‹ Le MonteCristoChapitre 46 sur 144 · I.'in'pèrleiit r.e.«ar, niori. redevenu bnucj · texte numérisé non relu

I.'in'pèrleiit r.e.«ar, niori. redevenu bnucj

l'eu! rempl r îm fente on la bine je joue,

Ft r.irfrile. nui tint en S'ispens i nnivCr».

Va plâtrer un vieux mur rongé par les hivers.

Or, avouez, chers lecteurs, que miéux vaut encore pour César èlrc représente par une figurine de bronze de la Ion gueur du pied de Charlemagne, que par une truellec. de boue plâtrant un vieux mur.

L'homme, qui ne savait pas ce que c'était que César, tira sa figurine de terre, comme il eiU fait d'une rave, et la rapporta à la maison, après s'être assuré que c'était du cuivre.

Le lendemain, il prit son seau à lait d'une main, son César de l'autre, et comme d'habitude s'en alla a Besan-

En passant à Moires, devant la boutique d'un marécWforrant, il entendit son nom prononcé.

Il se retourna.

I-! marechal-ferrant, qui était un de ses amis, 1 appelait. .

11 était tout simplement question de hoire un verro divin.

Mais, pour boire un verre de vin. il fallait que nntw homme reutiàt dans la libre disposition de ses deux mmt-

Celait chose facile

Il posa sou seau sous l'établi, son César dessus. Tout en trinquant, le marechal-ferrant vit le César.

— Tiens, qu'as tu donc là ? demanda-t-il.

— Un bonhomme en «livre que j'ai trouvé en bêchant ma terre et que je vais vendre à la ville.

— Si c'est du bon cuivre, il est inutile de le porter plus loin, dit le maréehal-ferrant. Je te l'achèterai aussi bien que le premier quincaillier venu.

— Oh 1 je ne demande pas mieux ; en ne sera pas plus cher pour un ami, — le cuivre est du cuivre.

— Seulement, reste à savoir s'il est bon.

— Éprouve.

Le maréchal ferrant prit une lime de la main droite, le César de la main gauche, et lui donna cinq ou six coups de lime derrière la tète et autant sur la poitrine, pour s'assurer de la qualité du cuivre d'abord et que le cuivra était du même aloi dans toute la longueur de la statuette.

— Eh bien ? fit le paysan en voyant voler sous la lime la poussière doive.

— C'est du cuivre, tout de mémo, fit le maréehalferrant.

— Et du bon, hein ?

— Du cuivre est du cuivre.

— Allons ! voilà monsieur qui va marchander.

— Xon, et la preuve, tiens , combien peut-il y avoir de cuivre là-dedans? Deux Uvres, peut-être?. .

— Oh 1 il y a plus que cela.

— La preuve, c'est que je l'en donne, du premier coup, trente sou».

— Tu en mettras bien quarante.

Et, en effet, après une discussion d'un instant, le maréchal en mil quarante.

I,e paysan, enchanté de sa journée, t'en alla vendre son luit à Besançon, priant le bon Dieu de lui envoyer souvent Je pareilles aubaines.

Le maréchal-ferraat avait son plan : c'était de faire du César de la soudure.

Oh ! Shakspeare ! Shakspeare !

En conséquence , chaque fois que le brave besoin de limaille de cuivre, il preuait à même.

Il lui lima d'abord une jambe, — puis l'autre.

Un bras, - puis l'autre.

Quant à celui-là, l'histoire a conservé son nom.

LéguonB ce nom à la postérité :

11 s'appelle Y m y.

. il était en train d'attaquer le corps, lorsqu'un antiquaire de Besançon, nommé M. Heduet, passa par hasard.

De temps en temps il faisait une tournée par la ville, planant tont ce qui lui paraissait «voir nne valeur artistique.

* A ver» vous quelque chose pour moi, Viry? loti -deman-

en passant.

■» Non, monsieur Rwhtet, non.

-* Comment, pas la plus petite chose?

— Pas la puis petit».

Et il continuait de H mer ta cuirasse du vainqueur de Wiarsale et de Munda.

-Rien?

— Absolument rien.

**■ Maiè que diable tenet-vous donc-là à la main ?

■» A la main, ma lime.

Non, à l'autre?

— Une bamboche.

— Montrez-moi la bamboche, Viry.

— Oh! la voilà, monsieur Reduet. Ça n'en a pas l'air au premier abord , mais c'est du fameux cuivre, allez.

avait

L'antiquaire, avec cette intuition de l'archéologue, tressaillit en touchant le bronze sacré.

Il reconnut une merveille d'art tronquée, mutilée, maia gardant la marque indélébile du cnef-d'fctivre. — Voyet plutôt.

— Combien voulez vous de ce morceau de cuivre? demanda Mi Redftct.

— Ah ! je vous préviens qu'il faudra le payer cher, car c'est du fameux cuivre.

— Je vous demande combien vous en voulea ?

— J'en veux six francs.

— Les voilà.

M. Reduet jeta les six francs sur l'établi et se sauva avec

son César.

M Reduet mourut quelque temps après cette acquisition; il avait un très-beau cabinet de curiosités qui fut vendu à M. Champy, de Dijon.

Il y a quatre ans, M. Champy fit, A son tour, annoncer la vente de son cabinet.

M. Vuillerel, de Besançon, qui savait qne le torse du César se trouvait dans le cabinet de M. Champy, partit pour Dijon, et Ht l'acquisition de ce charmant antique pour cent cinquante francs.

Hors do tonte atteinte profane, grâce à cette dernière mutation de mains, la merveilleuse figurine Se trouve maintenant sous vitrine au musée de Besançon.

Ce fut ainsi que, grâce à la reconnaissance d'Ayasse, et prâce à la courtoisie de M. Vuillerel, je me trouve propriétaire d'une épreuve du torse do Ccsar, épreuve d'autant plus précieuse qu'il n'a été lire qu'à soixante exemplaires.

Que cela ne vous entraîne pasà rendre service, çhers lecteurs, et laissez-moi ces sortes de sottises. Vous ne tomberez peut-être pas toujours sur un cœur ausii reconnaissan qu'A} asse et sur un homme aussi courtois qti leret.

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