‹ Le Monte-CristoChapitre 103 sur 135 · ALFRED DE MUSSET · texte numérisé non relu

ALFRED DE MUSSET

ETUDE

Dieu merci, nous en savons à peu près fini avec l'homme et son tempérament, et nous n'avons plus S, apprécier que le poète et son génie.

Les critiijues, qui Veulent toujours chercher la cause où elle n'est pas, ont parlé d'un voyage en Italie, d'une maladie à Venise, d'une trahison amoureuse, qui seraient la cause de celle misanthropie du poète.

Ne nous y trompons pas, Alfred de Musset n'est point un poète misanthrope, et, s'il est un poète misanthrope, eette misanthropie est non point un accident de sa vie, mais une face de son tempérament.

Si nous ne nous abusons pas, le voyage dltalie date de 1836 ou 1837.

Or, les créations de la Juana i^Orvado, de la Camargo et de Pùrtia datent de 1830, celle de Mariette ùb 1831 , celle de Belcolor de 1833. .

Non , au lieu d'avoir un reproche à adresser à une femme, Alfred de Musset n'aurait-il pas eu un reproche à s'adrenser à l'endroit d'une femme ?

Je crois que la question posée ainsi serait plus juste et plus vraie.

Au reste, les. moyens dont se sert la Providence pour arriver à son but sont étranges , ce qui devait précipiter cette femme l'a grandie, obligée de lutter contre la misère, son talent s'est élevé à la hauteiir du génie, elle est devenue et est aujourd'hui une des premières artistes du monde ; elle vit pleine de gloire et de bonheur, encore' jeune, aimante et aimée, et les trois hommes qui avaient cru la perdre sont morts tous trois, le plus vieux à Fâge de quarante-sept ans.

Quand le pauvre Alfred remplissait son verre pour oublier une infidélité, ne noyaitr-il pas en même temps un remords ?

Mais tout cela fut bien , tout cela fut bon , puisque le poète en a grandi.

Voyez le début de Bolla. Molta est de 1835 à 1836. Ce début est tout simplement un chef-d'œuvre.

Deux ou troisYimes plus riches , et la plus sévère critique n'aurait qu'à se courber et à admirer en lisant les vers suivants :

Re^etteX'Tous le tempd où le ciel, AUr la terre, Harcbait et respirait, dans un peuple de dieux. Où Vénus Astarté, fille de Tonde amère, Secouait, vierge entor, les larmes de sa mère, Et fécondait le monde en tordant ses cheveux? ftegrettez*T0U8 le temps où les Nymphes lascives Ondoyaient au soleil avec les fleurs des eaux, ktd*un éclat de rire agaçaient sur les rives Les Faunes indolens couchés dans les roseaux? Où les sources •tremblaient des baisers de Narcisse Où, du nord au midi, sur la création, t

Hercule promenait rétemelle Justice, Sous son manteau sanglant, taillé dans un lionf Où les Sylvains moqueurs, dans Técorce des chéneSi Avec les ramaux verts se balançaient au vent. Et sifflaient dans l'écho la chanson du passant r Où tout était divin, ]uM|u*aux douleurs bumalnes. Où le monde adorait ce qu'il tife anjoufé'liui^ Où quatre mille dieux n'avaient pas un athécu Où tout était lieurettx, excepté Prométhée, frère aîné de Satan, qui tomba comme lui ?

Et quaud tout fût cliangé, le ciel, la'terre et Thomme, Quand le befceau du monde en devint le cercueil. Quand l'oangan du nord sur les débris de Berne De sa sombre avalanche étendit le linceul ! —

Regrettes- vous le temps où d*un siècle barbare Naquit un siècle d'or, plus fertile et plus beau T Où le' vieil univers fendit avec Laxare De son front rajeuni la pierre du tombeau f Regrettes-vous le temps où nos vieilles romances Ouvraient leurs ailes d*er vers leur moaie enelunté r Où tous nos monuments et toutes nos croyances Portaient le manteau blanc de leur virginité ? OÙ9 sous la main du Gbrist, tout venait de renaître . Où le paUis du prince, et la maisoi^ du prêtre. Portant la même croix sur Je front radieux. Sortaient de la montagne en regardant les cieux ? Où Cologne et Strasbourg, Notre-Dame et Saint-Pierre, S'agenonillant au loin dans leurs robes de pierre. Sur l'orgue universel des peuples prosternés. Entonnaient Thosanna des siècles nonveauHiés ? Le temps où se faisait tout oe qu'adK llitstoire^ Où sur les saint autels les crucifix d'ivoire Ouvraient des bras sans tacbe et blancs comme le- latt, Où la vie était Jeune, — où la mort espérait?

