IV
Dès qu'il redescend en lui-même, 11 t'y trouve :'tu vis en lui ; S'il BOUffte, s'il pleure, s'il aime, C'est son Dieu qui \e veut ainsi ;
De la plus noble intelligence, La plus cublime ambition Est de prouver ton existence.
Et de faire épeler ton nom.
De quelque feçon qu'on t'appelle, Brahma, Jupiter ou Jésus, Vérité, justice éternelle.
Vers toi tous les bras sont tendus.
m iHONTfi-CRlSÏO.
Le dernier des fils de la terre Te rend grâce du fond du cœur, Dès qu*tt se mêle à sa misère . Ine apparence de bonheur.
Le monde entier te glorifie, L*oiseau te chante sur sofi nid, Et pour une goutte de pluie, Des milliers d'êtres t*ont béni.
Ta n'as riiin fait qu'on ne l'admire.
Rien de toi n'est perdu pour nous ; Tout prie, et tu ne peux sourire, Ooe nous ne tombions à genoux.
Pourquoi donc, ô maître suprême.
As-tu créé le mal si grand, Que la raison» la vertu même S'épouvantent en le voyant.
Lorsque tant de dioses sur terre Proclament la divinité, Et semblent attester d'un père L'amour, la force et la bonté.
Gomment, sons la sainte lumière, Yoit-ondcs actes si hideux, Qu*Ud font expirer la prière Sur les lèvres du malheureux?
xiu.
Pourquoi, dans ton œuvre céleste, Tant d'éléments si peu d'accord?
A quoi bon le crime et la peste ?
0 Dieu Juste, pourquoi la mort ?
Trpitié dut être profonde, Lorsqu'avec aes biens et ses maux, Cet admirable et pauvre monde Sortit en pleurant du ehaos.
Puisque tu voulais le soumettre Aux douleurs dont il est remi^i.
Tu n'aurais pas dû lui permettre De t'entrevoir dans Tinllni.
Pourquoi laisser notre misère Rêver et deviner un Dieu ?
Le doute a désolé la terre ; Nous en voyous trop ou trop peu.
Si ta chéttve créature Est indigne de t*approcher, U fallait laisser la nature renvelopper et te cacher.
XtlII.
Il te resterait ta puissance Et BOUS en sentirions les coups ; Nais le repos et l'ignorance Auraient rendu nos maux plus doux.
Si la souflhmce et la prière N'atteignent pas ta majesté.
Garde ta grandemr solitaire, Ferme à Jamais l'immensité.
Mais si nos angoisses mortelles Jusqu'à toi peuvent parvenir.
Si dans les plaines étemelles.
Parfois tu nous entends gémir.
Brise cette voûte, profonde Qui couvre la création ; Soulève les voiles du monde, Et montre-toi Dieu Juste et bon.
Tu n'apercevras sur la terre Qu'un ardent amour de la foi.
Et l'humanité tout entière Se prosternera devant toi.
Les larmes qui l'ont épuisée Et qui ruissellent de ses yeux.
Gomme une légère rosée.
S'évanouiront dans les cieux.
Tu n*en(endra8 que des louanges.
Qu'un concert de joie et d'amoiir, -Pareil à celui dont les anges Remplissent l'étemel séjour.
Et dans cet bosannab suprême.
Tu verras, au bruit de nos chants.
S'enfuir le doute et le blasphème,' • Tandis que la mort elle-même *
y joindra ses derniers accents l
A notre avis, c'est ici le point culminant du noète CU^t de 1835 à 1840 qu'U Mt^olja Une bonn, JorSneX Nutt de Déeembre, la lettre à lamartine, l'Ode à la Ma. libran, l'Espoir en Dieu. ^ ^^aiajaa-
Et i quel âge écrit-U ces chefW'jfiuwe de verre, sinon de forme ? De vingt-cinq à trente ans, c'ert-à-dire à l'âne où les autres hommes étudient et préparent.
n est vrai qu'il a commencé de chanter & l'aube et au'il se taira hien avant le crépuscule.
Un nouv«aa vdlume de poésies de lui, paraltoa encore C'est ce qu'il aura écrit de 1840 à 1850; mais le génie des dix premières années n'y reparaît que par lueurs. Le corps est debUe et l'esprit troublé. De temps en temps une chose charmante reparaît, comme une fleur sur une ruine C'est le Mie Priponi, Une Soirée perdue, A mon frère revenant d'Ualte; de temps en temps une lueur brille, mais comme un éclair, pour passer : c'est le Bhin allemand, le i3 juillet, Après me Lecture; de temps en temps enfin, un rire se fait entendre, mais c'est le dernier; H s'inUtule : JftiRt Pinson, Conseils ^ «m Parisienne et le Bideau de ma Voisine.
Enfin, le livre se ferme par un sonnet au lecteur, n se ferme pour ne plus se rouvrir, comme la piewe du tombeau.
Voici l'épitaphe, sinon du poète, du moins de son œuvre. Elle est douce et triste ; c'est un sourire dans les larmes.
LB IfOKTfl^GRISTO^
Jusqu'à présent, lecteur, selon l'antique usage, Je te disais bonjour à U pretDlèr&pig6b Mon livre, cette fois, MlDMi«Uio(ti6t0«l0iBenl'{ En vérité, ce siècle Mt uii ttiMvAto motkeaU
Tout s*en va : les plaisirs et les mœurs d'un autre âgp, Les rois, les dieux vainciMif le hasard triomphant ; Rosalinde et Suson qui me trouvent trop «âge 9 Lamartine vieilli qui me traite en cnùint.
La politique, hélas ! toèlà notre wamère ;
Mes meilleurs ennemli nu «onseilleiit â'«niilre.
Etre ronge ce soir, blanc demain. Ma foi non !
Je veux, quand on m*a lu, qu'on puisse me relire ;
Si deux noms, par hasard, B^mbrooiHent Burma lyre.
Ce ne sera Jamais que Ninette et RiBon.
iaiuriftr 1350.
Là s'arrête l'œuvre poétique d'Alfred de Ifusset, Ainsi, pendant les six dernières. années de sa vie, pendant ces six années où rhomme, dans la plénitude de ses facultés, c*est-à-dire de quarante à quarante-sept ans, ^ent s'établir l'équilibre de son génie, au. moKD^nt où, comne deux forces égales qui, au lieu de; se Beulraliaer, s'appuient l'une sur l'autre, la raison et l'imagination se contrebalancent, la nuit se fait dans ce ciel autrefois si joyeux et si éclatant, une nuit, non pas d'êlé, orageuse et pldne d'éclairs, qui au moins nous donnerait la foudre, maï* une nyit d'automne, basse, brumeuse, froide déjà comme celle du tombeau. Parfois on rencontre encore Fauteur de Don PaéZy de VAndalouse^ de RoUa\ on croit le revoir, on va à lui le cœur joyeux, la main tepdue, naais on paille effrayé en reconnaissant biefilôlt que rien de lui n'e»t veste en lui, et que l'on n'a plus affaire «[u'â un spectre.
