‹ Le Morvan; étude de géographie humaineChapitre 104 sur 232 · Arcli. >>''■% F10 3og · texte numérisé non relu

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136 LES FORMES CULTURALES

joncs, de laiches, le petit genêt épineux, une mousse épaisse, le tout formant un tapis raboteux et peu productif. On récolte à peine 700 a 800 kilos de mauvais fourrage par hectare. Au-dessus des prés, des champs escarpés ont pris la place des bois de chênes, de hêtres et de bouleaux. C'est une surface entièrement nue ; on y cultive du seigle, mais l'eau des pluies entraîne dans chaque raie une partie de la couche arable, d'où finissent par émerger les roches ; ce qui fait dire au paysan que « la pierre pousse »\ Les trois quarts des habitants ne cultivent que le seigle, l'avoine et le sarrazin : la pomme de terre, le haricot et un peu de choux comme légumes \ Les bètes. qui sont menées le plus souvent en pâture dans les bois, ne laissent aucun fumier. Les enquêtes de la Convention (thermidor an II)3 remarquent que les engrais d'animaux ne sont utilisés que dans la partie morvandelle de l'Avallonnais, en bordure de la Terre-Plaine. C'était une habitude de ne jamais amender les terres ; fidèle à la mémoire du père, le fils ne changeait rien. On lui avait dit que le froment gelait chaque hiver, que le maïs n'arrivait pas à maturité ; il le crovait. Il a fallu des années et des expériences répétées pour vaincre cet entêtement. La population ne pouvait que mourir de faim sur un territoire où le nombre des hectares cultivés atteignait à peine le nombre des habitants. Il eût été nécessaire que la proportion fût au moins deux fois plus forte. Les famines étaient terribles. Plusieurs fois, en 1694, 1 7 \ 1 . 1 77 1 . les habitants, pour assouvir leur faim, mirent le feu aux forêts, pour griller le bétail qui y paissait1. En 1 8 ^i 7 , le seigle atteignit 16 francs le boisseau ; en 1879. celte denrée fit encore défaut : elle ne fut payée que 8 francs le boisseau. Entre les deux époques, le réseau routier s'était développé ; les chemins de fer passaient à proximité du Morvan. Ces grands facteurs géographiques firent disparaître toute possibilité de famine. Ils introduisirent dans le Morvan le chaulage et tou- Les procédés de l'agronomie moderne.

La transformation par le chaulage et le brabant.

Le Morvandeau est resté, jusqu'au milieu du \i\' siècle, iidèle à ses vieilles routines. Le climat rigoureux, la structure zonairc du

r. Pernot: /■'/, p. [8 et [Q, e\ Petitier: /■•■'. passim.

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