PREMIÈRE PA&TIB
— Oh! ma vengeance I ma vengearice!...
murmura tout bas Obrieren dardanl ses yeux éliDceliiufs sur le papîec que veuail de lui remi'tlre Léoiiidas.
Quel était donc ce nouveau papier qui agitait et troublait à ce point Obrier, et sur lequel son regard était eloué avec une ardeur (ié^ -vreuse ?
Ce papier,. c'était l'indication du couvent oà avait été conduite la fiJiedu marquis de Sa vernoy; le nom de la supérieure y av^il été inscrit tout an laQg.
— Écoute, Léonidas, dit Obrier, tu es adroit?
— C'est mon mélier, citoyen.
— Tu ne reoules devant rien?
— C'est mon devoir.
— Tu es riiomme qu'il me faut.
Le citoyen Léonidas s'inclina avec cette allure qui veut dire : Je le sais parbleu bien.
Il y eut un court intervalle de silence, pendant lequel Obrier avait réfléchi.
Léonidas s'était remis à feuilleter des papiers.
— Citoyen Léonidas, reprit Obrier, ne m*as-tu pas demandé de faire obtenir à un de tes parents la place de concierge dans une des prisons de k ville?
. — Je Tai demandé dans Fintérét de la patrie, parce que mon parent est un vrai patriote au cœur de roche dont on pourrait être sûr; avec lui, pas de faiblesse à craindre, pas de trahison à soupçonner.
— Je n'en doute pas, citoyen Léonidas, mais il y a à Arles bon nombre de patriotes. •• au cœur de roche... La place est bonne : les cidevant payent bien, écoute-moi.
— Je t'écoute, citoyen.
— Tu vas prendre avec toi des hommes surs, tu fais d'eux et par eux tout ce que tu voudras; mais il faut que tu me ramènes ici la fille du marquis de Savernoy.
— Je te la ramènerai, citoyen, si tu me donnes un ordre d'arrestation*
— Le voici ! dit aussitôt Obrler en prenant un papier qu'il signa avec vivacité. Es-tu sur qu'elle soit dans ce couvent sous son véritable nom?...
— Je la ramènerai morte ou vive, dit Léonidas.
. — Et la patrie, pour te récompenser, te donnera cinq assignats de deux cents francs chacun, et la place de concierge pour ton parent.
— Merci, citoyen, dit Léonidas.