Alors on se dit comme Opliélie en regâMlailt Hamlet :
Dieu tout-puissam, rendez-lui la raison ! 0 dernier héritier d*une illustre maison ! 0 nohle esprit perdu ! sublime Inlellîgence Tout à coup tïétrônée \ k la cour, élégance, profondeur au conseil, valeur dans les combals ! L'espérance, la fieur de ces vastes étatii t Le miroir du bon goût, le type de la grâce, Le but de tous les yeux i to)it est mxti 1 to^ ç'effa^e 1 ' — % moi, mpl, triste et seale avec jnes maux pesants ! ' llol ^i 9è sa ^etifli^esâç ai respiri^ l'eneen^ 1 '
' Qftitonvàls-èe sa Yoht' ^enivrante barinonîe! \ * Voir conune un luth brisé ce noble Cft flte^ génie lit gwBdliB plBftiiâ'vnsbti ^seoMent e% Yàilletrf f 4Y<4rtal«a>)euDealeetia'g^âoeell1ewlleAr, < Pour voiii, W Joi» 4fa|irâB, «aUienreiiie Ophélfe t
, TMii d'Q8|K4r 96 A<^ fia vent de èa fèlie t
Les coups que la grande Qiàa avait frappés à la porte, les tendres appellations d.ont elle les avait accompagnés, le
l£fi. JfOHICANJS dS PAAI«.
CHAPITRB \lh
. «tf XL BS«* DÉMONtAÉ <5U'lL EST DÀNnERÈtTX , NON PAS W ll£ÛEVÔIH, BUIS SE DOKNBH A&S llËCtJS.'
A peine M"« Fifine avait-elle disjparix, à peine Salj?|itor avait-il vèSs • dans son portefeuille les dix mllets de mille rfranosi, et dftM sa poche, les neuf liasses intactes et la liasse écornée, que la porte de Gibassier s'ouvrit, et que ce digne ioduAtriel parui our le asoil, vête d'uA ghnple pantalon de molleton blanOt lit tête coiffée d'un foiiiard et les pieds Chaussés de pantoufles brodées.
meil de Thonnéte Gibassier, iA Vién que, 'iy>uMnt se rendre
compte de ce qui se passait %ux son palier, il avait fini par s'arracher aux douceurs du sommeil, avait sauté en bas de son lit, avait passé 'son çatilaliMi 'à pM, ^chaussé ses pantoufles, et était venu à ^atdelovp owrir la porte.
N'y entendant plus auMUi «bniil) il s'^atlewMt à trouver le palier vide. . .
Il fut donc assez étonné de voir Salvator, nous devons même dire, à l'éloge de la pi^udence de Gibassier, qu'en apercevant un iuoottiu devant aai portai aon premier mouvement fut de la iraferaier^ .
Mais Salvator qu> çeaDa^A&i|it]|o f ^rçati • ^v^i bien de figure que de réputation^ <I^. ^v^t la part q^^'ij avait prise à l'enlèvement de Mina, qui le surveiflait soit directement soit indirectement depuis c^te époque, n'avait pas piis tant de peine à le retrouver po^r Iq laisser apparaître et disparaître ainsi.
Il s'opposa donc, en étendant la main, à ôon intention de refermer la porte, et Tabordatit avQC toute la courtoisie dont il était capable : *
— C'est bien à monsieujî/rGibassier que j'ai l'honneur de parler? demanda-t-il.
— Oui, monsieur, rèpo&dtt Gibassier en le regardant d'un air aussi soupçonneux que lui penMttaiént de le faire ses yeux encore toûsbeufis^ i qul'ai'je l*bOBiieur de parler?
— Vous ne me connaissez pas? demanda Salvator en poussant doucement la porte.
— Ma foi non, ditl^Jboe^ qioiMW^'lMm certainement j'aie vu votre figure gp;ieI(P0 {Mt, 4mia dn diable si je sais où. . ,. .
— Mon habit voua în,4jiq^^ CQ quA jfi a^ii»s dit Salvator.
— Commissionnaire, je le vois l«ien, mais comment vous nomme- tr-on?
— Salvator.
— Ah! ah! ne vous jtenèz-vous pôiiït a^abitude au coin de la rue aux fers? deinanda Gibassiet* avec une sorte d'effroi.
— Précisément. '^
— Et que me voulez-vous?
-— C'est ce que j'aurai Thonneur de vous dire, si vous me permettez d'entrer.. "* •
— Hum! fit Gtlw lier ^mwe bèntalûliii. ".
— Vous déiierieMefattétfinv)!? diimiMMlii flalvator en se glissant entre la porte et lawUff^HU^.
— Moi ! dit Gibassier ; à quel propos me défierais-je de vous ? Je ne vo\is ai jamais riep fait, pourquoi me voudriez- V0U8 du mal ? ^
— Aussi ne vous Teui-je tpt flu Men^ Ôïl Salvator, et je viens pour vous eii fiiire. "'f
Gibassier poussa lui 80i]|>it; A eMysiM a«0d peu au bien que les autres lui voulaiefit fom, qu'à oaUii qu'il voulait faire aux autres.
— Vous doutez ? dit SalvàtAr.
— J'avoue que je ,»'^ qu-mie p:^éd40Cl?9. confiance, répondit le forçat.
— Vous allez en juger,
— Alors donnez- vouô la peine de vous asseoir.
— C'est inutile, dit Samtor, je saiôtrês-pressé^ et, en deux mots, si l'affaire que je viens vous proposer vous convient, cette affaire sera conclue. •
— Comme vousvoudrez, iaiafi^q^i.|e<ll*)af|Bilds dit Gibassier, qui se ressentait encorâ« par wi^ .OQfiaûae courbature répandue en tout son corps, des .més^iyâiituiieB de la nuit. Là, ajouta-t-il en s'accoipmoàaat sur une fraise ; maintenant, si vous voulez bien me laire connaître ce qui me procure l'honneur de vous voir ; j'attends.
— Pouvez-vou3 disposer d'une semaine ? demanda Salvator. 1
— Cela dépend lie l'Miptoi «fttVm m» demandera de faire de cette semaine ; isar^ iièitafq«e' (bMI aucune semaine, c'est la dix«*6«f% amt«ûièiBd:paflier4e la vie d'un
LECIINT&.GBJJSTO.
homme, en admettant la dernière statlsMque gui ^ôgle la moyçnAe de la viç d'un homme à Xrèntç-lrois ans.
