LE MOHNE AU DIABLE
Si VOUS élicz né riche et puissant... vous eussiez fait, j'en suis sûr, un noble emploi de votre fortune. La misère aurait pu vous conseiller beaucoup plus mal qu'elle ne l'a fait, car vous avez, m'a-t-on dit, souffert et endure de cruelles privations.
CRousTiLL\c,à part.
Cette voix toucfjanie, cette bonté ..Ah! malheureux, il ne me mnn(}uait plus que cela... (Haut et lâchant do rire.) Si vous avez de nioi, madame^ si bonne opinion, je ne m'étonno'pas que vous m'ayez clioisi pour mari.
ANGÈLE
Tenez, chevalier, ne parlons plus de celte plaisanterie.
CROUSTILLAC
Vous me Tavouez, madame, j'étais votre jouet.
ANGÈLE
Non... mais dans ma solitude...
CROUSTILLAC
Votre solitude! ma'lame ! Votre solitude! Il me seml>le que dans votre solitude, vous avez bien assez de distraction pour vous passer de celle-là. ANGÈLE, avec bonté.
Chevalier, oubliez les folies que je vous ai dites, ne pensez plus à ma main, qui ne peut appartenir à personiie, chevalier, à personne, entendez-vous bien, et que cela vous console... Vous êtes libredesortird'ici., . Mais, comme souvenir du Morne au Diable et delaBarbe-Bieue. vous me permettez de vous offrir, n'est-ce pas? quelques-uns de ces diamans dont vous étiez si épris avant de m'ovoir vue.
CROUSTILLAC, avec dignité.
Madame, je ne vous demande qu'un guide pour sortir de votre maison.
ANGÎiLE.
Vous aurez uv\ guide, chevalier, mais...
CROUSTILLAC
Madame, je suis ridicule, je suis vain^ je suis un