‹ Le MonteCristoChapitre 91 sur 144 · I . i — • moi · texte numérisé non relu

I . i — • moi

FRANK

N'est-ce pas, que nous sommes heureux?

Mais j'y pense, il est temps de régler nore rie. Comme on no peut compter sur les jeux de hasard. Nous piperons o abord qu< .(qu'honnête vieillard Qui fournira W un. le* meubles et la table.

Il gardera la nuil. el moi. j'aurai le jour.

Tu pourras bi n parfois lui jouer quelque tour; J'eiitemN quelque bon tour adroit et profitable- Il aura des amisqu'j nous pourrons griser ; Tu seras li chasseur et moi le lévrier.

Avant tout, pour h chambre, u-o fllle discrète. Capable de huiler une porte s>-crèle.

Mais nous la paierons bien ; aujourd'hui, tout se vend, louant a moi, je serai le chevalier servant ; Nous ferons, à nous doux, la périodes ménages.

BRIXOLOR.

Ou lu vas en finir avec les persiflages, Ou jo vais tout à l'heure en Unir avec toi.

Veux-tu (aire la paix ? Jo ne suis pas boudeuse.

Voyons, Mens m embrasser.

FRANK

Cette tille et hideuse !

Mon Dieu I deux jours p'us tard, c'en était (ait do moi!

Toujours la même histoire :

Voici peut-être ici la vingtième catin A qui je la dem >nde, et toujours ce re(rain ! Qui donc ont-elles vu d'assez sol pour y croire t Mon I iieu ! dans quel bourbier me suis-je donc jeté f J'avais cru celle-ci plus forte, en vérité.

BELCOLOR

Quand mon père mourut. . .

FRANK

Assez, je t'en supplie .

Je me ferai conter le reste par Julie, Au premier carrefour où je la trouverai.

(JJHmrbrJ

l>ls-moi,ce jour fameux que tu m'as rencontré, Pourquoi ? par quel hasard ? par quelle sympathie T'es-tu de m'emmener senti la fantaisie ?

J'étais couvert do sang, poudreux et mal vêtu.

BELCOLOR

Je le l'ai déjà dit : lu l'étais bien battu.

FRANK

Parlons sincèrement. Je t'ai semblé robuste, Tes yeux, ma chère enfant, n'ont pas deviné juste. Je comprends qu'une femme aime les portefaix ; C'est un goût comme un autre, il est dans la nature. Mais moi, si j'étais femme, et si je les aimais, Jo n'irais pas chercher mes gens h l'aventure ; J'irais tout simplement |es|trendre aux cabarets. J'en ferais lutter six, et puis j* choisirais. Kncorc un mot. Cet homme h qui je t'ai volée T'entretenait, sans doute? Il Mail ton amant V

RELCOLOR.

Oui .

FRANK

Celle affrni'c mort ne l'a pas désolée?

Cet homme, il m'en souvient, râlait horriblement. I.'œil gauche finit crevé, le pommeau de lépée Avait ouvert le front, la gorge était coupée : Sous les pieds des chevaux l'homme était étendu Comme un lierre arraché qui rampe et qui se traîne. Pour se suspendre encore à l'econ e d'un chêne. Ainsi ce malheureux se tenait suspendu Aux restes do sa vie. lù loi. ce meurtre mfdmo S» l'a p v du dégoûi, levé le cceur el l'ime ? Tu n'as pas dit un moi. lu n'as fus fait un pas.

BELCOLOR

Préiends-lu me prouver quo j'aie un co»ur de pierre t

Nous nous arrêtons ici, non pas dans noire élude, griot au ciel. A ce cote gangrène d'un admirable talent. — H nous verrons plus lard comment cette gangrène est venue

— à ce côté gaugrene d'un admirable talent, nous avons a apposer des pages, nous dirions presque de remords et d'expiation, qui atteignent à la hauteur* de tout ce qutl J a de beau, de tout ce qu'il y a de grand.

Aussi, pauvre aime malade, nous ne te critiquons pas. nous ne te blâmons pas. nous te plaignons.

