‹ Le Mont-St. Michel au péril de la merChapitre 26 sur 61 · LE CIIATF.LET · texte numérisé non relu

LE CIIATF.LET

la fondation de damoyselle Hervée de Guermont dame du chasleau dame Thifaine pour sept messes, une en hault (chantjetsix basses». Dans le compte di- 15'.»!), on retrouve la rente dosdits " hoirs » « ponrle chasteau dame Typhaine ». Déjà un :icto de l:î7/ mentionnait un Richard Garmont, peut-être un ancêtre de IIcrvt'M'.

En un curieux livre de redevancesdu premier tiers du xvn'' s., on lit: « Charles Cavard doit 2 s. de rente au terme de St-Michel sur un jardin nommé le chasteau dame Tiphaine, qui joint d"un côté au jardin de St-Laurens et butte à une venelle qui va de la grande rue à la porte du chasteau ». Plus il est dû ô s. « sur un jardin et place de maison joignant d'un coslé aux arcades du Jaiiliu ncmuné le chasleau de dame Tiphaine. d'autre costé à la gramle rue, d'un bout à la maison St-Laurens et d'autre bouta la maison delà Lanterne.» Un document de 1668 dit que le logis de la Lanterne joint « d'une part à la maison de la Croix Rouge et, d'autre part, au jardin nommé le chasteau dame Tiphaine. et butte d'un bout le chemin des Loges » (1).

Selon les vieilles chroniques, à sa « dame bien amée » Bertrand « laissa en garde cent mille llorins, lesquels elle dislril)ua libéralement, jusqu'au dernier, à plusieurs soldats et capitaines mal fortunés, qui ayant perdu leurs biens, à la guerre, venoient en ce Mont lui faire visite, les exhortant deretourner à la guerre, pour combattre sous la bannière de son mary. » Or, quelle était au Mont l'occupation de Tij^haine la l'ée? « Il est dit, rapporte une chronique, qu'elle estoit très bien entendue à la philosophie et astronomie judiciaire, s'occupoit à calculer et dresser des éphérnerides des jours fortunez et infortunez à son mary, ainsy mesme qu'elle luy en avoit di'sja remarqué auparavant qu'il fust party. Enfin, ce Mont luy estoit i)ropre, quant à la vénération et dévotion du lieu, que aussy ({uant à la situation, où l'horizon né luy pouvoit nullement estre caché. » .\u surplus, ainsi que nous l'avons vu. Tiphaine était la Providence des gens de guerre au milieu do leurs détresses, et ses cent mille lloi-ins soulagèrent nombre d'infortunes.

Du reste, les nécessités de la lutte pour l'existence imposaient à la nation un bien lourd fardeau. Le roi avait affecté aux dépenses militaires sa dotation, en même temps qu»? celle de la reine et du dauphin. Du Guesclin revenait d'Espagne au moment où le trésor était fortement obéré, c'est-à-dire vers la lin de 1370. Son front, couronné des lauriers de Castille, rayonnait des titres nouveaux de

(I) AidiivcH de Sainl-Lo : archives du Monl-St-Michel.

LE CHATELKT

duc de Molina. de comte de Borja et de Soria. Ami du soldat, auquel d'ailleurs il demandait beaucoup, le comiétable exigeait que la solde militaire fut convenable et régulièrement payée : c'était le plus sur moyen de couper court à la rapine qui, tro[) souvent, déshonorait l'armée, en violentant le peuple. Si Bertrand avait un cu'ur de breton, sa charmante épouse Tipliaine liaguenel avait un vrai cœur de bretonne. A la veille de la victoire de Pontvallain, Du Guesclin et sa femme engagèrent leur argenterie et leurs joyaux, pour l'enrôlement de gens d'armes contre les bandes de Robert Knolles.

Telle avait été la libéralité de Tiphaine que le 7 janvier l:j71, le roi lui lit don de 2.000 francs d'or « pour l'aider à soutenu- son état, » selon les termes de l'acte royal. Or, tandis que l'on traitait de négociations. Du Guesclin revenait de son second voyage d'F^spagne, et, à cette occasion, il fut élevé par le roi à la dignité de maréchal de France. 11 s'arrêta à Gaen, avec son armée et lit « une grande monstre. »

