‹ Le MonteCristoChapitre 37 sur 144 · GUILDENSTERN · texte numérisé non relu

GUILDENSTERN

Qu'as-tu Leerte?

LAERTE

J'ai—j'ai, que je vais mourir, Jue je suis à la fois as&assiu et victime propre piège.

HAMLET \penchétur Ut reine.)

0 ma mère , est-ce un crime ?

LE ROI

qu'en voyant te rang...

LA REINE

Non, trahison.

La coupe, cher Hamlet ! la coupe — du poison 1

HAMLET

Infamie — oh 1 fermer le» portes tout de suite El trouvons le coupable.

LAERTE

Il n'est pas loin ! viens vite I La reine a bu la mort, rien ne peut la sauver Je ne dois pas non plus, Hamlet, me relever.

Toîil secours serait vain, ma vie est condamnée ! • Et l'arme, dans les mains, regarde, empoisonnée ! Et le bourreau se meurt a tes genoux— c'est moi, Nais le double assassin— le voilà— c'est le roi !

HtMLEV.

J'ai l'arme empoisonnée, alors, poison, a l'œuvre!

{Il frappe U roi.)

GVH.DEN8TERN.

Trahison!

LE RO

Ah!

HAMLET (redoublant.) Meurs donc de ton venin, couleuvre.

LE ROI

Je ne suis que blessé, roe<( amis. Au secours !

HAMLET, le forçant de vider ta ci Inceste et meurtrier! Vide ceci, toujours!

Bois, maudit. — Trouves-tu la perle ?

(L'ombre apparaît. — Hamlet te redresse avec effroi. Elle est citible pour HamUt nul et Ut mourant»).

L'ombre! l'ombre!

Viens voir tes meurtriers mourir, fantômo sombre ! (Aux courtisant, sur un signe de l'ombre).

Et vous tous, laisaei-nous !

Qu'un de vous fasse un pas, A n'en fera pas deux : je suis roi, n'eat ce pas ?

Moi de votr» existence et de leur agonie.

( Ils te retirent l.

Il «ied qu'entre nous cinq la pièce soit finie. Profaues! hors d'ici.

(Aux mourants ).

Mourants, le voyez-vous ,

Répondex.

laerte, s* touUvant.

Le roi mort !

LE ROI

Mon rrére !

LA REINE

Mon époux!...

LAERTE, a l'ombre.

Grâce!

l'ombre.

Oui : ton sang trop prompt t'entraîna ver» l'ablrae, Laerte, et le Seigneur l'a puni par Ion crime , Mais tu le trouveras, car il sonde les coeurs, Moins sevére là-haut, — Laerte, prie et meurs.

(Laerte meurt).

LA REINE

Pitié! pitié!

l'ombre.

. Ta faute était tou amour même, Ame trop faible, et Dieu vous aime quand on aime. Va, ton cœur a lave ta honte avec ses pleurs. Femme ici, reiue au Ciel, Gertrude, espère et meurs.

(ElUmsurt)

LE ROI

Pardon !

L*OMDRE.

Pas de pardon ! Va, meurtrier infâme !

Pour tes crimes hideux dans leurs cercleâ de flamme, I-es enfers dévorants n'ont pas trop de douleurs. Va, traître incestueux ! Va, désespère et meurs.

( Le roi meurt).

HAMLET

Eh moi ! vais-je rester, triste orphelin sur terre, A respirer cet air imprègne de misère?

Tragédien choisi par le courroux de Dieu , Si j'ai mal pris mon rôle, et mal saisi mon jeu ; Si, tremblant de mon reuvie, et lassé sans combattre, Pour un que tu voulais j'en ai fait mourir quatre , Est-ce quo Dieu sur moi fera peser son bras , Père ! et quel chàlimeut m'attend donc?

Tu vivras l

Lorsque notre traduction a été représentée, pour la première fois, quelques fanatiques ont crie au sacrilège.

Il n'y a pas eu plus sacrilège de notre part à changer le dénouement i llnmlet pour le rendre meilleur,— elnousdeclarorm que celui que nous lui avons substitue est meilleur que celui dont il a pris la place, — qu'il n'y a eu sacrilège à Gai rkk, à intercaler la magnifique scène de Juliette se reveillant avant la mort de Romeo.

Dans la pièce originale, Juliette ne revient à elle que Romeo mort. Et le pathétique, le déchirant, le terrible de la scène est reste dernière une ombra, qui, dans cette circonstance, a obscurci le génie du poète.

D'ailleurs, c'est l'intention qui tait le sacrilège, et il n'y a jamais sacrilège, la ou il y a admiration.

Et nul ne contestera notre admiraùon pour Shakspeare

Ces quelques mots, que uous avions à diie, nous oui entraîne si loin, que, dans noire premier numéro aeulement, nous pourrons revenir su- le véritable caractère d Hamlet. et par conséquent sur la façon dont, à notre avis, il doit être joue.

Alexandre Dumas

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