‹ Le Mont-St. Michel au péril de la merChapitre 40 sur 61 · I.K MONT \l TIŒKOIS ET AUJOL UDlll · texte numérisé non relu

I.K MONT \l TIŒKOIS ET AUJOL UDlll

dence heureuse et vraiment providentielle, a concordé avec la célébration du XM'' Centenaire, et c'est là un motif de joie et d"espérance tout à la fois pour les amis des arts et pour les dévots de S. Michel.

L'iniliative de cette pieuse résolution devait partir du siège épis-

copal de Coutances, occupé par un

prélat distingué, bon et zélé. Le

19 mai 1908, au cours de sa visite

ad limina, Mgr Guérard confiait à

S. S. Pie X son désir de célébrer

solennellement le (Centenaire de la

fondation religieuse du Mont Saint- Michel. Le Souverain-Pontife encouragea le i)rélat dans sa pensée et,

par bref du 2:5 juin, en vue « daug-

menter l'éclat des fêtes ». il accorda

une double indulgence plénière,

l'une en cette année pour les

fidèles, et l'autre, chaijue année,

pour les membres de l'Archiconfré-

rie. A ces faveurs le Pape ajouta

de particulières bénédictions, en

exhortant « les fidèles à venir très

nombreux, pendant l'année jubilaire,-, visiter-l'-ë'glise de l'Archange

et" à "bénéficier des trésors spirituels mis à leur disposition ... Par une lettre Pastorale, datée de « la fête de S. Louis, roi de

France et pèlerin du Mont », Mgr (iuérard devait ensuite convoquer son diocèse, la France et l'Univers chrétien, à la célébration du Centenaire. Dans un langage élevé, nourri de la sève de l'histoire la mieux documentée et de la plus pure doctrine, Mgr l'évèque de Coutances exposa éloijuemnient « les raisons et les conditions de ces fêtes du .Jubilé de S. Michel «, et arrêta les grandes lignes de sa célébration par la prière, les pèlerinages paroissiaux et nationaux, et sept grandes solennités, correspondant aux fêtes et aux souvenirs propres à Saint ilichel. Aussi bien, la célébration du Centenaire, dépassant les espérances les plus hautes, a été absolument digne delà grandeur de

s. G Mar J. GiuTarii êvêqvie de Coutances et Avranrhes.

Coiirnnne de S. Michel oiTerte par la France.

l.K MiiM u niKKdis i;|- \i .i(»uiiii'in;i

Autel lie S. Mirher.'i l'église paroi>siale.

la pensée, de l'excellence des mérites de l'Archange et des magnificences que son culte a enfantées dans le passé. Les foules pilantes ont déroulé leurs longues théories par les rues festonnées cl par les rom]iarts animés du mouvement dos bannières et de l'écho des cantiques. Pour recevoir ce Ilot populaire, il avait fallu suppléer aux dimensions restreintes de l'église paroissiale en faisant l'acquisition de terrains, sur lesquels M. le Vicaire-général f.epetit, directeur des

œuvres du Mont, a élevé une vaste esplanade, dominée jjar la croix de .lérusalem, et des logis en harmonie parfaite avec le style moyen âge et avec l'abbaye, dont ils forment comme l'avant-scène iiiltoresque. La presse de la capitale aussi bien que de la pi-ovince a redit ces manifestations grandioses, et les AmtalPK du Mo»/ en conservent la mémoire ainsi que le texte des discours. Tout en renvoyant pour les détails à ces compte- rendus, nous devons résumer à grands traits la série des fêtes de l'année Jubilaire.

Les fêtes s'ouvrirent, le 29 seidi iiijire IIHIS. par une solennité présidée par M. le Vicaire-général Lepelit, qui l'appela à juste litre conmie « la ]>réfact' et les premières vêpres du Centenaire ». A la messe célébrée par M. rab])é Cognault, le zélé doyen de Pontorson, M. Fnssard, chanoine titulaire île Cioutances, lit en lliéolngien lumineux et en écrivain<lislingué, le panég> rique de S. Michel, « ami des âmes qu'il doit conduiic à Dieu ». L'aulje des grandes solennités brilla avec le 16 octobre, amiiversaire de l'apparition de S. Michel à S. Aubert, d'ailleurs précédée, la veille, parles vêpres pontificales et la procession aux tlambeaux qui déroula sous l'azur du ciel étoile, dans le silenceile la douce vesprée d'automne et le long des remparts fantastiques, ses ondulations niurniurantes.

Les ci''rémonies inai'.guralesfurent rehaussées par la présence de Mgrliuérard, évêque de Coutances, ((ui d'ailleurs se lit un devoir d'assister à toutes les fêtes .Jubilaires; de Mgi' Le Roy, évèqued'.Minda, le vaillant a]>ôtre de rAfri((ue, supérieur-général des Missionnaires du Saint-Kspril et du Saint-Cœur de Marie, du !>. P. Kiimond. prieur, i-e])résentanl le Père abbé île la TraiipL' ili' liriei[Uibec.el «l'un nombre consid/'rable de '.iieinbns du clergé.

KE MONT ALTHlil'DIS ET AU.IOLIUVIIUI

Les offices furent célébrés par Mgr Le Roy, originaire du diocèse de Coutances. A la grand'messe dans Téglise paroissiale, décorée avec ung( lût parfait. M. l'ai il )é Mi lion, du diocèse de Rennes, redit d'une façon accomplie les Gloires, les Epreuves et les Esiiérances du Mont- Saint-Micliel. Dans laprès-midi. IV'Splanade, décorée de guirlandes, dorillammes et lie bannières multicolores d"un effet imposant, réunit autour de l'autel des milliers de pèlerins suspendus en grappes humaines sur l'enchevêtrement des rampes, tours et remparts, (jui dominent la mer. Au milieu de cotte assistance grandiose et enthousiasmée, dont les voix se confondaient dans les supplications du

Xir Genlenaire, Cérciiionie à resplanade.

chant po[>ulaire : m Sauvez-nous puissant Archange ! «, à la suite de la Bénédiction du Saint-Sacrement, ]\rgr Guérard félicita, remercia et encouragea la foule recueillii' des pèlerins avec les accents émus d'une âme de prélat aimant et aimé, non sans saluer, à ses côtés, la bannière avec l'épée glorieuse de La Miiricière, déposées en exvolo dans le sanctuaire Michelin, et portées par le colonel de Saint- Rémy; Mgr se plut à former des vœux ardents pour la prospérité de l'Eglise, pour la paix et la grandeur de la France, les deux Patries chères à nos cœurs, en exhortant les milliers de fidèles présents à se montrer leschampions invincibles desdroits de Dieu. Ainsiiju'on

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