Nous disons ce que uous avons dit pour la Fiammina

— Oh ? ne juge^ pas les poêles, ces Ixions courbes à la roue de l'imagination , ces Tantales appelés par tous les désirs; ne les jugez pas à la mesure des autre* hommes . isolez-les; eltidiex-les, — et surtout plaignez les.

Il raille, dites-vous? — Non, il grimace. Il rit ; — non, il souffre.

Le malheur de tout cela c'est que l'ivraie semée pousse,

— que Marco donne les Filles de marbre, — que Belcolor

donne Dalila.

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Googl

Et cela, nu bout de vingt ans.

Ei le public blase, trouve à ce fruit qu'on loi présent* i saveur acre qui, tout en l'agaçant, l'irrite; car, nous le répétons, il y a un tel génie dans ln maître, qu'il y a du talent dans les élève*.

Maintenant, si l'on vous disait que par un point Alfred de Musset touche à Déranger, vous demanderiez par lequel ? Eh 1 mon Dieu 1 le voilà.

Déranger aussi peint les lilles.

Frètillon est une fille ; — Lisette est une Mie ; - la demoiselle de l'Opéra est une fille.

Seulement, comme 1 ame de l'auteur de Frètillon, do Lùetleel des Deux Sœurs de Charité est saine, ses illles sont de bonnes tilles, buveuses de Champagne, et non d'or et de sans.

Ce sont des filles qui donnent et qui reçoivent ; mais qui ne se vendent, ni n'arrachent, et Déranger a su trouver des Meurs d'or où Alfred do Musset n'a bu trouver que des cœurs de bronze, des cœurs de marbre ou pas de cœur du tout.

Vous avez vu ce que sont les filles d'Alfred de Musset. Tenez, voici ce que sont les filles de Déranger :

Francs «mis <1« bonnes 90m, Vous connaisse* Frriiilop.

So*ch-rmes aux plus genlilles.

Ont fmi baisser pavillon.

Ma frétillon,

OU* tille

Oui frétitli», N'a pourtant qu'un cotillon.

fteux fois elle eût équipage, RcnreUe- i l ili.unanis, Et deux f'is nul icul en gdfe, Pour quelque fripon d'amant.

Entends-tu, Mariette ï

Et toi, Delcolor, écoule! car voilà Déranger qui dit à Lisette ce que Franck te disait tout à l'heure à toi.

M inJ ir qui louje-irs donne El ruban* et b joui.

Pevani mai te chiff <nne Sans le nicitio on courroux.

J'ai tu sa main hardie S'êgar .r s>ir ton sein.

Ver-e jusqu'à la li<* Pour un si grand larcin.

Mair tenant à ton tour, Marco, et quo l'exemple le profite ; c'est l'actrice qui parle.

Moi pii subjuguais la pnis«ance, Dii l'a trice. j'ai bien des fois Fails.vQurer à l'indigence |j coupo où s'enivraient les rois.

Ainsi, vois Marco. Ainsi voyez, Mariette, voyez, Delcolor, voyez, Porlia ; il arrive là-haut pour elle une chose qui n'arrivera certes pas pour vous.

t'.V'l que siirl Pierre on scnliiu-tle, Apri* un are pour la xi-ir, iht a 'tciiire: On p ut, ma bt-lle, Entrer ici sans confesseur !. . .

0 Déranger ! âme confiante et sereine » lits épicurien du xvni« siècle, épure de ton souffie l ame douteuse et troublée de cet enfant de uotre siècle à nous, qui a pris la vie pour l'ange du mal, et qui. au lieu de ye laisser conduire

doucement par lui comme Tobks, a comme Jacob, lutté contre lui, et comme Jacob a été terrasse par lui I

0 Déranger ! toi qui es si grand dans ton triompbe ! dis aux hommes, avec moi, quo lui aussi est grand dans sa chute !

Michel et Satan sont denx Dominations. Seulement, l'un est l'ange de la lumière, l'autre est l'ange des ténèbres.

(La tuitt au prochain numéro.)

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