-— Moucher monsieur Gibassier, diVSaïyalor souriant, de son plus doux sourire, en adoptait çeltêî moyenne pour le Véstéae VTiunianitè;jje Vois âvfecbonnéur que vous uifes exception à la règle, -et quoique Vous ue paraissiez pas' Beaucoup "plus d^ trente-lrqis ans, vous ^vez néanmoins incontest2tt3lemeût dépasèé Cet Agé.
— . Dois-je .m'en louer ? répondit philosopbiqpiement et mèlancoUquemeht à la fôïà le digne Gibassiçr.
— ta Question n'est pas là, dit Salvator. , ^ Qù est-dle alors ?
' — me est dans ce çu'àyant dépassé Tâge tataî^ vôuç ifez selon toute probabilité jusqu'au double delamoyeime, c'êst-à-dîi'e jusqu'à soixante-six ans ; Ce qui fait qu'une semaine n'est fiout vous que la trois miïïe quatre centième Jartié 4fe la vie, et remarquez qùè je pfé yôuç dis point cela pôui: 'marchander le prix de vott^e seipaînç, maîâpour
en-
, ^ âgréaMe?
T- ikgréabïe el proBiable ; Vous aurez réuni, ce qui est si i^are ici-bas, îe précepte d'Horace, (Jqijit il n'est point probable qu'Hun savant éommê vouâ ti*âit'cullivé les œuvres^» "Utile iuld.
\ -^ pe quoi s'a^t-il'? demanda Gîbaseier, qui^ artiste en son genre/ se laissait entraîner au pittoresque de la conversation.. . . . , •- Il s'agit uovoyages. * , < i '
— AJiL î bravo 1 . ,
— Vous aimez les yojâgep ? ' ^ .. ' ,. . -^ lelesadotè. ,' • '^
' — Voyez, cela tombe a meryemé.
— ' El quel pays doi^-je parcpufir.?'.
— L'Allemagne. , v-^a'
— Germania mater. De mieux en tQxétxl s'ccria Gîba$-
S jprÀcautiona n'hélaient j^
BÎ^r ; je puis d'autant mieux vous servîi en Allemagne, que je connais parfaitement ^Allemagne et que mes voyages y ont toujours é^ heureip. ./
— on sait cela, et voua pourquoi la proposition vous eist faite ; la jéussite de TafTaire est mi^ie littéralemen);'souâ îa Sauvegarde de votre botiheuf.
— ' Plaitrfl? demanda Gibâssieï, qui, enxiore . un peu étourdi de sa lutte avec le ctiarpentiÊr^ -avait eijteïidii honneur.
— Bonheur, accentua Salvator. ' ' . -^ Très bien, dit.Gibassier. Eh bieh, voyons, tout c^la
devient .possible ; je serais enchanté d'avoir une occasion de quitter en ce moment là France pour quelques joui-s^
— Voyez comme cela tombe 1
— Masanté.s'altéreàParis. . ..
— m effet, dit Salvator, vous aVez lé'i yeux bouffis, le cou violacé, le safag vous porte â la tête. ' ' . '
— C'est au point, mon cher monsieur Salvàtots que, cette nuit, tel que vous me voyez, répondj^l GibassiQr,.j'ai laj^nî mourir d'une apoplexie foudroyante.'
— Hnureusement , demanda" naïvement Salvator^ Vou$ avez été saigné â temps?.
— Oui, répondît. Glbassier, *aigûé,'èt copieusement^
même. . .
— .fleUreusô disposition pour se mettre en voyage ^. on
estlégei;. ' •
— î)h l très léger ï .
— Je puis donc aborder la question ?
— 'J\i)ordez, ïnon cher monsieur, àboi^dez. De quoi 3*a-
— ï)e quelque chose de tt*ês-sîmiple, il «'agit de remette ç une ^ettne. Voflà toUjt.
— Hum.I hum! grommela entre ses dents Gibassîer,, dan^ l'esprit duquel mille soupçons entrèrent de nouveau. Eâv'oyex' un homme en Allemagne uniquement pour porter une lettre, quand le service de la poste est isi admw-ablement organisé ! Diable I diable ! i
— Vous dites ? dit Salvator^ .en Texaminant avec attention.
— Je dis, fit Gibassier en liochanf la tète, que c'est i^j^ diables^ de lottre'que vqus avez à envoyer là* car, si c^js-
; tait une lettre com^ae toutes les lettre»! voua ne l'expédie- , riez point, je suppose, à si graiods frais. . î -Vqu^ pe;z raison,. dH Salvator, c'est ufte lettre dè^la • plus haute miportance.
• — Politique, j'imagine. ,. ''"'
: — Entièrement pôutiquè. ' . , *
, — Mission tout à fait délicate. * \
— D'une délicatesse toute particulière. ' \ ! .,— Jlangeneuse, jpar conséquent ?
I ' :— Dangei'êu^ . si tcfuXes les prAcautii ; prises.
— Comment entenàèz-vous la précaution? '. . — :^. ce que cette lettre ^era tout simpiement un papier
blanc tout ouvert. • . 4^ . , «r *r
.-r MaisTadr^a^?
— On vous la dira de vive voix. ' ', '. '
— Alors, la lettre est éoçite avec une encre.' sympathique. . . " . .
— De Tinvention de la personne -qui'^ï'éprj^ti invention qui défie MM. Tfepnard et Orftla" eux-jnêmfes. :. .
— Mais la .police est ûixe bie^n autre cUwifite' que MM. ïliénard et Orfïla. '
— Qui défie la police elle-même, et je suis J^ién aise' de vous dire cela, cner monsieur Gibassier, pour iim'il ne vous prenne pas l'envie d*aller vendre la ïeilrfe i .St, Jackal le double de ce qu'on vous aura donné pour Importer. .\ .
— MonsieurI fit Gibassier em se re())res^l,. vpua «ne croyez donc papable^,.v '
— La cbdr est faible, répondit Salvator. * :
— C'est vrai, murmura le forçat avec ua soupir,
— Vousyoyez donc, coB^^^uâ.$alvator que vous^e ris* quez absolument rien. ; . ,.
..^— Me difces-vous cela^ux objen^ir^e moi (^ raocomplisse ma mission au rabais? ^ ' • '
— . Pas le moins du monde, la mission, aéra- ïjéflrîbuée en raison de SOU; imaportance» • . « '
— Maïs, qui en fixera le prix ? ,' \
— Vx)usHmêm9. * ^; . — H faut d'abord que je a^^b^ où je vais î . V
— AHeidelberg. , .' '. ■ -- Très-bien, — quaiid dois'je partir î; ' '
— Le plus tôt posaible.
— Demain, est-ce trop tit.
.— Ce soir serait mi^ux. , . *
— Je suis bien fatij^^pcoir partir ce eoir, j'ai eu une mauvaise nuit.
— Agitée?
— Très-agitée. »'...,
— Eh bien, v^ pour demai» matin. Hain tenant combien dem.andez-vouS?
