‹ Le Moratorium Des Dépôts En Banque Et Des Comptes CourantsChapitre 30 sur 49 · Q£ > À 136 LE MORATORIUM DES DÉPÔTS EN BANQUÉ · texte numérisé non relu

Q£ > À 136 LE MORATORIUM DES DÉPÔTS EN BANQUÉ

d’abord, l'accroissement de l'épargne de placement, marqué par un développement continu de la cote du comptant à la Bourse (voir Aupetit, Les grands marchés financiers) ; ainsi, les émissions nouvelles prennent presque dès l’origine leur classement; cela tient, en second lieu, à l’organisation même des sociétés de crédit, en contact sur toute la surface du pays avee la clientèle de tous les capitalistes, grands et petits, comportant un nombre considérable de guichets, et qui constituent un intermédiaire naturel pour le placement des titres. Malgré ces facteurs qui influent sur le classement définitif des nouvelles émissions de titres pour en accélérer la rapidité, la spéculation n’en continue pas moins, toutefois, à jouer son rôle à la Bourse et à faire sentir encore, de nos jours, son influence bonne ou mauvaise sur les cours des valeurs. Nous sommes persuadé, notamment, que l’atonie du marché français entre 1912 et 1914 a été surtout due à la réserve des spéculateurs à la hausse, qui avaient, d’abord, de légitimes raisons de crainte et qui trouvaient, en outre, constamment en face d’eux un groupe étranger très puissant qui spéculait à outrance et de parti pris à la baisse sur toutes les grandes valeurs françaises.

Ainsi la pression que les sociétés de crédit peuvent exercer sur le marché de placement au moyen de leurs capitaux à court terme continue à être bien réelle, et l’on ne peut que leur conseiller à ce sujet de continuer la politique qu’ils ont suivie jusqu'ici et qui leur a fait éviter le danger des immobilisations, que d’autres auraient pu trop imprudemment négliger. Il semble toutefois que cette intervention des banques à la Bourse n’aboutisse qu’à fausser l’état du marché, qu’à surélever artificiellement et même illégitimement les cours, et l’on n’a pas manqué, en effet, de le leur reprocher. Maïs elles peuvent répondre qu’elles ne font que suivre en cela les grandes banques privées du commencement du x1x° siècle, la banque de Rothschild notamment, et que a’est pour elles un procédé qui s'impose, puis-

qu’il leur évite de subir un laisser pour compte, autrement dangereux pour elles que pour toute autre branche du com- . merce ou de l’industrie, à cause des capitaux énormes qui leur sont confiés et dont elles sont responsables. Elles n’ont rien innové en tous cas et l’on peut facilement retrouver dans certaine opération de conversion de rente française, projetée vers 1825 et qui n’eut finalement pas lieu par suite de l’opposition de la Chambre des Pairs, les trois traits principaux qui caractérisent encore aujourd’hui les grandes émissions: organisation d’un consortium de banquiers, qui assure le succès de l’emprunt ou de la conversion (il était placé sous la direction de la maison de Rothschild) ; préparation de l’opinion et du marché par la hausse des cours de la rente à convertir ou des titres susceptibles d’être pris comme points de comparaison ; — enfin réunion d’un grand nombre de guichets, groupement aussi

étendu que possible, correspondants sur toutes les grandes places du monde, ou, en un mot, caractère international du syndicat d'émission ou de conversion.

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