Sauf trois rimes— cheveux avec dieux*- passant et vent — qui riment à peine^et linceul et cercueil, qui ne riment pas du tout, quoique Lamartine les ait fait rimer, tout ce que nous venons de citer est deu)c fois beau— beau comme pensée, beau comme forme.

Ce que nous allons citer, avec des négligences égales, est d'une égale beauté.

0 Christ t Je ne sois pas de ceux que la prière Dans tes temples muets amène i pas tremblants ; Je ns sais pas de ceux qui vont à ton oïdvaire» En se frappant le cœur, baiser tes pieds sanglants ; Et Je reiBte debout sous tes sacrés portiqwi. Quand ton peuple fidèle, autour des noirs arceaux, Se courbe en murmurant sous le vent des cantiques, Gomme au soufQe du nord un peuple de roseaux. Je ne crois pas, ô Christ t à ta parole sainte ;

Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux.

D'un siècle sans espofar naît un siècle sans crainte ;

Les comètes du nôtre ont tlépenplé les cicox.

Maintenant le Jiasard promène au sein des ombres

De leurs illusions les mondes réveillés ;

L'esprit des temps passés, errant sur leurs déoombres.

Jette au gouffre étemel tes anges mutilés.

Les dons du Qolgotha te soutiennent i peine ;

Sous ton divin tombeau le sol s'est dérobé :

Ta gloire est morte, ô Christ 1 et sur nos erolxd'ébène

Ton cadavre céleste en poussière est tombé I

Eh bien ! qu'il soit permis d'en baiser la ponssièie Au moins Crédule enfiint de ce siède sans foi. Et de pleurer, 6 Christ t sur cette froide terre Qui vivait de ta mort, et qui mourra sans toi 1 Oh ! maintenant, mon Dieu t qui lui rendra la vie ! Du plus pur de ton sang tu Tavais rajeunie: Jésus," ce que tu fis, qui Jamais le fera ? Hops vieillards nés d'hier, qui nous rajeunira t

Hous sommes aussi vieux qu'au Jour ie la naissance, Nous attendons autant ; nons avons plus perte. Plus livide et plus froid, dans son cercueil inuneiiaes Pour la seconde fois Laxare est étendu. Où donc est le Sauveur, pour cntr'onvrir nos tombes T Où donc le vieux saint Paul, haraguant lesRomainSt Suspendant tout un peuple i ses haillons divins

téi^m

OÙ donc est le Génaele, où donc les GBtAcombc« ? Avec qui marche donc Taurèole de feu ? Sur quels pieds tombo^tous, parfums delfagdelainet Où donc Tibre dans l'air use voix plus qu'humaine? Qui de nous, qui de nous va deredir un Dieu t

La terre est aussi vieille, aussi dégénérée,

Ule branle une tête aussi désespérée,

Que lorsque Jean parut sur le sable des mers.

Et que la moribonde, à sa parole sainte,

Tressaillant tout à coup comme uae^mme enceinte,

Sentit bondir en die un nontel uoiT<

Le9 Jours sont retenus de Claude et de Tièère,

Tout ici, comme alors, est mort avec le t/mps,

Et Saturne est an bout du sang de ses eiafants ;

Mais l'espérance humaine est lasse d*étre mère,

Et, le sein tout meurtri dVoir tant allaité,'

Elle foit son repos de sa stérilité..

Ceci, Ton aura beau dire, n'est pas de la misanthropie ; c'est de la douleur, presque du désespoir.

La seule chose qui soit peut-être encore plus triste que cette lamentation, c'est la raillerie du poète ;

Lisons ensemble cette apostrophe à Voltaire :

(' Dors-tu content, Voltaire, et ton hideux sourire

Voltige-t*il eneot sur tes os décharnés ?

