CHAPITRE II
Quelques instants après , dans l'espace réservé entre les tables, on voyait venir à grandes enjambées le fameux ménestrel, précédé de Tofflcier, et suivi par Tecclesiastiqûe. Le capuchon des deux hommes était rejeté en arrière, et découvrait des figurés d'un contraste étrange , mais dont chacune était également digne de fixer Tattëntion qu'elle provoquait.
Le visage du ménestrel étaîl ouvert et éclairé comme un jour joyeux ; celui du prétrè était voilé et sombre comme la nuit; des boucles épaisses d un blond rougeatre, couleur
la pluscommunedd la cheveltiredesNorraands, encadraient dans un désordre négligé le front large et sans rides de Tailleter ; son œil, couleur de noisettte, comme disent les Anglais, avait ime expression hardie et joyeuse ; sa galté, d'une espèce sarcâslique et maUgne jouait autour de ses lèvres ; enfin, tout son aspect était à la fois engageant et moqueur.
Du côté du prêtre, au contraire, la joue était à la fois plombée et blême ; ses'traits étaient singulièrement délicats et efféminés ; son front était haut, quelque peu étroit, et creusé en travers par le sillon de la pensée ; son maintien était tranquille et modeste, mais calme et confiant en ]ui-même. Au milieu de celte nombreuse assemblée de oldats, sans bruit, recueilli en lui-même, sachant son vaste pouvoir de domination sur toutes les épées et les scottes de mailles, s'approchait donc le savant.
L'œil de Guillaume s'arrêta sur le prêtre avec une expression de surprise qui n'était pas sans mélange de fierté et de colère ; mais s'adressant d'abord à Taillefer qui venait d'atteindre le pied de l'estrade, il lui dit avec une familiarité presque affectueuse :
— Maintenant, par Notre-Dame, si tu n'apportes pas de mauvaises nouvelles, ta joyeuse figure, mon garçon, est plus agréable à mes yeux que ta rude chanson ne fa été à mes oreilles. Mets-toi à genoux, Taillefer, mets-toi à genoux devant le roi Edouard ; seulement que ce soit avec plus d'adresse, coquin, que ne Ta fait notre malheureux compatriote lorsqu'il s'est agenouillé devant le toi Charles.
Mais Edouard, qui trouvait l'aspect du géant aussi peu de rfon goût qu'il avait trouvé sa chanson, dit en reculant son siège le plus loin qu'il put .
— Non, non, nous t'excusons.— Relève-toi.
Malgré cette invitation, qui était dite du ton dont serait donné un ordre, le ménestrel resta à genoux, comme si dans son insolente humilité il ne devait obéissance qu'à son Duc.
Le prêtre en fit autant avec im regard de profonde humilité.
Mais sur un signe de Guillaume ils se levèrent lentement, passèrent de l'autre côté de la table, et se tinrent derrière fa chaise de Fitzosborne.
— Clerc, dit Guillaume, regardant d'un a^il investigateur la pâle figure du prêtre, je te connais d'ancienne date, et si l'Eglise m'envoie un ambassadeur, elle aurait dû au moins m'envoyer un abbé.
Mais à ces paVoles du duc ce fut Taillefer qui répondit.
— Hum, dit-il, ne blesse pas mon bon camarade, comte des Normands ; Dieu merci, peut-être scra-t-il, lorsqu'on saura pourquoi il vient, mieux venu que moi, car le ménestrel n'est bon qu'à raconter la discorde et la guerre, tandis que le sage peut ramener la paix et la bonne harmonie.
— Ah! ah! dit le duc, que ces paroles confiiinaieni
dans ses soupçons.
Et le froncement de ses sourcils s'abaissa si sombre sur ses yeux qu'on île les distinguait plus que pat les deux étincelles de flamme qui semblaient lui tenir lieu de prunelles. Puis continuant :
— Je d.evine , dit-il, que mes fiers Vavassovrs sont mutinés; retire-toi avec ton camarade Taillefer, et attends-moi dans ma chambre, le festin ne doit pas souffrir à Londres de ce que le vent est à l'orage à Rouen.
