L'ÉVOLUTION DE L'AGRICULTURE
voyageur anglais pense cependant que cet état désastreux peut être heureusement modifié parla présence des propriétaires, l'instruction technique imposée aux métayers et surtout par des assolements mieux appropriés ' .
La Révolution apporta une grande amélioration à cette situation critique. Elle prescrivit le dessèchement des étangs". Les innombrables nappes d'eau qui argentent la surface de la pénéplaine morvandelle ne sont que les derniers témoins de celles beaucoup plus nombreuses qui existaient jadis. Plus qu'ailleurs en France, la formation du sol arable, sur le massif ancien, s'est faite au détriment de la foret et du marécage. Au demeurant, les vernes, les marais du Morvan, constituaient une fois desséchés des prés de premier ordre. Les embouches les plus rémunératrices du Bazois sont faites d'anciens étangs défoncés au xvme siècle.
Malheureusement, sur le Morvan, la plupart de ces nappes d'eau jouaient un grand rôle dans le flottage, et l'exportation de la moulée était la plus grande ressource des habitants. L'inspecteur de la Convention fut obligé de reconnaître qu'ils obéissaient sans entrain. Comme après les déboisements du xve siècle, l'augmentation de la capacité culturale ne fut j3as encore suffisante pour alimenter les populations dont la croissance fut particulièrement rapide au début du xixe siècle. La loi de frimaire an III fut cependant très utile. Elle devait, au moment de l'introduction du chaulage, vers i85o, recevoir son plein effet. A ce moment, les paysans achevaient d'euxmêmes la conversion des verniers et des étangs en pâturages et en terres à blé.
Jusqu'à cette époque, la situation demeure misérable. Sur les coteaux, la moitié des terres au moins est inculte et livrée aux genêts, aux bruyères, aux arbustes épineux : l'autre partie est sillonnée de taupinières, de fourmilières abandonnées, couverte d'une herbe jaunissante dont parfois les porcs eux-mêmes ne veulent pas. Quelquesunes de ces pâtures ont été labourées et semées en avoine. Mais elles sont épuisées par celte culture qu'elles ont portée 7 et 8 années successives ; la récolte ne donne plus que deux grains pour un : on est obligé, avant de les rendre à la pâture, de les laisser en jachères pendant !\ ou 5 années consécutives. Lesprésassez étendus se prolongent dans les vallées. L'eau y afflue de toutes parts et y séjourne 7 à 8 mois. On y trouve presque exclusivement les diverses variétés de