‹ Le MonteCristoChapitre 75 sur 144 · THEATRE- FRANÇAIS · texte numérisé non relu

THEATRE- FRANÇAIS

R^risc des Comtditnt de Casimiii Dki.ami.si!.

Cette fuis, nous ne ferons pas la guerre au Théâtre-Français; les Comédiens joues au théâtre de la rue Richelieu ne sont pas seulement une reprise, c'est une réparation.

Tout lu monde commit l'anecdote relative à la lecture el au refus des Vêpres Sicilimius par le comité de la rue Richelieu, Ce relus nous valut !•<• ComMms.

L'itUVur des .V» ssêiiivniirs , sur dix voix . n'en obtint, e crois, qu,< trois pour la réception de sa tragédie.

A c-tte époque, les comédiens étaient obliges de consi-

gner par écrit sur leur bulletin le*nolif de leur réception ou de leur icfn*.

lue des dames de la Comédie-Française, la belle M»' B...,

jeta dans l'unie un bulletin corn u en oejj termes : Je refuse celle ouvrage qui est mal écrite L'auteur lui-mémo a. dans les Comédiens, consigne ce

fait, qui acquit a celle époque un caractère inccmteMable

d'authenticité.

La dame qui avait exprime d'une façon si malheureuse son opinion littéraire sur l'ouvrage, elait une médiocre linguiste, mais une agréable comédienne, (tu avait eu tort de l'enlever a son milieu en l'admettant à faire partie d'un comité de lecture, voila tout.

Les Vêpres Siciliennes, refuses au Théàire-I'rançais, obtinrent un immense succès à l'O leou

Les Comédiens suivirent les Vêpres Siciliennes et obtinrent un succès non moins grand.

Supposez l'O b on ferm-, el c'est une supposition permise à l'endroit d'où théâtre qui n'est si souvent qu'entrouvert, Casimir gardait dans sou tiroir les Vêpres Siciliennes, et ne faisait pas jouer les Comédiens, c'est-à-dire une de ses meilleures , sinon sa meilleure pièce.

II est vrai que si !a Comédie-Française avait reçu les Vêpres Siciliennes, Casimir Delavigne ne faisait pas les Cov:éd ens.

A quelque chose refus est bon.

A la mort de Casimir Dehvimie, je crois, la Comédie- Française reprit cette spirituelle salie. La représentation de la semaine dernière! n'a donc ete que la reprise d'une reprs».

Aussi, n'est-ce point de la comédie que nous allons nous occuper aujourd'hui, mais l'un de nos confrères en critique, qui consacre son feuilleton d t Indi à unr> savante et consciencieuse appréciation de la comédie de Casimir Delavigne.

Que diable, ce n'est pas le tout que de s'occuper des auteurs! 1! faut aussi avoir quelques louanges et quelques encouragements pour les critiques qui maintiennent ou ramènent ces messieurs dans la bonne voie par leurs judicieuses appréciât ions.

Par malheur nous ne nous vendons encore qu'a dix ou douze mille, de sorte que le retentissement ne sera pas aussi grand que nous le .voudrions.

Voilà des circonstances, ou nous regrettons de ue pas nous tirer à 80,000, comme le Times, ou à 33,000, comme le Siècle.

Si nous voulions faire comprendre tout ce que cet article de notic confrère a de remarquable - au lieu de l'extrait que nous allons en mettre sous les veux de nos lec- ■ leurs, nous serions obliges de le citer en "entier. Ce serait bien heureux pour nos abonnes, nous en convenons, mais cela pourrai! avoir des conséquence* fâcheuses pour ncus, que l'auteur poursuivrait sans aucun doute eu contivfa' çon.

Voici la situation et les vers qu'attaque particulièrement le critique, avec une éloquence qui indique la conviction.

Heureux lot bonunos convaincus ! commj aux pauvres d'esprit lo royaume des cieux leur sera ouvert — et ils auront le pas sur ces derniers, car ils y auront double droit.

Sautons pardessus les trois premiers actes et abordons le quatrième.

- Le poé-e — Victor— qu'après d'interminables débats les comédiens rcuiiifmt île jouer — Vjc%qui jaot qu'il l'a pu a conlemi sa colère el son indignation.— se donne, eu g I e

LE MONTt-CKISTU

fin, I** plaisir de dire une lionne fois à l'un d'enlr'cux, le plus impertinent de 1* troupe, et ce n'est pas peu dire, tout ce qu'il a depuis longtemps sur le cœur. —Vous refusez de me jouer — pourquoi? Vous craignez qu'on siffle mon ouvrage—mais c'est le mien et non pas le vôtre. Vous parle* du vos devoirs envers le public — mais comment le» rem plissez-vous? Comment nous traitez-vous, nous autres pauvres auteurs? Votre superbe indifférence se joue de nos chagrins, de notre désespoir, de notre misère ; vous noua étouffez au berceau.