Ton siècle était, dit-on, trop jeune pour te lire ;

Le nôtre doit te plaire, et tes hommes sont nés.

Il est tombé sur nous, cet édifice immense,

Que de tes larges malos tu sapais nuit et Jour,

Lamort doTalt t'attendreavec impatience.

Pendant quatre-Tingts ans que tu lui fis ta cour;

Vous devez tous aimer d'un infernal amour.

Ne quittes-tu Jamais la couche nuptiale

Où TOUS TOUS embrasses dans les vers du tombeau.

Pour t'en aller tout seul promener ton front pâle

Dans un cloître désert ou dans un vieux château ?

Que te disent alors tous ces grands corps sans vie ?

Ces murs silencieux, ces autels désolés.

Que pour l'éternité ton^soufle a dépeuidés ?

Que te disent les croix ? que te dit le Messie?

Oh ! saigne- t-il encor, quand pour le déclouer,

Sur son arbre tremblant comme une flew tétrie ,

Ton spectre dans k nuit revient le secouer ?.

Ce qu'il y a d'aâmirahle chez de Musset , c*est qu'après une apostrophe où le n^épris a prodigué les plus améres pAioles, un rideau se lève, on voit fion pas deux, cœurs — de Musset montre rarement les cœurs — < mais deux corps, beaux, nus et purs, comme ceux d'Adam et Eve dans leur paradis.

C'est \m des grands artifice^ du poète que de redevenir charmant après ce coup-d*œil jeté sur une tombe, bu plutôt dans une tombe.

Entends-tu soupirer ces enfants qui s'embrassent? On dirait, dans l'étreinte où leurs bras nus s'enlacent. Par une double vie un seul corps animé. Des sanglots inouïs, des plaintes oppressées, Ouvrent en Mssonnant leurs lèvres insensées. En les baisant au front, le plaisir s*e8t pâmé. Ils sont Jeunes et beaux, et, rien qu'à les entendre. Dans son pavillon d'or le ciel devrait descendre : Regarde 1 — * ils n'aiment pas ; ils n'ont jamais aimé.

Où les ont-ils appris, ces mots si pleins de charmes

Quels volupté seule, au milieu de ses larmes.

Aie droit de répandre et de balbutier ?

0 femme I étrange objet de Joie et de supplice f

Mystérieux autel, où, dans le sacrifice,

On entend tour à tour blasphémer et prier !

Dis-moi, dans, quel écho, dans quel abr viveot-celles, Ces paroles sans nom, et pourtant étemelles. Qui ne sont qu'un délire, et depuis cinq mille ans Se suspendent encore aux lèvres des amants ?

0 prolknation I point d'amour, et deux anges !

Deux eesurs purs comme l'or, que leg saintes phalanges

iorteiaient à leur père, en voyant leui: beauté i

Point d'amour I et de pleurs 1 et la nuit qui murmure.

Et le vent qui firémit, et toute hi nature

Qui pâlit de plaisir, qui boit la volupté I

Et des parfums fumants, et des flacons à terre.

Et des baisers san^ nombre, et peut-être, 6 misère! ^

Un malheureux de plus qui maudira le jour.

Point d'amour ! et partout le spectre de l'amoiir I

Ainsi, voyez, de la réunion de deux êtres jeunes et beaux voilà ce que cette Am^ malade prend : le plaisir présent, la douleur à venir, une longue vie de misères, puisée dans un instant non pas même d'amour, mais de débauche payée par un libertin qui va mourir d'amour, à une vieille femme qui vend de l'amourà la nuit.

Mais tout est bien puisque les vers sont beaux.

