I.A lUll.LIVEIUE
Pêcheur Moiilois, dit « M'^ de Tonibelaine ».
Ijàtie par un seigneur sur le sommet de la chaîne des Coérons. L'an 1621, frère Nicolas de la Mote, profès du Mont et prieur de Tombelaine, « fonda et dota la chapelle de Fougeray pour estre deppendante du d. prieuré. » Encore un peu, et l'îlot va connaître une phase de renouveau, qui fut suivie d'une périoile de mutilation etde délaissement.
TiOuis XIV donna Tombelaine au surintendant Fouquet qui agrémenta le castel en y installant un jardin. Mais la disgrâce du ministre entraîna la confiscation, les édifices furent démantelés, et, au rapport d'un chroniqueur, « c'est le sieur de La Chastière, gouverneur du ^lont, qui a été l'autlieur de la démolition du fort de Tombelaine », par l'ivrgane d'un certain « des Houillières, homme vénal et fripon qui enleva de l'église la cloche (pi'il vendit ». D'autre part, un acte du xvw- siècle nous renseigne sur les droits du prieur de Tombelaine. « De ce prieuré, lisons-nous, dépend le fief de Fougeray, scis en Bacilly et en outre es panjisses de Genêts Dragé, Vains, Mesuildrey, Bricqueville; son manoir est scis au village de Fougeray. Dépend du dit prieuré de Notre-Dame le Roc de Toml>elaine, scis au milieu des grèves, entre le Mont et notre bourg de Genêts, et autrefois estoit bastie une chapelle dédiée à sainte Apolline, qui a été depuis quelques années rasée avec le fort du dit lieu' liar ordre du roy. Le roc appartient en propre au dit prieur avec le droit de pêche et de vars, et dans l'étendue de 120 pieds de distance autour du roc. Le dit prieur a quelques droits assez peu importants. 11 n'a guère qu'une petite chapelle, une maison en ruine, 9 vergées à P'ougeray ; 28 messes sont dues à l'évèque d'Avranches. »
A l'aurore de la Itévolulion, le prieuré avait ])Our titulaire Fr. Ragot, sous-prieur du Mont. L'îlot fut vendu comme bien national et, de notre temps, il est la propriété de M. Tardif de Moidrey, qui apprécie les souvenirs de Tombelaine et s'intéresse à son passé. En nos jours, une légende a transformé un pêcheur breton, souvent gîté dans l'île, en « marquis de Tombelaine », et les Montois ont
Jean « la Pipe -i
fouilleur à Tonthelaiue
(dess. Gould).
LA 15\lLl.l\liHn
donné le nom d" » alil)é de Tombelaino » an l'onilleur des ruines médiévales. Au surplus, avant de clort^ ce ijui regarde le ciMé temporel de l'abbaye Montoise, nous citerons encore quelques documents relatifs à sa " lille aînée «, l'église de Saint-Pierre.
Les registres de « l'esglise parrochialle de Sainct-Pierre » sont conservés à la Mairie, au-tlessus de la porte du Roi, et remontent à l'année 159G ; le premier mariage a été célébré par « .lulian, clerc et prebtre. » Au point de vue des travaux d'art, nous y glanons rlivorses indications. En 1612, nous voyons parrain, Vincent Rogerie, « maistre masson de l'ieuvre de ce lieu», et RoJjert Landri, « maistre charpentier à lu 'livre de l'abbaye ».
Le l(i janvier 1(311, est baptisée Nicole, lille de V. Itogerie et de GuilleinineMiiltet : le? nov. l(i|:'>, le« maistre deruaivre » et sa femme Guillemiiit:' font bapti^in- un tils noinmé lîcrtrand. De son épouse F*'" Yger, Rogerie eut Anna (KiKi) et Jullien (l(il8). En décemlire Ifi'îl paraît Françoise Yger, « veuve de Vincent Rogerie «. — Parmi les notabilités du clergé, nous relevons : Nicolas de la Motte, chantre (l(i02) ; .lean de la Croix, <> aumônier» du couvent (16051: .lean Le Chartier (160()); Roland Renaut, trésorier (1606) ; Gilles de la Croix, prieur ( 1609) ; Louis de Mathay, trésorier (1611) : GuillaumedeChesnet, grandprieun 161;^); Jean Le Chartier, curé 1I6I61; Michel Legros, chantre (1622) ; Fr. Potier, curé (I62<S) ; Richard Thérould, prieur (1645); Charles Râteau, prieur (l(i'i9) ; François (iosselin, curé (16.")6) ; Pierre Coups, curé (16.57); Augustin Moyennet, prieur et ar- ( liidiacre, inhumé le So février 166.'>.
Au nombre des personnes portant le titre de « bourgeois », on rencontre tjuel- I (ues prêtres, dont Jean Rare, « vicquaire ». Au milieu du xvii'' siècle, la cure de Saint-Pierre était dirigée par un prêtre à l'esprit cultivé et aux goùls littéraires. Il avait vu le jour an Mont et avait été formé par les doctes l'eligieux de Sainl-Maui-. L'antiquité lui était familière et il a laissé la preuve de connaissances variées en des cahiers conservés avec les registres, ou dans le cours même des registres paroissiaux. Ce sont tour à tour des apostilles, des maximes morales, des extraits d'auteurs anciens, notannnent de l'Enéide, des passages d'histnire, des sentences qu'il signe Petrus Marie « huma-
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