‹ Le Monte-CristoChapitre 120 sur 135 · CE QUE M. GÉRARD TROUVA, OU PLUTOT NE TROUVA PAS EN · texte numérisé non relu

CE QUE M. GÉRARD TROUVA, OU PLUTOT NE TROUVA PAS EN

ARRIVANT? A VANVE8.

fleslé Beau et edndatnDé à Tallure mélancolique de deux rossea éreinlécls, M. Gérard se lança danB ilne mer de conjectures.

Sa première idée avait été de pousser jusque chez M. Jackal et de lui demander satisfaction de la mauvaise plaisanterie que lui avait faite ftoii agent.

Mais M. Jackal avait d'habitude, lorsqu'il parlait au digne M. Gérard, un ton narquois qui mettait celui-ci si msd à son aise, que les iDstants qu'il passait avec le chef de la police dé sûreté étaient eh général les instants les plus pénibles de sa via.

Puia, de quoi aurait-il l'air? d'un écolier boudeur qui vient faire au maître un rapport contre son camarade.

Car, si loin que repoussât de lui lil. Gérard, ce titre de camarade appliqué a Gibassier , il n'en était pas moins obligé de s'avouer à lui-même que, pareil au rocher*de Sisyphe, plua il repouiaait ce titre loin et haut, de phia loin et de plus haut ce titre retombait sur lui.

Il n avait donc point tardé à prendre la résolution de retourner à Vanves. Il avait vu M. Jackal la veille, et le moment arriverait toujours assez vite de revoir M. Jackal, chei lequel, camme le lui avait rat)pelé Gibadsier, il était forcé de se présenter deux foia la semaine.

Puis une vague inquiétude lui disait que c'était à Vahves qu*il était menacé.

Si spécieuses que fussent les raisons données par Gibassier, H. Gérard n'admettait pas que Gibassier se fûtiamais assez cru son ami pour se blesser aussi profondément d'un oubli des plus naturels.

Quelque chose dont il n'avait pas TeipliGation restait donc caché au fond de ce mystère.

Or, dans la situation où se trouvait H. Gérard, à la veille de l'exécution d'un homme qui allait payer de sa tête le crime que lui, Gérard, avait commis, tout ce qui est obscur est dangereux.

Aussi désirait-il et craignait-il tout à la fois d'être de retour à Vanves.

Mais les chevaux qui avaient fait le chemin de Vanves à la baiTière d'Enfer en uue heure un quart, prétextèrent naturellement de leur fatigue, et mirent ime heure et demie pour revenir de la barrière d'Enfer à Vanves.

En vain l'orage menaçait de plus en plus ; en vain, malgré le Toulement du fiacre, le grondement du tonnerre arrivaii-il jusqu'à M. Gérard ; en vain à la lueur des éclaira, le paysage perdu dans les ténèbres s'iUuminait~il tout à coup d'une flamme livide, le cocher n*en donna pas un coup de fouet de plus, et les chevaux n'en firent pas un pas plus vite.

Au moment où dix heures sonnaient, M. Gérard descendait devant sa maison et réglait son compte avec le cocher.

M. Gérard attendit patiemment que le cocher eût fait minutieusement son calcul et eût remis ses chevaux au pas dans la direction de Paris.

Seulement alors il se retourna du côté de sa maison* Elle était perdiie dans la plus profonde obscurité. Ouoique pas un volet ne nll fermé, on ne voyait de lumière à aucune fenêtre.

Cela n'était pas étonnant ; il était tard ; les convives devaient être retirés, et les domestiques se tenaient probablement à l'office .

Or, Toffice faisait partie des communs et donnait sur le jardin.

M. Gérard monta les escaliers qui conduisaient de la rue à la porte d'entrée.

A mesure qu'il montait lea^escaliers, il lui semblail; vo au milieu de Tobsourité que la porte était ouverte.

Il étendit la main, la porte était ouverte en effet.

