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LE
JOURNAL HEBDOMADAIRE DE ROMANS, D'HISTOIRE, DE VOYAGES ET DE POÉSIE
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PAR ALEXANDRE DUMAS, SEUL
On M'abonne a Pari*, au barena du Journal, rue \oln -Dnmr rte» \lii<>n. n" 11.
FRANCE
Pari* Un an. . 8fr. --e.
— Six moi». 4 60 Départements. . . l'a an. . 10
— Six mois. S 60
ÉTRANGER
Angleterre. .
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Le» demande* d'«lonnemenU doivent être adrcatéei , fanco, à M. Dslnvier, bu bureau du journal, avec une valeur sur Paria ou un mandat tur la poste.
CAUSERIE AVEC MES LECTEURS
Chers lecteurs,
ftien ne me retenait donc plus à Bourg, mes renseignements étaient prêts, et !e lendemain matin, je quittai la capitale de la Bresse, la rivale du Mans, par la diligence de Màcon.
Le même soir jetais à Paris.
Une fois à Paris, le désir du César me revint eu tête— ou plutôt, pour être vrai, le désir du César ne m 'ayant pas quitte, une fois à Paris, je nie préoccupai d'obtenir du musée de Besançon la même faveur qu'en avait obtenue m«n magistrat.
Mais à Besançon, je ne connaissais personne.
Ah I ai Nodier n'était pas mort I
D'ailleurs, si Noaier n'était pas mort, c'eut été chez lui qoB j'eusse vu la statuette do <À;sar, et non chez mou magistral.
Je me rappelai tous nies souvenirs
Alors il me revint à l'esprit que je devais avoir une connaissance à Besançon
Mais j'hésitai forl. A celte connaissance j'avais rendu un service. Il y a une chose que j'ai expet iuienlu — c'est qu'il n'y a pires ennemis que ceux ù qui l'on a rendu des services.
Ri l'homme se contentait d'être ingrat, il serait dans son droit.
récrivis en tremhlanl ;i ma conmisnaare de Besançon -
DigitizèÈTb^^OOgte
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et j'attendis, je l'avoue, sans grand espoir.
J'étais injuste envers A y asse. — Don, voilà que j'ai laissé échapper son nom — |Wir bonheur je no fais d'ordinai/e tes sortes d'indiscrétions que pour ceux dont j'ai du bien à dire.
Repi enons donc.
J'étais injuste ; Ayasse n'avait jamais laissé échapper une occasion rte me donner de ses nouvelles el de nie re mercier en même temps. Aussi, je dois le dite, chacune de ses lettres m'avait toujours produit une sensation de tonnement, qui dénote que je fusse devenu un terrible misanthrope, si Dieu ne m'eut point donne un si bon estomac.
Ayasse me répondit poMo pour poste.
Il avait, ma lettre à la main, ete irouver M. Vuiltere'i Ma demande m'était accordée
Dans ti-ois jours je recevrais mon petit César, avec une notice sur sa mutilation, et sur la manière dont il était passe de la boutique d'un maréchal-fcrranl au musée do Besançon.
En effet, la statuette n'avait ni bras ni jambes.
En outre, à plusieurs endroits la de-i t du temps ou de la lime avait laissé sa trace.
Ces mutilations lui donnaient, au reste, un air d'antiquité qui lui allait à merveille.
Je les avais donc facilement laissées sur le compte du temps, — je me trompais.
Je devais les mettre sur celui des hommes,
Le temps n'est qn'inflexiblw— les hommes sont . qui me donnera un mot pour dire ce que sont les hommes?
Je le mets an concours.
'Voici ce qui «Mail arrive au petit César ;
II y a une vingtaine d'années, un paysan possédait deux ou trois arpents de terre et deux ou trois vaches au village de Voray.
Ne m; rfom.in.Iez pas le nom de es digne honvno ; il est reste inconnu.
Vous allez voir que le malheur n'est pas grand.
Le susdit paysan venait tous les jours à Uesançon vendre son lait.
Lu jour, en bêchant son champ, sa pioche heurta un corps dur.
Plus le champ est polit, plus son propriétaire le caresse. San champ, c'est le véritable enfant du paysan. Il laisse partir son lils pour l'armée plutôt que de vendre son champ.
Il y a plus, si son fils a pris un bon numéro, il le laisse se vendre à celui qui en a pris un mauvais, pour arrondir son champ.
J'ai fait un roman la dessus qui n'est pas le plus mauvais de mes romans :
Conscience.
Notre paysan heurta donc quelque chose de dur.
Il fut étonne t il ne croyait paâ avoir laisse dans son champ une seule pierre.
Il fouilla du bec de sa pioche, et fit si bien qu'il déracina nnc espèce de chose ayant forme humaine; seulement cette forme humaine était réduite à une hauteur de douze à quatorze pouces.
Que l'on me pardonne de parler d'après l'ancienne mesure; je n'ai pas encore eu le temps d'apprendre la nouvelle.
D'aill-urs. je suis bien aise de dire, en passant, que comme il y a parfois dans les choses, dans les hommes et dans les institutions qui disparais* rut. certaines choses, certains hommes, certaines intitulions que je regrette, je me cramponne le plus longtemps que je puis a ces
institutions, à ces hommes, à ces choses.
Eh bien ! j'avoue que j'aimais autant le pied de roi, le pied composé de douze pouces, qui me rappelait la vénérable mesure du pied de Chatlemagnc. que les trentetrois centimètres qui ne me rappellent rien du tout.
Je ne suis pas de ceux qui croient que le progrès ne peut marcher qu'en abattant tout ce qu'il rencontre sur sa route.
Le procréa doit, avant tout, conserver, ne fût-ce que pour établir, au bénéfice do ce qui est, une comparaison aVec ce qui a été.
Il est vrai que. sur ce point, les progressites ne sèril pas toujours d'accord avec le propre*.
Quand nous relisons aujourd'hui Paul-Louis CAutler, qui était certainement un progressiste, hou* sommé* fèul étfinnès de la haine avec laquelle il poursuit vieux eniteatix, vieux donjons, vieilles tours.
11 prend les pierres potlr tfos idées, oomfflê ddti Quichotte: prenait des moulins a vent po-ir des péants.
Noire pavsan tira donc de terre «rte forrrtti htlrflftine réduit* A une hauteur de donM «1 qualerfe poocM.
C'était notre César.
C'était bien la p-ine d'être César. d'aVftlr codfjnii l'Wpapne< le* (foules, la Créée, l'Kpvple. l'Afrique, jmtir 'être dix-neuf Cents nus apiés représenté par nné flgliriné tpu> Chnrlerhagné ffU couverte de son pied.
Bh ! mon Dieu, Sliakspeare, le tfttnd philosophé, fc'at-il pas dit :
A qnoMc lin gros*iére Nous pouvons arrivrr ; en s.iivnni la pondère D Alev n lie le Craml. enchaîne fiai, bientôt Ou peut la trouv«r crache, 4 la main d'un rustaud.
noRvTld.
C ost trop subtilement envisager les es*sea.
HAMLF.T.
Uni» non. rien [pie de «impie en re* mét.imorptiosés,
nien q l'on poisse nier Tiens. M sandre est mort ;
On te met au liant» it'.i : t '. tons en sont d necond,
Il redevient nous» i>rc el sa cendre c«t de terre,
Et -a lene <.«( utaîle. et sans plus de myilcrc,
Hé l'.iriile qui toi Alevandrc-le-Cran I.
Tu po ier f>»' I bien faire on pot. an dcmesriiH.