. — Pour aller à Heideïberg ?
— Oui.
— Y auxa4-iL&^ui' ? ,
— Le temps de prendre la réponse à la lettre et 4ë revenir.
— Eh bien,. mille franco, est-ce trop ?
•— i^e vous ,d<9mabderai au wn traire, est-ce assez tj.|
— le suis économe, en économisant j'y arriverai.
— Voilà qui est dit, pour porter la lettre. Mais ^oui* apporter la réponse ?
— Ce sera le même prix.
— Deux mille^ alors; mille francs pour alle^et mille francs poM .revenir.
— .MUlç:francs poi»r aller et jo[iîlle fraocs popr rêverie:, c'est bienéeia. ...
— Maintenant, ceci est réglé pour là dépense Juatériellè du voyage ; reste à régler le côte de «pnfianoe, le prix de la mission elle-même.
— Ah I le jurix 4e.la mission n^est pas compriç dans lés deux raille fvaFocs?
— Vous voyagez pour une maison puissamment riche^ xwn cher flionsietir Gibs^ssier î «ain^, mille Xrapps û^ plus ou de moins.
— Est-ce trop de demander deui^ mûje Xrancs ?
— Vous êtes on ne peut plus raisonnable. ' i
. ^ Ainsi donc, deujK .|nill6 ifranos poufrJes ààpeuBes du
St6
LE MOÎSTE-CRISTO.
voyage, deux mille francs pour la mission accomplie,
— En tout quatre mille rrancs.
— Et prononçant ces mots, Gibaséier poussa un soupir.
— * Trouvez-vous que c'est trop peu ? demanda Salyator.
— Non, je pense...
— Aqnoi?
— Anen.
Gibassier mentait ; il pensait à la peine qu*il allait avoir pour gagner quatre mille francs, quand il en avait, quelques jours auparavant, avec tant de facilité et sans se déranger, gagne cinq cent mille.
— Cependant, dit Salvator, cœur qui soupire n'a point
ce qui désire.
— La convoitise de l'homme est insatiable, dit Gibassier, répondant à un proverbe par une sentence.
— Notre grand moraliste La Fontaine a fait une fable làdessus, dit Salvator, mais revenons à nos moutons.
n fouilla à sa poche.
,— r Avez-vo^is la lettre ? demanda Gibassier.
— Non, elle ne devait être écrite que si vous acceptiez la mission.
— Eh bien, j'accepte.
— Réfléchissez bien avant de prendre cette mission.
— J'ai réfléchi,
• — Vous partirez ?
— Demain, au point du jour.
Salvator tira son portefeuille de sa poche, l'ouvrît et laissa voir à Gibassier tout im nid de billets de ban(jue.
— Ah I fit Gibassier, comme si à cette vue un poignard lui traversait le cœur.
— Salvator ne parût rien remarier, sépara deux billets des autres, et s'adressant à Gibassier :
— Il n'y a pas de marché sans arrhes, voici les frais de voyage, à votre retour, et quand vous rapporterez la réponse à la lettre, vous aurez les deux autres mille' francs.
Gibassier hésitait à étendre ,1a main, Salvator les laissa tomber sur la table.
Le forçat les prit, les examina avec attention, palpant leur épaisseur entre le pouce et l'index, étudiant leur transparence en4es interposant entre la lumière et lui.
— Excellents, dit' Gibassier.
— Ah ça I mais me croyez-vous donc capable de vous donner dé faux billets ?
— Non, mais vous auriez pu être trompé vous-même; depuis quelque temps il se fait de tels progrès en indua-
trie.
— A qui le dites- vous, fit Salvator.
*— Alors je vous reverrai.
— Ce soir, à quelle heure serez- vous à lajnaison ?
— Je ne quitterai pas ma chambre.
— Ah ! oui, la courbature;
— Justement.
— Eh bien, sur les neuf heures, si vous voulez.
* 1— Va pour les neuf heures.
Et ^vator s'achemina vers la porte.
Il avait déjà la main sur la clef, lorsque tout à coup...
— Bon ! mt-il, j'allais être obligé de revenir de l'autre bout de Paris.
— Gomment cela ?
— J'oubliais une toute petite chose.
— Laquelle ?
' De vous demander un reçu, vous comprenez bien que
cet argent n'est point à moi, un pauvre commissionnaire n'a pas une dixaine de mille francs 'dans son portefeuille et ne paie pas ses courriers quatre mille francs.
— Cela m'étonnait aussi.
— C'est-à dire que je ne comprends pas comment cela ne vous a point inspiré de défiance.
' Je commençais à en avoir, dit Gibasàier.
— Allons, donnez-moi un petit reçu de deux mille
francs, et tout sera dit. . , , .
— Rien de plus juste, fit Gibassier, en attirant a lui son écritoire et une feuille de papier.
Puis, se retournant vers Salvator.
— Un simple reçu, n'est-ce pas ?
— Oh ! mon Dieu oui, tout ce qu'il y a de plus simple.
— Sans désignation.
— Valeur en compte, nous savons en quel compte , €*est tout ce qu'il faut.
Gibassier, soit machinalement, soit que, connaissant la facilité des billets à s'envoler, il craignit que ceux-ci ne lui échapassent, Gibassier^Ies fixa sur la table avec son coude ^ucne, et se mit à confectionner le reçu de sa plus belle écriture.
Puis, il le tendit à Salvator, qui le lut attentivement et avec un sentiment de véritable satisfaction, le plia et le mit lentement dans sa poche.
Gibaasier le regardait faire avec une certaine inquiétude, ce sourire de Salvator lui déplaisait.
Mais ce fut bien autre chose li»rsque Salvator, croisant les bras et regardant Gibassier en face, lui dit, en donnant à son sourire l'expression de la raillerie la plus complète :
— Il faut convenir, maître escroc, que vous êtes à la fois d'une rare impudence et d'une suprême sottise. Gomment, vous avez la niaiserie de croire à des contes pareils à ceux que je vous fais I — Comment, vous êtes assez imbécile pour vous laisser prendre à un piège d'enfant ? c'est à ne pas y croire ; comment, vous ne vous êtes pas défié après votre aventure de cette nuit des rechercnes que l'on pouvait faire, vous n'avez pas songé oue si l'on n'avait qu'un simple soupçon sur vous, rien n ét^t plus facile que de vous demander une ligne de votre écriture ? mais étes-vous assez sot et volez-vous assez impudemment l'argent que vous donne M. Jackal. — Or ^, M. le comte Ercolano, asseyez-vous et écoutez-moi.
