté demeura une demye heure, et, durant ce temps, les petites clartez qui estoienl sur les croix des pyramiiles s'en allans joindre avec la grande clarté qui estoit sur la grande croix, on entendit un grand coup de tonnerre plus horrible et beaucoup plus espouvantable (jue le premier, contre le susdit clocher ; mais la tour ne fut nullement endommagée, et, incontinent après, cette clarté disitarut, montant peu à peu vers le ciel, et un chacun rendit grâces à Dieu et à Tarcange St jNIichel et aux saints dont il y avoit des reliques en la croix du clocher. » Celui qui a fait ce récit, rapporte » qu'une semblable clarté est souvent apparue sur ladite tour, tluiant les tempestes. »

Dans la suite, nous notons d'autres observations météorologiques. « Le 25 juillet 1522, de 10 heures à 11 heures, et d'une façon continue, un tremblement de terre fut ressenti en Normandie, et particulièrement au Monl. » L'an l.^Ri, le 12 novenilire, environ 7 heures du soir, o il arriva mi horrible tremblement de terre, au Mont ; tout le monde en fut espouvanté. sans toutefois qu'aucun mal en arrivast à ijersonne. » Le 10 mai 1609, « vers les 7 heures du soir, tirant à huit », il se lit « un si grand tremblement de terre que tous les habitants de ce Mont croyoient devoir périr en bref. » Heureusement il « n'y eut point de mal advenu à i^ersonne. » Le 7 août 1036, « il fit une tempeste et un orage espouvantables, et il tomboit de la gresle grosse comme des noiz, voire comme des <eufs. " Le 17 novembre, « la mer s'esleva tellement qu'elle entra dans le corps de garde de la \ille. romjiit la grosse barre de la porte des fenils et lit un grand trou à la muraille. » Le 7 avril 1640, à 10 heures du soir, il s'éleva un vent très >< impétueux >>, cjui dura jusqu'à 10 heures, le lendemain, et fit beaucoup de dégâts ; le 6 juillet, sur les 10 et 11 heures du soir, il y eut « un espouvantable tremblement de terre. » En 1647, le 'i juin, à cinq heures et demie du soir, au cours d'un violent orage, le tonnerre, <c après avoir toiu'noyé dans les bastiments, du coslé du septeutiion, iiiinlaà l'horloge, situéj au faiste de la lanterne d(> la tour des cloches, où il C(juppa tous les lils de for qui servent à l'aiie fraiiper les deux appeaux. » Le l-'j juin, sur les neuf heures du suir, il y eut un « tonnerre espouvantable», avec une pluie torrenlii'lle : l'eau « rouloit à grosses rivières depuis les voultes qui sont desst)us la grande salle, jusque dans le réfectoire ». .\près onze heures, « la tempeste s'éloigna de ce Mont, et, tournoyant tout autour d'iceluy.

elle s'alla descharirer sur la cathédrale d'Avranclies, où elle fit des dégâts peu importants. «

Grâce à l'élévation et au calme ordinaire de leur alibaye, les religieux se plaisaient ainsi à observer les divers phénomènes delà nature, sans d'ailleurs en saisir toujours les énergies mystérieuses. A leur tour, les scril)es et les chroniqueurs ne manquaient pas de consigner pour la postérité ces événements curieux, dont nous n'avons fait que mentionner quelques-uns à titre d'indication.

Nous avons parcouru une partie de notre carrière, et nous avons pu constater quelle place honorable le Mont occupa, durant le Moyen âge, dans la sphère élevée qui constitue l'un des meilleurs apanages de l'esprit. A côté des sciences ecclésiasticjues, les religieux Montois cultivèrent avec assiduité et succès les divers domaines ouverts à l'intelligence humaine. Notre tâche consiste à iioursuivre l'exposé de leurs travaux, en continuant de faire 'dppe] aux documents les plus autorisés.

ÉcoÎDioti tlu cloîtie, Mil* s.

L'A^i-insion du Saiiv-.ni . h.iN Miief du dObut de la llcnaissnnce it't-'lisi; i!c Ponlorsom

Kscril i Minl li Ic-trinuinc [liwnaii ilu Munl-Siiinl-Virlwl. v. iidî]

b <'s pages précédentes nous l'ont déjà appris, en tout temps, l'Histoire et les hranclies des sciences qui croissent sur ce tronc vii^roureux, tleurirent avec éclat à l'ombre des couvents de Bénédictins, si liifii que ce titre est devenu synonyme de défricheur infatigâl)le des Annales historiques. Or, l'abbaye Micheline, dans la solitude de sa retraite aérienne, vit s'épanouir une lloraison, dont la ))eauté ne le cède à aucune autre rivale. Depuis le premier annaliste du Mont, au vui*^ siècle, jusqu'aux religieux de la Congrégation de Saint-Maur. aux wii'' et xvni" siècles, nous saluons uue série de travailleurs, dont les (iMivres sont une mine inépuisable de renseignements, à tous les points de vue, en particulier pour ce qui concerne l'histoire du Mont et de la région, au milieu de laquelle il se dresse comme un phare lumineux. Les sources de l'histoire ancienne y étaient consultées avec soin dans les manuscrits copiés et feuilletés avec un zèle admirable.