C'était une bien grande imprudence aux domestiques que d'avoir, par Une pareille nuit où le ciel s'apprêtât à livrer un si violeut combat à la terre, laiasé la porte ouverte et les volets non fermés.

M. Gérard se promit de les teoioer d'importance.

Il entra, ferma la porte et se trouva dans les ténèbres les plus épaisses.

Il s'approcha à tâtons de la porte du concierge.

La porte était ouverte.

M. G^ard appela le oohcierge, personne ne répondit.

M. Gérard fit quelques pas* tâta du pied, trouva le premier degré de Tescalier, et levant la tête, appela le valet de rhambre.

Il ne reçut pas de réponse.

— Tout cela mange aux cuisines, se dit tout haut M. Gérard, comme si en de disant tout haut la eho»e, là probabilité en devenait plus gf ande«

Bn ee moment, un violebt ooup detoubeiTe se fit entehdre, un éclair brilla, et M. Gérard vit que la porte du perron donnant sur le jardin était toute grande ouverte comme celle de la rue. .

— Ohî ohl niurmura-t-il, que veut dire cela? on dirait d'une maiéon abandonnée.

Il gagna en tâtonnant Textrémîté du vestibule, car on y voyait seulement pendant la courte durée des éclairs, et de là il aperçut dans l'ofiace une lumière qui brûlait.

— Ah ! diûl, je l'avais bien pensé, mes drôles sont là. Et, tout en grommelant, il s'avança vers la cuisine. Mais sûr le seuil de Toftce il s'arrêta ; le couvert était

mis comme pour le soUper des gens, toaia les gens avaient

disparu.

— Oh I fit M; Gérard. U se passe ici quelque chose d'étrange. ^ . ,

Il prit la lumière, rentra par lé Corridor de la cuisine dans la salle à manger. La salle à manger était vide. Il parcourut tout le rez-de-chaussée»

Le rez-4e-chau8sée était dèdert.

Du rez-de-chaussée il passa au premier.

Le premier était désert comme le rez-de-chaussée. Au second.

Le second était désert comme le premier . Il appela de nouveau; un silence de mort répondit

seul.

En passant devant une glace, M. Gérard recula d'effroi.

Il avait eu peur de lui-même, tant il était pâle.

Il redescendit les escaliers, lentement et en se tenant à la rampe ; fies jambes pliaient à chaque marche. Enfin il ae retrouva dans le vestibule et s'avança sur le perron ea levant sa lumière pour regarder sur la pelouse.

Mais au moment où il levait sa lumière, une bouflèe de vent passa qui éteignit la bougie.

M. Gérard se retrouva dans l'obscurité.

Unq terreur dont il ne pouvait pas se rendre compte, mais invincible, comme si elle eût eu sa raison d'être, s*empara de lui. Il eut un instant l'idée de remonter dans sa chambre et de s'y barricader, quand tout à coup il jeta un cri d'effroi et s*arrêta comme si ses pieds eussent été enracinés aux dalles du perron.

Le ciel s'était ouvert pour donner passage à un éclair, et à la lueur de cet éclair, M. Gérard avait vu la table renversée et la nappe flottante comme un linceul.

Qui avait pu renverser la table sur le gazon ?

Mais peut-être M. Gérard avait-il mal vu ; Téclair avait été si rapide.

Il descendit le perron marche à marche, en s'essuyant le front, et s'achemina vers la table qu'à peine distinguait* on comme une masse sans forme au milie'i de robscu-

rité.

Au moment où il étendit la main pour substituer le sens du toucher à celui de la vije, il lui sembla que la terre allait manquer sous lui.

U fit vivement un bond en arriére.

Au même instant, le ciel s'illumina, et M« Gérard vit à

LB MONTR-GBlSm

ses pieds un trou ayant la forme d'une fosse.

Quelque ehosé. de pareil à ua cri sortit de sa poitrine ; mais ce n'était pas un cri humain.

C'était tout à la fois quelque chose d'épouvanté et d'épouvantable.

— Mais non ! mais non ! murmura M. Gérard ; c'est impossible, je rêve !

