‹ Le Montagnard; ou, Les deux républiques, 1793-1848Chapitre 98 sur 99 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

\ait livrer la ville à la destruction et ses habi* tants aux plus horribles massacres.

Car Lyon était pour ainsi dire, avec la Vendée, le rempart de la contre-révolution, le refuge des lambeaux dispersés du parti royaliste qui y tenaient leurs secrets conciliabules et suivaient les mouvements de l'étranger sur les frontières.

Le moment ne pouvait être ni mieux choisi ni plus favorable.

Le renversement inique des girondins, la Convention mutilée, l'oppression anarchique sous laquelle l'infâme Chalier avait courbé la ville : n'y avait-il pas là de puissants et nombreux éléments insurrectionnels?

Aussitôt son arrivée, le vieux marquis s'empressa d'aller trouver le comte de Précy, gentilhomme du Charolais, ancien serviteur de la royauté, que les Lyonnais révoltés plaçaient à leur tête et auquel ils avaient dit ces énergiques paroles :

«( Nous avons pesé dans nos pensées l'échafaud contre l'oppression de la Convention, et nous avons choisi l'échafaud. »

Il avait en outre eu de longs entretiens avec le comte de Yirieu, qui entretenait des correspondances avec les princes et représentait

dans cette ville rhomme politique de la monarchie exilée et proscrite. Puis il était parti pour parcourir d'autres départements et fomenter rëtincelle électrique qui devait embraser à la fois toutes les parties de la France.

La nouvelle subite de la prise de Lyon hâta son retour à Paris, mais ne lui fit pas partager le découragement du parti royaliste; car la lutte ne devait pas tarder à recommencer sur d'autres points, et la Vendée tenait tète à ses ennemis en gagnant plutôt du terrain qu'elle n'en perdait.

En temps et lieu, nous entrerons dans les détails de cette association qui rêvait de relever le trône monarchique sur les cendres de la république.

Reprenons maintenant notre récit un instant interrompu.

Le marquis de Savernoy avait à peine atteint la place du Palais de Justice, qu'il vit à quelques pas sur la gauche l'homme du cabaret.

Henri lui fit signe de marcher devant.

Cet homme les mena ainsi dans le haut de la vieille rue Saint-Jacques.

Ce quartier était loin d'être à cette époque même ce qu'il est maintenant. De distance en distance s'élevaient de hautes maisons grisâtres

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