PRO PE
des dépôts, et le portefeuille de la Banque de France atteignit son maximum le 1* octobre, avec 4 milliards 476 mil- Üions de francs d’effets. Il a, depuis, bien décru grâce aux rentrées importantes qui se sont produites progressivement.
Le tableau que nous avons donné ci-dessus de la situation générale de la Banque de France à diverses époques de l’année de la guerre montre cependant, par un simple rapprochement de chiffres, que, si les banques ont profité largement et avec empressement de la faculté de réescompte dont elles jouissent auprès de l'établissement central, elles n’en ont point abusé. Comparons, en effet, ce qui s’est passé entre les 9 et 16 juillet à ce qui eut lieu entre les 23 et 30 juillet 1914, c’est-à-dire comparons les effets de la mobilisation des disponibilités de l’épargne provoquée par l’émission d’un emprunt national de 800 millions de francs à ceux de la mobilisation financière hâtive qui précéda la déclaration de guerre avec l'Allemagne. La première trouve sa manifestation, dans le bilan de la Banque, dans une plus-value de 1.440 millions pour le portefeuille « Effets de commerce », et dans une de 200 millions pour les « Avances sur titres », c’est-à-dire que les mouvements de capitaux considérables auxquels elle donna lieu se révèlent, dans le bilan de l’institut central, par un accroissement total de 1.640 millions de crédits. Il est vrai que ces mouvements portèrent sur une somme globale de 3 milliards et demi de franes, que les souscripteurs versèrent, sous diverses formes, dans les caisses du Trésor, comme premier versement de garantie. I] est à remarquer, d’ailleurs, que l’encaisse de la Banque ne varia pas sensiblement et qu’il en fut de même de sa circulation fiduciaire; seuls, les comptes courants particuliers subirent une augmentation à peu près égale à l’accroissement des crédits consentis par l’établissement. Fin juillet, par contre, la mobilisation se manifesta par une plus-value de 900 mil-
‘ lions au compte « Effets de commerce » et par une marge
de 25 millions pour les « Avances sur titres ». On ne peut nier cependant que, si les sommes mobilisées entre le 23 et 80 juillet ne furent pas aussi élevées que celles versées par les capitalistes pour les souscriptions à l’emprunt françcais 3 1/2, elles aient été considérables malgré tout. D’autre part, tandis que l’émission de l’emprunt était une circonstance depuis longtemps prévue et attendue, un événement qu’on avait eu le temps de préparer à loisir financièrement et en prévision duquel les banques avaient pris des mesures naturelles de précaution, la guerre éclata, par contre, comme un coup de foudre dans un ciel serein et prit au dépourvu tout le monde en France, Gouvernement et administrations comme banques et particuliers. Les demandes de retrait affluèrent aux guichets des sociétés de crédit et autres établissements de dépôts; les capitalistes se précipitèrent pour réaliser le plus possible, et ce furent des centaines de millions qui furent ainsi exigés des banques dans l’espace de quelques jours. Et cependant, en tout et pour tout, la Banque de France ne mit à leur dispoposition, durant ce laps de temps, qu’une somme de 900 millions de francs, chiffre combien faible, malgré son aspect imposant, si l’on songe que le Crédit Industriel et Commercial remboursa, à lui seul, à sa clientèle, entre le 27 Juillet et le 1° août, plus de 150 millions de franes, d’après les déclarations mêmes de son Conseil d'administration
Si l’on considère maintenant le maximum atteint par le portefeuille commercial de la Banque de France le 1* octobre 1914, cette somme de 4.476 millions de francs, qui paraît énorme au premier abord, n’a rien d’excessif non plus en elle-même. Le tableau ei-après permet, en effet, de comparer l'importance relative du concours que les banques d’émission d'Angleterre et de France ont donné au marché par la voie de l’escompte et des avances sur titres durant les cinq premiers mois de la crise actuelle: