‹ Le Mont-St. Michel au péril de la merChapitre 37 sur 61 · XIX. — LE MONT AUTREFOIS ET AUJOURD HUl · texte numérisé non relu

XIX. — LE MONT AUTREFOIS ET AUJOURD HUl

Inslaiiriii'r oiniii:! iit (^iirislo.

llipHie Je S. l'.Hil aii.r /-/./.rs/Vjis, I, 101.

aptivaiit (>t inoubliable iièlorinaire, celui que

nous venons d'acconiiilii'. La suite des siècles

a déroulé devant nous les Annales Montoises,

envisagées sous leurs divers aspects, dans le

cadre de monumentssuperbesdontnousavons

osfiuisséla fondation et l'épanouissement, s(jus

la main lutélaire des abbés et des bienfaiteurs,

princes ou ^fentilshommes , iiisiiiivs par le

culte de S. Michel. Les détails fragmentés de ce vaste talileau

demanderaient à être fondus dans une synthèse qui présenterait à

la pensée la Merveille de l'Occident, considérée dans son ensemble.

LE MONT AUTHEFOIS ET AUJOLRD'HLl

C'est le coup d'œil. pour ainsi dire rétrospectif, que nous donnerons à la magnifique abbaye, en décrivant son état au temps passé d'après la peinture fidèle desclironiqueurs, alors qu'elle apparaissait dans tout le charme des souvenirs sans altération et des leuvres d'art sans mutilation.

« Toutes choses, dit le bénédictin Le Miclielque nous résumons, sont admirables en ce lieu, .\vant ([ue vous arriviez, chacun des bourgeois vous ira au-devant offrir son logis et toutes choses nécessaires. La porte du chasteau est merveilleusement forte, tant à cause de son éminence que pour estre bien munie de belle tours, de grilles et portes de fer, de bonnes pièces de canon et d'une garnison de courageux soldats. Passé le corps de garde, l'église est à main droite, et le logis abbatial à main gauche ; après plusieurs degrez, en haut le Sault-Gaulticr à gauche, à droite l'église. Ce Sault-Uaultier est une galerie [lercée de plusieursfenètrcsàri'garder sur les jardins, la ville, les pèlerins, ou, s'il estcroissant ou pleine lune, la marée quelijuefois calme, quelquefois agitée.

«Nous entrons à l'église, nef belle, longue et spatieuse,àla sacristie où se tient le sacristain, en la tour pour voir la structure admirable de tant de petites tours, tant de si beaux arcs-boutants. Après cela regardez, autant que vutre vue se puisse estendre, Avranclies à l'orient, Saint-Malo (distant de dix lieues) à l'occident, Pontorson au midi, et Tombelaine au nord, etle reste, et vous verrez la pleine mer, le ciel et la terre. Puis, si votre sexe le permet, dans le cloi tre, vous aurez du contentemi'iit de voir la sculpture et sti'ucture bien elaljourez de tleurons et de fleurs, et, au milieu .

un petit jardin verdoyant. »

Au surplus, écrit un autre chroni({ui'ur, « Le Mont St-Michel au péril de la mer, au diocèse d'Avranches (jadis Mont-Tombe, et Ocrinum ou Ocrium), est un rocher haut de 300 pieds. Au sommet, l'église longue de 238 pieds et large vers les croisées, ou transept, de 118 pieds, et haute de 13.5 pieds du pavé au pinacle du clocher, est faite en croix à l'antique, à deux ailes, ou bas-côtés dans la nef, lesquelles sont voûtées ; la nef ne l'est plus, la foudre l'ayant autrefois ruinée ; les deux croisées sont voûtées, et le chœur, au-dessus

Le Mont, gravuio J. l'eelers.

(G. ilérian 16f>7)

458 i.K MiiNT \UTiti:i()is i:t almoi luniti

duquel est la tour de pierre des cloches, soutenue sur quatre gros lïiliers, qui est une pièce admirable, et l)ien davantage auparavant que la foudre fut tombée dessus, lacim 'lie la ruina jusques aux cloches, au-dessus desquelles, en 1607, on lit un dôme couvert d'ardoises.

« L'église est fortbelle.mais le plus ravissant est leGrand-(Euvre qui comjjri'nd les chapelles, le circuit autour du grand autel et de costé et d'aiiUre. jusques à l'entrée du cœur où on chante l'office, bastis superbement au dernier point, avec des vitraux, pilliers, pillastres dedans et deliors le plus industrieusemenl taillés, quoyque d'une l^ierre très dure, qui se puissent veoir ; sur les chapelles, le circuit d'icelles est couvert de plomb, en plate forme, pour donner plus de jour à la lanterne du cœur, soubtenue par une forest d'arcs boutants les plus -beaux qu'on pourrait imaginer, dans l'un desquels est pratiqué un lavissant escalier (jui ne i)aroisl prescjue point. Si l'église avoit été pai'achevée de la sorte elle n'auroit eu encore sa pareille dans la chrestienté, située qu'elle est ainsy en un endroit inaccessible. Au dessoubs du grand autel est une double église de pareille proportion que le dessus, fors qu'elle n'est pas si haulte nj' si délicate; dessoubs la grande église, est la chapelle que S. .\ubert lit bastir par commandement de S. Michel, et on y entre par un coslé des aisles de la nef d'icelle.

« Du costé du midy sontles logis abbatiaux et forteresse appelés le chasteau, à l'enlrée duquel est un donjon le plus beau et le plus fort qu'on scauroit désirer. Il y a quatre estages es logis abbatiaux jadis tous couverts de plomb : à présent il n'y en a plus qu'une partie. Du costé du septentrion, sont les lieux réguliers dans un grand corps de logis espouvantablement fort et hault, soubs lequel, sur le rocher, sont des salles voultées, belles en ijerfection, depuis un bout jusques à l'autre. Sur ces salles sont les relTecloires, cuisines, deppenses et piscines à laver pour la communaulté des moines, aussy toutes voultées mais iiarfaieteuient belles. Sur ce premier estage de rechef, sont les ilortoirs. l'un sur l'autre, haut et bas, contenant rpiarante cellules les plus belles qui se peut veoir ; et, au-dessus des dortoii's, sont les galetails où on peut encore faire quelque salle ou bibliothèque. Ensuite, au bout des salles du bas, toujours dans le dit grand coi'ps de logis, sont les caves voultées anciennes de quoy on ne se sert point à présent.

« Au-dessus, une parfaitement lielle salle carrée, suppurtant sa voulte par 1.") pilliers délicats, dans laiiuelle jadis les chevaliers de St-Michel tonoienl leur chapitre, suivant l'institution de cet ordre faicle par Louis XI roy de France l'an l-'iU9. Au-dessus de ladite salle

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