Les deux envoyés, car tels ils semblaient être, se courbèrent en silence et se retirèrent hoi-s de la salle.
pas de schisme dans ton église ? Le clerc me semble être un homme humble et paisible.
— S'il y avait un schisme dans mon église, dit Guiliaurme, voici mon frère de Bayeux qui le ferait cesser par des arguments aussi serrés que ceux que donne la corde à la gorge qu'elle étrangle.
Le roi se tourna vers l'archevêque :
— Et sans doute, tu as bien lu les canons, saint Eudes, dit-il avec plus de respect qu'il n'en avait encore montré pour le doux prélat.
— Les canons? — oui, sire. — Je les connais d àutaht mieux que c'est moi qui les fais, moi-même, pout mon troupeau, et qui, par conséquent, al soin de les faire conformes aux interprétations de l'église romaine, qui conviennent le mieux au pays normand, et malheur au diacre, moine ou abbé qui les comprendrait mal.
Le visage de l'évêque avait pris une telle expression de menace et de férocité, tandis que son imagination faisait la supposition incroyable d'un dissentiment héiélique , qu'Edouard s'éloigna de lui comme il avait fait de Taillefer. Quelques minutes après, un échange de signes entre lui et le duc qui était impatient de s'échapper, et trop fier pour témoigner ce désir, la retraite des princes mit fin au banquet. Restèrent cependant quelques-uns des anciens Saxons et des Danois les plus incorrigibles qui gardaient fermement leurs sièges et qui ne furent délogés de l'endroit où on les avait posés en dernier lieu, sur les dalles de pierre, que pour se trouver à l'aube du jour soigneusement appuyés en ligne contre les murs extérieurs du palais, ayant devant eux lem's serviteurs patients qui, flambeaux et torches en main, regardaient leurs maîtres avec envie, sinon pour leur repos , mais pour les boissons diverses qiil l'avaient causé.
Pendant ce temps, Guillaume était rentré dans sa chambre et s'était couché sur un lit long et étroit, surmonté d'un rebord élevé en forme de boite, ce qui était la mode la plus usitée pour les lits à cette époque.
— Et maintenant, dit-il, sire Taillefer, voyons tes nouvelles :
Il n'y avait alors dans la chambre du duc, que le Comte Fitzosborne, seignenrde Breteuil, surnommé le fier esprit, lequel tenait avec une dignité suprême au dessus du brasier l'ample tunique de toile appelée ï>ormï7oriwm, dans le latin de ce temps, et uight-rail en langue saxonne, — tunique dans laquelle son seigneur devait envelopper ses membres formidanles pour le repos ; puis que Taillefer, droit et de-
bout devant le duc, comme une sentinelle romaine à son
I)Oste,et enfin que l'ecclésiastique, retiré un pe*u à Técart, es bras croisés au-d.essous de sa robe et fixant sur le parquet ses yeux noirs et luisants.
— Haut et puissant lige, dit alors Taillefer gravement et avec une nuance de sympathie répandue sur son large visage, mes nouvelles sont de celles qu'il vaut mieux annoncer en peu de mots : Bunaz, comte d'Eu et descendant de Richafd-sans-peur, a levé Vétendard de la révolte.
— Continue, dit le duc, serrant les poings.
— Henri, roi des Francs, traite avec le rebelle et souffle le feu dans ton duché, en suscitant des prétendants à ton ti'ône.
' — Ah ! ah ! fit le duc et ses lèvres tremblèrent. Mais ce n'est pas tout,' n'est-ce pas?
— Non, mon lige, et ce qui reste à t'annoncer est le pire : ton oncle Manger, connaissant le désir que tu as que tes noces se fassent promptement âVéc la haute et noble demoiselle Mathilde de Flandres, a encore éclaté contre toi en ton absence, et prêche en salle et en chaire.* Ildéclaroi que de telles épousailles sont incestueuses pour deux raisons : premièrement, parce quJelles seraient au degré défendu; secondement, parce 'qu'Adèle, la mère de la jeune fille, avait été fiancée à son oncle Richard. En conséquence , Manger menace d'excommunication dans le cas où mon lige poursuivrait son projet. Or, le pays est tellement troublé que, sans attendre le débat du conseil, et craignant qu'il n'arrivât malheur, si j'attendais, j'ai nolisé un navii-e dans ton port de Cherbourg, et à peine ai-je pris le temps de briser le pain, tant j'étais pressé de venir dire à l'héritier de Roule fondateur: —sauve ton trône des hommes en cottes de mailles, et la France des coquins en étamine.
