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Roger II. » Pour ce qui est de la dernière assertion du clironiqueur, nous avons vu plus haut dans quelle mesure elle peut être acceptée.
De son côté, Raoul de Villedieu « fit plusieurs choses dignes de reinar([ue en la trésorerie de l'église, laquelle il enrichit de plusieurs relicpies », et dans les bâtiments. « L'an ]2'28, Raoul ayant fait travailler à la fasson des pilliers du cloistre peu après son eslection, ils furent parachevés cette année. Il lit donc faire tous ces beaux et artificieux piliers du cloistre; il lit aussy faire les petites voultes et arceaux soubstenuz par lesdits piliers enrichis de quantité de belles figures, avec 58 roses de sculpture touttes de diverse invention ; il fit aussi tailler en bosse, dans les mêmes arcades dudit cloistre, du costé du chapitre encommencé vers l'occident, la figure de S. François d'Assise, sur le prototype de celuy que l'abbé .loachin avoit fait peindre dans St-Marc de Venise auparavant le déceds du d. sainct et que même il eut fondé son ordre. L'abbé Raoul fit graver autour de larlite figure ces mots : « Sanctus Franciscus canonisatus fuit anno Donfini MCdXXVIIl" qiuj claustrurn istud perfectum fuit anno Domini. Dui[uel endroictet des manuscripts tiré cecy », conclut le Chroniqueur. Du reste, ce merveilleux cloitre garde encore parmi ses écoinçons une série de personnages, auxtpiels nous reviendrons à propos de la sculpture.
Dans sa grandiose et sublime unité, La Merveille ne laisse [las que de fixer longtemps l'attention et de solliciter un examen analytique. A considérer l'ensemble et les détails, il semble que le projet primitif de l'architecte, vraiment génial, comportait seulement un rez-de chaussée et un premierétage. L'appareil et le procédé de construction aussi bien que l'aspect des contreforts avec leurs retraites donneraient raison à cette idée. D'abord on construisit la jiartie orientale qui mesure 40 mètres de long sur IT) mètres de large, avec l'escalier taillé dans l'épaisseur du mura l'angle nord-ouest. Le dessous, disposé sur deux nefs avec colonnade centrale destinée à porter celle de la pièce supérieure, était réservé pour les servitudes, grenier, cellier, dépenses, etc., qui devaient communiijuer avec le haut par un monte-charge installé dans l'angle sud-ouest. Au-dessus on bâtit le Réfectoire, qui a les mêmes dimensions, et tout naturellement ofi're en sveltesse ce que le soubassement présente en robustesse. Sur le fianc sud de ce Réfectoire, on éleva un bâtiment de longueur identique formant un vaisseau rectangulaire à voûtes d'arêtes de même élévation. Les deux travées de l'est formèrent une chapelle dite du Bencdicite, et le reste, un promenoir ou porche à baies ouvertes, et murées plus tard ; les moines, descendant de leur durtoir plus à
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l'ouest, devaient traverser ce cloître pour entrer dans le Réfectoire par la porte de cette chapelle. Pour rendre à cet immense vestibule son aspect primitif, il n'y aurait qu'à abattre les miu'S intermédiaires ajoutés dans la suite, car ce promenoir devait se voir remplacer par le gracieux cloître que l'on sait.
La continuation du vaste iirojet lit construire vers le couchant la
seconde partie de la Merveille, qui a la même lar.LTeur que la pie mi ère et ;!U mètres de longueur. Tout il'abord la salle inférieure, également destinée aux servitudes (,et dite depuis Montg(juimeries par suite d'une escapade), devait n'avoir que deux nefs, séparées par des piliers carrés et très élevés, ainsi (ju'on le remari[ue aux deux extrémités, et il semble qu'à l'origine ils ajipelaient des poutres. Le plan de l'étage supérieur avec ses trois nefs principales lit adopter un plan similaire pour le soubassement, qui communique avec le haut par un escalier dans l'angle nord du mur du couchant. La magnifique Salle du premier, dite des Chevaliers, par sa colonnade, ses voûtes harmonieuses, ses cheminées ingénieuses et ses jolies loggia avec 0 buen retiri) », excita de t<Jut temps l'ailmiratioti universelle et sa construction fut saluée par un concert d'éloges enthousiastes.
La Mer\eillp. réierloire inODuatique du i" élaKO, xiii' s.