I.I-; MONT ALTIIKIOIS l'T M:,)(ni!ir|H
grandiose dans ]a k'iiipcMi'. C'est un spectaclr inoiililiable que celui des grandi's maives couvranl de Icuis ondes lumullueuscs la plaine desal)lei'l envclo]ipant de leurs \agui'S écumanli's les remparts et le l'oeher, non sans IVanchir If stuil de la ville î\lais siirloul la scène devient indesci-i{)tilile lorsi[u'un(> lournifutc. un ouragan se chargent de décupler rinlérèt. Alors la baie se fait ruisselante de fluide enflammé el frémissante de sonorité formidable. Nous avons assisté à l'un de ces orages en particulier pendant une nuit, et durant trois heures il nous sembla voir le feu el ouïr le vacarme d'une canoiniade ininterrompue, répercutée par tous les échos du littoral. .Mors de loin en loin, et nous l'avons entendu raconter par les habitants les plus dignes de loi, le dégagement lluidiipie devient tellement i)rodigieux qu'il se fait du haut en bas conune des coulées de feu le longde touleslestiges de fer.sibieu ([ue le.M<int paraît tnut embrasé etcju'il est impossible de tourlici' même les ferrements des portes et des fenêtres.
Ce site merveilleux, qui faisait les délices des moines du haut de leurs terrasses suspendues el des nefs ajourées de leurs cloîtres, renouvelle periiétuellement ses splendeurs enchanteresses. ^Mais leur œuvre architecturale, on le sait, a connu de douloureuses vicissitudes. La tourmente politique de la tiu du \\\\v siècle passa
sur le Mont sans en ébranler les monuments, mais en dispersant les religieux, en proscrivant le culte et en livi'ant la Merveille dépouillée de ses œuvres d'art à tous les hasards et à toides les mutilations. En 1H17, le gouvernement installa dans l'abbaye une maison centrale de détention, et les dégâts s'aggravèrent d'un incendie.
Mais, avec la renaissance du culte, on se prend à leslaurer et à parer l'église paroissiale. Dans la suite, un atelier de vitiaux donne à la petite cité nu regain d'activité, du moins tenq>oraire. et parmi les productions de cette maison se placent les verrières de S. Pieire et de 8. Aubert (1870). L'abbaye, livrée aux détenus, trouvait une légère compensation à sa mélancolie, en voyant, vers 18'i(i, tel prisonnier imiter les ornemanistes d'autrefois et sculpter sur bois des croix, chandeliers, stalles, armoiries et panneaux, que l'on remarque
Époque (le> dL'lcmis, ;iruien refccluiic l-1 i ellicr.
LE MOiNT ACTUEKOIS ET ALUDL HD'Ill'l
à l'église paroissiale. On sait comment les amis du Beau devaient, un beau jour, se dévouer à la restauration du Monl-Saint-Micliel. Avec le zèle le plus louable, on recueillait les souvenirs se rapportant ù riiislnire. I»'nae part, rarcliiteclc classait dans le chartrier les vestiges précienx révélés parles fouilles; d'autre part, le clergé formait un musée des objets présentant un intérêt religieux ou artistique poin' le Mont-St-Micliel.
Par bonbeur. dans son zéli' pouirArcbangc et son monastère de prédilection, Mgr IJiavard, évèque de Coutances, ol)liiil di' l'i^tat, en ISli'i, que l'aJjbaye lut rendue au culte. Sous son impulsion et celle de ses successeurs, NN. SS. Germain et Guérard, secondés tour à lnur par les missionnaires de PoMtigny et par des prêtres diocésains, dont le zèle égale le culte des souvenirs, le Mont vit les monuments et les solennités l'elrouverleui'
éclat d'autrefois, qui eut comme son ajinthéosedaiis la m.'ignilique fête du Couronnement en l'an 1877.
La vil' religieuse au Mont se dévelojjpa non seulement par le iiiinislèii' paroissial et par les pèlerinages, mais par une série d'œuvres ipiiconliiîuent de fleurir. Sans parler de la fondation d'un petit « collège apostolique », on institua, en 1S69, l'Archiconfrérie de Saint Michel, enrichie par le S. Pontife de précieuses indulgences, et actuellement répandue dans le monde entier; et, en 1874, on fonda
Aiibert, \itiaildt; l'alrlier du Muiit A l'église paroissiale.
Ancieu Musée paroissial, Ex-voto elsduvcnirs relijiieuv.
l.li MUNI' \LTKi;iUlS Kl \l IllL HD 111 I
Maliif de >. Miihel
en lames d'urgent
couronnée en 1877,
les Aiinnles qui t^nlrctieniienl i-t pnijKi^ent le culte de S. Muln'l. m») sans publier (rutiles doeumenls d'histoire.
Du moment ijueS. Michel avait repris possession desoii abbaye, il fallait bien «pi'à sa voix le cnufert des arts leiuiil de rechef la vie et la Liràce à ces édifices trop lon^'temps voilés de deuil. .\ve(,- le concours éclairé de la Commission des monuiiieiils liistorii(ues, l;i dii-ection des Beaux- Arts entreprit la restauration désirée et confia à M. Corroyer, architecte distingué, le soin de réaliser l'entreprise. Depuis lois, c'est-à-dire depuis 1878, l'on n'a pas cessé de consacrer à cette œuvre, digne d'éloge, des suimnes considérables en même temps qu'une spéciale compétence. Après M. Pelitgrand, ([ui dirigea les travaux de ISSî^ à I89S, la succession passa à M. Goût, aux mains habiles duquel est confié le monument.
Assurément si nous avions à apprécier ici l'a- propos de certaines tentatives, nous ne manquerions pas de nous élever contre la confusion que l'on étalilit parfois auteur du terme de restaurer. Trop souvent l'on semble oublier que restaurer doit signifie)', non pas détruire [lour réédilier, mais conserver et consolider. Ici et là, plus d'une partie intéressante, plus d'un document utile a disparu sous une réfection plus ou moins en opposition avec les conclusions d'un examen jilus large et [dus ajjprol'ondi. (Juaud donc, pour l'archilpcte comme pour l'historiiMi, ne pas comijrendre cessera-l-il d'être un prétexte à faire disparaître des témoins gênants? Pourtant, en dépit des taches, dans ce rajeunissement architectonique, nous devons à la vérité de proclamer que dans son ensemble le travail fait honneur et au ministère qui en a pris l'initiative et aux architectes qui en ont dirigé l'exécution. Quoi qu'il en soit, la restauration de la salle des chevaliers et du second étage de la Merveille a trouvé son couronnement dans celle de l'église inférieure, <lu moins à l'est, et dans celle de l'église supérieure. L'achèvement du gros œuvre de l'al^batiale, par une coïnci-
Kcole a|)n$totU|uc. ISyS.