‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 102 sur 232 · Baudiau : [f>4, I · texte numérisé non relu

Baudiau : [f>4, I

2. De Charmasse : i5o, p. 71, 117, 122, 220; E. Fyot : 102, passim et Archives Cotcd'Or: B 1002, B 12Ô0. B 4823, ig3i.

134 LÈS FORMES Cl LTURALES

entrepris par l'Eglise et la noblesse avaient augmenté la capacité culturale du Morvan, momentanément au moins, car bien des essarts devinrent par la suite des friches. Mais les nombreux colons introduits sur le massif ancien accaparèrent ces terres, à peine suffisantes pour leurs propres besoins. D'ailleurs, la technique agricole n'avait fait aucun progrès. Si les habitants, au commencement du xvn* siècle, sont habiles à conduire « les eaux des fontaines à commencer du plus haut le long des cotes dc< montagnes, en sorte que lesdites costes estant ainsi arrousées depuis le baut jusques au profond des \ allées, servent de prez dont il y a bonne quantité ; et par ce moyen nourrissent e4 engraissent bœufs, vaches et autre bétail » ', ils n'ont pas encore essaye de nourrir leurs porcs autrement que dans les bois et de produire du blé. La terre ne rapporte que du seigle et petitement. A la fin du xvne siècle. Vauban, qui habitait sur les rebords du Bas-Morvan, constate que « c'est n\i territoire aréneux et pierreux, en partie couvert de bois, genêts, ronces, fougères et autres méchantes épines où on ne laboure les terres que six mi sepl lois l'un, encore ne rapportent-elles que du seigle, del'avoine et du blé noir, pour environ la moitié de l'année de leurs habitants qui, sans la nourriture du bétail, le flottage et la coupe des bois, auraient beaucoup de peine à subsister »2. Le Maréchal propose trois remèdes : imposer les terres suivant leur revenu, améliorer les prés par l'irrigation et avec les fumiers d'une race plus fortifiée, amender le sol. C'est le programme, avec le chaulage en moins, que devaient appliquer [5o ans plus tard les agronomes de la Société d'Agriculture d'Autun. En attendant, pendant tout le xvin* siècle, l'agriculture morvandelle persista dans les mêmes errements. En 1747- Née de la Rochelle assure que les habitants ne moissonnent pas assez de grains pour leur nourriture '. En 1789, les cahiers de la paroisse d'AnosI rapportent que son territoire est situé dans un terrain liéingrat*. On y recueille très peu de seigle, delà mauvaise avoine appelée pied-de-mouche, du sarrazin et des pommes de terre. La récolte produit à peine pour nourrir les habitants six mois de l'année. Arthur Young, qui traversa la contrée à peu près à la même époque. remarque qu'il a peu vu de pays plus méprisable (pie ce pays graveleux. Le scigdc est pour ainsi dire la seule récolte du pays, sauf (pie quelquefois a on recueille un peu d'avoine après le seigle. » Le

1 ( iuv ( loquillc : ■> i j, p. 35a.

-, \ auban : s.3g, p. 7^8.

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