Puis, comme Téclair qui pouvait seul l'édaircir sur la réalité tardait à briller de nouveau, il se mit à genoux.

Il lui sembla (jue ses genoux entraient dans la terre frat'chemeni remuée.

Il étendit la main.

Son œil ne Tavait pas trompé : prés de cette terre fraîchement remuée , il y avait un trou fraîchement creusé.

Ses dents claquèrent de terreur.

— Oh ! dit-il, je suis perdu ; en mon absence on a découvert la fosse, on l'a creusée !...

n étendit la main dans toute sa longueur sans en pouvoir sentir le fond .

— Et Ton à enlevé le cadavre! s'écria- t-il.

Puis il se mit à lui-même la main sur la bouche conune pour s'empêcher de parler.

Et à travers ses doigts sa voix comprimée fit entendre comme uo lugubre sanglottement.

Il se redressa sur ses pieds en murmurant :

— Que faire, mon Dieu, que faire !

Il ne pouvait s'empêcher de parler haut.

— Fuir, fuir, fuir ! balbutia-t-il.

Puis, éperdu, haletant, trempé de sueur, il s'élança de-^ vant lui sans savoir où il allait.

Au bout de dix pas„il trébucha sur un otne^ qu'il ne

I>ouvait voir dans Tobscurité, et dix pas plus loin il rouU ui-même à terre.

Quel(}ue chose comme un grpgnementse fit entendre.

M. Gérard, qui déjà s'était relevé et qui alkit continuer de fuir, s'arrêta court.

Ce grognement, c'était la plainte d*un homme.

Il y avait un homme là, qui était-il? qu'y faisait-il ?

Du moment où un honune était là, c'était un ennemi.

Le premier mouvement de M. Gérard fut de i»e débarrasser de cet homme.

Il chercha sur lui une arme quelconque. Il n'en avait point.

L'appentis aux outils de jardinage était là.

M. Gérard s'y élança d'un bond, s'arma d'une bêche, et revint sur l'homme,* terrible conune Gain prêt à tuer Abel.

Un éclair le guida» L'esprit complètement perdu, il leva sa bêche.

~ C'est cela, mon bon monsieur Gérard, dit ime voix avinée, chassez-les, ces coquines de mouches.

M. Gérard s'arrêta court.

La voix dénotait l'ébriété la plus complète.

— Oh I fit M. Gérard, c'est un malheureux qui est ivremort I

Et il laissa retomber sa bêche.

—Imaginez-vous ces gueux de Tiu*cs, dit l'homme en se soulevant sur un genou et en s'accrochant aux habits de M. Gérard, frissonnant des pieds à'ia tête, Ûgurez-vous que pour un mauvais çamin de dix ans que j'ai tué, et encore je n*en suis pas bien sûr, imagine^vous qu^ils m'ont enterré vivant, qu'ils m'ont frotté de miel et qu'ils me font manger par leurs coquines de mouches. Heuieujsement que vous êtes arrivé là, mon bon monsieur Gérard, continua l'ivrogne, qui embrouillait la réalité avec le rêve. Heureusement que vous êtes venu là avec votre bêche, et que vous m'avez tiré de ma fosse, ah ! m'en voilà donc enfin dehors ; morbleu ! ce n'est pas sans peine. Monsieur Gérard, mon bon monsieur Gérard, mon honnête monsieur Gérard, je vivrais cent ans oue je n'ov^lierais jamais le service que vous m'avez rendu.

Au milieu de ces oscillations incessantes et de ce langage aviné, M. Gérard reconnut l'un de ses convives.

C'était l'agriculteur.

Que savait-il? Qu'avaitr-il vu ? De quoi pouvait-il se souvenir?

La vie umi éniUté dt& fiilsérable était l&^AèOaûÉ. -* Ah çà ! denumda ragriculteut, otf dIaMé sont doïlé les antres?

— i% fcfmîe demande ? dit M. Gérarfl. '

^ Nott pi»,'!^teè excuse, insista Tagricuîteur,. c'est riiôi qui vous le àefmmée à vous. Où sont-ifs ?

