‹ Le Moratorium Des Dépôts En Banque Et Des Comptes CourantsChapitre 41 sur 49 · ALLO V · texte numérisé non relu

ALLO V

Le fait saillant, c’est l’augmentation énorme, plus de 900 millions en huit jours, du portefeuille commercial de la Banque entre les 23 et 30 juillet 1914. Par contre, les avances sur titres ne progressèrent, durant la même semaine, que d’un peu plus de 25 millions, la Banque se montrant très exigeante, d’ailleurs avec juste raison, il faut le reconnaître, pour consentir des avances garanties (1). Mais, au 30 juillet, la circulation des billets au porteur atteignait presque la limite de 6.800 millions établie par la loi.

C’est au réescompte d’une partie du portefeuille des banques et sociétés de crédit qu’il faut évidemment attribuer l’accroissement de 900 millions du portefeuille de la Banque de France. Ce gonflement se produisit dans un laps de temps insignifiant : du 27 juillet au 1° août seulement, c’est-à-dire en l’espace de cinq jours, le portefeuille de l’établissement central passa de 1.583 millions à 3 milliards 41 millions de francs, doublant ainsi par suite des retraits énormes effectués par les particuliers dans toutes les institutions de crédit. Ce mouvement, d’ailleurs, ne s’arrêta pas là, malgré la prononciation du moratorium

4) Le rapport lu à l'Assemblée générale des actionnaires de la Banque de France, qui s'est tenue dans les premiers jours de +915. s'exprime ainsi à ce sujel : « Nos opérations d'avances ont dû ètre l'objet d'une attention particulièrement vigilante pendant les premiers temps des hostilités, alors que, sous l'impulsion des mêmes craintes qui provoquaient dans les banques des retraits de dépôts dépassant les besoins immédiats, le public voulait aussi mobiliser en billets de banque tous les titres qu'il lui était possible de présenter à nos guichets. Or, on sait que la masse de ces titres, sur lesquels la Banque peut statutairement consentir des avances, dépasse cinquante milliards de francs. Des règles de prudence étaient nécessaires pour contenir l'exagéralion première des demandes et pour maintenir ensuité dans des limites raisonnables des opérations dont l'importance ne doit, à aucun moment, risquer de restreindre la pleine liberté de nos escomptes au commerce et de nos avances à l'Etat »

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