Oui, par voire indolence, Le théâtre avili marche à s* déeadenec.

OuecJovicm manuscrit*, qui sont encor nouveaux, tans vos cartons poudreux ont trouvé leurs tombeau. Que d'enfants inconnus du vivant de Umiis pires, En paraissant au jour, sont nés sr* actuaires. Et nullité» par vo^is qnand vous nous les offre». Réduits à votre taîllo, énervés, torturés, Ne rendent à l'oubli, qui soudain le* réclame, Ouo do» corps en lambeaux. Fans vigueur et !«an<- anie (lonire tant de dégoûts, quo peuvent les auteurs '< ttittifirit mfn rf'oi» itielt de lenlturt , Ils ravalent leur «.use aux jeux <1n vauleville. Aux tréteaux de la (arec où votre orgueil l'exil*-; Ainsi périt en eux. dès leur» premiers essais, l.e germe des beaux vers <H don nobles surtvv Tout péril ; vous frappez noire hiierautre Dans sa gloire passée et sa splendeur future. Je le sais, ni» franchise est un crime a vo* yeux ; Je vois que je me perds, niais j'aimo cent fois i Tenir du travail seul une obscure existence, En creusant un sillon vieillir dans l'indigence, Sans espoir de repos, de fortune et < Que mendier de vous ma gloire et i

Certes, voila des vers bien tournes, verveux : Casimir Delavigne en a rarement fait de meilleurs ; c'est qu'il était «outenu par ce sentiment qui met le co;ur du liou dans le corps de la colombe,— par la colère.

Oh ! la colère est une Muse inconnue des Grecs, c'est rrai, mais bien connue des modernes.

Aussi n'est-ce point la forme que blâme le critique dont nous avons l'honneur de nous occuper.

d'est le. fond — c'est la pensée !

Il y a surtout tm de ces vers qui lui parait renfeimer ii oe idée éminemment fauwe

C cst eeminri:

Je vous riemftnd* toute' voir*» attention— vW qui me

llSPZ.

Déietpérét enfin d hh tiède de lenteur t.

Ecoulez, cette fois, ce n'est plus moi, c'est le i riliquequi ! parle. !

Ah 1 si je pouvais parler comme cela, je serais bien heureux.

• Que vous semble-t-il d'un siècle de lenteurs

• Le dix-neuvième siècle I le siècle de la vapeur et du télégraphe électrique, le siècle de tant de prodigieux enfantements littéraires, le siècle des grands poètes, d» grand* peintres, des grands statuaires, et encore cl strtwU le siècle des grands capitaines et des grands législateur?, des bataille* épiques des Iliade* qn' Homère n'iumtrraii pat, dit quelque part Théophile Gantier — le siècle des marches rapides à travers tous les mondes — marches tantôt éclairées parle flambeau de la science, tantôt par l'éclair de» epees— vous l'appelez dans votre mesquine colère de poète «« tiède de lenteur* ! «

N'Hts nous arrêtons.

Vous comprenez, n'est-ce pas?

Le critique a cru que le poète et» écrivant ce ver*

Dè$a*ptrit tnfn d'un $iie.le <ir Irtititurt.

apostrophait le dix-neuvième *iè, le.

Stupele, genlet.

— Oh ! bienheureux pendus, disait un Italien qui >or lait de disputer avec Sully, en s'arrvtant devant trou ca davres qui se balançaient coquettement au bout de leiin cordes sur la place de la Grève ! bienheureux pendus qiu n'avez plus affaire à M. de Sully?

Helas ! on ne peut pas dire des pauvres auteur»: Oh bienheureux morts qui n'aurez plus affaire à M. bile* de Prèmaray t

Car c'est M. Jules de Prèmaray, chers lecteurs, qui vient de faire contre ce ^

IttHtfirtt enfin «Tan liieU de lenteurs,

l'éloquente sortio que j'ai eu l'honneur de mettre veux.

Vous n'en croyez rien.

Achetez la Paltie du lundi G juillet, et si vrmsaintft* rire— vous n'aurez pas perdu votre argent.

Car je ne vous ai cité qu'une derai^colonite du feuilleton de l'illustre critique et vou* aurez dis colonnes de la

Al.KXANDBF. DtMAH.

Alex. DUMAS.

S«nl propriéuiw et «al rédacteur du Mon» Cri*

Paris. — Imprimerie E. Briere rt C; i

■ Vë

En veolr chez CIIARLIEl, éditeur, boulevard Ssintlarlin, t H.

LA COMTESSE DE CHARNY

Page 1