Mais Bertrand avait hâte de serrer son épouse sur son cceur. « Là, il manda à sa femme qu'elle y vint et de tousses joyaux et sa vaisselle apportas!; grant désir eut la dame de son seigneur veoir, » et Dame Tiphaine s'empressa de venir avec « moult esjouye» et ce cju'elle possédait. Quelle allégresse rayonnait sur son visage, quand elle reçut le baiser du héros acclamé comme le plus brave chevalier de France ! Bertrand ne goûta pas moins de bonheur àrevoir sa gentille dame, entourée des sympathies et de la vénération de toutes les classes. Pour ce qui est du trésor, qu'il destinait à grossir la caisse du roi, il est juste de dire qu'il éprouva une légère déception; mais, laissons le chroniqueur contemjwrain nous en faire part dans son naïf langage. « Vray, écrit-il, est que en l'abbaye du Mont- Saint-Michel, messire Bertrand et sa femme avoyent mis en trésor cent mille franco, au jour que de Bretaigne partit pour son premier voyaige d'Espaigne faire. Bien cuidait adonc(iues illec trouver sa finance, pour soy et la chevalerie ayder : mais, rapporté lui fut que despendu avoit Madame Tiphaine, sa femme, tout le trésor. Lors la manda à venir à luy et luy dit : « Dame volentiers sçauroieque de laon trésor avez fait? » Et doulcement elle lui respondit : « Monsei'

Logis (iil " (1 ■ lipliaino ».

Muni.

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giKMir. aux chevaliers et esciiyers qui servi vous ont q\ù veoir me sont venus, l'ay desparti pour leurs ran(;ons paier, et culx remonter : dont encore serez servy, et ce sçaurezpar eulx. Sine m'en veuillez rien demander. » — Grant joye en eut messire i'>ertr;uid it luy dit qu'elle avoit bien fait (1) ».

'l'iphaiue quitta le Mont iiour se l'etirer à Diniiii, non sans emporter en son esprit le souvenir des entretiens (pii-ile avait eus avec l'abbé OeolVroy, et, dans son drur la mémoire dvs heures délicieuses qu'elle avait passées dans la prière, l'étude et la contemplation, sur le rocher de l'Archange. « Peu de temps » après, en 1374, Tiphaine fut prise de maladie grave. Se sentant « preste à sortir de ce monde », elle manda l'abbé Geotïroy, pour lui faire ses dernières recommandations dans un suprême entretien. Elle manifesta le désir qu'il présidât lui-même ses obsèques; « ce qu'il lit nl'liciaut pontiticallement. » Après la sépulture, l'abbé « s'en revint i)ar la ville de Saint-Malo », conservant en son âme l'impression profonde produite par le rayonnement des grandes vertus etdes éminentes qualités de Tiphaine. Dinan, cité à la vieille enceinte d'où le regard plonge sur les vallées profondes, renfermait alors, parmi ses couvents, celui des Jacobins. Tiphaine Raguenel fut enterrée dans cette église couventuelle qu'elle atïectionnait particulièrement, et, près d'elle, devait un jour être apporté le vaillant co'urde son aimé chevalier.

Pour ne pas interrompre la vie de Tijihaine, nous avons devancé la trame des événements, et nous en reprenons le fd conducteur. Charles le Mauvais donnait tour à tour la main aux Anglais et aux Français, selon qu'il croyait y trouver son intérêt. Mais, le brave Du (Juesclin veillait. .\près avoir engagé sa vaisselle, il poursuivit les .\nglais vers le midi. Pontorson le voyait parfois se retremper au milieu de sa vaillante garnison. Le connétable s'y trouvait le 28 octobre, jour dans lequel, i)ar une association d'armes scellée sur les Evangiles avec son compatriote Olivier de Clis.-^on, ils se promirent pour eux et leurs enfants, de s'unir et s'entr'aider « envers et contre tous qui pouvaient vivre et mourir », sauf ceux dont il étaient sujets. Charles V récompensa Du (iuesclin de ses services, en lui donnant la seigneurie du Val-de-Sée,en Tirei)ied, que devait hériter Olivier, frère de Bertrand.

Après une année de paix, résultant de l'alliance des rois de

(1) CItruniquf Je messire Beiiraïut. i.U. i i\.

