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138 LES FORMES CULTURALES

les nouveaux amendements, organisa des caravanes, invita les paysans à venir constater, sur son domaine de Gacogne, les succès de la science nouvelle. L'emploi delà chaux a permis l'introduction du trèfle et du froment, l'amélioration du seigle et de l'avoine. La navette, la luzerne, la betterave, le chou-cabus, la carotte blanche, la chicorée, se sont répandus en Morvan entre i84o et i85i. Les paysans, si hostiles jadis à l'assèchement des étangs, convertirent en prairies tous ceux qui n'étaient pas indispensables au flottage1. Ce sonl surtout les prairies qui ont gagné en quantité. La surface des terres labourées a peu augmenté, mais les moissons sont dix fois plus rémunératrices. Les grains du Morvan suffisent aux habitants. Les labours plus profonds, un sol mieux amendé, ont change les conditions climatériques. Au commencement du xix' siècle. Rouvray-en-Morvan avait terminé sa moisson à la fin d'août au plus tôt, actuellement, les dernières gerbes sont rentrées le 20 août au plus tard. Luzy, Lormes sont en avance de 10 jours, pour les grands travaux agricoles, sur le commencement du siècle passé2. Ces progrès sont de grande importance dans une contrée où l'automne est court, où le paysan est toujours pressé pour les premiers labours et les semailles d'hiver. L'augmentation des pâtures, l'amélioration des prés, 1 introduction des prairies temporaires dans l'assolement ont permis la prospérité, sur les communes les plus élevées du Morvan. des grands bœufs du Charolais. Le Morvandeau n'est pas encore un emboucheur, mais c'est déjà un éleveur dont les produits font concurrence sur les plaines du Nord à la race nivernaise. Enfin, les progrès de l'agronomie ont rendu possible la substitution du seigle au sarrazin qui servait surtout à engraisser les porcs. Actuellement, le seigle, la pomme de terre, et même le froment, mélangés ensemble, donnent plus de poids aux animaux. Ils sont exportés jusqu'en Allemagne.

Le chaulage et le brabant ont profondément modifié les slalis tiques agricoles. A la fin du xvu* siècle, les douze paroisses morvandelles Je l'élection de Vézelaj contenaient, d'après Vauban. 'Ào 000 hectares en bois et !\ 5oo hectares en friche. En 1891, Hovelacque remarque que la forêl ne comptait plus que 12 912 hectares et les landes: 864 seulement. Les prés el les cultures avaient conquis le reste. En vingl ans, le hameau de Ponay (commune de Tazilly) défriche 25 pour 100 de son étendue et convertit ses landes en terres la-

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