Guillaume laissa alors éclater une espèce de rugissement de colère, et sautant à bas du lit :
— Haï ha! entends-tu ceci, lord Sénéchal? Pendant sept années, j'ai courtisé le patriarche et attendu son approbation, et voici que la septième année un prêtre orgueilleux me dit: arrache ton amour du fond de Ion cœur. M'excommunier, moil moi Guillaume, le fils de Robert le Diable. Ah ! par la splendeur de Dieu, j'espère que Manger vivra assez longtemps pour désirer que le père se tienne à ses côtés sous les traits du démon, plutôt que de braver le front plissé du fils.
— Auguste s.eigneur, dit Fitzosborne, se désistant de l'emploi de chauffeur de chemise, et se redressant, tu sais que je suis ton fidèle ami et ton loyal chevalier, tu sais que je t'ai toujours aidé dans le mariage avec, la dame da Flandres, tu sais que je suis profondément convaincu que tout ce que tu trouves convenable de faire* est en etfet ce qui convient qu'il soit fait ; mais avant que de braver l'ordre de l'Eglise et la malédictiou du pape, je te verrais plutôt et avec plus grande satisfaction épouser la vierge la plus pauvre de la Normandie.
Guillaume, qui arpentait-sa chambre avec les mouvements brusques et saccadés d'un lion qui bondit dans sa cage, s'arrêta étonné de ces paroles hardies.
— Oh ! ceci, de toi Guillaume Fitzosborne, de toi, s'écria-l-il, je te dis que si tous les prêtres de la chrétienté et tous les barons de la France se trouvaient entre moi et ma fiancée, je m'ouvrirais un chemin a travers leurs rangs. Des ennemis envahissent mon duché, qu'ils le fassent, des princes conspirent conti*e moi, je souris de dédain. Mes sujets se mutinent, cette forte main peut châtier, ou ce grand cœur pardonner. Tout ceci est le danger que celui qui gouverne doit être toujours prêt à rencontrer ; mais l'homme a droit à son amour, comme le cerf à sa biche, et celui qui me fait tort sur ce point, est ennemi et traître envers moi, non pas comme duc normand, mais cprame être humain ; faites donc attention à la façon dont vous agirez, toi et tes orgueilleux barons, faites attention !
— Tes^barons peuvent être orgueilleux, car ils en ont le droit, dit Fitzosborne on rougissant, et avec un front qui s'inclinait pariois, mais ne se courbait jamais devant celui de son seigneur, car ils sont les fils de ceux, qui avec Tépèe et la hache, ont taillé le royaume du Normand sur les côtes de France, et ne reconnaissent en llou que le chef féodal de guerriers libres. Des vassaux ne sont pas dcb
vilains, sire comte, et ce que nous tenons pour être notre devoir, soit envers l'Eglise, soit envers notre chef, c'felâ^ comte Guillaume, tes barons le feront indubitablement, mais ils ne se laisseront pas influencer, crois moi, par Aek menaces qu ils bravent du moment où ils accomplissent leurs devoirs, et qu'ils défendent leur liberté, bien qu'ilà regardent pour eux comme aussi nécessaire et aussi prédeux que Tâît qu'ils respirent.