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P'rance et de Navarre, les Français tirent une tentative sur Guernesey. Comme représailles, les Anglais prirent l'ilôt de Tombelaine, le 9 mai 1872 ; mais les chevaliers Le Bègue de Fayel, Guillaume Martel et Guillaume de Flamencourt les expulsèrent ; le duc de Bourbon, aidé de Du Guesclin, contiuit Jersey et Guernesey, dont la garde fut confiée à Jean Hedangest. De leur quartier général, les Anglais semaient la terreur ; et, comme à l'appel du duc de Bretagne, une tlotte anglaise venait de débarquer à Saint-Malo, Bertrand reçut la mission de guerroyer en la contrée. A la tristesse de voir sa chère pnjvince envahie de nouveau, s'ajouta, dans le cœur de Du Guesclin, la douleur de perdre son épouse bien-aimée, Tiphaine. On sait que, dans la suite, Bertrand épousa Jeanne de Laval, la noble dame qui, au soir de la vie et parmi la mélancolie de son long veuvage, eut la joie de recevoir un anneau d'or de Jeanne d'Arc, touchant hommage rendu par l'héroïque Pucelle à la mémoire du grand connétable. Le chevalier se trouvait à Pontorson, le 23 novembre lo74, et une quittance nous montre « Bertran du Guesclin, conte de Longueville, sire de Tiuténiac et connestable de France, » touchant du receveur d'Avranches le u paiement des soudaiers » en Bretagne.

Cependant, il importait de barrer le chemin aux Anglais et d'empêcher le roi de Navarrede leur livrer ses places de Normandie. Le duc de Bourgogne et Louis de Bourbon furent chargés de cette mission; et, afin de la faire aboutir, il était nécessaire de réunir des fonds pour la perception des subsides. A cet etï'et, Jean le Mercier, trésorier de France, vint dans l'Avranchin et séjourna au Mont, au mois d'octobre. Les Etats, réunis à Bayeux, votèrent une aide de 40.000 francs; et, parmi les délégués, on remarquait Jean le Gey, vicomte d'Avranches, l'évêque d'Avranches, accompagné de quelques chanoines, Servon, ablié du Mont-Saint-Michel, Thomas Tacon, abjjé de la Luzerne, Richard Coudran, bailli de Pontorson, ainsi que « des bourgeois et habitants de l'ontorson et de Saint-James. »

Encore un peu, et le repaire des .Anglais va être emporté. .Au moi de mai, l'amiral Jean de Vienne dirigea sur Saint-Sauveur ses troupes, et, parmi les capiitaines, figurent Le ]3ègue de Fayel, qui leur avait enlevé Tomljelaine. La place, qui avait pour gouverneia- Thomas Cattertou, capitula le 3 juillet 1375 et une trêve s'ensuivit. Mais Charles V prit une résolution irrévocable et jura « que jamais n'enlendroit a autre chose si l'auroit osté hors de Normandie. » Tandis ([ue son armée poursuivait ses succès dans la partie haute, en démantelant les places au jiouvoir de l'ennemi, le roi rattacha le

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Pontorson. veslii;c; du Lliâleau .i ilr.

duché à la Couronne (1378). non sans soulever les résistances do seigneurs bretons, en particulier du vi(Hix Beaunianoir, le héros du Combat des Trente. Pour tenir tète aux liretons. le duc d"Anjou concentra des troupes à Pontorson, oi'i se trouvait <■ 1res graml foison des gens d'armes de France, de Normandie, d'Auvergne et de Bourgogne, lescjuels y fa'soient moults dcsroys. » Sous l'empire de ■l'esprit d'indépendance, qui soufflait parmi les chevaliers et les bourgeois, la situation allait devenir aiguë. « Les bonnes villes de

Bretagne se tenoient toutes closes et désiroient moult que le seigneur duc retournât au ])ays. » Le duc .lean de Montlnil n'allendait que le moment favorable pour en linir avec son exil d'Angleterre, (jui durait depuis cinq années. Il revint au milieu des acclamations et poussa ses troupes jusqu'aux portes de Pontorson. Il y eut des défections dans l'année française, et on alla jusqu'à insinuer au roi que le connétable conseillait la paix. Il ne fallut rien moins que l'intervention bienveillante du roi, l'assurant qu'il II n'avoit jamais cru les faux rapjjorts qui lui avoient esté faits », pour calmer Du Guesclin, blessé par cette injuste accusation, et l'empècher de retourner en Espagne. Le connétable, qui se trouvait à Pontorson, s'abstint de guerroyer contre les Bretons, car, disait-il, « l'aigle ne peut plus voler, depuis que le roi lui a arraché les plumes des ailes; « mais, à la demande du roi, il marcha contre les Compagnies gasconnes et anglaises, occupées à ravager le Midi.