Au reste, lisez, posr vous consoler de Holla, la pièce qui suit ; elle est intitulée : Une bonne fortune. C'est un de ces petits chefs-d'œuvre comme de Musset en faisait dans ses rares momens de quiétude, quand les nuages de son âme dissipés, il entrevoyait un petit coin du ciel.

n a certaines pièces que Ton pourrait appeler tes pièces éTaxwr,

Le poète est à Bade ; il a joué et perdu. Une bonne passe tenant un enfant à la main ; Tenfant veut faire Taumône à un mendiant. La bonne s'inquiète peu de cette philanthropique intention. Le poète donne à Tenfant les deux seuls ëcus qui lui restent. Deux jours après le poète reçoit de Vargent, et la mère de Tenfant auquel il a donné deux écus et qui en a fait Taumône, la mère de Tenfant qui appuyée à son bras le conduit à la salle de jeu, lui indique au hasard les coups qu'il doit jouer, si bien qu'il sort de la salle de jeu les deux mains pleines d or.

Vous le voyez, l'invention n!est rien, mais le caprice est charmant ; cela fait un bavardage de près de trois cents vers.

Voyez d'abord le portrait de la maison de conversation.

Cette maison se trouve être un gros bloc fossile, Bâti de Yite force à grands coups de moellon ; C'est comme un temple grec tout recouvert en tuile. Une espèce de grange avec un péristyle. Je ne sais quoi d'informe et n'ayant pas de nom, . Comme tin grenier à foin bâtard du Parthenon.

J'ignore vers quel temps Belzébulh la construite, Peut*étre est-ce un mammouth du règne minéral, Je la prendrais plutdl pour une aérolithe Tombée un Jour de pluie au temps du carnaval. Quoi qu'il en soit du moins les flancs de l'animal Sont construits tout à point pour f&me qui l'habile.

Cette âme c'est le Jeu. -

Là du soir au matin roule le grand peut-être Le hasard noir flambeau de ces siècles d*ennuis Le seul qui dans le ciel flotte encore at^ourdliui. Un bal est i deux pas ; i travers la fenêtre On le voit ça et là bondir et disparaître Gomme un chevreau lascif qu'une aèeUle poursuit.

L'abreuvoir est public et qui veut y vient boif e J'ai vu les paysans fl)^ de U Foréi-Koîr^

LB ' MOMTB^CMflTO.

■état

Leurs bâtons à Ta toaita Mirer daM ce rèdutt Je les ai vus penché» ftnr là hOte d'iTOf re Ayant à travers champs coum tonte la «utl^ Fuyards dései^létésde'^él^iiehomvète'Uti

Je les ai tifs'éeboot sots li lampe m^knhèB • < •

Atiee lenifs ^Bt«s iiMigrM et lèom fonlkm t>eiieiix, Toornan't learsgMm^s obft|)ea«« entns iCMrs doigts «ÉUttux, ?{nm sons Ivb Mea«k la anenr d^uno atnée , Et là, muets d'horr«ur dévimt la déstitréb, . Suivre des yeuxlmir ^hii^ni dottvsit èevànt oût,

Dirai^e ^^ils péïrâa4(etft I fiéltfs I ee n'émit «nèro

C'était bien ^(fte fhit de lettl- HMel* les maflfis.

Ils regavdiiient «IctfS fonties tes éintg^t^y • '

Cet or, ces voluptés, ces belles passagères

ToQt comoiHie/eiicbaaté de 'la saison des Ihains . .

Qui $*en va SfiM poaer Jt spîed «ftr les chemiDs.

Ils couraient, ils j^rtaient tons ivres de liuniëre, Et la nuit sur lenra yeux posait son noir bandeau* Ces mains vides, oes jnalns qui labourent la lerre^ Ils fallait les étendre en rentrant au Ibameau Pour trouver à tâtons les murs de ïa tbaumiôre, I^alenle |iu ct^in du feti, )eà enfanfs ata bërc^an.

Puis à ces vers plçios d'énergie, tracés è , grands coups de pinceau tout en vigueur, sans djôxni-teint,e^ avec des ^l)re3 et des luinières^eulepent, succède une da ces oppositions dont je vous parlais tout à Theure.

Un Mir venant de perdre une bataille bonn^le». . Ne ^possédant plus rien »4n'un grand .m^l à lu tétci^ Je regardais le ciel, étendu sur un banc. Et songeais dans mon âme aux hérps d*Ossîan ; Je pensai tout à coup à faire une cOn(p/étc, n tressaillait en ûoi dès lAimscs de "roman.