Gibassier avait écouté le commencement de ce discours avec un étonnement croissant. En voyant la sottise qu'd avait faite de donner à Salvator un reçu de son écriture, il avait voulu reprendre ce reçu, et, à cet effet, avait commencé un mouvement pour se jeter sur lui ; mais sans doute Salvator, qui prévoyait tout, avait prévu cette aggression, car il tira de sa poche un pistolet tout armé qu'il posa sur la poitrine du forçat; en même temps qu'il lui disait :
— Or çà, M. le comte Ercolano, asseyez-vous et écoutezmoi.
Il en résulta que Gibassier, désarmé dans sa lutte nocturne avec Jean Taureau, et d'ailleurs plus homme de ruse que de lutte, jugea au commandement de Salvator qu'il n'avait d'autre parti que celui d'obéir, et tomba plutôt qu'il de s'assit sur une chaise, le visage verdàtre et ruisselant de sueur.
Gibassier comprenait que, comme le maréchal de Villeroy, il en était arrivé à cette époque de la vie où la fortune nous abandonne et où l'on n'a plus que des défaites à attendre.
Salvator alors passa de l'autre côté de la table, s'assit en face de Gibras^er et renoua la conversation en ces termes, tout en jouant avec son pistolet :
— Vous avez été condamné au bague pour vols et faux bien prouvés, et vous avez failli être condamné à mort pour meurtre; seulement, le meurtre n'ayant pas été prouvé, vous avez échappé à la moit ; le meurtre a eu lieu dans une maison infâme de la rue^roidmanteau, sur un provincial nommé Claude Vincent ; il a eu lieu de complicité avec la naine Bébé et avec W^ Fifine ; je puis prouver que c'est vous qui avez porté le premier coup, un coup de chenet qui a renversé le malheureux évanoui, et comme il a été achevé par les deux coquines dont l'une est déjà pour autre cause entre les mains de la justice, et dont l'autre vous rapportait ce matin les cinq cent mille francs que vous avez volés à la comtesse Rappt et que je vous ai fait reprendre, je puis demain vous mettre, vous et Mii« Fifine, entre des mains dont K . Jackal, tout puissant qu'il est, se gardera bien de vous tirer ; heim! heim! croyez- vous que j'aie ce pouvoir et que vous courriez quelques risques à ne pas suivre en tout mes volontés?
— Je le crois, murmura tristement Gibassier.
— Attendez, nous ne sommes pas au bout.
— Quelques jours après vous être échappé du bagnei j vous avez enlevé une jeune fille d'un pensionnat de Ver- 1 sailles, par les ordres de M. Lorédan de Valgeneuse.
m MONTfi-^ISTO.
Vos Complices, après tous avoir volé la part d'argent qui vous revenait de cette belle expédition; vous ont jeté dans un puits, d'où vous a tiré M. Jackal ; depuis ce jour vous êtes sa créature dévouée, mais ni vous ni lui, n'avez pu empêcher que je ne reprisse Mina à M. de Valgeneuse et ne la misse en sûreté. Vous voyez donc, maître coquin, que je puis lutter contre vous et réussir même malgré vous. Aujourd'hui il s*agit d'une chose encore plus grave, je vous le déclare, que l'enlèvement d'une jeune fille, d'ime chose à laquelle je sacrifierai, s'il le faut, non-seulement les cinq cents mille francs que je vous ai fait reprendre cette nuit, mais encore le double, le triple, le quadruple de cette somme. Or, malheur à ceux qui se trouverçut entre moi et mon but, car je les briserai comme verre. Ami, on aura tout à gagner; ennemi, tout à perdre, ^coutez^moi donc de toutes vos oreilles.
— Je vous écoute.
— ' Quand s'écoule le délai accordé à Tabbé Dominique pour aller à Rome ? ' ^ Il est écoalé à partir d^aujourd'hui. -^ Quand M. Sarranti doiV-il être exécuté ?
— Demain à quatre heures de l'aprte-midi.
Salvator pâlit et frissonna malgré lui, à cette certitude donnée par l'immonde coquin auquel il avait afbire; mais il se remit comme un homme à qui il reste une suprême espérance, et changeant brusquement de conversation :
~ Vous connaissez l'honnête M. Gérard de Vanves? demanda Salvator.
— n est mon coUégiie et mon ami, répondit Gibassier. -^ Je sais cela. Vous a-t-il déjà invité a venir visiter sa
campagne?
— Jamais.
— L'ingrat ! Gomment, par ces belles journées d'été, Pidée ne lui est seulement pas venue d*inviter un ami à un déjeûner champêtre, dans son château de Vanves ?
— L'idée ne lui en est pas venue.
— De sorte que si l'occasion se présentait de le punir un
Eeu de son ingratitude à votre endroit, vous ne seiîez pas omme à laisser perdre cette occasion.
*^ En vérité, non, je suis trop susceptible pour cela. -— Eh bien, je crois que cette occasion s'offre à vous aujourd'hui métoie.
— Vraiment.
— M. Gérard vient d'être nommé maire de Vanves.
— Il 7 a des gens bien heureux, murmura Gibassier en poussant un sounir.
•^ Bon I dit Salvator, avec de la patience, même bonheur peut vous arriver; vous avez tenté de tuer seulement, vous, M. Gérard a tué tout à fait ; vous avez été au bagne, lui y ira probablement, s'il ne va pas plus loin. Après cela, si, victime de l'amitié que vous lui portez, vous voulez donner aux modernes un de ces grands exemples de fraternité que l'antiquité nous a transmis, et comme Nisus mourir avec votre Euryale. ...
— Non.
-^ Je crois que c'est plus prudent. Alors il faut faire de point en point ce que je vais vous dire.
--•Et en le faisant?...
-- Vous ne courez d'autre danger que d'aider un honnête homme à accomplir une bonne action. Ce n'est pas assez, je le sais, pour un esprit aussi méticuleux que le vôtre ; mais en aidant cet honnête homme à accomplir une bonne action, vous rentrerez dans une avance de dix mille francs, avance que vous croyiez perdue. -
— Ah ! oui, les dix miUe francs que j'ai prêtés à mon filleul.
— Justement.
— Ah ! par ma foi vous avez bien raison, je les croyais bien ]^rdu8.
— ^ bien, ils ne le sont pas, et la preuve c'est qu'en voici deux mille que vous pouvez déjà mettre dans votre
Kshe, — Salvator présenta à Gibassier les deux mille nés qui étaient sur la table, — et qu'en voilà trois mille autres que vous pouvez adjoindre aux premiers.
— Et pour ceux-là, demanda Gibassier, il ne vous faut pas de reçu?
—» Allons, dit Salvator, vous êtes homme d'esprit.
— Oui, et c'est celalijui me perd,^ trop d'imagination , monsieur, tiop d'imagination; mais continuez, que fautTil &ire? où faut-il aller?
— Il faut aller à Vanves.
— Ce n'est pas très-^loin.
— Vous alliez bien à Heidelberg pour quatre mille fnttics,
vous irez bien à Vanves pour dix mille.
*— Pour tinq mille ?