On sait que le connétalile trouva la mort au siège de (;hàlcauueufde-Randon, le 13 juillet 1380. Du Guesclin demanda dans son testament que son cœur fut placé dans le monastère des Jacobins, auprès de Tiphaine, et ses dernières volontés furent religieusement suivies. .\près la disparition des communautés, le ccjcur du connétable, avec la pierre tombale, fut transféré dans l'église paroissiale de Saint- Sauveur. Le blason, grossièrement gravé, ligure une aiijle eployee chargée d'une cotice. Au-dessus, une inscription irrégulière, en caractères gothiques, porte : « Ce gît le cueur de messire Bertran du Guéaquin, en son vivant connestable de France, qui trespassa le xui'-jour de juillet, lan mil m" nn^^, dont son corps repose avec ceux des roys, àSaiuct Denys en France » (1).

(1) bu Guesclin ne devait p:is se survivre en des rejrlons dij;nes de celle nol)lG Bouchc; il n'cul pas d'enfanls de ses deux femmes rijjh^iine Ha^'ucncl et Jeainic

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Au milieu de ces luttes, le Mont servit souvent d'asile et, parmi les réfugiés, se voit Nicolas le Prévost, officiai d'Avranches et curé de Vergoncey, qui mourut en lo72. Son inventaire, qui est conservé aux archives de la Manche et a été étudié par M. L. Delisle, est le curieux tal)leau ilu mobilier d'un chanoine normand à cette époijue (1). Cependant l'amiral Jean de Vienne, idiargé de lever l'impôt, de défendre les cotes et d'équiper une flotte, résolut de construire une sorte de bastille tlottante et close, formée de poutres assemblées, que l'on jaut dresser sur la rive anglaise pour abriter sûrement l'armée ; à cet effet, une légion d'ouvriers lit des coupes sombres dans les forêts séculaires de Normandie. Mais, hélas! par suite de violentes tempêtes, « tout vint à néant. » L'année 1:J8G amena la mort de Charles le Mauvais dont l'exécuteur testamentaire fut Robert Porte, évèque d'Avranches. De son côté, le comte d'Arondell commandait les ennemis, dont la Hotte courait les côtes de la baie, u ne prenant terre nulle part, et ne s'éloignoit point des frontières de iJretagne et de Normandie, tant que les Normands, devers le Mont-Saint-Michel, n'étoient pas là assourés. » Le duc de Bretagne fit la paix avec Charles VI, qui vint en pcMerinage au Mont, et les bourgeois de Pontorson demandèrent au roi la ratification de leurs anciennes franchises, qu'il confirma par lettre du U mars 1393.

Pierre Leroy, le moine éminent, remplit bien sa charge d'alibé et aussi celle de capitaine, que le souvei'ain lui avait coulirniée en 1386. Son successeur, Jolivet, fut confirmé en l'ill dans ce poste qu'il garda jusqu'en 1120. Tandis que les Anglais rançonnaient le littoral et

Constniclion de navires (tapiss. de Bayeiix).

de Laval. D'une liaison avec une jeune espagaole, suivante de Soria, il eut deux fils : Bertrand Toreux et celui ijui l'ut l'ancèlre du marquis de l'^nenlès ; et un Iroisième fils, nomme Michel, nous est révélé par un registre de la Cour des Comptes (R. 1380, f. 172j.

(I) Oulre quelque somme de monnaie, s'élevanl à 93 francs, on y relève une aumusse usée, avec colle hardie et manteau de bure fourré d<' peau de renard ; du linge de table, en petite quanlilé, 6 nappes, 5 serviettes et 2 paires de draps; la vaisselle était plus riche et l'on compte 14 coupes d'argent. La bibliothèque fui ac([uise par Henri Rarbou, moine du .Mont. Une paire de bœufs fut achetée par le bouclier, et la plus grande partie du mobilier passa aux mains de Thomas Le Court, qui remplissait l'office de notaire. Un legs de vingt francs est destiné « pro alinienlo cujusdam pueri. n

LE CHATELET

les îles « comme une nuéo il'insectes, » le roi s'etToniiit de ï>e cnncilier les puissants suzerains. En outre, il publia une nouvelle ordonnance pour la gardi' du Mont par les habitants d'Ardevon et d'Huynes. « Les capitaines et lieutenants des places fortes, et autres gens ayant commission de morte-paye et garde-ordinaire èsvilles et chasteaux forts d'allentour, alloient journellement à la picorée sur les tei'i'os des voysins inditî'éremment, et taxoient les sujets et hal)itants d'icelles à leur fournir del'envitaillement et munitions

nécessaires. » Le roi leur défendit de rien prendre sur les possessionsde l'abbaye 1 1 'il2).