— Vous devez le savoir. Voyons, lâchez de rappeler icos souvenins, qu'avez-voud fait depuis riion départ? ''-^•**i

-*- le Vous l'ai dit, honnête monsieur Gérard, j*ai été mangé par les mouches.

— Hais avant d'être mangé par les mouchés, ne vôt» smivmeft- vous de rien ?

— Il parait que j'avais tué un enfant.

M. Gérard (Chancela, il se sentit prêt à défaillir.

— Voyons, dit l'ivrogne, est-ce vous ou moi qui ne Mût' pat M tenir sur ses jambes ?

— C'est vous, dit M. Gérard, mais soyez tranquille, je vais' Vous donner mon bras pour sortir quand vous maurex raoonté ee <jul s'est passé aprè^ mon départ.

— Ah oui, c'est vrttl, dit l'agriculteur, je me rappelle» attendez donc,* on est vend vous chercher de la part de M; Jackal pour aller voir Couper le cou de cet infâme M* Barranti.

[ i-2. Oui, dit Gérard en faisant un effort suprême pour tii» qtÉ^îqpOLe chose de cette brute ; mais après mon départ?

— Après votre départ? Attendez, attendez, attendez donc, ah I il. est venu, le jeune homme que vous avez envoyé.

• — Moi, fit Gérard, s'accrochant i ce fil, J'ai envoyé un jaune homme ?

• — Oui, un beau garçon à cheveux noirs, cravate blanche, habit noir, mis comme un notaire, encore miaiixmis. -Etilélttltseul?

— Je n'ai pas dit cela, qu'il était seul ; il était avec un chien : en voilà un enragé chien. C'est en ce momentrlà que je me suis sauvé, mais la terre tremblait, tant le damné chien la grattait.

— Où cela? demanda M. Gérard.

— Sous là table, fit l'agriculteur ; alors, comme la terre tremblait, je suis tombé. C'est alors que j ai commencé à être mangé par les mouches.

-- Et vous ne vous souvenez de rien autre chose ? demanda M. Gérard avec anxiété.

*— D'autre chose? vous croyez qu'on peut se souvenir de quelque chose quand les mouches vous mangent î ah 1 vous êtes bon là, vous !

-— Voyons, dit M. Gérard presque suppliant, tâchez de vous souvenir, mon bon ami.

L'ivrogne se mit à chercher, tout en comptant sur ses doigts.

—•Non, dit-il, c'est bien cela : M. Sarranli, M. Jackal, le jeune homme noir à la cravate blanche, le chien Brésil.

— Brésil ! Brésil I s'écria M. Gérard en sautant à la gorge de l'agriculteur. Vous dites t^ue le chien s'appelait BrésiJl

— Mais faites donc attention à ce que vous faites, vous vous m*étranglez. A la garde ! à la garde f '

— Malheureux I malheureux! cria M. Gérard en tombant à genoux. Ne criez pas I ne criez pas !

— Mais alors, laissez-moi, lâchez-moi, je veux m'en aller.

— Oui, oui, allez-vous-en, dit M. Gérard, je vais vous reconduire.

— A la bonne heure ! dit l'ivrogne. Ah ! ça mais, vous êtes donc ivre ?

— Comment cela?

— Vous ne pouvez pas vous tenir sur vos jambes. C'était vrai : au lieu de soutenir l'agriculteur, c'était

M. Gérard qui eût eu besoin d'être soutenu.

Avec des efforts et des angoisses effroyables, M. Gérard arriva à traîner l'agriculteur de Vautre côté de la rue, mais il ne fut tranquille que lorsqu'il l'eut vu s'éloigner, bronchant à chaque pas, mais cependant demeurant debout, et balbutiant à chaque oscillation :

— Maudites mouches !

Puis,

sa voix

lorsque l'ivrogne se fut perdu dans t'êbsearilé, ^ue se fut éteinte dans 1 éloignement, M. Gérard rerin

JLB M0NT£-(mi8lO.