—Pour dix mille, attendu que vous aufiez les cinq mille autres quand vous en serez revenu.
— Je suis prêt à aller à Vanves, mais oue dois-je âdie à Vanves?
— Je vais vous dire cela. En l'honneur de sa nomination de maire, M. Gérard donne aujourd'hui un dîner de douze couverts, il ne vous a probablement pas invité, de peur que vous ne soyez treize à table et que cela ne li)ii porte malheur.
— Pai remarqué, en effet, qu'il était trés^uperstàfcieux, dit Gibassier.
— Eh bien, il me seûible que c'est le oas ou janudsd'al- 1er le relancer là-bas et de lui donner une leçon de courtoisie, qu'en pensez-vous ?
-*- Mais je n'en pense rien, je ne vous comprends
— Je vais alors être aussi clair que possible ; je vous disais donc que M. Gérard, votre collègue, avait aujourd'hui une douzaine de personnes à diner, et entre autres son adjoint, son juge de paix, et trois ou quatre de ses conseillers mimicipaux; eh bien, pour une raison qu'il est inutile de vous dire, j*ai besoin que M. Gérard soit absent de chez lui juste au milieu de ce diner pendant une heure ou deux, et,— et, cher M. Gibassier, j'ai compté sur vous poux l'accomplissement de ce projet.
— De quelle façon puis-je vous y aider^ M. Salvator?
— D*ime façon l)ien simple; M. Gérard ne peut, dans sa position vis-à-vis de la police^ refuser d'obéir à un ordre de M. Jackal.
— C'est matériellement impossible.
— Eh bien, supjposez (|ue M. Jackal ordonne à M. Gérard de se rendre immédiatement et toute afiaire cessante à l'hôtel de la Tile-Noire^ à Saint-Cloud, M. Gérard devra se rendre à l'instant même à l'endroit où M. Jackal lui aura fait dire qu'il l'attend.
— C'est mon avis.
"- Alors, vous comprenez tout à fait l'affaire. Vous allez vous rendre à Vanves , chez M. Gérard, juste au moment de son dîner, à six heures et demie. Pour profiter des derniers beaux jours, on se met à table à cinq heures et dans le jardin. Vous arriverez donc là à Tentremets environ ; vous vous approcherez rœil amical, la lèvre souriante, et vous lui direz : « Cher collègue, M. Jackal, notre maître commun^ vous prie de voua rendre à Tinstant même, et pour affaire de la plus haute importance, à l'hôtel de la Tête-Noire, à Saint-Gloud.
— « Et c'est là tout ce que vous exigez de moi?
— Absolument tout.
— Gela me semble assez facile; je dis assez, et je me trompe cependant.
— Comment cela?
— Oui, car je vais encourir la colère de M. Jackal. Voyons, n'v aurait-il pas im moyen plus avantageux de faire sortir M. Géiird de chez lui ?
^ ûroyez, cher monsieur Gibassier, dit Salvator, que. si je connaissais un moyen plus avantageux, comme voua le dites, je m'empresserais de vous le proposer ; mais il n*y en a point de préférable à celui que je vous oftre, car remarquez qu'il ne s*agit pas seulement de ûdre sortir M. Gérsurd de chez lui, mais de le retenir dehors pendant deux heures. — Or, trois quarts d'heure pour aller de Vanves à Saint-Clond, une demi-heure pour attendre inutilement M. Jackal, trois quarts dlieure pour revenir, font juste les deux heures dont j'ai besoin.
— N'en parlons plus, monsieur Salvator, il sera fait comme vous le désirez, quoique, à vrai dire, j'aime peu à affronter la colère du pieiâron.
— Vous pouvez l'évitpr.
—•Gomment cela?
m MBNOSGBISTO.
- *^ Rien de plqs eliiiiple : vous ne' qùi'ltes psi» Ifi. Gérard, | iivlm le stiives à Suint-Ctoud^ von» wen Faiir dâ voas en- ' nuyer avec lui du retard de M. Jackal^ i^ais^ ta Loatdhiae demi-heure, vous éclatez de rif e^ 81 vous loi dites: i -
— Eh bien, cher monsieur Oénifâ, (jae'.peiascz'^vous de laiftcrcequc je^totis^aifaile^?' • '
— Ehlehl . - ' " - • I
— Quelle farce? demandera-t-il 7 Hds^ iai dir6tE-¥eus, cTistt Mm «ii^to; J'ai appdti pra» là thôa ]Mà>Hquei qùé'wus . donniez une petite fête oitaaipdtr& dans T94^e villa de Vas- T0É; Vdii0 ne naPa^a» parfait yainilttèdein'iBvitep^, j'ai! trouvé cet oubli impardonnable, et je me suial vevi^ ée ■ «einamraia pbocédé en voua iftyktifiaiit. M Jabkal n^ait ' jbaa le moins èo; iobonde afGedm à voi»^ et je n^ôtais chargé | de, Tien àulm chose c(ue de ve-J9 pvësœlîer bien des coiÉ^; plinenlë de sapaH. ««*• Sur qtioi, vo^slui tireoez vqtre réh [ vérence et le laisserez libre de rejoindre ses* coaTives. Hep ! lésidibe ^b ^v&oA n^raree: lincbnru: kioelèTade.'perbeBné, ' si ce n'est celle de M. Gérard, et de celle-là, je cwiiB.,. Hiaùs tBÎtftianrncîeB- fort peu. ' '' i : ;
GdbMsier vegavda SaivAtor aviac ftdtniniiiiQQei; .' j
«—•Décidément, dit-il, vous été» un • grand l^omniç^ Ml Sal- .
' Valor,ieèfii mn'étast pa&tr^ deinander^evûiny }è seraisj
honoré de vous toucher la main. - ; i
>^6ui;'ditSai^atari>voiid voulez voua afistirer, d'est-cef paei de quelle iorce est la iaiAri^ que voua torieherez ; £a la i iwjrani petite* et blanelie, viMa <roj»ea cra'ellé est fàoilé à ' briaér datia )a vôtre, encore une erieur dont il est lion de| yoifefi faire revenô ; cher M. <}ibaasiev ; je ne voias demanda. \ qne le temps 'de mettre un gaau ' j
.'Balvaèar désaniia sen piatolel, le : nut danà sa pbcto,. paesa à sa niain droitoun gant dé ^oûjçtir-fejioéd odnnne: les élégants en portent le maiin, et tendit i Gibassièr «me '* main (nil pôui"' la dèiieatesse b'avqit rien àeavietàune' BMÉn.aèfffliirae. , • c .^
' Btbassier^ ptein de confiance, laiasa tomber -sa Icmede! main dans celle qui lui était tendue et essaya Aè Tentek^-' per de ses doigts noueux. : - . ;
Mais à peine les dbux maûàs ae fiJErentHslIea touohèea que j
la- figure de fiibasaiêr coicnneilça par expriiner.la suï^riae, i
elffitssafit peu à peu par 'toutes les Àuabces d'une d6ttl£urj
> cveifiBantâ^ en arniva à raiigoisse la plus. désespérée. : 1
— Ah ! sacrebleu, ah ! mille tonnecres;, ma^s vau3fi^ej brisez la main, cria-t-il. Grâce ! grâcal graoe^l:. . — i
Kl il tomba genoux devant Salyator dont le gant^^vait' ctaqoé sens l^ffort qu'il avait fait, maife dont le visage «avait; • conserxie son expression souriante.
