‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 101 sur 232 · LES FORMES CULTURA.LES · texte numérisé non relu

LES FORMES CULTURA.LES

ciaux dans le labour des terres et à l'emploi exclusif du bœuf comme moyen d'attelage.

Dans la Zone bordière des placages basiques et dans la partie occidentale du Morvan, en bordure du Bazois, la situation est meilleure. Les alluvions enrichies de débris calcaires y sonl plus fertiles. Elles supportent une flore caractéristique composée en majeure partie de variétés nombreuses de balsamine, de duvelle, de rossolis (Drosera rotundifolia)1. Leur couleur jaunâtre ou faiblement rougeâtre rappelle les terres arénacées produites par la désagrégation des roebcs cristallines mélangées avec l'humus ; mais leur valeur n'est pas égale. Celles-ci sont très pénétrables par les eaux, celles-là au contraire sont imperméables par l'effet de l'empâtement argileux et d'un tassement considérable. Ces alluvions, constituées par un limon maigre silico-argileux et un peu ferrugineux, atteignent des altitudes de 33o à 4oo mètres et des épaisseurs variables de 60 centimètres à [\ mètres2. Dans le plat pays de Saulieu, on les appelle embues ou herbues. On les remarque encore près de la Forêt au Duc, auxGravelles, où la couche est exploitée par une briqueterie, à Sincey-lès- Rouvray, à Manlay. le long de la voie ferrée d'Avallon à Autun !. A l'Ouest, on les distingue dans les fonds des vallées : sur l'Yonne en aval de Gaeogne, sur la Cure, en aval de Pierre-Pei tbuis ; sur le Cousin, en aval de Pontaubert. Les placages facilitent la làcbc du laboureur. Ils permettenl l'emploi delà charrue à grand soc et attelée de chevaux. Leur fertilité se traduit dans le paysage, au milieu des sols du mauvais pays, par la culture des grandes céréales de la Terre-Plaine ou par l'élevage des grands bœufs du Cbarolais et du Bazois.

Pour faire ressortir la différence entre ces deux modes de l'économie rurale, nous choisirons deux communes de territoires à peu près équivalents: Dompierre-en-Morvan, sur la Zone bordière des placages basiques et Lavault-de-Frétoy, sur les granités du Ilaul-Morvan ; la première est toute agricole, dans la seconde dominent les bois.

Cependant, il ne l'anl pas attribuer à ces herbues, toujours de faible étendue, la valeur agricole des grandes terres à cran cl à mâchefer qui encerclent le Morvan. Ces limons argilo-ferrugineux, brun- ou noirâtres, chargés de petits grains de limonite el qui sup-

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■>.. 1 iollenot : 8, p. 1 7 .'1. ( luvier : ta, p. 1 78.

L'ÉVOLUTION DE L'AGRICULTl RE

portent de plantureuses moissons, n'ont malheureusement rien qui puisse leur être comparé sur le massif ancien.

Terres labourables

Prés naturels

Landes, biches

Bois

DOMPIERRE-EN-MORYAN

LAYAULT-DE-FRÉTOY

I 5o4 hectares.

3oo —

3oo —

I05 tètes.

1 527 hectares.

5iô —

' 'ao —

ho —

2 tètes.

(a) Statistique agricole, 1904.

Les essais d'amélioration foncière.

L'infertilité du Morvan a vivement frappé tous les géographes et tous les voyageurs. Dès le ive siècle, Fortunat l'appelle le pays des démons et des ours. Il rapporte que l'évêque de Paris, saint Germain, traversant le noir pays pour se rendre à Autun, y fit des ours une grande et miraculeuse destruction et chassa les démons qui le suppliaient. Au Moyen Age, le produit de la terre était misérable. Les tenanciers des fiefs, confirmés dans leurs possessions par une ordonnance de Charles le Chauve, avaient saisi les meilleures parcelles et cependant, pour subsister, ils étaient réduits à des emprunts continuels1. Les mutations étaient fréquentes entre les seigneurs et leurs préteurs. De 1253 à 120/1, la châtellenie de Glenne, gagée successivement à plusieurs familles et même à l'évêque d' Autun, changea dix fois de propriétaires 2. A la fin du xvc siècle, les déboisements

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