PREMIÈRE PARTIE
— Il parait, citoyen, que tu n'as pas la vue bonne. Ce qu'il y a?... Delà paille, du foin et du regain. Ensuite, qu'est-ce que ça te fait à toi? Tu n'es pas la citoyenne ma bourgeoise.
— Ça me fait, reprit Cassius avec gravité, que la patrie est en danger.
— Ah! bah !... fit Baptistin avec un mouvement qui dénotait le plus vif intérêt ; la patrie est en danger?
£t il sauta à terre.
— Comme j'ai l'honneur de te le dire, reprit l'autre en s'approchant de la charrette.
— Est-ce que les gredins qui mettent la patrie en danger sont cachés dans les environs?
— C'est possible.
— C'est possible?'... continua Baptistin avec plus de véhémence encore que Cassius, ah! si je les tenais, quelle carmagnole soignée !
— J'oserais dire qu'ils en danseraient une à la lucarne patriotique.
Il se tut un instant, et sans que Baptistin eût eu le temps de deviner son intention, il enfonça la lame de son sabre jusqu'à la garde dans les bottes de paille.
Baptistin fit un bond sur lui-même ; ses joues devinrent blanches, son cœur cessa de battre.