Il ne feûidr^ pourtant, me dHsaîs-jtî.àmoi taiéAe,*

•On'tme pértnrtfsîon de notre Bél^n«M^)lfu,

Pour qu'il vint à passer ^dqtie femme «en ce Ikn-. •

108 bosqnets sont déserts, la chalenr est extrême, . •

4m ve<ts «ont à 4*«moiir«. itotizon est en lés,

Toute femme le soir doit désirer qu'on l'aime.

SUl venait à passer sous ces grands marronniers Quelqu'alerte beauté de Técole flamande, Une ronde Ûllette écbapjpfee à Teniers, Ou quelqu'ange pensif de candeur allemande; Une vierge en or fin d'un livre de légende, Dans un flot' de velours fralaaût ses petitâ pieds.

Elle viendrait par là de cette sombre allée, Marcbant à pas de biche avec un air boudeur, Ecoutant murmurer le vent dans la fouillée^ De paresse amoureuse et de langueur voilée. Dans ses doigts inquiets tourmentant une fleur, Le printemps sur la joue et le ciel dans le cœur.

Elle s'arrêterait là-bas sous la tonnelle, Je ne lui dirais rien ; jMrais fout sfauplepent. Me mettre 'à deux genoux par terre devant elle. Regarder diffs ses feax i'atiir du ftimMoeat^ Et pour toute faveur la prier sealeaboat. De se lalAser aimer d'une amour imnortette.

Elle apparaît au .pgiète la blanche vi^pn , pa« tout à fait dans les conditions où il l'attendait, mais peu importe, c'est Tinattendu surtout qui est ebaTmant^. ;

Voyez-la passer.

G*était ma \ml enHaitt ^no cette Jeun« mère« Un véritable enfant 1 -*> Et la TïikQ Àogletef re, Ptiii d'afto lois dans T^ait jetUra.Aon filet, ÀvaBt d'y fetfonvurrufl^ferAf^ WM^lf^bére^, • • En vérité, keteurs) powr faire son j>OirtGatf, , Je ne puis mieux trouver qu'une goutte Ae lait.

Jamais le voile blaae d» k môàneolse

Ne fut plus tnmsiahreiit sar 1m «aer pl w venqeHi*^

Je m'assis auprès «d'elle et pailai d'll«kle.

Car 'eue leontMAilBft l« pays sons pareiL

Elle en venait. Hélas I ;<- é «a fi%ffdc patrie

BapportaM da^s k)n c^Mnr Vn rayon ée sMeil. •

Nous cansâmcs longtèntipfi :>lle èlaft slmi^ ei Mme, Ne sachant point lé mal elle îfeiisail le fcien ' ' Des richesses du ctetrr elle iÈe fH VtmKm^i Et, tout en écoutant coint»e 1« CÂisv se detiflf», Sans oser y penser je lui donnai le mien, • Elle emporta ma vie et n*eii sut jatntrts rHela.

te soir, rin H^iénaht dpf es fe fcontredaîlse, Je lui donnsi Ve bi'as, no^s <éMl-IM[ies ao i^ Car on *e t>dfft 'sortir niittfémMU de loe UûtL « Vous partez, me dit-elle, et vous allez, Je pense, » D'ici Jttsqné chez "tws faire qnel^tie dépense ; ■ » Pour votre derfttef }6ttr il fent )d««r. nnr peti.

Elie me ftt asseoir airec un doux som*e';'

Je ne sais qu'ai capHée alors la conseilfe;

Elle étendit la main efl imc dit : !ort€»4W

Par cet ange aux yenx lîléns je më fiisial "(JOndÉli^,

Et Je A'al paâ befeottl, Ynon ànri, de tbns dire.

Qu'avec quelt[ties louis mon nttmêtte g<i^*

Nous iauâmcs ainsi pcndairt Une bcttrc entière. Et je vis devant moi tomber font un trésor ; Si c'était rouge ou nôîr je ne m'en sonvïen^ gtttrifr, Si c'était dix ou vingt, Je^'cn sais rién enfcdr.* Je partais pour la Trahce, elle ptiur ï'Ang^ettî^; Et Je BorUs de U les deux iiialiïs tfteines d'dr.