LA Cn\l DES LIVIUÎS IfCÎ

Parmi ces ouvrages, on rencontre notamment le travail de Valère Maxime, contemporain de Tibère. Au iV' siècle, Eusèbe de Césarée fut la lumière de son temps par son llisloire Ecclésiastique et par sa Chronique, qm fut continuée par les abbés Slgebert et Robert du Mont. S. Jérôme, célèbre par son érudition, y était représenté par son Faclorunt Diclorumque mcmonibilium //Ijri IX,doni on lit deux copies, Tune sur in-folio à deux colonnes, avec majuscules en couletu' ornées d'arabesques, au xW- siècle ; l'autre avec initiales rehaussées d'or et d'ornements en feuilles de vigne, au xv' siècle. Le Mont possédait le De vila sanctorum Palvum, remarquable manuscrit in folio du xiv" siècle, en grands caractères gothiques, sur deux colonnes, décoré d'initiales de couleur ainsi t[ue d'arabesques et d'ornements dans les marges; le nom du copiste est indiqué par la finale: u Johannes Tartivint scripsit istiim lilirum. » Sous le rapport hagiograi)liique, un gros in-folio en parchemin du xni" siècle, renfermait les Vihr aliquot sanclortint. écrit à deux colonnes avec titres rouges et initiales bleues, légèrement ornées (1). Dans un autre in-folio en parchemin, écrit aux xni«, xiv et xV siècles, aussi à deux colonnes, après des leçons tirées de l'Ecriture-Sainte, on rencontre également Vita' sanctorum (2). En outre, les copistes du xi'^ siècle, dont l'ardeur rivalisa avec celle des consti'ucleurs après l'an 1000, transcrivirent les Vitœ Pairuni d'Héraclide en un in-folio de parchemin, réglé à la pointe sèche avec des capitales de couleur, des initiales ornées au trait et de petites lettres insérées dans les grandes en manière de monogrammes ; à la suite des Vitœ, se trouvent une lettre de Fulbert an roi Robeit, et des fragments de saint Augustin.

En « la lil>rairie » du Mont, la chaîne d'or des historiens rattachait la période moderne aux âges lointains. La chronique de Flodoard, clianoinede Reims, du x'' siècle, se lit dans un in-folio du xur' siècle, sur d(?ux colonnes et réglé en noir ; sur les feuilles blanches de la fin, les moines, ilu xiv au xvr' siècle, ont écrit des

Cl) Les biographies sont celles des sainls ou saintes : Aubin, Siviard, Satiunin, l'iiilémon, Georges, Edouard, Heiineland, Thcoilosie, Marie l'Egyptienne, Agai)c, Irénéc, Eleuthèrc, Anastasc. l'irmat, Marc, Marcellin, Vital, Libère, Jacques, Philippe, Marculfe, Jude, b'Iorent, Pancrace, Bcalus, Gordien, Nérée, Victor, Alexandre, Maxime, Pontius, Paconie, Baudilius, Donatus, Germain et d'autres

(2) Ces vies sont celles des SS. Marguerite, Marie-Madeleine, Paterne, Cônio et Dainien, Thomas, Marcellin, Barnabe, Cirinus, Léon pape, Sanison, Taurin. Victurius, Cornélius, Rémi, Mélaine, Saturnin, Nicolas et d'autres, suivies d'anlicnnes pour les offices mortuaires.

LA CITK liKS LIVRES

notes relatives à des professions et à des décès de religieux. Dans un volume de Miscellnnea, in-'j des xii" et xiii" siècles, on rencontre douze vers sur l'iiistoire de la Religion, (jui ont été publiés par M. lîavaissDU, aiusi (|nun In-rf fragment de clircmnlugie : « Compotus iiaturulis, arlilicialis. legalis ». Aussibien, dès le xu' siècle, les moines embrassent dans leurs travaux de copistes les œuvres d'histoire religieuse et profane. Vn ms. in-i, à deux colonnes avec initiales de couleur et de rares ornements, renferme des (cuvres de Victor de .lornandès, de Saint Gildas, et de Guillaume de la Pouille : sur les feuillets de garde, on relève un fragment du De Oralorc de Gicéron, et une partie d'un calendrier du xiv siècle, comprenant les mois de janvier, février, noveinljre et décembre. \ous voyons également la Chronique attribuée au diacre Lyonnais Klorus, iu-f. à ileux colonnes, sans ornements et de plusieurs écritures, ms. duxu", qui s'arrête à Tan 1080, ainsi que la célèbre Légende dorée du dominicain .Jacques de Voragine, moi't archevêque de Gènes en 1298 et ainsi appelé de son pays natal Viareggio. De la Legenda aiirea Jacobi Januensis, dont le récit alimenta la piété du Moyen âge, on remarque deux manuscrits, in-i du XVI'' siècle, à deux c I d 1 1 n n e s , l'un avec initiales ornées, Taulre avec maj uscules rouges et sans ornements.

Mais l'âge d'or des études liistoricpii'S au Mont, aussi bien d'ailleurs ([ue des autres branches du savoir, fut l'abl)aliat de Ro))ert de Tm-igni, dont le mérite souverain ramène sans cesse le nom sur nos lèvres, sans que nous puissions exprimer comme il convient la reconnaissance que lui doivent la France et l'Eglise.

Les bénédictins, en s'adonnant à l'étude et à la transcrijition des annales universelles, n'avaient garde de négliger l'histoire spéciale du Mont. Tout d'abord, ce fut une série de notices isolées et sans lien apparent ; puis,les chroniqui'iirs se finiU jilus mélhodiques, et, enlin, avec le xn" siècle, nous nous trouvons en présence d'une Histoire qui est un véritable monument scientilique. A cet égard,

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Ms. carolÎDgien du Mont E. d'.Vvranchcs, n' '.Vi.

Ma. L-arolîngtoD de Tours.

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