Le duc arrêta sur son sujet hautain un œil fixe, dans lequel un esprit moins élevé eût vu sa condamnation ; les veines de ses larges tempes s'enflèrent comme des conles, et une légère écume s'amassa sur ses lèvres tremblantes *, mais tout fougueux et intrépide que fût Guillaume, il n'était pas moins sagace et profond. — En cet homme, qui venait de lui adresser ces hautaines paroles, il voyait le représentant de celte chevalerie superbe et incomparable, race Earmi les races, hommes parmi les hommes, en qui leô raves reconnaissaient avoir trouvé l'exemple le plus élevé de faits vaillants, et les libres la plus virile représentation des pensées nobles, depuis le jour oïi le dernier des Athéniens couvrit sa tête 'de son manteau et mourut en silence^. — D'ailleurs, loin que Fitzosborne fût d'habitude obstine contre ses désirs, c'était souvent à son influence dominante et à ses conseils que Guillaume avaî't dû la èoumission de sed vassaux à sa volonté, et les contributions qu'il était forcé de lever pour ses nombreuses guerres. — Au milieu de la tempête mêni e de sa colère , il comprenait que le coup qu'il mourait d'envie de frapper sur cette têie hardie, s'il abattait la tête, pourrait bien, en même tenips, renverser son trône ducal dans la poussière ; il sentait aussi combien était redoutable la puissance de celte église que pouvait tourner contre lui le cœur de son plus fidèle chtevalier, — et il commença, car avec sa franchise apparente , le duc Guillaïune avait le caractère soupçonneux, il commença à faire ce tort à ce noble et magnanime chevalier, en concevant cette injurieuse pensée, qu'il avait été gagné par les ennemis que Manger avait mis en ligne contre son
mariage.
C'est pourquoi, par un des rares et puissants efforts de cette dissimulation qu'il appelait à son aide dans les grandes circonstances, dissimulation qui, tout en avilissant son caractère, contribuait à mener heureusement ses entreprises jusqu'au bout, il chassa de son front le sombre nuage qui le couvrait et dit d'une voix basse, mais non dépourvue de sentiment :
— Si un ange du Ciel m'eût averti d'avance que Guillaume Fitzosborne parlerait ainsi à son parent et à son frère d'armes au moment du besoin, àl'lieure de sa passion, je ne l'eusse pas cru.... que cela soit oublié.
Mais avant que ces derniers mots fussent sortis des lèvres du duc, Fitzosborne était à ses pieds, les joues baignées de larmes, serrant ses mains, et s'écriant:
— Pai'don, pardon, mon lige^ lorsque tu parles ainsi, je sens se fondre mon cœur, ce que tu veux, je le veux, Eglise ou Pape, peu m'importe, envoie-moi en Flandre et je te ramènerai ta fiancée...
Le léger sourire qui courba les lèvres de Guillaume montra combien peu il était digne de la sublime faiblesse de son ami ; mais il n'en pressa pas moins avec cordialité la main de Fitzosborne , en disant :
— . Lève toi , c'est debout qu'un frère doit parler à son
frère.
Puis, comme sa douceur n'était qu'une colère déguisée et non pas même étouffée, et que, ne pouvant se dompter lui-même, il cherchait une tête sur laquelle la répandre, son œil tomba sur le visage délicat et le front pensif du prêtre, qui malgré tout ce que lui disait Taillefer pour le faire intervenir, assistait silencieux à cette courte et orageuse conférence.
— Ah! ah! prêtre, dit-il, je me souviens d'une chose, c'est que, quand pour la première fois Manger dénoua contre nous sa langue rebelle, ce fut toi qui lui prêtas ton savoir de pédant, et qui te fi l'allié de sa stupide trahison. Je pensais qu'alors je t'avais exilé de mon duché ,
prêtre.
— Ce n'est point tout à fait ainsi que les choses se sont passées, comte et seigneur, répondit Tecclésiastique, éclairant ses lèvres d'un sourire grave, mais fin, qu'il me soit
donc permis de te rappeler les faits. — Non pas pour ni*exiler, mais pour m'envoyer dans mon pays natal ; lu as eu la bonté de m'envoyer un cheval, un peu boiteux de trois jambes et tout à fait boiteux de la quatrième. Ainsi monté, je Vai rencontré sur mon chemin ; je te saluai et ranimai fit de même : car sa tête touchait presr[u'à terre ; là dessus je te priai, en quelques mots latins^ de me donner au moins, si tu voulais que je continuasse ma route, un quadrupède et non pas un trépied. Même dans ta colère ta réponse fut bienveillante, et ton sourire miséricordieux — tes paroles disaient ea;t7, mais ton sourire disait pardm^ — alors je suis resté.
