TABLEAU V, SCÈNE VI. B
icvaiier d'aventure, mois j'ai nîon point d'honneur à toi.
ÀNGÊLE.
Mais, monsieur...
CftOUSTILLAG.
Madame, j'ai pu amuser le capitaine dubâtimentqui l'a conduit ici pour le payer du passage qu'il m'adonne ir son navire; c'était là un misérable métier, madale, je lésais plus que personne. C'était là un marché >ut comme un autre.
ANGÈLE, à part.
Pauvre homme, il m'intéresse!
CROUSTILLAG.
Je ne dis pas cela pour être plaint, madame; je veux îulement vous faire comprendrequesi, par nécessité, ai pu accepter le rôle d'un commençai complaisant, imais je n'ai reçu d'argent en paiement d'une humi* ation... Puissiez-vous, madame, ignorer le mal que l'a fait votre offre; moins encore, croyez-le bien, parce ue cette offre était outrageante que parce qu'elle clait lite par vous.
Ah ! monsieur, mes regrets...
CROUSTILLAG.
Au fait, pourquoi m'auriez-vous traité autrement? ous quels auspices suis-je entré ici ? Comme un bouf- ►n que l'on paye et qu'on chasse quand on a ri. Pournoi se gêner avec moi? Les vêtemens que je porte ne l'appartiennent même pas.
AISGÈLE,
A votre tour vous êtes cruel, monsieur; vous mefaiîs durement sentir le tort d'une plaisanterie dont je 'avais pas deviné la portée. Je suis coupable, je l'aoue... Pardonnez-moi donc, je vous en conjure, le lal que je vous ai fait involontairement.
CROUSTILLAG.
Ces bonnes paroles me font toutoubîier,.. Ah ! ma-
dnme, priez le ciel de me donner l'occasion de me faire tuer pour vous, je mourrai content.
ANGÈLE
Dieu merci, cette occasion ne se présentera pas. Ainsi, la paix est faite? V^ous ne m'en voulez plus de mes folies?
CROUSTILLAC
Moi ! vous en vouloir ?
ANGÈLE
Consentez-vous à m'atlendre ici?
Ici?
RUTLER, paraissant au fond.
Les voici, tâchons d'écouter.
ANGÈLE
Oui, attendez-moi là, et je suis sûre, cette fois, vous ne refuserez pas ce que je vais vous apporter. Adieu, mon ami... (Elle rentre.)
RUTLER, à part
Son ami!... plus de doute, c'est lui! c'est lui!
SGENi: VII.
CROUSTILLAC, seul, la suivant des yeux, RUTLER.
CROUSTILLAC
Cette femme-là, je l'adore... Eh bien!... après, ça ne nuit à personne, et je ne sais... Il me semble que cela me rend meilleur. li y a deux jours, j'aurais peutêtre accepté ces diamans, aujourd'hui cela méfait honte... Allons, mon pauvre Croustillac, il faut partir! RUTLER, terrassant CroustUlac.
Je vous arrête comme coupnble de haute trahison.
CROUSTILLAC, à pttVt,
Qu'est-ce qu'il dit celui-là ?
RUTLER
Vous êtes mort si vous faites un mouvement, ou si vous appelez M^e la duchesse, votre femme, à votre secours.