Nous nois 'làisMdB ^emfiortâr «u pkû^i^: de citôr ^ c'est, à notre avis, qùamà ©n <ntê'de .pardla.teWi l». «willeure manière de louer un poète. D'ailleurs, deux ou trois pièces encore pour justifier ce que Hous avotos -dit d'uA t#ogrès toujours croissant et d'hiîfe cîmi^maAte VaH«é *le WtÈm, et nous aurons fini avec les vei'è, qtfi tenAmteent u** pèriocJlQcle vinçl ans, c'est-à-dîre de Ï830 4 W^.

Ceux que nous allons dire sont de 1838 â 1839.

l\^ sont intitulés la Nuit deMcemkre. ,

Du temps que J'étais écolier^ Je restais un soir à veiller Dans AQtre salle solitaire ; Devant jna table vint s'asseoir Un pauv/e enfant velu de noir

Qui me ressemblait comme un frfere

Son visage était jriste et beau; . K la lue^kT de mon flambeau, Dans mon livre ouvert il vint lire; Il pcncUa son front sur sa main.

Et resta jusqu'au lendemain, Pensif, avec un doux sourire.

Comme j'allais avoir quinze ans, ^

Je marcbais un jour a pas lents ;

Dans un bois, sur une bniyèrê,

Au pied d'un arbrç vint ^'asseoir ,. '

y: MONTK-qitSTO.

,1}^ ^eune bonme vêtu de soir, Qui me ressemblait comme un frère,

Je lui deiAaDdaï mon chemin ;

Il tenait un luth d*une main,

De Vautre un bouquet d'églantine ;

n me Ût mi salut i'»ml,

El le ïaloorttMt à4emi.

Me montm da à^Êi ia ^eolUndt

A rage où r«fi croit à l'amoinr.

J'étais «eut tfam» ma 4Slvambii», «n ftmt,

PfettrflmftnM prenAère^Mr^;

Au coin de mon feu Tint sWftMlr

Un étranger tôtu At rioif,

Qui itfe reftiemblttft eomm^^ùn frère.

11 était mortie et soucieux ; D'une main il montrait les ciettï, ït de Vautré i\ 'tenait un glaive ; be m^ peine 11 senîblalt souffrir; K^18 n ne pouBsa qn*un èôu^lr/ Et è'évauoult copime \m rêve.

A VSge oh ï'on est tiberlîn, ' Pour boire un toast daos un festin^ Un Jour, Je soulevais mon verre ; En foce de moi vint s'asseoir lin convive vêtu dç noir.

Qui me ire^seniblalt eomme nn frète.

Il secouait sous son manteau Un haillon de pourpre en lambeau ; Sur sa tête w ttyÂe «télrUe ;, Son bras maigre ^tmoMi h mim»

Et non vetM^ cttftooeMBt Umt»

Se brisa dans ifea nuna -dâlvlA.

Un an après, il était nuit ;

J'étais à genoux près du lit

Où venftH dd mourir wo«.p^# i

Au chevet>(titil mt ê'tmi^Qèt

Un orpbftlj» vétn de iioil^,

Qui me re6semb1idl«nue«ilrè»ft.

Son front était nofétde pleurs, Gomme les anges des douleurs ; Il était courpft^é d'épiae.

Son luth à terre 4t9jit gisaut.

Sa pourpre de covleur d^ sang;, Et S9Aisl4v^ 4aw teji^oilr^efi

Je m'en suis si bie^. souvenu.

Que je Val toujours reconnu A tous les In^ta^ts de ma vi£ ; C'est une étrange yi$ion, Et cependant, ange ou dénign.

J'ai vu partout cette ombrfi4W|ie«

Lorsque plus tard, )as de souffrir.

Pour renaître ou pour en unir.

J'ai voulu m'exUeiT de Jrance ; Lorsqu'impatient 4e marcher.

J'ai voulu partir et chercher les vestiges d'une esj^érauce;

A Pise, au pied de VApenniu ; A Cologne, en face du Rhin ; A Nice, au penchant des vallées; A Florence, au tond dès palais ; A Brigues, dans les vieux cl>ilct» ; Au seiu des Alpes désolées.

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