à sa maison coinine la première fois, il referma derrière lui la porte de la rue, puis, aguerri peu à peu par les émotions successives et croissantes qu'il avait éprouvées depuis sa première découverte, il marcha vers la fosse, et, Suisant son courage dans un dernier espoir, il descendit ans le trbu, tâta de tous côtes avec ses mains.

Ce Trou était vide au toucher.

Un éclair qui brilla, accompagné d'un coup de tonnerre terrible et de larges gouttes de pluie, lui montra qu'il était vide aussi à la vue.

M. Gérard n'entendit pas le tonnerre, ne sentit pas la pluie, et ne vit que la fosse béante qui avait lâché sa proie.

Il s'assit sur le bord, les pieds pendants dans le trou, comme lé fossoyeur d!HnmleL

Il croisa les bras, courba la téta et essaya de juger, d'apprécier sa situation.

Ainsi, pendant cette absence de deux heures qui avait pour prétexte une plaisanterie frivole, venaient de s'envoler ses plus clièrps espérances de repos et de tranquillité ; de toutes les tortures qu'il avait subies pour cacher son ciîme, il ne lui restait, nous ne dirons pas que le remords, mais que le souvenir d'avoir ete assassin et la crainte de monter sur l'echafaud , et à quel moment la catastrophe eclalait-elle ? Au moment où il se croyait arrive au laite des honneurs, à l'apogée de l'ambition. Le malin, en pensée, il se voyait assis sur son banc de la Chaml)re des députés; le soir, les pieds pendants dans cette fosse, il se voyait assis sur le banc de la Cour d'assises, coudoyant un gendarme de chaque bras et courbant ht tête pour échapper aux regards railleurs de cette foule qui, à toute force, voulait voir M. Gérard, l honnête ^ homme.

Puis, dans le lointain, au milieu d'une place, dominée par un édifice aux clochetons aigus, s'elevant au milieu de la foule, les deux bras pouges ei hideux de la terrible machine qui poursuit les assassins dans leurs songes.

Par bonheur, c'était un homme rudement trempé que ce philanthrope de Vanves, comme on T^ vu tout à l'heure, lorsqu'il a levé sa bêche sur l'agriculteur. Il n'eût pas recula devant un second assassinat pour se tirer du premier ; mais il ne nous tombe pas tous les jours sous la main quelqu'un à assassiner, pour nous tirer d'afifaire.

El il eut beau chercher, il lui fallut trouver un moyen de se tirer d'afifaire sans un nouveau crime.

Il y en avait, non pas un, mais deux.

Fuir, fuir en toute hâte, fuir sans regarder en arrière, fuir sans dire adieu à j.ersonne, — comme avaient fui les convives, comme avaient fui les domestiques; — ne s'arrêter qu'à vingt lieues, quand le cheval crèverait, en prendre un autre, en changer à cl?aque poste, passer le détroit, passer la mer, ne s'arrêter qu'en Amérique. • • Oui, mais comment faire cela sans passeport V

A la première poste, le maître de poste refuserait un cheval et enverrait chercher la gendarmerie.

Le second moyen était plus prudent.

C'était d'aller trouver M. Jackal, de lui raconter l'afTaire et de lui demander conseil.

Onze heures sonnaient. Avec un cheval bon coureur, — et M. Gérard avait deux bons coureurs dans son écurie — on pouvait être à onze heures et demie dans la cour de la Préfecture.

Décidément, c'était là le meillour moyen.

M. Gérard se releva, courut à Tecurie, sella lui-même le meilleur de ses deux chevaux, le fit sortir par la porte des communs, referma soigneusement cette porte, sauta en selle avec Tagilité d'un jeune homme, enfonça les éperons dans le ventre de son cheval, et partant sans chapeau, sans s'inquiéter du vent et de la pluie qui fouettaient son crâne nu, il prit à fond de train le chemin de Paris.

Laissons l'assassin chevauchant au triple galop, et suivous Salvator, qui emporte en triomphe les ossements de la victime.

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