âadvalor lâoha la main qu'il broyait daiis la sienne au; moment otlt le sang oommençast à een échapper par dea-. sonaieB ongles.
.-r> Là, fit il, pour votre propre gouvieAievM. fiibaseier,. ' tet'POQr aller aut-devant des dangers auxqnele votare igno-* ranoe pouvait vteua exposer^ je tenaia à voue prouver qae' si je me suis vis-à^s de vous servi d^inie àmne ^ftelcon-. que, ce it'ètait «pi*afin de ne vous toudner qu'à la dernière) extrémité ; vous avez désiré que je vous fièse Vhoànem^ de ^ VDQ^ dtonner-tine poignée de main, iàftliei de voutf souvenir longtemps de rAonDetir ^u^yevoti^ttf/biL '
— Oh saciebleu, oui, le m'en soirvfendrai., j(e vous le. fmoleti, dit le forçat >en aéooUaiit arvec ait main gaiache le» doigta de aamaiaï diroite inorustéa les nns^dana leaauirOs * — Merci de la leçon, M. Sulvatm^ elle ûa^ pcdÉlera., -et vetLs|
I n^oprea paâ i à>vib en repentir^ nn.hoifxineauâBi bien}
'averti meje le mua en imut ail moifiB deux ^ j
A*- Awégcoaiaî dit SalvatOr. . i
•^ Vos deniers ordrea S' ' • {
' -^ À six hêerea et dexnie, voasiserez chéx M. Gècard,!
"ViouÉ ne lei lioberea qu'A huit heures, etideitain tnaUnf
' voue ^endret loucher vos cinq mille fmca restant (^ea&
moi, rae Maçons x^ 4, sioyennant quoi i(. Pètrua, vott'e)
«retendu Al^nl, sera parfaitement quitte envara vans. 461
l'avancegue vous lui avei faite. ' J
— Cela sttffit. •^ -DUci li,> seulemœt, ipeit€p-voua Men ^n. ytéte qu'au!
Eremier mauvais tour que voaa^>«ie/faifeB, > voue èteâi uq omme mort, soit de mon fait, aOit da ^celuî 4^ la juatice.)
— Je vous promets de ne pas penser A aaérs ohose^ rér
pondit le foi^Afc^ s'i^otiomt l^i)^4bjkm^td«v;u^^v9- 'toiv qni deai^eQoit x^iCkW^^ Tea^i^ e|, alU retrouver Jean ïaureau, iqWil av^t Jtiispé en- e^plo^t^m 3im> Veaplanadedô rOteemUHra. . . . AuMfi.fiwa.
\I^ twUe au prookil» mhm^.
lO'Jtji'if |i îJiM'i'f nm^
u m m nvm jct u. tjm-
• A FeKtïëmsIé dVn pailir 'vÙlage jSk^ Hotkgsie > ai nfatit qWil n'a pas -même de nom ettr . fai oaiAev a'^bmiU uoeonautmiém où vivait nne pannnie .visnv^ejf ee goi» fdt^. .' la venve -a'appelàit Nb^^eine et aoo: fik loaetffo.
Un petit jardin fruitier, aii bout diiqurt*ét^t.im ^mp, formait toute leur richesse. Ils y ti'avaiUmeftiaivt^aj^'deur, et de: la tèuifb di^ fruitaroi dei Je ré^lolte' du h\b rgagnaient de quoi vivre — pauvrement, il est vraik st^ n) Tuo^i l'autre n'avaient utie 'âxnbit^3)h]iar0fsilidft q^ pa^ qui leur était accordé par .la paroi^M^ieuie bmié du:8tt«;fteur.
Joseph avaMr Unijo«ra été un Jml filn , ua f^ant pieux ; il ehénsaaU sa .miére, la soignait dans $a vieillease et seieimeentdn ja)oina,.<^lui ayait ^a«haM &it la moiodxe '•pcâne*
Il était tfrivé ainsi À l'âg^ dar vingi aQA< • ' G'était.ùti <lle$n garfoiK (te -^(ÂWitfiiBdsqiuati^. pouces, bien pris dans sa taille moyenne, avec de beau$ ûbeJ^n^ hÏQois boudiés, coname \e^ enltmioeura due^^ème aiâcla en .HieUent aux a^gts im misseli^Il; avait des yeux, bien fendus, bleus comme l'azur du ciel, des dents blanches et un teint qui, à travers son hâle , laissait transps^aaitfâ la fraîcheur et :ia aa^tè de fa^jeuq^e.
H.avairt toujouii^ été.gfii.et ^eux; le ^mBmh^, après vêpres, eomraiit le p«ftipia| ^prèfl Iqs i»^tt^Mriw» % pour qu ils donnassent le signalée Uk dajn^, ^,oeeig94|ldûiine, ne Quittant la plaee que q^mià, le d^rIliec n;^é«iétrj^^vait paaaè son archet sou^; les cord^ de açoh yiolpp, .
Quant aux jours de la sewÛM < ,4^'était tout m\^ dni^. Le .Village ne cQnoaisaait pas de mieiUe^r. û'aveiUeur que liai, eoii qu'il labourât sqs^ cli^^p y soit qu'il bécb^ son jardin, soit qu'il greffdt ses arbres, soit qiirl^JailUit aes rosiers ; car, grâce à la façon dont il ménage^^t le t^ps et la plaoe^t il avait temps pw^ jputjetf m«A^Ueu dea seiriers, dee pommioTBi 4es. pép^ierfhi pl^Q^ VPW ^^ 4eu^
Souvent sa mère voulait l'aider, ee fùt-«(^ «que pour eaaôrber lea allées oa^ le^^ platea^)oi^eii^ xafiis luig^ m najii, lui prenaitr rhçrbinelle dee 9)dins, lui dis^n^ *
r^Hère , quand vovis avez pris la^ peine 4e faire nu gros et grand garçon comme wÂi c'é^U ^vec propose du bon Dieu quOv quand ce gm^çm aurait viqgt ans, vous tv^b reposeriei. J'ai viogt ansr reposçzrrVQus donc St ai vous ne voulea pae mequitter, tmt w^mx. i a^peyf^^-vpu^là, et votre vue me donnera du courage.. ,
Et Madeleine s'asseyait, regardant avec amour eonJoaepb, qi^ s^ re£pet(|iiH à tf*availler ^ ohanMl^t iiuelque belle cnanson en Vhpnnieur 4e 1% Hongrie et 4^ la reine Marie-Thérèse, car c'était non-sèuleôaeiit u^ boa oufant pour m w^^^ qne Joa^, maia è^^ooFe up bon JP^ pour la patrie*
Or, il arriva tou^TOçi^ q¥9 îoaepHi a^.U^ 4e. partir le matin en ^bantaot^ d^ t^f^v^ill^ w obi^e^wK de r?v^i3ir en ebant^tojt e^ ^e i^ft^g^en 'CheiitMt ^ retoiv^-iof^ n^pceeau
de pain sec et lioir, — 4'Abeird > n^ i4aj^4iiik .pl^i pig^ «^ ùaivitillaipljue, puia, eailB„ mmmm^ pJus,,\ . .