L'abbé Jolivet, qui séjournait à Paris, « sçachant que son abbaye souffroit beaucoup des atta(iues des An.nlais soubs Henri V. s'y transporta en diligence, pour la défendre par sa valeur et obvier, par sa prudence, à tous les maux quepourroient causer les violences de ces insulaires. La première chose qu'il y lit, fut de se disposer à soutenir un long siège, au cas ffu'il arriva, et ]iour ce sujet il i'oni'nil aliiiiidaniuiriit If cliasteau de munitions, tant lie bouche cjue de guerre, et, quoyque la nature rende cette place presque inexpugnable à une armée, néanlmoins. il la fortifia encore et y fist bastir les murs et quelques toui's qui ferment la ville, comme ils se voient encore aujourd'hui, au lieu des pallisd(> bois «lui y estoient auparavant, pour servir d'enceinte àla ville. Sesaiines avec un lion, qu'il fil apposer à ces hautes et fortes murailles, montrent qu'il en est l'aulheur. A sa demande, le roi accorda quelques subsides. » De leur côté, les religieux « se forlilièrent et baslirent les murs d'autour de la ville jusques alors close de bois, lesijuels furent forliliez encore davantage par Louys d'Estoutoville. « capitaine du Mont.

Ces réflexions du chniiiiiiueur appellent qiiel([ues observations. Pour les nouveaux renq)arls. ou utilisa les aneie unes défenses dont

Kemparl et tuur d'angle N.-E.

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on voit les restes, notaniment dans les soubassements à l'est, et la tour de l'angle N.-E., qui paraît avoir été d'abord carrée, devint la sentinelle viu;ilante et irréductible. Pour ce qui est des armes avec le lion, on sait qu'elles furent transportées dans le premier ravelin, au(jiiel elles firent donner le nom de Cour du Lion, probablement en 1806 suivant la date gravée, puis finalement replacées au dehors. L'écu montre « un chevron accomiiagné de deux roses en chef et d'une étoile en pointe ». Or, les armes ordinaires de Jolivet étaient : « d'azur au chevron d'or {alias d'argent) chargé de 3 tourteaux de sable et accoinpagné de 3 glands d'or dans lem- clique de saille ». Afin d'éclaircir cette difficuUé. faut-il recourir à une sulistilution ou à une altération d'armoiries, connue on l'a prétendu ? 11 suftit de se rappeler que Jolivet usa de plusieurs blasons et que l'un deux portait : « au chevron d'argent accompagné de 3 roses aussi d'argent, 2 en chef et 1 en pointe ».

La lutte, entre la France et l'Angleterre, allait entrer dans une phase nouvelle. La funeste défaite d'Azincourt. qui retentit à travers le pays comme le glas de la chevalerie française, fut le prélude de « roberies, meurtres et tiranies merveilleuses ». Henri V, au cours des années 141(i et 1417, débarqua avec une fiolte considéi'able et prit Honfleur, Caen, Falaise, Argentan et Alençon. Bientôt, les ennemis s'emparèrent du Gotentin et pénétrèrent dans l'Avranchin. Au mois de mars 1418, ils vinrent devant Avranches, et, après ({uelques jours de siège, la petite garnison se rendit. Les habitants, sauf ceux qui avaient naguère juré fidélité au roi d'Angleterre, avaient la faculté de (juitterla ville, sans d'ailleurs rien enqjorter de leurs biens. La capitainerie fut donnée à 'J'homas Briigh. et à la place de Guillaume Gautier, le titre de vicomte fut octroyé à Nicolas le Painteur, receveur de la vicomte d' Avranches pour le roi d'Angleterre. Encore <[uelques jours et Pontorson est aux mains des ennemis. La charge de capitaine y fut successivement exercée par Jean Gray ; en 1410, par Jean Arundell de Lichet de Mau travers ; puis, après quelques semaines, par William de la Pôle, comte de Sutl'olk, auquel le vain({ueur concéda « l'office de capitaine di' la place et ville de Pontorson, et la tour sur le pont avec tous les droits et profits y annexés, »

Bientôt ce fut le tour de Rouen, et, à la lin de l'année, le Mont seul avait la joie de voir le drapeau national llotter sur ses remparts, destinés à tenir perpétuellement en échec les ennemis de la France. Aussi bien, ses défenseurs étaient toujours sur le qui-vive. Pour alimenter la place, ils firent une grande citerne en roche vive,

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