Malgré sa colère , Guillaume eut peine à reprimer un sourire ; mais la mémoire lui revenant il reprit avec plus de gravité :
— • Trêve aux plaisanteries, tu es sans doute l'envoyé de ce scrupuleux Manger, ou de quelque autre prélat de mon gentil clergé, et tu viens à moi avec de mielleuses paroles et de dolentes homélies. Apprends que c'est inutile ; j'ai un saint respect pour Téglise, le pontife le sait — mais j'ai résolu que Mathilde de Flandres serait ma femme, et Mathilde de Flandres s'asseoira à mes côtés dans les salles de Rouen, ou sur le pont de ma nef de guerre, jusqu'à ce que nous arrivions à mettre le pied sur un pays digne de faire un royaume au fils du roi des mers.
— Dans les salles de Rouen et peut-être aussi sur le trône d'Angleterre, Mathilde régnera à côté de Guillaume, dit le prêtre d'une voix basse mais claire, et c'était pour dire à monseigneur le duc, que me repentant de ma première obéissance inconsidérée envers Mauger, en sa qualité de supérieur spirituel, j'ai depuis lors examiné moi-même les canons et les précédents. Or, quoique la lettre de la loi soit contre ton mariage, ce mariage rentre précisément dans la catégorie des alliances pour lesquelles les Pères de l'Eglise accordent des dispenses. — C'était pour te dire ceci que moi, simple docteur ès-lois et prêtre de Pavie, j'ai traversé les mers.
—Ha Rou! Ha Rou (1) ! s'écria Taillefer avec sa rudesse ordinaire et riant à gorge déployée, pourquoi ne voulaistu pas l'écouter, monseigneur?
— Si tu ne me trompes pas, si tu peux tenir l'engagement que prennent tes paroles, dit Guillaume surpris, aucun prélat^ de la Neuslrie, sauf Eudes de Bayeux, n'aura la tête aussi haut placée que la tienne.
Et en prononçant ces paroles, Guillaume, c'est-à-dire l'homme versé par excellence dans la connaissance des hommes^ fixa son regard perçant sur le visage impassible de celui qui venait de parler.*
— Bon, dit il alors, comme satisfait de ce qu'il a^ait pu lire, mon esprit me dit que tu ne t'avances pas si hardiment et avec tant de calme sans être sûr de ce que tu dis. Homme, tu me plais ; ton nom? je l'ai oublié.
— Lanfranc de PaVie, s'il platt à monseigneur, appelé parfois Lanfranc le savant dans ton cloître de Bec. Ne.t'étonne point de ce que moi, prêtre non mitre, je suis si hardi, je suis noble de naissance, et mes parents sont bien vus de notre pontife spirituel, moi même je ne lui suis pas inconnu, si je désirais les honneurs, je pourrais les demander à l'Italie. Mais il n'en est pas ainsi, je ne demande aucune récompense pour le service que j'offre, excepté ces deux choses, du loisir et des livres dans le couvent, de Bec.
— Assieds-toi donc, assieds- toi, dit Guilloume, fortement intéressé quoique soupçonneux encore, il y a seulement une énigme que je te demande d'expliquer av.int de te donner toute ma confiance, et de remettre mon cœur même entre tes mains. Pourquoi, si tu ne désires pas ;de récompense, te dévoues-tu à me servir, toi, un étranger ?
Un feu brillant, mais calme étincela dans les yeux du savant et une vive rougeur colora ses joues pâles.
— Seigneur prince, dit-il, je répondrai par des paroles simples ; mais permettez moi d'abord d'être l'interrogateur, au lieu d'être l'interrogé.
Guillaume fit un signe d'assentiment.
Traduction d'ALEx. Dumas.
{La suite au prochain numéro.)
LES GRANDS HOMMES EX ROBE DE CHAMBRE
(1) D*où les Normands ont fait leur cri Ha ro.
OCTATB AUCtfJSVB.