Il restait bien encore au jardin, mais au jardiii A6fdement. Quant à le faire rentrer à la ms^Î9p[^,7i^'i«4^t prèsqu'impoiiBiJïla. ' ; \.
C'était la ' nuit surtout qu'il se tenait assi^i împçljile* révapit^ 0i9ua Que |>etite. t^pne^e i^eplwiM^ À )4 iPiuxaille. qu'il i^viait tress^^ avec .4e la, v\gm9Wr i»»Hn?.Ml iwôn a Pombce, tandis m^l t^va^l^iy^^ «^eV U^\ «n Jiss^&l ses iffiépea dan^^» livide da i»9f#^i;lf.rfenl wkUlji^VM^q^ lu, sa mèrel^ rf^vdî^t trwailleA
Madeleine,. devint fort JMBiiôte, ôîl^.W^i W» pauvre enfant changer à vue d'œil, q[uoiqu'il n eAt I4%c^e ma-
ladiQ de C(^rie^t^m»wnk»qidi^Jmf^H'mki^% «ae plo^
U$ MQHTfiHfaUSTa
ai»
grande) oar elle comprenait gii^il. %y]9^,'Wie iiia)s^die de
. jBarloi»^ 7^ spuvieiit) T-r.nui* eofla^ pr^ftqu^.Uwji^uïBi ^ le suivait daa^ le îarditi ) ïàt elle «q cachait deràeirô qi^dr que bel arbre, fruitiec cwvc^t da Halles i^t chargé de {puitâ, at elte: voyais aon. |Auvreiose§l)i V^nt ^ l^ yeux fins aurla terr^ comm^»'ii atti^adaij^q^e^pj^ue^hi^ eiLeoiUti..
Alors sa mère n'y peuvait tenir ; elle paraissait, s'approid^ 46 lui;;et4 dQ&]fsMn»/rs âaA$ 1^ yMx«! liû do^si^d^t :
.«^ AaAom.du'jwl^ipon chovio^piii si tu ^laalade dis-le à ta mère. "
Mais ltii».«ecoiiAH30^.tét;eky^|rjprç»i.t de, @o«^^^ ^tré^ pondait :
— .NoD^ «ûèrfti JeJnefiortebieH- ...
Mflâs saJ^mcibe^nô^irelerinait pa^' ^2|,ei|s, l^^ser pa^er un soupir. , ,
•*-»^(}e soupir reudaii 4.Madel^ina le co^râg^de l'inliersdgôr.de iKmv«M., '. ,
^.Maiâ situ B 6B ^^iniMet B)on ^e|aot« lui diii^it-eU^ il doit tout au moins te manquer quelque cho$^i, autrefois MB^èiM p»aiim. Pa?)0,:<MP'<âier Josepliv^^i^ ^^^ ^^^^ oa ' que- tu voudras^ ^ml^^^iif^t, tiji jpeaiervieodra^ ^i et joyeux comme ta éteil a^tyefoiçw . ^r^ iikipûsfiib)^ l jn$ mèpe, répondait Jô^epb, ma g(|flt4 est pài*tie pour tOujoufs/e/i WitQ^ amour, ^ gcaAd qu'il /^ii, ne peut me donner ce que je d^^sire, . ,
'Âleis Mad^^ne s^ mettait à pile^rQ^ir^i^^i^e^ent,. car cUe.aîiuBit Bofx Josapb^ au^del^ de tQ\i(e q^sore et elle eût volontiers donné sa vie pour qu'il eût cette chose qu'il di* «ait ia4»oasible àiotnerair. Jgpftuve))^ l^^f^ia* taii^ d(>4ui dire ce qu'il avait iSUr le oceur^ ellQ pria tant &a le suppliant, «lie fiitftiriQiîoilsolablei que. lui, tout émuetrejoibrassant, laîsaft ôolMijppop.ces pan^oleis qui, sortirent 4 pépiblemeht de «os cûrtflflr.qu oa; eiH 4it iqu'^n sovtMt.Qll^fav^^^tI>iridf}>
— Ma mère, je suis amQureux.I : ;, .r,
' MttB/ Macteleilie- à oes- papQles essuyai W,larn;i^. Elle T0T«i^(m7osdpbi«vee d^a yeu^ de inève eti uf pen$ait paa quil y eût dans tout le village une &ïle qui ue:fû.-tkeureu^e wl'^Aouseir;
— non I dit-elle, si ce n'est que cela, mon' enfant chèrii, ltt«a torfda tedéselei*. I^^moi JS#i|lç^pQecit qv^Ue est la fille assez heureusâ pour que tu l'aimes^, et .quand ce ;s^ rait Beriba, la. iUle du magister ', çu MargwnLe^i la ôUe du bailly, j'irais la demander à leurs parei^f > ^
>*H Ahl réplkiua Joseph, c^ n'e^ ni La iUle du magister ni la âUe du bailly • Oh 1 si .ce a'é^t que Marguerite aif. Bertha^jene serais point embarrassée
■^ Malhea^eUx 1 dit la pauvre mère tu as donc porté tes regarda t^ltnbaiit.
— Hèlaa 1 oui, répondit Joseph.
— Une fille noble ? mon pauvre enfant. — . Si cB-n'était q|ae cala^ maiman»
«**• Tu. serais amoureux d'une baronpe? , . -^Plashaïui^ mamôce. .» ,.,
— D'une comtesse ?
^^Phiahaut.
«!»i. D'g3ifi,mttrquiae7 /
— Plus haut. * .
. -"^.D'qne'd^dieaaeî
— Plus haut, plus haut.
— D'une princesse? - . "^ Ife inèse i s-i^is^.. Jiofifypfe, . se je^i)^ fin sa^glottant
xboisiea l)i»a de Madeleine, ma^n^ére, je sMffi^a^uveuiïi dp la fille du roi des taupes. . . i •.- i
Madeleine jetd un crî. : .: